Récit d’accouchement

Je n’ai pas publié depuis des mois.  Chaque billet commencé a été abandonné.  Le temps m’a manqué, mais aussi la motivation.  Non pas que je me désintéresse de ce blogue, de mes lecteurs ou de la puériculture, mais plutôt que j’ai ressenti une grande envie d’intimité, le besoin de me recentrer sur l’intérieur :  ma petite famille, mes amis proches, … mon ventre.

Mon ventre dans lequel la vie nous a fait la surprise de grandir à nouveau.  Je dis  »surprise » car cette grossesse n’était ni planifiée ni même réellement voulue.  Le Hobbit et moi avons juste été un peu trop insouciants et passionnés un soir et voilà que notre famille  »terminée » ne l’était plus.  Pour moi, le choix s’est fait instinctivement :  j’allais garder ce bébé.  Je l’aimais déjà, malgré la fatigue et les nausées incessantes, accablantes.  Pour mon homme, le désir de l’accueillir est venu plus progressivement.

Je l’ai su le 11 décembre dernier.  Ça n’a pas été le grand moment de joie que ça aurait pu être.  Je m’étais faite depuis quelques mois à l’idée de n’avoir pas de troisième enfant (mon Hobbit n’en voulait plus) et je m’étais lancée dans plusieurs projets personnels et professionnels que cette grossesse allait m’amener à laisser en suspens.  La difficile décision de fermer temporairement mon service de garde s’est d’ailleurs imposée au début des vacances des Fêtes.  Je ne me sentais pas la force d’offrir la même qualité de service en raison de ce début de grossesse difficile, le plus pénible des trois.  Moi qui n’avais pas connu les nausées les deux premières fois, j’étais maintenant servie, incapable de m’alimenter, survivant de jus de légumes et de compote de pomme.

J’ai dû attendre la 17e semaine de grossesse avant d’être soulagée (et pas complètement) de ces nausées.  C’est là qu’enfin je suis sortie de ce désagréable engourdissement de mes sens et de mes émotions.  J’ai pu me réjouir vraiment à l’idée de cette vie qui grandissait en moi.  J’ai passé l’essentiel des mois suivants à me caresser la bedaine et à la regarder grossir.  À parler à mon bébé de cette joie un peu amère qu’elle nous apportait.  Nous avons aussi préparé nos deux grandes filles à la venue de leur petite sœur.  L’été est arrivé et, avec lui, le besoin de faire le nid.  Laver de minuscules pyjamas et des bonnets encore plus petits, ressortir le berceau, préparer ma valise pour le grand jour…  les filles m’ont aidée à tout cela avec plaisir et dévouement.

Ma grossesse est arrivée à terme, nous nous sentions prêts, matériellement et psychologiquement, à accueillir le petit trésor et il ne restait plus qu’à attendre… quand la canicule s’est abattue sur moi.  Après quelques mois d’un relatif bien-être physique, voilà que ma grossesse redevenait fort pénible.  Enflée, dormant mal et peu motivée à cuisiner par cette chaleur, je me suis souvent sentie une mauvaise mère pour mes grandes filles qui, pourtant, étaient fort compréhensives.  J’ai eu vraiment hâte que cela finisse.

Pour cette grossesse-ci, pour la première fois, j’ai eu la chance de bénéficier d’un suivi par une sage-femme plutôt qu’un médecin.  Je ferai (bientôt, j’espère) un billet complet sur les différences entre les suivis de ces deux professionnels et ma très nette préférence pour l’accompagnement par une sage-femme.  Je tenais seulement à souligner à ce sujet que malgré mon envie que cette grossesse ne s’éternise pas, j’ai été heureuse qu’on ne tente pas de provoquer la naissance de ma fille et qu’on la laisse dépasser le terme sans m’inquiéter, qu’on lui accorde le droit de choisir le moment de sa naissance.  Sa naissance qui a été l’événement heureux et fort en émotions que l’on désire toutes vivre enceintes et que je souhaite donc raconter.  Parce que mes deux premiers accouchements, surtout celui de ma Fée, ont été différents et moins satisfaisants et que je les ai racontés en détails, mais qu’il est important de faire voir aussi que donner la vie peut être absolument une belle aventure.

J’avais rendez-vous avec la sage-femme ce vendredi-là, le 21 août, à 15h30, pour discuter d’un éventuel recours à des méthodes naturelles de déclenchement et avoir une prescription pour une échographie parce que ma grossesse en était à 41 semaines et 1 jour.  Mon Hobbit était parti travailler à Montréal pour la semaine et j’avais oscillé tous ces derniers jours entre ma hâte d’être délivrée et ma crainte que bébé naisse en l’absence de son père.  Il est rentré à la maison à 15h et j’ai perdu les eaux à son arrivée.  Mais c’était d’abord une très petite quantité et, dans la précipitation de mon départ retardé (je l’attendais pour prendre le relais auprès de nos filles), je n’ai pas compris que c’était cela, croyant bêtement à une fuite urinaire.

Je suis donc allée seule à mon rendez-vous avec la sage-femme et les contractions ont commencé dans l’auto, sur l’autoroute.  Les premières n’étaient pas très fortes et plutôt espacées (10-12 minutes).  Quand, à mon arrivée à la Maison des naissances, je lui ai montré mon leggings détrempé, ma sage-femme m’a, bien sûr, gardée avec elle et fait choisir une chambre de naissance.  J’ai prévenu mon Hobbit qui, après être allé reconduire les filles chez ma sœur comme convenu, est venu me rejoindre vers 18h.  Les contractions se sont aussitôt intensifiées et rapprochées.  Je n’ai jamais regardé l’heure ni chronométré, mais je n’avais le temps que de faire quelques pas entre la fin de l’une et le début de la suivante.  La sage-femme m’a fait la réflexion très juste que cette enfant avait attendu son père pour venir au monde, et par deux fois.

Un peu après 19h, j’ai demandé à aller dans le bain parce que ça devenait difficile à supporter, vu l’impossibilité de me reposer entre les contractions, et j’y suis restée jusqu’à la fin puisque le reflexe de poussée m’y a surprise.  Dans l’eau bien chaude, j’ai mis quelques contractions à trouver une position confortable pour accueillir la douleur et la laisser travailler, mais la pénombre et la présence calme de ma sage-femme et de son élève, leurs attentions (cette serviette froide sur mon front), toute cette belle ambiance qu’elles ont créée m’invitait à rester centrée positivement sur les sensations que je vivais et à garder mon calme et une belle confiance dans la capacité de mon corps à guider mon bébé vers la sortie.

Notre petite Fleur est donc née dans l’eau, ce qui n’était pas du tout prévu.  Si la première poussée (involontaire) m’a ébranlée et presque fait peur, les trois ou quatre suivantes ont permis la sortie facile de la tête.  Puis j’ai vécu une contraction sans poussée.  Nous avions convenu, ma sage-femme et moi, que pour minimiser le risque de déchirure, je laisserais mon corps faire le travail sans aucune poussée volontaire, en autant que l’état du bébé le permettrait.  C’était étrange pour moi de savoir que la tête était née mais que mon bébé n’avait pas encore pris son premier souffle, étant entièrement immergée, mais une dernière contraction avec poussée a permis la naissance des épaules à 20h22.  Un cri vigoureux et bébé était sur ma poitrine, me racontant à sa façon sa vision de sa naissance.  Je me souviens avoir pleuré alors.  Elle était si petite, si vigoureuse, toute enduite de vernix.

Après l’expulsion du placenta, nous sommes allées nous blottir ensemble dans le grand lit double, ma petite Fleur et moi, pour une première tétée.  J’ai tenté le breastcrawling, mais elle n’a pas réussi à boire dans cette position, alors j’ai fini par m’adosser à des oreillers et lui donner le sein en madone, qu’elle a tout de suite bien pris et longuement.  Mon Hobbit, assis tout à côté de moi, m’aidait à me servir à même un énorme plateau de fruits frais, accompagnés de noix et d’une boisson de soya, une petite attention pour nouvelle maman qui réchauffe le cœur en même temps qu’elle redonne de l’énergie.

Cette nuit-là a été éprouvante, malgré le confort du lit, la petite pleurant beaucoup, voulant le sein sans interruption.  Son besoin de succion se révélait immense et sa soif de contact plus encore.  Sa seconde nuit (à la maison, celle-là) a d’ailleurs été difficile aussi mais, ensuite, est venue la montée laiteuse et les nuits sont devenues étonnamment faciles et calmes tant que je la gardais assez près de moi pour qu’elle puisse me toucher.  Nous avons entrevu dès le premier matin que notre Fleur avait une belle confiance en la vie et en nous, une aura paisible.

Fleur

Nous avons été de retour à la maison dès le lendemain de la naissance, en fin d’après-midi.  Mais nous avons choisi de passer une autre nuit à trois, dans notre petit cocon de nouveaux parents désireux d’apprivoiser leur bébé tout neuf.  C’est donc le surlendemain de sa naissance que notre Fleur a fait la connaissance de ses deux grandes sœurs, dans mon lit.  Un moment très émouvant pour moi.  Elles se sont montrées attentives, douces et curieuses, la frôlant des doigts et des lèvres.

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Mon seul regret de granole, concernant ce magnifique accouchement bref et intense, tout naturel et presque parfait, a été de me résoudre à accepter une injection d’ocytocine après m’être allongée dans le lit parce que mon utérus avait cessé trop rapidement de contracter et qu’une légère hémorragie était à craindre.  Rien pour gâcher ma félicité.

Dans quelques jours, ma petite Fleur aura 3 mois.  À la naissance, elle pesait 7 lbs 4 onces et mesurait 50 cm.  Elle a déjà bien grandi et changé, cela passe si vite !

Je n’ai aucun motif de me plaindre :  elle est jusqu’à maintenant un bébé plutôt facile, qui pleure très peu et a une excellente santé.  L’allaitement va très bien et elle m’a fait sa première nuit de 8 heures consécutives à l’âge de trois semaines.  Elle ne fait bien entendu pas toutes ses nuits, mais elle ne se réveille le plus souvent qu’une fois ou deux et se rendort aussitôt sa faim assouvie.

Je me remets donc bien de cet accouchement et je n’ai plus de raison de vous négliger, sauf peut-être cette envie légitime de profiter de chaque précieux petit moment avec bébé.  À bientôt !

Mon panier de produits naturels

Dans mon tout premier article, je suggérais aux mamans que l’un des plus beaux cadeaux qu’elles pouvaient se faire à elles-mêmes et à leur bébé naissant (ou offrir à une amie sur le point d’accoucher), c’était un panier de produits de soins naturels.

On croit souvent à tort, par naïveté peut-être, que parce qu’un produit est en vente libre et qu’il est plutôt populaire, c’est qu’il est sans danger pour la santé.  Or, c’est malheureusement faux.  Les produits destinés aux bébés et aux jeunes enfants sont infestés d’ingrédients chimiques, de perturbateurs endocriniens, de colorants artificiels, de parfums, bref de tout un tas de composés indésirables dont les effets négatifs sur la santé sont incontestables et encore sous-estimés par nos autorités.

Ainsi, je vais tenter ici de vous faire une liste, bien entendu non exhaustive, de produits de soin standards aux effets délétères sur la santé que vous pouvez remplacer par des homonymes naturels, souvent biologiques.  Je vais me donner le droit de citer des marques, celles que j’ai essayées ou que j’utilise régulièrement, mais je le fais à titre d’exemples seulement :  il y a d’autres marques qui proposent d’autres produits, parfois encore plus sains et plus efficaces que ceux que je nommerai. Loin de souhaiter faire la publicité de marques en particulier (même si je ne pourrais cacher à personne que j’ai mes chouchous), ce que j’espère ici est de vous convaincre d’explorer les listes d’ingrédients et de chercher systématiquement à remplacer les produits de soins standards par d’autres, qui représentent des choix plus éco-responsables, plus naturels, bref un meilleur départ dans la vie pour votre bébé.

Les ingrédients dont on ne veut pas

La Fondation David Suzuki a établi une liste de 12 produits qu’on ne devrait pas accepter de retrouver dans nos cosmétiques¹.  Celle-ci est une base fiable pour choisir quand on lit la liste des ingrédients.  Je la reprends ici, en y ajoutant quelques perturbateurs endocriniens qui ne s’y retrouvent pas mais sont pointés du doigt par le Réseau québécois des femmes en environnement².  En plus d’être mauvais pour votre santé et encore plus pour celle des bébés, ces ingrédients sont généralement nocifs pour les poissons et la faune.

1.  BHA et BHT :  perturateurs endocriniens et cancérigènes

2.  P-PHENYLENEDIAMINE (et colorants identifiés CI à 5 chiffres) :  métaux lourds toxiques et cancérigène

3.  DEA (cocamide et lauramide) :  se combinent avec d’autres ingrédients pour devenir cancérigènes

4.  Phtalates (comme le phtalate de dibutyle) :  perturbateurs endocriniens

5.  Formaldéhyde (Quaternium-15, DMDM HYDANTOIN, DIAZOLIDINYL UREA, IMIDAZOLIDINYL UREA et Méthénamine) :  cancérigène

6.  Parabènes :  perturbateurs endocriniens

7.  Parfums chimiques :  allergies, asthme, cancers, intoxication neuronale

8.  PEG :  potentiels cancérigènes, toxiques sur peau abimée

9.  Petrolatum (gelée de pétrole) :  contient des impuretés cancérigènes

10.  Siloxanes (…siloxanes ou …cone) :  perturbateurs endocriniens

11.  Sodium Laureth Sulfate :  potentiellement cancérigène

12.  Triclosan :  perturbateur endocrinien, suspecté d’encourager les super-bactéries résistantes aux antibiotiques

13.  Résorcinol :  perturbateur endocrinien

14.  Oxybenzone (benzophenone-3) :  perturbateur endocrinien

*15.  Propylène glycol :  la toxicité du propylène glycol est un grand sujet de débat contemporain.  Elle n’est pas reconnue, mais la prudence reste de mise, surtout dans le cas de produits destinés aux bébés.

Le top du top

Ce qu’il y a de mieux, comme dans bien des choses, c’est de faire soi-même à la maison à partir d’ingrédients de base.  On peut trouver sur le net des recettes pour à peu près n’importe quel produit d’hygiène personnelle, d’entretien ménager ou cosmétique.  Ça revient généralement bien moins cher que d’acheter tout fait, on contrôle vraiment les ingrédients et on apprend beaucoup.  Mais il faut trouver le temps et l’énergie de s’y mettre.  Et quand on est néophyte, difficile de choisir une recette, de savoir ce qui va nous convenir, ce qui est réellement sain, de faire confiance à son créateur.  J’aime faire mes produits, j’aime aussi en acheter qui sont tout faits.

Les produits de base pour bébés et bambins

Nettoyant corporel pour bébé (savon ou gel nettoyant)
La peau de bébé sent naturellement bon.  Elle est si douce, en plus, que ce serait quasiment péché que de la dessécher ou de la parfumer.  Pourtant, c’est exactement ce que font les produits les plus couramment utilisés, comme ceux de Johnson&Johnson ou de Dove.  Sans compter que leurs ingrédients chimiques et leurs parfums peuvent engendrer de réels problèmes de peau chroniques : démangeaisons, eczéma…
Il n’est pas nécessaire de baigner bébé tous les jours et encore moins de le savonner quotidiennement, mais lorsque nous le lavons, choisissons un nettoyant corporel tel que le Douce Mousse, le Druide ou le Boo Bamboo.  C’est aussi une bonne idée de laisser d’abord bébé jouer dans l’eau, puis de le savonner en dernier lieu, avant de le rincer et de le sortir, pour qu’il ne macère pas dans le savon.

Shampoing pour bébé (sans larmes)
Un shampoing par semaine (et même moins) suffit amplement à l’hygiène d’un bébé ou d’un jeune enfant.  Souvent, le chapeau (champignon sous forme de croûtes jaunâtres) est provoqué par une utilisation trop fréquente de shampoing et un rinçage insuffisant combiné à l’emploi d’un produit trop chimique et agressant.  Les trois marques citées précédemment, Attitude et Live clean offrent des shampoing mieux adaptés au cuir chevelu de nos petits anges.

Crème hydratante
Tout particulièrement en hiver, la peau de bébé a tendance à s’assécher après le bain ou un passage à l’extérieur.  Or, comme la crème hydratante reste sur la peau pendant plusieurs heures, il est encore plus capital que pour les produits de nettoyage (qu’au moins on rince) de choisir une crème de qualité, sans produits chimiques ni perturbateurs endocriniens.  L’idéal, c’est tout simplement un beurre de karité, pur ou mélangé (à de l’huile de noix de coco ou de l’huile d’avocat, par exemple) pour obtenir une crème faite maison.  Mes marques chouchous pour bébé offrent aussi des crèmes hydratantes efficaces.

Pommade contre l’érythème fessier
La peau sensible des fesses de bébé peut être irritée à force d’être confinée dans une couche, particulièrement lorsque bébé perce des dents (l’urine, parfois, est alors plus acide).  Choisir des couches lavables pourra épargner une bonne part de ces soucis, car les parfums et substances absorbantes des couches jetables sont durs sur la peau.  Mais couches lavables ou jetables, certains bébés auront besoin qu’on leur chouchoute le postérieur.  Les pommades à base de zinc sont les plus fréquemment recommandées.  Cependant, il faut bien assécher la peau du bébé avant de les appliquer puisqu’elles peuvent emprisonner l’humidité sur la peau et empirer le problème au lieu de soulager.  En outre, la majorité des pommades à base de zinc (celles qui sont blanches) ne conviennent pas pour les utilisatrices de couches lavables, car elles abiment ces couches en les rendant imperméables.  En couche lavable ou jetable, ma préférée a été la pommade de Douce mousse, mais j’aimais bien aussi celle de la marque Souris verte.

Démêlant pour les cheveux
J’ai des filles.  L’une a le cheveu fin et plus qu’abondant, l’autre a des frisettes rebelles.  Plutôt que de faire de la guerre du peigne un sport hebdomadaire, j’ai opté pour l’usage d’un démêlant après les shampoings (et au réveil de certaines nuits plus agitées).  Pas question pour moi, bien sûr, d’appliquer l’un de ces shampoings avec revitalisant, comme le très populaire L’Oréal kids.  Et j’ai trouvé un démêlant à vaporiser qui, en plus de faciliter grandement le démêlage, laisse les cheveux soyeux, doux et brillants, mais sains et vigoureux.  C’est le démêlant de la marque Hiboo, et ses nourrissantes huiles essentielles.

Dentifrice
Dès que la première dent de bébé fera son apparition, on vous recommandera chaudement de la nettoyer à l’aide d’une débarbouillette humide, puis d’habituer bébé à une brosse à dents à poils souples et à un dentifrice dit « d’entraînement », sans fluor, tant qu’il ne sait pas cracher.  Or, vous serez peut-être un peu choqué(e), comme moi, d’apprendre que ces dentifrices, celui de la marque Orajel, par exemple, sont bourrés de sucre.  N’est-ce pas là une joyeuse ironie que de se protéger de la carie avec un produit sucré ?  D’autres ingrédients qu’on y trouve parfois font carrément sourciller :  triclosan, lauryl sulfate de sodium, blanchissants synthétiques…  Comme les tout-petits avalent presque systématiquement leur dentifrice, moins il contient de produits chimiques, mieux je me sens !  Mes filles adorent le dentifrice Druide à la banane, qui (en plus d’être sans fluor) protège les dents grâce à la silice de bambou qu’il renferme.  Elles ne détestent pas non plus le dentifrice Green beaver  à l’orange fruitée, l’un de ceux que j’utilise en alternance pour moi-même.

Baume à lèvres
Comme les enfants tendent à manger leur baume à lèvres, les produits à base de pétrole ou de silicone me paraissent à éviter à tout prix, et c’est le cas de presque toutes les grandes marques…  De plus, le baume à lèvres est un de ces produits très faciles à bricoler soi-même à la maison (je m’inspire des recettes d’AntigoneXXI, celle du baume Chocolat me fait craquer), tellement que c’est presque un crime d’en acheter du tout-fait.  Tout de même, je suis tellement charmée par les baumes à lèvres de la marque Eos que je ne peux y résister… et mes filles les adorent aussi !

Crème solaire
J’ai écrit un billet complet sur le sujet de la crème solaire, que vous pouvez trouver ici.  Même en version naturelle, la crème solaire me paraît un produit à utiliser sur nos enfants et nous-mêmes avec une grande modération.  Je suis encore à la recherche d’un produit dont je serais réellement satisfaite.

Insectifuge
Je préfère éviter le DEET autant que possible, pour les enfants, et même pour moi.  Sans compter que les autres ingrédients contenus dans les insectifuges en vente libre ne m’inspirent pas grande confiance non plus.  La marque Druide produit de bons insectifuges efficaces à base de citronnelle.

Déodorant
Ne vous inquiétez pas, loin de moi l’idée de mettre du déodorant aux bébés et jeunes enfants !  Si j’en parle ici, c’est qu’on oublie trop souvent ces produits auxquels on expose indirectement nos enfants en les utilisant sur nous-mêmes ou dans l’entretien de notre domicile, de la vaisselle et de leurs jouets.  Pour moi, toute femme enceinte ou qui allaite devrait porter attention aux produits d’hygiène qu’elle choisit pour elle-même, ne serait-ce que pour protéger son bébé.  C’est le cas pour le nettoyant corporel, le shampoing, la crème hydratante, le dentifrice, le maquillage et les produits capillaires.  Pour ma part, j’adore les produits Attitude pour mes cheveux, Druide pour ma peau, Green Beaver pour mes dents et je ne me maquille que très rarement, donc j’avoue n’y rien connaître en ce domaine !
Mais j’en reviens au déodorant.  Les antisudoriphiques et déodorants sont soupçonnés d’être largement impliqués dans l’épidémie de cancer du sein, notamment en raison de leur teneur en aluminium.  La farouche défenderesse de l’allaitement que je suis ne peut que se sentir interpellée.  Pourtant, j’ai mis du temps à faire le saut.  J’avais peur de puer, bien sûr, que le déodorant tout naturel soit bien moins efficace que mon antisudoriphique superpuissant.  Et bien, j’ai été idiote.  La transition n’a duré qu’une grosse semaine.  Une semaine pendant laquelle je n’étais pas à l’aise, me sentais un peu humide et passais mon temps à me renifler discrètement l’aisselle.  Maintenant, je ne reviendrais plus en arrière.  J’alterne entre quelques déodorants, car je les trouve plus efficaces ainsi.  Mon préféré de tous est celui de la marque Lafes à l’huile essentielle de Tea tree.  Il ne laisse aucun résidu, sent bon à l’application et me garde des odeurs désagréables de transpiration même après une intense pratique de danse qui m’a laissée en sueur des cheveux aux orteils.

Savon à vaisselle
Même si c’est un produit qu’on ne destine pas spécifiquement au bébé, son usage quotidien dans la cuisine a un réel impact sur la santé de nos petits, ne serait-ce qu’à cause des résidus qui restent nécessairement sur les verres, gobelets et autres ustensiles.

Savon à lessive
Quand je fais le lavage, j’évite d’utiliser tout assouplissant, que je remplace par quelques gouttes de vinaigre.  C’est efficace, économique et antibactérien, en plus de protéger les couleurs.  À part le vinaigre, je n’emploie que du savon.  Aucun détachant, rien.  Je choisis souvent celui du Costco, de la marque Bio-Vert, mais il est encore plus écologique d’opter pour des produits concentrés (voire solides) à diluer.

Produits d’entretien ménager pour les planchers, la salle de bain, les jouets et les surfaces
Les recettes maison sont à la fois très efficaces et économiques.  Encore une fois, le vinaigre et l’huile essentielle de Tea tree sont à préconiser dans des recettes simples à base d’eau.  Je ne suis pas une désinfecteuse, je considère qu’un nettoyage normal est bien suffisant dans une maison et que la désinfection systématique des jouets et des surfaces nuit au système immunitaire des enfants.  Cependant, après un épisode de gastro et avant de rouvrir ma garderie, je trouve important de procéder à une petite désinfection de la salle de jeux, de la salle à manger et de la salle de bain.  Alors, c’est la marque Attitude qui a ma préférence pour tous les produits d’entretien, incluant le désinfectant, parce que j’aime la fraîche odeur de propreté non chimique de leurs produits.

Références

¹ http://www.davidsuzuki.org/fr/champs-dintervention/sante/enjeux-et-recherche/substances-toxiques/les-12-ingredients-a-eviter-dans-les-produits-de-beaute/

²  http://benhur.teluq.uquebec.ca/SPIP/pe/IMG/pdf/Sabotage-hormonal-2009.pdf

Mangez-vous équilibré ?

Le billet d’aujourd’hui se veut bref et ludique.

Quand j’ai eu ma première fille, j’ai décidé que nous allions manger sainement.  (Oui, on s’en fait des promesses après un haut-le-coeur de femme enceinte, attablée dans un resto de rapide-manger…)
Je ne mangeais déjà pas trop mal en général (merci maman pour les bonnes habitudes !), mais je souhaitais faire un pas de plus.  Au fil de ces 5 années, j’en ai finalement fait plusieurs (dont quelques uns à reculons…).  Et si notre alimentation est toujours loin d’être parfaite, je suis plus en harmonie avec ce que je mets dans nos assiettes maintenant.

Choisir des aliments sains, pour moi, ce n’était pas la partie difficile.  Varier non plus.
Équilibrer l’assiette est un défi plus constant.

Alors voilà pourquoi je vous propose le petit test suivant.  Vous le faites pour vous, avec sincérité, en vous demandant si c’est généralement comme ça que sont proportionnés vos repas.  Et je vous donne la bonne réponse tout de suite.  Même pas besoin d’attendre !

Si les aliments protéinés (viandes et substituts, incluant les produits laitiers) sont en rose,
les féculents (pain, pâtes, pommes de terre, riz, …) en jaune,
et les légumes en vert,
quelle est l’assiette bien proportionnée pour un dîner ou un souper ?

1 tiersféculentslégumesrond
Facile ? Bon.

Je ne vous fais pas languir.  Mais promettez-moi de vérifier honnêtement le contenu de votre assiette…

Alors, non, on ne devrait pas servir les 3 groupes en portions égales (image 1).
Ni servir une petite portion de viande et 2 portions égales de légumes et de féculents (image 4).

L’assiette bien équilibrée est divisée selon le modèle ½ + ¼ + ¼.
Et quel groupe alimentaire est le grand gagnant dont on devrait à chaque repas manger 2 fois plus que les autres ?  Les légumes, bien sûr !

C’est donc l’assiette de l’image 3 qui est bien équilibrée.

Mais je suis sûre que vous le saviez…

Puisque je vous ai demandé l’honnêteté, je commence.  Ma tendance naturelle est à l’assiette en 3 portions égales.  Mais je me soigne.  J’arrive de plus en plus souvent au résultat optimal.  À défaut de mes enfants, ce sont mes intestins qui me disent merci !

Sur ce, bonne cuisine ce soir !

L’enfant de la gardienne est une petite terreur

Pour celles et ceux qui ne le savaient pas encore, ça fait un an et demi que j’ai rangé mon chapeau de maman à la maison pour endosser celui de gardienne. Je continue de m’occuper au quotidien de mes deux amours (qui viennent respectivement d’avoir 5 et 3 ans, ça ne me rajeunit pas!), mais je prends maintenant aussi soin toute la journée de la plus jeune de mes nièces (2 ans et demi) et de trois autres enfants âgés de 17 mois, 2 ans et demi et 3 ans.

Alors voilà, ça me fait des journées (et des soirées) très occupées ! Mais ce n’est pas de ça, ni de la transition entre ces deux moments de ma vie, ni de tout ce que ces 18 derniers mois m’ont appris sur l’impact de la garderie dans la vie des enfants, ni de la meilleure façon de procéder à l’intégration d’un enfant dans un milieu de garde, ni de rien de tous ces sujets (qui m’interpellent tout de même drôlement) dont je souhaitais vous parler aujourd’hui.

Non, j’avais envie d’y aller léger en abordant la grande question des petites pestes. Ou pourquoi l’enfant de la gardienne est si souvent « le petit monstre », celui qui tyrannise les amis, celui qui pique des crises ou dit des gros mots, celui qui tape et mord les amis (et sa mère), celui qui crache sur le repas (au sens figuré, mais au sens propre ça s’est vu aussi), bref le mauvais exemple, le leader négatif, l’enfant le moins agréable du groupe.

C’est pas vrai ?  Ça doit bien être comme ça chez vous aussi, à la garderie que fréquente votre petit ange ? Tous les enfants sont désagréables à l’occasion, tous les enfants demandent beaucoup d’attention les premières semaines, mais avec le temps la RSG établit une dynamique de groupe et les problèmes s’estompent. Si un enfant, vraiment, a un comportement détestable, elle peut rompre le contrat et ne plus le reprendre pour préserver l’harmonie dans le groupe (ouf, je n’ai jamais eu à le vivre!). Mais son enfant à elle, la RSG ne peut pas le mettre à la porte de son service de garde…

Je me souviens, quand le fils de mon amie a commencé la garderie, qu’elle me racontait qu’elle avait une gardienne en or, un beau milieu avec un chouette groupe d’amis, presque le paradis, sauf LE FILS DE LA GARDIENNE (dit sur un ton de film d’horreur). Ce petit garnement dont elle n’avait qu’une hâte, qu’il entre à la maternelle et qu’enfin il ne puisse plus influencer (je crois qu’elle avait employé le mot « corrompre ») son adorable fils à elle.

Quand j’ai ouvert mon service de garde, je m’attendais à ce que ma petite Frimousse me donne parfois du fil à retordre. Elle a été un bébé exigeant dès le début et elle avait 19 mois à l’ouverture, ce qui n’est pas nécessairement l’âge le plus facile. Mais je ne m’y attendais peut-être pas à ce point-là. Et surtout, je n’envisageais pas les petites tempêtes que j’allais déclencher chez ma jusque-là sereine Fée.

Je vous fais fi des détails, mais disons que parfois j’ai eu honte. Une terrible honte de mes (désormais) terribles filles, qui ont poussé, tiré les cheveux… mais surtout qui me désobéissaient, me défiaient, s’attaquaient physiquement à moi. Puis honte d’avoir eu honte d’elles, bien sûr, dans un joyeux cycle de culpabilité typiquement maternelle… Je me sentais comme le cordonnier mal chaussé, qui prétend éduquer les enfants des autres mais n’y arrive même pas avec sa propre progéniture.

Mais est-ce bien un problème de cordonnier mal chaussé ?

Je ne le crois pas, sinon j’aurais mieux fait de fermer boutique. En fait, il y a quelques explications simples qui peuvent éclairer ces comportements.

– L’enfant qui se fait garder arrive dans un univers de jouets nouveaux. C’est fantastique pour lui ! Tous ses jouets à la maison, et plein d’autres à la garderie ! Tandis que l’enfant de la gardienne doit désormais partager les jouets qui étaient auparavant seulement à lui. Pareil pour l’espace, souvent même pour ce lieu intime qu’est sa chambre.

– L’enfant qui se fait garder a besoin d’apprendre à connaître la RSG, lui faire confiance, s’attacher à elle. Ça demande du temps en contact`rapproché, de s’apprivoiser ainsi. Pour sa part, l’enfant de la gardienne doit désormais partager sa maman, accepter qu’elle prenne, porte, berce et câline d’autres enfants.

Bref, l’enfant de la gardienne peut vivre d’incroyables frustrations devant cette violation de son espace, cette monopolisation de ses jouets, mais surtout une jalousie intense face à cet accaparement de sa maman, qui jusque là n’était qu’à lui.

D’ailleurs, c’était le mot de ma Frimousse : « Ma maman à moi. Pas ta maman. »

Ainsi, si l’enfant qui se fait garder vit ses drames (séparation d’avec sa maman, et toute l’anxiété ou l’ennui qui viennent avec, lieu inconnu, etc.), l’enfant de la gardienne a beau être le choyé, le privilégié qui passe toute ses journées avec sa maman, dans sa maison, et fait la sieste dans son lit, il vit ses drames à lui aussi. Des petits drames quotidiens qui ressemblent à s’y méprendre à ceux que doit vivre le jeune enfant qui accueille un bébé frère ou un bébé sœur.

Mais il y a autre chose. J’ai longtemps cherché en vain à m’expliquer ce sentiment que j’avais que les agissements de mes filles ne demandaient pas une interprétation négative. J’ai fouillé Le bébé et l’eau du bain – Comment la garderie change la vie de vos enfants du Dr Jean-François Chicoine et de l’éditorialiste (féministe) Nathalie Collard, ma référence incontournable dès que la garderie est concernée. Un petit bijou de réflexion sur la place des enfants dans notre société. Mais, malheureusement pour moi, c’est un livre qui parle des enfants qui se font garder, pas de ceux de la gardienne.

Ce n’est pas surprenant, en fait. Au Québec, ce sont 70% des enfants d’âge préscolaire qui fréquentent un service de garde. Des enfants qui restent, quel très faible pourcentage vit cette réalité qui est devenue celle de mes enfants ? Je crois qu’il n’y a aucune statistique sur cette question, comme il n’y a pas vraiment d’ouvrage qui l’aborde de front. Parce qu’il s’agit d’une petite minorité, qu’on estime chanceuse de surcroît.

C’est en relisant Au cœur des émotions de l’enfant (Filliozat) pour une tout autre raison que j’ai finalement mis le doigt sur ce qui me chicotait depuis des mois. Je suis tombée sur ça :

« Adorable à la crèche, infernal à la maison ?
Il accumule toute la journée des tensions qu’il ne s’autorise pas à libérer avec des étrangers. Il vous les réserve parce qu’il sait que vous serez un bon contenant. Vous continuez de l’aimer même s’il est grognon. » (p. 272)

Ça a été le déclic dans ma tête. Les comportements de mes filles qui m’ont le plus laissée sous le choc étaient leurs manifestations agressives à mon égard et leurs crises de larmes ou bouderies. Je m’attendais à ce que la vie en communauté nécessite des adaptations pour elles, qu’elles se disputent avec les amis, trouvent difficile de partager (même au point de mordre)… mais je n’avais pas anticipé que leur relation avec moi allait, elle aussi, être différente en présence des autres enfants.

En lisant ce petit paragraphe de Filliozat le mois dernier, j’ai réalisé que cet écart entre ce que se permettent mes filles à mon égard (répliquer, me taper, critiquer ma nourriture, etc.) et ce que se permettent les autres (au pire, m’ignorer) n’était ni le fruit d’un quelconque défaut de caractère de leur part (ça, je l’ai toujours su) ni le résultat d’une mauvais éducation que je leur donnais (quel soulagement!).

La révélation !

En fait, si mes filles sont parfois de petites terreurs, c’est qu’elles sont bien avec moi, c’est qu’elles savent qu’elles peuvent exprimer leurs frustrations sans perdre mon amour. C’est que, comme tous les enfants qui ont développé un attachement sécurisé, elles pressentent et ressentent que l’amour de leurs parents est inconditionnel. Et que par conséquent, elles n’ont pas à être parfaites et à réprimer leurs émotions négatives pour conserver cet amour.

Les enfants que je garde peuvent avoir développé un attachement pour moi (je l’espère !), mais celui-ci ne sera jamais aussi primaire que l’amour parental. On pourrait dire que les enfants, en leur fort intérieur, sentent que l’amour des autres adultes demeure plus conditionnel que l’amour parental, et qu’ils ne peuvent donc pas s’abandonner sans retenue et risquer de ne plus mériter cet amour (Le Bébé et l’eau du bain, p. 188-191). Au cours d’une journée passée chez moi, ces petits amours dont je prends soin peuvent accumuler un certain nombre de frustrations sans se plaindre, quitte à exploser le soir en présence réconfortante de maman et papa, comme le décrit si bien Filliozat dans l’extrait que j’ai cité. Mes filles, elles, n’attendent tout simplement pas, puisque je suis toujours là.

Alors, il arrive que mes filles soient de vrais petits démons et c’est tant mieux pour notre relation !

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Références citées :
Isabelle Filliozat, Au coeur des émotions de l’enfant, Éditions J-C Lattès, 1999, 312 p.
Dr Jean-François Chicoine et Nathalie Collard, Le Bébé et l’eau du bain – Comment la garderie change la vie de vos enfants, Éditions Québec Amérique inc., 2006, 513 p.

Ma Frimousse est sevrée

Elle aura 3 ans dans quelques jours. Déjà !

C’est mon bébé, mon tout petit bébé d’amour.  Mais, je dois l’admettre, elle n’a plus rien d’un bébé… sauf peut-être ce pouce qu’elle affectionne encore de téter lorsqu’elle est fatiguée, triste ou contrariée.

Le 3 septembre dernier, elle a pris sa dernière tétée.

Bien sûr, je ne savais pas alors qu’il s’agissait de la toute dernière.

Je pressentais cette possibilité ce matin-là, vu les circonstances.  Mais j’avais déjà eu cette impression quelques fois au cours de l’été.  Qui s’était avérée fausse, finalement.  Ce n’est qu’à postériori, en voyant passer les jours sans retour au sein, que j’ai pu savoir que cette fois-ci, c’était réellement terminé.

Ma Frimousse s’est sevrée.  Je ne l’ai pas sevrée.  Ou si peu.

Depuis Noël 2013, elle ne prenait plus qu’une seule tétée par jour, le matin au réveil.  Et depuis la fin du printemps, il lui arrivait de plus en plus fréquemment de sauter une journée, beaucoup plus rarement deux.  Quand je sortais du lit avant son réveil et qu’elle me trouvait déjà debout et tout habillée ou quand sa soeur l’entraînait dans la cuisine dès leur lever pour déjeuner, par exemple.  Il y a des matins où elle tétait vigoureusement et plutôt longtemps (3 ou 4 minutes à chaque sein).  D’autres, où elle prenait une gorgée vite fait, demandait l’autre sein, buvait peu et se mettait à me chatouiller, à me poser des questions commençant par pourquoi et à rigoler.  Il y a des matins où elle semblait si peu avoir besoin encore de l’allaitement que je me disais que cela allait se terminer tout de suite et d’autres où elle me donnait l’impression que, si je ne me décidais pas à y mettre le holà, ça durerait encore des années.  Il y a des matins où j’avais vraiment envie qu’elle tète, ou j’étais même déçue si elle ne le voulait pas.  Et d’autres où j’espérais qu’elle ne demande pas, où même, parfois, je repoussais les draps pour sortir du lit dès que je l’entendais trottiner vers ma chambre car j’aurais pu lui refuser le sein pour la première fois.  Mais alors elle  ne demandait pas, peut-être parce qu’elle sentait que ça ne me tentait pas.  La relation était devenue plus importante pour nous que l’aliment, dont j’étais bien conscience qu’elle consommait peu.

Ce matin du 3 septembre, quand elle a demandé le sein et est venue se blottir contre ma poitrine, j’ai eu un moment de surprise, presque d’affolement.  Elle n’avait pas bu la veille, j’en était certaine.  Ni le jour d’avant, je m’en suis souvenu.  Et le jour d’avant, avait-elle bu ?  Je ne m’en rappelais pas et c’est ce qui me troublait.  Tout me disait depuis quelques semaines que le sevrage approchait.  J’anticipais ce moment avec un mélange de sentiments complexe.  Si elle n’avait pas bu ce matin du 3 septembre-là, je n’aurais jamais su avec certitude quel jour elle avait pris sa dernière tétée.  Le 29 ou le 30 août ?  Dans les faits, quelle importance avait la date précise ?  Aucune.  Ce qui me dérangeait, c’était de n’avoir aucun souvenir de cette tétée, qu’elle n’ait pas été spéciale et marquante.

Avant de déjeuner, ce matin-là, j’ai ouvert mon calendrier, regardé la date, puis inscrit dans la case du 3 septembre « Dernière tétée d’Éloane ? »  Elle n’a bu ni le lendemain, ni le jour suivant.  Alors, sur un bout de papier que j’ai collé dans mon calendrier, j’ai noté, pendant que je m’en souvenais encore bien :  « Une belle tétée au lit, de celles que j’aime :  plutôt longue, calme, avec des caresses, des regards pétillants, et suivi d’un câlin tout tendre ».  Au cas où…

Une fois, c’était 8 ou 9 jours après cette dernière tétée, elle a demandé du lait de maman.  J’ai hésité.  Je lui ai dit :  « Quand je vais avoir fini de me démêler les cheveux. »  Elle a souri.  Elle semblait ravie, ou peut-être soulagée, que je ne lui répondes pas non.  D’avoir encore cette possibilité en poche.  J’ai débroussaillé la tignasse, puis je ne lui ai pas offert.  Et elle ne l’a pas redemandé.

Deux semaines plus tard, j’ai hachuré le point d’interrogation sur mon calendrier.  Cette tétée avait été la dernière et, comme j’en gardais un agréable souvenir, c’était bien ainsi.  Il n’y aurait plus de retour en arrière.  J’étais maintenant prête à refuser au besoin.  Mais je n’ai pas eu à le faire, du moins jusqu’ici.

Parfois, ma Frimousse touche mes seins, s’y colle le visage.  Alors, elle me raconte qu’elle buvait du lait là (elle pointe), mais qu’elle n’en boit plus parce qu’elle est « une graaaaaaaaande fille ».  Elle raconte qu’elle a des seins elle aussi, me les montre.  L’autre jour, elle m’a demandé si j’avais encore du lait dans mes seins.  Je ne savais pas.  J’ai dit non.  Que j’en aurais à nouveau seulement s’il y avait un nouveau bébé qui naissait de mon ventre.  Mais j’ai vérifié et, en fait, je lui ai menti sans le savoir.  J’ai encore du lait, 50 jours plus tard.  Je ne l’aurais pas cru.

 

Quel est le problème avec les vaccins ?

ou

Pourquoi autant de questionnements, de débats et de disputes autour des vaccins ?

Les promoteurs de la vaccination, les médecins, les infirmières, les pharmaciens vous diront avec fierté que les vaccins sont sécuritaires et efficaces, qu’ils sont un outil de prévention miraculeux dont on serait fou de se priver, qu’ils sauvent chaque année des milliers de vie, qu’ils ont éradiqué nombre de maladies et évité autant d’épidémies mortelles, bref qu’ils sont l’avancée médicale par excellence du 20e siècle.

Pourquoi donc, si tel est le cas, de plus en plus de parents s’opposent à la vaccination de leurs bébés et jeunes enfants ?  Sont-ils des irresponsables et des anarchistes ?  Qui sont ces parents et qu’est-ce qui les motive ? Il serait bien bête de croire que c’est parce que les parents sont trop sensibles et redoutent la douleur et les pleurs qui peuvent suivre l’injection qu’ils s’opposent à la vaccination.  Je considère que tout simplement cela participe d’un mouvement global de conscientisation à l’égard de notre responsabilité sur notre propre santé et celle de notre famille, une prise de conscience aussi du rôle de parent, qui est de prendre les meilleures décisions possibles pour assurer le développement optimal de son enfant dans toutes les sphères :  santé, intelligence, développement social, moteur, affectif, etc.

Il n’y a aucune obligation vaccinale au Canada.  Il est donc de la responsabilité des parents, comme pour chaque acte médical qu’ils choisissent pour leurs enfants, de s’interroger et de s’informer.  La vaccination ne devrait pas être une action automatique et irréfléchie.  C’est une décision trop importante pour cela. Je souhaite avec ce billet participer à l’information et à la réflexion des parents pour qu’ils puissent prendre la meilleure décision possible, celle avec laquelle ils auront l’esprit en paix, que ce soit de faire vacciner ou de ne pas faire vacciner leurs enfants.

Un peu d’histoire

À la fin du 18e siècle (1796), un Anglais du nom de Jenner a constaté que les fermiers qui ont déjà contracté une maladie bénigne (la vaccine, d’où le nom du procédé ensuite inventé) ne sont jamais la proie de la terriblement contagieuse et mortelle variole.  Il tente une expérience sur un jeune garçon, en lui inoculant d’abord la vaccine cultivée sur le bras d’une fermière atteinte, puis en inoculant à ce garçon la variole¹.  L’expérience est encourageante :  le garçon ne développe pas la variole.  Jenner décide alors de combattre la variole en inoculant ainsi la vaccine à toute la population qui voudra bien le payer pour ce faire.  Cependant, sans tenter aucune expérimentation en ce sens, ses collaborateurs et lui changent d’idée en cours de route et décident d’inoculer la variole elle-même, sous une forme atténuée, plutôt que la vaccine.  Le prétexte donné est que ces maladies sont d’une « même famille » (ce qui n’est pas faux) ;  or la motivation principale était probablement financière.  Cette toute première vaccination massive obtient des résultats mitigés.

Le principe de la vaccination inventé par Jenner est novateur :  pour la première fois, un médecin préconise la prévention plutôt que la guérison.  En cela, c’est une grande avancée de la médecine pour laquelle nous lui sommes tous redevables.  Toutefois, comme on peut le constater, l’idée que l’on peut prévenir une maladie en en inoculant une forme atténuée ne repose sur rien :  au départ, le constat était, rappelons-le, que l’on peut éviter la redoutable variole en contractant une maladie similaire mais beaucoup moins effrayante : la vaccine.  C’est comme si aujourd’hui l’on apprenait que l’on pouvait se prémunir contre toute forme de cancer en attrapant tel virus particulier du rhume :  tout le monde se précipiterait pour être contaminé par le rhume en question !

Une centaine d’années plus tard (1885), Louis Pasteur met au point un vaccin contre la rage.  C’est le second vaccin proposé à l’homme puisqu’il n’existe alors que le vaccin antivariolique (celui de Jenner) et deux vaccins pour les animaux (la clavelée, maladie du mouton, et la péripneumonie bovine).  L’expérimentation qui a permis à Pasteur de déclarer ce vaccin efficace est hautement contestable :  réalisée sur un seul individu (comme celle de Jenner), elle a consisté à le vacciner après la morsure d’un chien présumé enragé et à le déclarer guéri parce qu’il n’avait pas contracté la rage.  Or, rien ne prouve que le chien était enragé.  Tout de même, comme ce vaccin, encore aujourd’hui, n’est administré qu’après une morsure suspecte et donc à une clientèle restreinte et bien ciblée, et comme on l’a beaucoup amélioré depuis l’époque de Pasteur (où il a provoqué plus souvent la maladie qu’il ne l’a évitée parce qu’entre autres, mal atténué), on peut le considérer comme une belle avancée médicale.

Au 20e siècle, apparaissent les grands laboratoires de recherche pharmaceutique (l’Institut Pasteur en France, GSK au Canada, etc.).  Ces entreprises privées (dont le but premier est toujours le profit) ont à coeur de multiplier les vaccins mis en marché.  Et ils ont l’excellente intuition de s’attaquer à toutes ces maladies mortelles et effrayantes qui déciment les populations :  diphtérie, polio, etc.  Les parents de jeunes enfants deviennent une clientèle idéale :  soucieux de protéger leur progéniture, ils sont à l’affut de traitements préventifs, complètement séduits par la vaccination.  L’on commence donc rapidement à s’attaquer avec les vaccins aux maladies dites de la petite enfance (rougeole, oreillons, coqueluche, etc.).  On déclare publiquement que les vaccins ont permis de contrôler ou de faire disparaître nombre de ces maladies, ce que la population croit puisque les morts attribuables à ces maladies sont beaucoup moins fréquentes de nos jours qu’au début du siècle dernier. Or, d’autres facteurs pourraient entrer en ligne de compte dans la disparition des maladies et de la mortalité associée :  qualité de l’eau potable (puits artésiens et réseau d’aqueduc, plutôt que puits de surface), grandes avancées en matière d’hygiène élémentaire (lavage au savon des mains, désinfection des surfaces, des instruments chirurgicaux et des ustensiles de cuisine), augmentation générale de la richesse et de l’accès à la nourriture bien conservée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (fruits en hiver, réfrigérateurs et congélateur dans les maisons, par exemple), accès rapide en cas de maladie à des soins médicaux et des traitements de pointe (respirateur, antibiotiques).  Il paraît évident que l’ensemble de ces facteurs a permis la régression de la mortalité infantile et que le rôle de la vaccination dans ce combat, si rôle il y a, est secondaire.  À ce sujet, les courbes de régression des maladies laissent peu de place au doute :  les maladies étaient toutes en fort déclin avant même l’apparition du vaccin qui, au mieux, a accéléré ce déclin déjà assuré².  Dans certains cas, les vaccinations ont même entraîné temporairement la recrudescence de la maladie en raison d’erreurs de conception (le cas du vaccin anti-polio est pour cela tristement célèbre) ou de lots défectueux.

Aujourd’hui, le calendrier vaccinal recommandé par les autorités comporte chez nous des immunisations contre 15 maladies différentes avant l’âge de 10 ans.  Il représente un total de 18 injections (ou prises orales) en dix ans, dont la très grande majorité au cours des 18 premiers mois de vie, certaines de ces injections regroupant plus de 5 virus distincts. Cela fait beaucoup, beaucoup de vaccins.  Encore trop peu aux dires de l’industrie pharmaceutique, qui cherche à développer et vendre sans cesse de nouveaux vaccins.  Mais beaucoup trop aux yeux de parents comme moi, qui s’inquiètent qu’on n’étudie pas plus les effets potentiels de cette multiplication phénoménale (quand je suis née, il y avait trois fois moins de vaccins), cette multiplication exponentielle ces dernières années de la pratique vaccinale qui, on l’oublie, est très jeune dans l’histoire de l’humanité.

Un tour d’horizon du calendrier vaccinal

Partons pour l’instant du principe selon lequel les vaccins inclus dans le calendrier vaccinal sont sécuritaires, et généralement efficaces.  Sont-ils pour autant nécessaires ?  Sont-ils même souhaitables, TOUS souhaitables ? Peut-on tout de suite, sans condamner le principe de la vaccination tout entier, s’interroger sur la pertinence de certains vaccins particuliers dans notre contexte particulier de Nord-Américains ?  Peut-on s’interroger sur la pertinence d’une vaccination massive la première année de vie d’un bébé ?  Peut-on questionner la validité d’un calendrier unique, qui ne tient pas compte de l’unicité de chaque individu (bébé allaité ou non, né en bonne santé ou non, fréquentant la garderie ou non, etc.) ?

À l’âge de deux mois (avec des rappels à 4 et 6 mois, puis à 12 ou 18 mois), on recommande pour bébé 2 injections et un vaccin oral :  DCaT-Polio-Hib, conjugué pneumocoque et rotavirus. 

Les maladies concernées sont :

D pour Diphtérie
La diphtérie est une maladie contagieuse grave d’origine bactérienne, aujourd’hui disparue en Amérique du Nord.  Le vaccin ne prévient pas l’infection³.  Il s’attaque plutôt à une toxine produite par la bactérie lorsqu’elle se trouve dans les voies respiratoires du malade et qui est la cause des complications graves. Ainsi, l’on peut être certains que si plus personne au Québec n’a la diphtérie, ça n’a rien à voir avec la vaccination puisque celle-ci n’empêche pas la propagation de la maladie, seulement ses conséquences les plus fâcheuses.  Or, il n’y a plus de diphtérie au Québec :  cette maladie s’est éradiquée d’elle-même, comme avant elle le choléra et la peste (pour laquelle il n’existe pourtant aucun vaccin). Le vaccin contre la diphtérie peut donc être qualifié de totalement inutile.  À moins que vous ne voyagiez dans un pays où cette maladie continue de faire des ravages.  Dans ce cas, c’est un vaccin tout à fait indiqué.

Ca pour Coqueluche
La coqueluche est une maladie bactérienne très contagieuse et d’une longue durée (plus d’un mois), mais généralement bénigne (même si les symptômes de détresse respiratoires peuvent faire peur), sauf dans le cas des nourrissons de moins de 4 mois, chez qui elle risque d’être plus grave. L’ancien vaccin était considéré très efficace mais avait des effets secondaires graves et fréquents.  Il a été retiré du marché et remplacé par un vaccin inactivé (dit acellulaire), dont l’efficacité semble beaucoup moindre et qui fait actuellement l’objet d’une controverse parce que les bébés récemment vaccinés pourraient développer une forme asymptomatique de la coqueluche et être contagieux sans le savoir (4).  Cela expliquerait pourquoi il y a récemment tant de cas de coqueluche chez les bébés à risque (moins de 4 mois), ce qui ne se voyait pas avant la vaccination, quand la maladie touchait surtout les jeunes enfants. C’est un cas de vaccination pour laquelle la réponse est complexe, la maladie cessant justement de représenter un réel danger au moment où la deuxième dose (et donc le début d’une réelle protection) est administrée.  On vaccinerait ainsi son enfant non pas pour le protéger, lui, mais uniquement dans le but de protéger les autres.  C’est un pensez-y bien qui dépend entre autres de la fréquence à laquelle nous fréquentons avec notre enfant des mères de bébés plus jeunes…  mais aussi de cette incertitude concernant le caractère contagieux des nouveau-vaccinés, qui pourrait changer la donne.

T pour Tétanos
Le tétanos n’est pas une maladie contagieuse.  C’est cependant une maladie grave, qui a un taux de mortalité d’environ 30% (la majorité de ces morts étant toutefois des nourrissons du tiers-monde dont le cordon ombilical a été coupé avec un instrument souillé à la naissance).  Cette maladie est due à un bacille, qui se trouve surtout dans la terre ou dans les excréments, et qui contamine l’humain par le biais d’une blessure (le plus souvent profonde, et causée par un objet rouillé) ou d’une morsure animale, pour ensuite sécréter une toxine.  Comme dans le cas de la diphtérie, c’est contre cette toxine qu’est prévu le vaccin, et non contre le bacille lui-même. Dans ces conditions, et parce que cette maladie, bien que rare, existe encore aujourd’hui chez nous, la vaccination semble une excellente protection.  Cependant, il faut savoir que c’est un vaccin qui a des effets secondaires importants connus et que ces effets secondaires tendent à proliférer et à s’aggraver avec la multiplication des rappels.  En outre, le tétanos n’est pas une maladie immunisante, c’est-à-dire que l’attraper et en guérir ne protège pas d’une nouvelle infection dans le futur.  Or, si la maladie elle-même n’immunise pas, plusieurs se demandent à juste titre comment le vaccin y parvient (5).  En fait, il est hautement improbable que le vaccin antitétanique offre la moindre protection, justement parce que cette maladie ne répond pas du tout au profil de maladie évitable par la vaccination. Ainsi, cette vaccination peut être jugée farfelue et inutile.  Cependant, étant donné la gravité de la maladie, certains parents ne pourront se résoudre à vivre avec ce risque.  Il est alors conseillé de retarder la première vaccination à l’âge des premiers pas (en moyenne 14 mois), puisqu’une infection par le tétanos dans notre pays est à peu près impossible tant que bébé ne se déplace pas par lui-même.  Retarder la première vaccination après l’âge d’un an présente cet autre avantage de diminuer le nombre d’injection nécessaires à l’immunisation, ce qui est particulièrement profitable dans le cas précis de ce vaccin.

Polio pour Poliomyélite
La poliomyélite est une maladie virale bénigne ressemblant à une gastro-entérite qui, dans environ 1% des cas, se présente sous une forme dramatique, par une paralysie du système respiratoire (elle est alors mortelle) ou une paralysie (permanente) des membres inférieurs.  Heureusement, la poliomyélite est une maladie éradiquée dans le monde occidental. Le vaccin contre la poliomyélite est totalement inutile pour un bébé québécois.  Cependant, vu la gravité que peut prendre la maladie, le vaccin est tout à fait indiqué si l’on voyage dans un pays où la poliomyélite continue de sévir.  Dans ce cas, il faut s’assurer de choisir le vaccin injectable.  En effet, le vaccin buvable (donc vivant) vous rend contagieux, susceptible de transmettre la polio autour de vous, voire de la contracter.

Hib pour Haemophilus influenza de type B
Ce vaccin est donné dans le but de protéger contre la méningite.  Il protège contre une forme bactérienne de la méningite, responsable de 1% de tous les cas de méningites bactériennes et virales combinées.   La méningite est une maladie potentiellement mortelle et foudroyante.  Elle fait peur. Ainsi, ce vaccin est bienvenu, peu importe qu’il passe à côté de 99% des risques :  la moindre protection contre la méningite fait du bien.  Cependant, il est intéressant de savoir que ce vaccin nécessite 4 injections lorsqu’on suit le calendrier, mais deux injections si l’on commence à 4 mois et une seule si on attend que bébé ait 15 mois ou plus.  Et comme l’allaitement est un facteur de protection important contre la méningite bactérienne, si l’on veut limiter le nombre d’injections et qu’on allaite, qu’en plus bébé ne va pas encore à la garderie, il ne serait pas nécessairement préjudiciable de reporter la première immunisation.  Ça devient ici une décision personnelle basée sur notre tolérance aux risques :  ceux de la maladie, ceux de la vaccination (nous en reparlerons).

Conjugué pneumocoque
Les pneumocoques (il en existe près de 90 différents) sont des bactéries responsables de nombreuses affections bénignes telles que les otites, les pneumonies et les sinusites, ainsi que de maladies graves comme des méningites et des septicémies.  Le hic avec les pneumocoques, c’est que les maladies qu’ils causent (autant graves que bénignes) se traitent avec des antibiotiques et qu’ils deviennent de plus en plus résistants à ce traitement. Le vaccin protège contre 10 (Synflorix) ou 13 (Prevnar) des souches de pneumocoques les plus fréquentes chez les jeunes enfants (6).  On peut le qualifier de protection souhaitable étant donné la gravité de maladies comme la méningite et la septicémie.  C’est d’autant plus vrai dans le cas d’enfants qui ont un système immunitaire déficient ou d’adulte qui ont subi une ablation de la rate (organe qui a un effet protecteur).

Rotavirus
Les rotavirus comptent parmi les virus responsables de la gastro-entérite.  Cette maladie très fréquente et hautement contagieuse est généralement bénigne, sauf dans le cas des nourrissons, dont l’état doit être surveillé de près pour éviter une déshydratation grave due aux vomissements et à la diarrhée. Le vaccin protégeant contre les rotavirus est tout nouveau dans le calendrier vaccinal (inscrit depuis 2011 seulement, ce vaccin n’étant sur le marché que depuis 2008).  C’est un vaccin oral, vivant, ce qui soulève quelques inquiétudes, notamment parce que les selles du bébé nouvellement vacciné contiennent le virus pendant une dizaine de jours, et qu’il risque par conséquent de contaminer les membres de sa famille lors des changements de couche et des bains. Vu la banalité de la gastro-entérite et la faible protection que ce vaccin offre (il y a tant d’autres virus en cause), vu par comparaison, les risques associés à un vaccin vivant (surtout chez un jeune bébé), le vaccin contre les rotavirus peut être qualifié d’indésirable.

À l’âge de 12 mois, le calendrier vaccinal comporte 2 nouveaux vaccins (RRO-Var et Méningocoque), en plus d’un rappel, ce qui fait un total de 3 injections, combinant des immunisations contre 6 maladies différentes.

Méningocoque
La méningite à méningocoque est une maladie grave mais rare, qui touche principalement les enfants de moins de 5 ans et les adolescents.  Le vaccin protège contre les méningocoques de type C, qui représentent environ le tiers des méningites dans les pays occidentaux (les deux autres tiers étant attribuables au type B). Malheureusement, c’est un virus capable de mutation et, si la vaccination systématique fait baisser la prévalence du type C, elle fait augmenter d’autant la prévalence du type B, laissant le nombre de méningites identique.  En tenant compte de ces faits, mais aussi des effets secondaires de ce vaccin, on peut considérer que la vaccination systématique est inutile.  Cependant, une vaccination ciblée lors de l’éclosion d’une épidémie dans un milieu donné (une école, un quartier, une ville, une région) est une mesure de protection intéressante.

R pour Rougeole
La rougeole est une maladie bénigne chez l’enfant.  Les risques de complications graves ou de décès sont presque nuls en Occident puisqu’ils sont le résultat de carences importantes (en vitamine A, notamment) chez le malade, de manque de soins médicaux ou d’un système immunitaire affaibli par une autre maladie grave, comme la tuberculose. Comme il s’agit d’un vaccin vivant (toujours plus risqué, pouvant rendre le nouveau-vacciné contagieux) et d’une maladie bénigne, la vaccination s’avère indésirable avant l’adolescence, où elle pourra être bénéfique dans le cas où la maladie n’aurait pas encore été contractée.

R pour Rubéole
La rubéole est une maladie plus que bénigne, qui passe même souvent inaperçue (un petit mal de gorge et c’est tout).  La seule exception, c’est le cas de la femme enceinte, les trois premiers mois de sa grossesse, car cela peut alors entraîner des malformations chez son fœtus. La vaccination des garçons est tout simplement injustifiable, surtout qu’il s’agit d’un vaccin vivant.  Pour protéger les fœtus, il peut néanmoins être indiqué de vacciner les filles.  Mais attendre l’éclosion de la puberté (avant laquelle il n’y aura pas de grossesse) serait plus adéquat.

O pour Oreillons
Cette maladie bénigne peut être carrément asymptomatique.  Il y a un risque de complication sous la forme d’une méningite virale, qui n’est en rien dangereuse (contrairement à la méningite bactérienne) et ne nécessite pas d’autre traitement que des antidouleurs.  Il y a aussi un risque d’inflammation des testicules ou des ovaires pouvant mener à une certaine infertilité.  Ce risque n’est pas à prendre à la légère, mais il est rarissime chez les enfants (ce sont les adolescents et les adultes qui sont concernés). La vaccination des enfants contre les oreillons ne se justifie aucunement.  Juste avant la puberté, cependant, pour protéger contre la stérilité, le vaccin devient envisageable.

Var pour Varicelle
La varicelle est la plus contagieuse de toutes les maladies de la petite enfance.  Elle est toujours bénigne chez les enfants, sauf chez des sujets sous immunodépresseurs ou affectés par une maladie grave (cancer, etc.), quelquefois chez de très jeunes bébés (et des fœtus dans le ventre de leur mère). Le très récent vaccin contre la varicelle (vivant) est celui qui traîne le plus de matériel génétique résiduel, d’où des risques accrus de problèmes tels que des mutations.  En outre, ce vaccin risque de déplacer la maladie chez les adultes et les adolescents, chez qui les complications sont beaucoup plus fréquentes que chez les enfants, comme cela a été le cas pour les autres maladies de la petite enfance, comme la rougeole.  En tenant compte de ce fait, on peut qualifier ce vaccin d‘indésirable, au moins avant le début de l’adolescence, pendant laquelle il devient envisageable.

Entre 6 et 23 mois, à l’automne, le calendrier vaccinal propose aussi un vaccin contre l’influenza (la grippe).

Influenza
Ce vaccin a probablement pour but de protéger les nouveau-nés et les personnes âgées et affaiblies par la maladie puisque la grippe (influenza) est le reste du temps une maladie désagréable et pénible, mais bénigne.  C’est aussi une maladie relativement rare, trop souvent confondue avec le rhume, contre lequel le vaccin n’offre aucune protection. S’il y a un vaccin injustifiable et inutile, c’est bien celui-là, surtout que les virus sont en perpétuelle mutation et que l’efficacité du vaccin est de ce fait discutable, mais généralement faible.

En 4e année du primaire (9 ans), 2 autres vaccins sont recommandés :  un contre l’hépatite B, l’autre contre le VPH.  Le vaccin contre l’hépatite B est parfois même suggéré pour les nourrissons.

Hépatite B
Les hépatites sont des inflammations du foie causées par un virus, généralement bénignes.  Les complications sont un peu plus fréquentes avec l’hépatite B, mais cette maladie est plus facile à prévenir parce qu’elle se transmet par le sang (partage de seringue, personnel médical) ou par contact sexuel. Vacciner systématiquement contre l’hépatite B est une aberration.  Une vaccination ciblée pour les groupes à risques (toxicomanes, par exemple) peut se justifier, malgré les risques associés à ce vaccin, qu’il importe de ne pas négliger puisqu’ils sont nombreux et importants.

VPH
Le papillomavirus cause des condylomes et autres lésions aux organes génitaux, qui sont presque toujours indolores et guérissent d’eux-mêmes dans la majorité des cas.  C’est une infection banale, qui peut être évitée par de la prévention sur les rapports sexuels et les ITSS. Le vaccin a été conçu dans l’espoir de prévenir le cancer du col de l’utérus, pour lequel le papillomavirus est le principal responsable.  Cependant, une vaccination massive est injustifiable, du fait que le dépistage du cancer du col de l’utérus est facile grâce au PAP test et que le vaccin pourrait encourager chez les adolescents des pratiques sexuelles à risque en leur donnant une fausse impression de protection.

Alors, c’est quoi le problème avec les vaccins ?

Il ne s’agit en fait pas d’un, mais de plusieurs problèmes. Le premier étant la quantité.  Il y a assurément trop de vaccins, trop vite dans la vie des enfants.  C’est pourquoi il importe, même si l’on est favorable à la vaccination comme moyen de prévention, de s’interroger sur la pertinence de chaque vaccin dans notre contexte général de Nord-Américain, mais aussi selon l’état de santé et le parcours particuliers de l’individu qu’est notre enfant. vaccination Ceux et celles qui décident que la vaccination est une option de prévention intéressante peuvent ainsi se référer au tableau suivant (synthèse de la partie précédente) pour s’aider à décider quels vaccins donner, et quand. tableau vaccins Le souci, cependant, c’est que le personnel médical refuse très souvent les vaccinations à la carte, que de plus en plus fréquemment aussi il n’existe plus de version simple du vaccin, mais seulement les combinaisons nommées précédemment, ce qui impose aux parents le tout ou rien.

Le deuxième problème concerne la perte de confiance de plusieurs parents (dont moi) dans l’intégrité des laboratoires pharmaceutiques.  J’en ai parlé au début de mon billet, le principe même sur lequel repose la vaccination tout entière n’a jamais vraiment été étudié et l’idée selon laquelle la régression de nombreuses maladies doit être attribuée aux vaccins est fort discutable. En outre, l’histoire des vaccins est parsemée partout d’erreurs, de contaminations, de doutes, qui peuvent discréditer encore plus la façon dont les laboratoires pharmaceutiques conçoivent les vaccins, puis testent leur efficacité et leur innocuité.  Le cas de la grippe A H1N1 est à cet effet des plus troublant (7).  Il faut en outre garder en mémoire que les études cliniques ne peuvent pas porter sur des jeunes enfants ou des femmes enceintes pour des raisons éthiques.  Les premières cohortes d’enfants et de femmes enceintes vaccinés après l’étude clinique se désignent ainsi sans bien s’en rendre compte comme cobayes volontaires pour compléter l’étude clinique.  Comment savoir, en effet, qu’un poupon de 2 mois ne réagira pas totalement différemment à un vaccin jusque-là uniquement testé sur des adultes en bonne santé ?  Avant de faire donner à votre enfant un vaccin récemment mis sur le marché (rotavirus, varicelle, VPH…), demandez-vous si cela vous tente qu’il serve gratuitement de cobaye.  Moi, non.

Je ne trouve pas qu’il soit pertinent ici d’étudier en détails les théories du complot, nombreuses concernant les vaccins.  Cependant, évoquer sous forme de questionnement des événements de l’histoire récente et des coïncidences fâcheuses m’apparaît nécessaire.  Ainsi, nous devrions tous savoir que les vaccins sont généralement des virus cultivés sur des oeufs (embryons de poule) ou sur des organes animaux, notamment des reins de singes ou des foetus de veaux.  Ces organes et embryons peuvent malheureusement être infectés par des virus que nous ne connaissons pas encore et que, par conséquent, nous ne détectons pas.  Injectés à l’homme en même temps que le vaccin, ces virus pourraient muter ou causer des affections inédites.  C’est un risque qui est pris à chaque fois et qui devrait toujours être mesuré en fonction de la gravité et de la prévalence de la maladie contre laquelle le vaccin protégera.  C’est un risque qui a été trop souvent sous-évalué jusqu’ici, et certains vont affirmer, par exemple, que le sida est la résultante de la contamination du vaccin de la polio par un virus présent sur les reins des singes sur lesquels il a été cultivé.  Ainsi, la coïncidence entre l’apparition du sida en Afrique et la campagne de vaccination massive contre la polio quelques temps auparavant pourrait dans les faits relever davantage du lien de cause à effet (plausible, cette hypothèse parmi bien d’autres reste à ce jour à vérifier (8)).

De la même façon, on a de plus en plus souvent l’impression que les compagnies pharmaceutiques nous cachent quelque chose, qu’elles manquent de transparence, notamment en ce qui concerne la prévalence et la gravité des effets secondaires des vaccins.   Il y a tout simplement trop de « fâcheuses coïncidences » que les médecins balaient du revers de la main sans vouloir les étudier comme pouvant être un effet secondaire du vaccin et qui ne sont donc jamais recensées.  Dans Vaccins – Dre maman en a assez !, Monique Morin (9) regroupe les témoignages de trop nombreuses familles qui se disent victimes des vaccins :  complications, séquelles, morts troublantes…  à tort ou à raison, ces gens ont l’impression que les vaccins ont joué un rôle négatif dans leur santé ou celle de leur enfant.  Ces gens ont surtout en commun d’avoir vu leurs soupçons niés sans qu’aucune preuve du contraire ne leur soit fournie en retour :  c’est l’Omertà, la loi du silence.  Questionner l’innocuité d’un vaccin est un acte interdit :  vous serez niais ou vous serez fou, mais vous ne pouvez pas avoir raison (10).  Il est fort probable que l’autisme et les autres TED n’aient rien à voir avec la vaccination, que la déclaration des symptômes dans les mois, les semaines et même les jours suivant l’injection tienne du malheureux concours de circonstances.  Mais le fait que tant et tant de parents ces dernières décennies soulèvent et questionnent ce « hasard » entre multiplication des vaccins et multiplication des cas d’autisme devrait suffire à rehausser le niveau de vigilance, et ce n’est pas du tout le cas.  La présence d’aluminium et de mercure (des neurotoxiques reconnus) dans certains vaccins destinés aux bébés est aussi questionnée.  Les fabricants prétendent que les doses sont infimes et donc sans danger, mais doit-on leur faire confiance sur parole ?  N’ont-ils pas l’obligation de prouver ce fait… surtout que tant de gens en doutent et que la multiplication récente des doses (3 fois plus en ce moment qu’il y a 30 ans) change quand même la quantité totale à laquelle on expose les enfants, qui est beaucoup plus élevée que celle tolérée dans les aliments ?  (11) (12)  Il en va de même pour la mort subite du nourrisson, pour laquelle il est terrifiant de constater qu’elle suit une courbe de risque différente chez les enfants vaccinés ou non vaccinés, surexposant les nourrissons vaccinés à 2 et 4 mois (13).  Pourquoi personne n’étudie sérieusement ce phénomène inquiétant ?

Enfin, le troisième et dernier problème que je vais évoquer est peut-être celui qui a le plus de poids dans ma décision personnelle concernant les vaccins.  Ce problème attaque la pertinence de la vaccination à la base puisqu’il concerne le fonctionnement du système immunitaire.  En effet, le premier vaccin a été pensé à une époque où l’on ne connaissait rien du système immunitaire et il me semble de plus en plus que ce que l’on apprend sur la façon dont ce dernier se défend discrédite totalement la manière de procéder à la majorité des vaccinations, soit par injection. Le virus atténué est envoyé dans le muscle à l’aide d’une aiguille.  Or, est-ce de cette façon que les virus nous attaquent ?  Absolument pas.  Quelques uns d’entre eux vont pénétrer par les oreilles (infections ORL), les yeux (conjonctivite), la peau (verrue)…  mais la plupart d’entre eux vont entrer par notre bouche pour nous attaquer de l’intérieur, de façon centralisée.  Il n’est donc pas étonnant que 80% de notre système immunitaire se retrouve dans nos intestins, foyer de la grande majorité de nos combats contre la maladie.  Ce n’est que lorsque notre système immunitaire échoue à neutraliser le virus ou la bactérie ennemi que nous tombons malades et ressentons les symptômes particuliers associés à cette pathologie.  Nous, adultes, sommes donc le plus souvent temporairement des porteurs sains :  contagieux, mais non malades.  Le combat en lui-même, même lorsque nous en sortons finalement victorieux, peut occasionner de la fatigue et d’autres malaises mineurs temporaires.  Les enfants, eux, font leurs premières armes :  ils perdent davantage de combats parce que leur système immunitaire est moins bien entraîné et reconnaît moins d’ennemis (connaître l’ennemi, c’est connaître ses points faibles). Notre corps est ainsi fait pour se prémunir contre les virus et les bactéries qui s’en prennent à ses orifices pour l’attaquer et le pénétrer.  Aide-t-on réellement au développement du système immunitaire en lui faisant combattre des virus qui n’empruntent pas la voie normale d’invasion ?  Stimule-t-on ainsi les premières lignes de défense, celles de la peau, des poils et des muqueuses, qui devraient détecter la présence de l’ennemi et tirer la sonnette d’alarme ?
Renforce-t-on ainsi la présence de petits soldats vigilants dans l’intestin, là où se jouera éventuellement le vrai combat ?  Ou perturbons-nous plutôt ce beau mécanisme ?  Ne le rend-on pas paresseux et inattentif, notre système de défense, en lui indiquant d’attendre que le virus soit déjà dans le sang avant d’entreprendre la bataille… alors que son rôle est justement d’empêcher par tous les moyens (fièvre, diarrhée…) que cela se produise ?  Détraquons-nous la machine en lui faisant croire que les attaques viennent de partout à l’intérieur, qu’elles arrivent sans crier gare ?

Je n’ai pas la formation pour prétendre avec la moindre certitude que les cancers ou les maladies auto-immunes, comme le syndrome de Guillain-Barré ou la sclérose en plaques, peuvent être provoqués par la vaccination massive, mais je m’interroge.  Pourquoi de plus en plus d’individus nés sains voient-ils soudain leur système immunitaire se détraquer et détruire leurs propres organes ?  Pourquoi autant de cancers et chez des individus de plus en plus jeunes, des enfants même (14) (15) ?  Et cela sans parler des allergies, si fréquentes et si invalidantes de nos jours.  Pourquoi le corps perçoit-il de plus en plus souvent des aliments sains comme des agresseurs ?  Est-on absolument certain que le fait de stimuler un système immunitaire situé en grande majorité dans les intestins par des injections (qui nécessairement le contournent) est un acte sans conséquences alors même que l’on en apprend sans cesse sur l’importance d’une saine flore intestinale et sur les liens qu’elle entretient avec le cerveau (problèmes neurologiques, autisme, maladie mentale) ?

Personnellement, je vois mal comment la vaccination peut stimuler l’immunité.  Parce que l’immunité, c’est justement lorsque le corps fait bien son travail et empêche que le virus parvienne jusqu’au sang et se répande partout dans l’organisme.  Lorsque cela se produit, le corps a déjà perdu.  À ce sujet, la science récente semble bien confirmer mes intuitions (16).  C’est en amont que l’invasion peut être empêchée, c’est en amont que se joue l’immunité. C’est donc en amont que j’essaie de travailler :  nourriture saine, eau de qualité, contact régulier avec la nature, exercice, produits d’hygiène corporelle et d’entretien ménager naturels…  C’est ma vision personnelle de la prévention.

Alors pour l’instant, mes filles n’ont reçu absolument aucun vaccin.  Comme moi avant elles, d’ailleurs, et je m’en porte si bien !  Elles n’ont jamais été vaccinées parce que je n’en vois pas la nécessité et parce que je doute de l’innocuité des cocktails contenus dans ces seringues.  Cela ne m’empêche pas d’envisager de faire administrer éventuellement certains vaccins à mes filles :  Je me laisse le temps de la réflexion jusqu’à leur adolescence pour la rubéole et les autres maladies de la petite enfance.  Et je me laisse une porte ouverte en cas d’épidémie quand elles iront à l’école ou dans le cas où nous irions faire en famille un tour en Afrique…

Pour conclure, j’aimerais bien que notre gouvernement investisse son budget « prévention » de façon un peu plus diligente.  Pourquoi mettre tous les œufs dans le même panier ? Quand je vois la médiocrité des sommes investies dans l’aide à l’allaitement, par exemple, je ne peux que sentir un malaise en pensant par comparaison à toutes ces sommes astronomiques prélevées sur nos impôts et qui servent à payer pour les nourrissons des vaccins dont l’efficacité n’a jamais été prouvée ni sur l’espérance de vie, ni sur la santé globale de la population (17).

Sources

¹ Dr. Louis de Brouwer, Vaccination :  erreur médicale du siècle, Louise Courteau éditrice, 1997, 271 p.
² http://www.sylviesimonrevelations.com/article-la-disparition-des-maladies-infectieuses-n-est-pas-due-aux-vaccins-119159716.html
et ici :  http://reseauinternational.net/la-disparition-des-maladies-infectieuses-nest-pas-due-aux-vaccins/
³ Groupe médical de réflexion sur les vaccins, Qui aime bien, vaccine peu !, éditions Jouvence, 2007 (revue en 2009), p. 25 à 27.
(4)  http://www.nytimes.com/2013/11/26/health/study-finds-vaccinated-baboons-can-still-carry-whooping-cough.html?smid=fb-share&_r=0
(5)  http://www.chirosystem.com/FPDF/tetanos.pdf et
http://reseauinternational.net/tetanos-mirage-vaccination/
(6)  http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/santepub/vaccination/index.php?aid=56
(7)  http://quebec.huffingtonpost.ca/yanick-barrette/h1n1-cinq-ans-plus-tard_b_5473096.html
(8)  http://fr.wikipedia.org/wiki/Origine_du_virus_de_l%27immunod%C3%A9ficience_humaine
(9)  Monique Morin, Vaccins, docteure maman en a assez !, Covivia, octobre 2006.
(10) http://www.santenatureinnovation.com/danger-vaccin-enfants-vaccination-dangereuse/
(11)  http://fawkes-news.blogspot.ca/2014/02/le-cdc-americain-dissimule-les-donnees.html#more
(12)  http://www.autisme.qc.ca/documentation/publications-thematiques/sante-et-services-sociaux/vaccination/mercure-et-vaccins.html
(13)  http://www.initiativecitoyenne.be/article-les-vaccins-grande-cause-de-mort-subite-du-nourrisson-113202220.html
et
https://liesidotorg.wordpress.com/2011/05/09/mortalite-infantile-elevee-dans-les-pays-qui-vaccinent-le-plus/
(14)  https://www.dropbox.com/s/7ncbve7w3vlsr8s/VACCIN%20DE%20LA%20ROUGEOLE%20-%20%20chronique%20d%E2%80%99une%20catastrophe%20annonc%C3%A9e.pdf?dl=0
(15) http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/2015/05/scientifiquement-prouve-les-vaccins-sont-a-l-origine-de-la-plupart-des-maladies-auto-immunes.html
( 16)  http://healthimpactnews.com/2013/vaccines-reduce-newborns-disease-immunity-study/
(17)  http://vaccineimpact.com/2015/dr-andrew-moulden-every-vaccine-produces-microvascular-damage/

Après le cododo vient…

le cododo ??

Le cododo !!

Heu ?!

C’est une blague ?

Beaucoup de parents refusent de dormir avec leur nouveau-né parce qu’ils ont peur de lui donner une mauvaise habitude.  Qu’on devra ensuite casser.  Ou une habitude tout court.  Dont il faudra bien se défaire un jour ou l’autre.  Et bien sûr, ça ne sera pas facile, ça ne se passera pas sans drames, sans larmes…  Parce qu’on ne veut pas que bébé dorme encore entre ses parents à l’adolescence, n’est-ce pas ?  Et parce que c’est ce qui risque d’arriver, bien entendu, si on commence ????

En fait, je trouve qu’on anticipe beaucoup ici.  Qu’on panique carrément !  Qu’on se crée des problèmes qui n’existent pas et qu’on se casse la tête pour rien.  Vraiment pour rien.

Le cododo est vital pour le nouveau-né comme l’est l’allaitement.  Le bébé peut se passer du cododo, certes, mais non sans risques.  J’en ai déjà parlé ici et , je ne m’étendrai pas sur ce sujet des risques.  Et c’est vrai pour des durées similaires à celles de l’allaitement.  Donc, on peut dire que le cododo est indispensable jusqu’à 4 à 6 mois, nettement préférable jusqu’à 12 à 24 mois… et toujours bon au-delà de deux ans pour l’ensemble de la petite enfance, tant que cela convient aux deux parties :  le bébé et ses parents.  Ses deux parents, je dois le préciser.

De la même façon qu’il n’y a pas lieu de priver votre nouveau-né de l’allaitement sous prétexte qu’il faudra bien le sevrer du sein un jour, il est ridicule de refuser le cododo au bébé sous prétexte qu’il devra éventuellement dormir ailleurs que dans la chambre parentale.  Ces raisonnements sont le résultat d’une logique absurde.

De la même façon que l’enfant est programmé biologiquement pour se sevrer un jour du sein, il est prévu dans son développement un moment où il ne ressentira plus le besoin, ni même le désir, de dormir si près de ses parents.

Mais comment ça se passe, concrètement, au bout de quelques mois ?

Il est intéressant de constater que les parents et les experts qui s’opposent au cododo présentent le plus souvent un argument tel que celui-ci :

Bébé va dormir 6-12-20 mois entre ses parents et puis, hop, du jour au lendemain, il va accepter sans se plaindre, sans pleurer, d’aller se coucher tout seul, dans son lit, dans sa chambre… je n’y crois pas une miette !

Hé bien, rassurez-vous, moi non plus, je ne crois pas à cela !  Il y a probablement un ou deux spécimens de ce type d’enfant, mais ça n’a rien à voir avec l’expérience de la très grande majorité.  C’est vraiment mal connaître les familles qui cododotent que d’envisager les choses ainsi.

En fait, le cododo est une méthode évolutive :  la façon de le pratiquer change au fur et à mesure pour s’ajuster aux fluctuants besoins du bébé et de ses parents.

Les premiers mois, ça ressemble à l’une de ces quatre options :
chambre_lit_bebe_de_cododo_sans_barriereCododocododo4Moïse

Les deux façons de faire de gauche sont recommandées pour prévenir tout risque tout en répondant parfaitement aux besoins du bébé.  La troisième méthode correspond à celle que j’ai pratiquée très vite malgré tout, parce qu’on s’y sentait plus à l’aise, personnellement, et qu’on faisait attention côté couvertures, etc., mais que je ne pourrais recommander pour des raisons de sécurité.  Finalement, celle de droite répond moins aux besoins de régulation du bébé et de repos de la mère, mais peut satisfaire certaines familles qui hésitent entre ça et envoyer bébé dans sa propre chambre.

(Une petite parenthèse, en passant, sur cette idée très répandue en psycho-pop selon laquelle un bébé qui dort entre ou près de ses parents est mauvais pour le couple, pour l’intimité.  Nous ne sommes jamais sentis si proches, si unis, mon Hobbit et moi, que pendant ces moments où nos corps formaient un coeur autour de la chair de notre chair.  Nous ne nous sentions pas séparés par notre bébé ; nos pieds, parfois nos genoux se frôlaient et nos doigts s’effleuraient lorsque nous caressions ses petites mains et son bedon rond; nous avions l’impression que bébé nous reliait l’un à l’autre.  C’était comme la constatation sans cesse répétée de ce que notre amour pouvait engendrer de plus parfait et ça le nourrissait.  Ce sont probablement les plus beaux moments de tendresse que nous avons partagés, lui et moi.  Il est vrai qu’avec bébé entre nous, il n’y avait à peu près pas de sexe au lit et assez peu de sexe en général, mais il n’y en aurait pas eu davantage si bébé avait dormi dans sa chambre :  il y en aurait assurément eu encore moins parce que nous aurions été encore plus fatigués.  Par contre, il y avait de la tendresse comme jamais et, passé les premières semaines, de la sensualité à profusion.  Avoir un bébé est une épreuve pour le corps de la femme, qui le change à jamais (prise de poids, vergetures, varices), beaucoup dans le cas du mien, et apprivoiser ce nouveau corps, le laisser guérir parfois (épisiotomie, césarienne), représente un obstacle au sexe beaucoup plus grand que le cododo, … sans parler de la fatigue, de la tension inhérente à la confrontation des valeurs qui vient souvent avec le fait d’élever un enfant, des hormones post-partum, etc.)

Bref, tout cela pour dire que l’on va pratiquer le cododo selon l’une de ces quatre façons pendant un certain temps.  Cela ira de quelques semaines à plus d’un an, selon l’intensité des besoins nocturnes du bébé et le niveau d’aisance des parents.

Puis, viendra un jour où on ressentira le besoin ou l’envie de faire autrement.  La coupure nette, telle que décrite plus haut, est certainement celle qui a le moins de chances d’aboutir à un résultat satisfaisant.  Généralement, les raisons de ce changement désiré seront :
– Un bébé qui bouge trop et risque de tomber du lit.
– Une famille trop à l’étroit parce que bébé a bien grandi et grossi ou dort en étoile ou parce que la mère vit une nouvelle grossesse ou a mis au monde un nouveau bébé avec lequel elle souhaite dormir.
– Un moïse ou lit de cododo devenu trop étroit.
– Un bébé qui ne s’éveille plus la nuit et qu’on croit prêt à plus d’indépendance.
– Un désir d’intimité croissant entre les parents ou de refaire du lit le lieu privilégié des ébats.

Et selon la raison qui motive le désir de changement, plusieurs solutions vont être envisageables :
– installer une ou des barrière(s) sur le lit parental, comme s’il s’agissait d’un lit pour tout-petit.
– enlever le lit et n’en garder que le matelas posé à même le sol, de façon à réduire le risque de blessure en cas de chute.
– transformer le lit de cododo en moïse en fermant le 4e côté pour l’installer plus loin dans la chambre.
– installer bébé sur un matelas simple posé directement au sol (parfois avec une barrière), annexé au lit des parents ou légèrement en retrait dans la chambre.
– faire une chambre au bébé pour qu’il y dorme au moins une partie de la nuit (en soirée quand les parents ne sont pas encore couchés, par exemple), quitte à ce qu’il vienne les rejoindre pour le reste de la nuit lorsqu’il s’éveillera.

Donc, dans les faits, on a rarement un bébé qui a toujours dormi entre ses deux parents qui se retrouve du jour au lendemain seul dans sa chambre pour toute la nuit.  En général, la distance se prend tranquillement.  Bébé continuera d’abord de dormir dans la même chambre, mais dans un lit à lui.  Ou dormira une partie de la nuit dans sa chambre et une autre partie de la nuit dans celle de ses parents.

En outre, ce n’est pas parce que les parents vont faire dormir bébé dans son propre lit ou sa propre chambre qu’ils vont soudainement et du même coup décider de cesser de l’accompagner dans le sommeil.  S’ils le font encore au moment de la transition, mieux vaut qu’ils continuent encore pour un temps à bercer, porter, fredonner une berceuse, s’allonger à côté de bébé, l’allaiter… jusqu’à ce que bébé tombe dans les bras de Morphée, comme ils l’ont toujours fait.  Nullement nécessaire de le priver de tout d’un coup.  Comme pour l’allaitement (encore !), un sevrage en douceur a plus de chance de succès.  Et c’est encore plus vrai pour le bambin qui doit vivre d’autres changements importants (naissance d’un petit frère ou d’une petite soeur, entrée en garderie, déménagement…) dans le même laps de temps.

Dans tous les cas, l’enfant préfère se faire présenter la nouvelle option de sommeil comme un plus, un cadeau, un privilège qu’on lui offre parce qu’il grandit.  Il aura besoin de temps pour s’habituer, parfois d’encouragements, parfois d’un objet de réconfort (toutou, doudou), parfois d’un retour momentané en arrière, et ce même si c’est lui qui, au départ, avait manifesté le désir du nouvel arrangement de sommeil.

Enfin, rien n’oblige à ce que le cododo cesse alors qu’il s’agit encore d’un bébé.  Certaines familles y trouvent tellement leur compte qu’elles pratiquent la chambre familiale pendant quelques années.  Parfois, le bébé de la famille dort dans le lit de ses parents tandis qu’un frère et une soeur dorment chacun sur un matelas près de ce lit.  Ainsi, dans certaines familles, les enfants vont tous quitter la chambre parentale en même temps, quand le benjamin s’y sentira prêt.  La transition est plus facile si deux enfants (ou plus) la vivent ensemble.

Ce qui m’amène à la question tout aussi sensible du partage de chambre entre enfants d’une fratrie, ce qui n’est après tout qu’une autre forme de cododo, dont sont exclus, cette fois, les parents.

Et si le partage de chambre était ce qu’il y a de mieux pour les enfants ?

Je déplore le fait qu’on parte du principe que c’est parce qu’on n’a pas d’autres choix qu’on décide de mettre deux enfants ou plus dans la même chambre.

Chez nous, il y a 3 chambres au rez-de-chaussée.  Si nous avions voulu que nos deux filles aient chacune sa chambre, cela aurait été simplissime.  Mais mon Hobbit et moi trouvons que c’est mieux pour les filles d’être ensemble.  La 3e chambre est donc la salle de jeux des enfants et aussi, accessoirement, mon lieu de travail (puisque j’ai une garderie en milieu familial) .  Mon Hobbit et moi partageons une chambre, nos filles partagent l’autre.  Ça nous semble tellement logique :  nous aimons dormir ensemble, lui et moi, tout adultes et matures que nous sommes.  Pourquoi pour leur part nos enfants aimeraient-elles mieux dormir seules ?

Je trouve que c’est un beau cadeau que nous leur faisons, dans la continuité du cododo que nous nous sommes offert pendant plus d’un an avec chacune.  Il est clair que le fait que notre Frimousse soit allée rejoindre sa grande soeur a permis qu’elle se sente prête à quitter notre chambre plus tôt que si elle avait dû se retrouver seule.  Dans ce cas, à 2 ans et demi, elle serait probablement encore avec nous parce qu’il n’était pas question de lui forcer la main pour qu’elle accepter de partir.  Elle l’a fait avec le sourire, sentant là un privilège de grande fille.  La présence de sa soeur aînée la rassure.  Et étonnamment, la présence de sa petite soeur réconforte aussi notre « grande » Fée.

Et si elles se chamaillent un peu, parfois, elles développent surtout une belle complicité.  J’ai remarqué à quel point le respect de l’autre est une qualité que le partage de chambre favorise :  quand ma jolie Fée dit à sa petite soeur turbulente de se calmer parce qu’elle « est fatiguée et a besoin de dormir tout de suite » (oui, oui, ma fille de 4 ans dit ça régulièrement), il est rare que ma terrible Frimousse n’essaie pas réellement de garder le silence.  La plupart du temps, elle prend un toutou dans ses bras et le câline, puis elle trouve son pouce et le tète 2 ou 3 minutes avant de sombrer dans le sommeil.  Lorsqu’elle n’arrive pas à se calmer, elle m’appelle et me demande de la bercer, de m’allonger avec elle ou de la coucher dans mon lit.

Nous connaissons tous de ces gens qui sont incapables de dormir paisiblement et profondément à côté de leur conjoint.  Qui ont besoin d’un lit king, d’un matelas de l’espace où on ne sent pas l’autre bouger, de bouchons, du silence total ou d’un disque de bruits blancs, d’un masque sur les yeux, etc.  juste pour réussir à trouver un sommeil de mauvaise qualité, sans cesse interrompu, en compagnie de l’être aimé.  Des personnes qui vont utiliser régulièrement la chambre d’amis pour aller faire le plein d’énergie le temps de quelques vraies nuits de sommeil.  Bref, des gens qui ne savent pas dormir avec l’autre.  Des gens qui se sentent systématiquement  »dérangés » par la présence physique de l’autre.

N’est-ce pas d’une grande tristesse, ces adultes qui n’aiment pas dormir à côté de leur partenaire, qui trouvent insupportable de dormir en compagnie de leur propre nourrisson ?  Ne favorise-t-on pas justement ce problème en choisissant de privilégier le sommeil en solitaire dès le plus jeune âge (dès la naissance même) pour nos enfants ?

Dormir avec un autre, c’est un apprentissage.  C’est apprendre, inconsciemment, à ne pas se laisser réveiller par la respiration de l’autre, ses mouvements, ses réveils (quand l’autre lève la tête de l’oreiller pour regarder l’heure), etc.  Et un apprentissage demande nécessairement de la pratique.  Il est plus facile aussi de créer une habitude dès le départ que de la changer en cours de route, après des années qui l’ont solidement ancrée.

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Je ne crois sincèrement pas que les enfants dorment moins bien à côté de leurs frères et soeurs.  Je crois au contraire qu’il est dans leur nature profonde de mammifères de se sentir bien en présence de ceux qu’ils aiment.  De se sentir en sécurité.  Je crois même qu’un enfant qui a du mal à dormir en compagnie de sa fratrie a intérêt à être confronté à ce problème et à y trouver des solutions (avec l’aide de ses parents) parce qu’il vaut mieux pour lui l’apprendre tôt (enfant) que tard (en dormant dans le même lit qu’un amoureux pour la première fois).

Car après tout, n’est-ce pas ce que nous souhaitons pour nos enfants :  que devenus adultes, ils trouvent l’amour et vivent une vie heureuse en compagnie de l’être aimé ?  Qu’à leur tour, ils connaissent la joie d’être parents et de sentir le petit corps en total abandon de leur bébé de quelques jours assoupi contre le leur ?

Le partage de chambre a tout lieu d’être apprécié sincèrement par les enfants jusqu’à cette délicate période de l’adolescence, où la recherche de l’intimité et une volonté nouvelle d’indépendance pourront amener le désir d’une chambre à soi, rien qu’à soi.  Mais pendant les 10, 11 ou 12 premières années de leur vie, les enfants aiment partager leur espace de sommeil.

Alors, pour répondre à l’interrogation initiale, non, ce n’est pas une blague !  Après le cododo avec leurs parents pendant la ou les première(s) année(s) de leur vie, les enfants peuvent profiter pendant plusieurs années d’un autre type de cododo, celui de la fratrie.  Cela leur permettra fort probablement d’apprécier plus tard, au lieu de le redouter, le retour au sommeil partagé avec un être aimé.

Mettre les légumineuses au menu

Pour poursuivre dans la même veine qu’avec l’un de mes derniers billets (celui sur l’avocat, pour lequel j’ai reçu un accueil plus que chaleureux), je voulais vous donner quelques unes de mes recettes personnelles pour mettre les légumineuses au menu plus souvent.

Dans mon enfance, je ne connaissais des légumineuses que les affreuses fèves au lard, et les flatulences qui venaient avec.  Un horrible souvenir !  Pas de quoi me donner le goût d’en cuisiner maintenant que je suis adulte et maman, ce que je n’ai jamais fait d’ailleurs.  En fait, c’est même à cause des fèves au lard que j’ai mis tant de temps à goûter les autres légumineuses.  Mais maintenant, je ne pourrais plus m’en passer… et j’espère que bientôt, vous non plus, aussi rébarbatives vous semblent-elles peut-être aujourd’hui !

Alors, d’abord, pourquoi manger des légumineuses ?

Tout simplement parce qu’elles sont un choix à la fois économique, écoresponsable et délicieux.  En effet, elles permettent de préparer un repas végétarien (ou à teneur réduite en protéines animales) équilibré et nutritif pour un prix très raisonnable.
Mais aussi parce qu’elles sont une source incroyable de fer et contiennent d’autres minéraux indispensables, comme le magnésium, le calcium et le zinc, ainsi qu’une belle variété de vitamines, dont celles si précieuses du complexe B.
Et parce qu’elles ont un fort pouvoir rassasiant, grâce à leur haute teneur en fibres et en protéines végétales de grande qualité, qui assurent un bel apport en acides aminés essentiels.
Bref, elles remplacent avantageusement la viande sur le plan nutritionnel.

Alors, pour vous prouver que les légumineuses ne sont ni tristes, ni fades, ni chiches, ni pâteuses, ni tous ces défauts qu’on leur attribue par méconnaissance, place aux recettes !

Je commence avec les potages, car c’est la façon la plus facile de faire consommer des légumineuses à des enfants peu ouverts aux nouveaux aliments ou à un conjoint résistant aux repas végétariens.  Évidemment, parce qu’ici, les légumineuses, on ne les voit pas !

Velouté vert

Ingrédients
– ½ tasse de lentilles vertes sèches
– 946 ml de bouillon de poulet ou de légumes biologique
– 1 gros pied de brocoli
– 8 à 10 asperges
– 2 poignées d’épinards
– 1 courgette verte ou 1 poireau
– ½ poivron vert
– 2 ou 3 pommes de terre
– 1 gros oignon
– 2 c. à table d’huile d’avocat ou de canola
– 1 c. à thé de chaque :  coriandre moulue, persil, sel de céleri et⁄ou graines de céleri, fenouil moulu
– poivre (et sel), au goût
– crème 15%, au goût, facultative

Préparation
La veille (12h environ avant de cuisiner) :  mettre les lentilles à tremper dans de l’eau tiède avec ½ c. à table de vinaigre.*
– Au moment de commencer :  jeter l’eau de trempage, rincer abondamment les lentilles à l’eau froide.  Les mettre à cuire dans un chaudron d’eau bouillante, à feu réduit, pendant environ 30 minutes.
– Pendant ce temps, laver et peler l’oignon et les pommes de terre, et les couper en morceaux.
– Suer l’oignon dans l’huile.
– Ajouter le bouillon, amener à ébullition.
– Ajouter les pommes de terre, baisser le feu, laisser mijoter 10 minutes.
– Pendant ce temps, laver les autres légumes et les couper en morceaux.
– Ajouter les autres légumes, les herbes et le poivre, laisser mijoter jusqu’à tendreté, soit 15 minutes environ.
– Égoutter les lentilles et les mélanger au reste.
– Passer le tout au mélangeur longuement.  Ajouter un peu d’eau ou de bouillon, si nécessaire.
– Au moment de servir, si désiré, ajouter la crème.

Cette recette se congèle très bien, à condition de ne pas y mettre la crème.  Si jamais la texture s’est dégradée à la suite de la congélation, il suffit de mélanger vigoureusement le potage à l’aide d’un fouet pour lui redonner toute sa splendeur.

*  Faire tremper les lentilles, comme toutes les légumineuses d’ailleurs, est indispensable.  La plupart ont besoin de 8 à 12 heures de trempages.  Cela permet de réduire le temps de cuisson et d’augmenter la biodisponibilité de leurs nutriments.  Cela réduit du même coup les risques de gaz et de flatulences.

 

Potage d’automne

Ingrédients
– 1 tasse de lentilles rouges sèches
– 946 ml de bouillon de poulet ou de légumes biologique
– 8 à 10 carottes
– 1 grosse courge Butternut
– 1 petit navet
– ½ poivron rouge et ½ poivron jaune ou orangé
– 2 ou 3 pommes de terre (on peut remplacer 1 pomme de terre par une patate douce)
– 1 gros oignon
– 2 c. à table d’huile d’avocat ou de canola
– 1 c. à table de gingembre frais, râpé
– 1 ou 2 gousses d’ail
– ½ c. à table de chaque : coriandre moulue, curcuma moulu, poudre de cari
– poivre (et sel), au goût
– 2 c. à table combles de beurre de graines de citrouille ou de beurre de sésame (tahini)
– crème 15%, au goût, facultative

Préparation
– 1 heure avant de cuisiner :  mettre les lentilles rouges à tremper dans un peu d’eau tiède avec ½ c. à table de vinaigre.
– Peler et couper l’oignon, puis le suer dans l’huile.
– Ajouter le bouillon et amener à ébullition.
– Laver, peler, couper en morceaux tous les légumes.  Les ajouter à la soupe.
– Ajouter le gingembre, la coriandre, le curcuma, le cari, l’ail et le poivre.
– Rincer abondamment les lentilles rouges.  Les ajouter à la soupe,  laisser mijoter environ 15 minutes.
– Passer le tout au mélangeur jusqu’à obtenir une consistance bien lisse.
– Ajouter le beurre de sésame ou de graines de citrouille et mélanger encore.
– Au moment de servir, ajouter, si désiré, la crème.

Cette recette se congèle et se conserve très bien.  Je conseille toutefois de ne pas ajouter le beurre de sésame ou de graines de citrouilles, ni la crème 15%, avant la congélation.  Ils pourront être ajoutés au moment de servir.  Quelques coups de fouet seront suffisants pour bien les intégrer au mélange et redonner à ce potage sa jolie texture.

 

Velouté de chou-fleur et pois chiches à l’indienne

Ma recette est inspirée de celle de Ricardo, que j’ai modifiée juste pour la rendre encore plus grano !

Ingrédients
– 1 tasse de pois chiches secs
– 1 chou-fleur orangé
– 1 petit chou-fleur blanc
– 2 pommes de terre
– 1 gros oignon
– 946 ml de bouillon de poulet ou de légumes biologique
– 1 boîte de 398 ml lait de coco
– 1 c. à table de gingembre frais, haché
– 2 gousses d’ail
– 2 c. à table d’huile d’avocat ou de canola
– 2 c. à thé de chaque : coriandre, garam masala, poudre de cari
– ½ c. à thé de sambal oelek*
– poivre (et sel), au goût
– 1 lime, facultative

Préparation
La veille (12 à 15h avant de cuisiner) :  mettre les pois chiches à tremper dans de l’eau tiède avec ½ c. à table de vinaigre.
– Au moment de commencer :  jeter l’eau de trempage, rincer abondamment les pois chiches à l’eau froide.  Les mettre à cuire dans un chaudron d’eau bouillante, à feu réduit, pendant environ 1h30.
– Dorer l’oignon et le gingembre dans l’huile.
– Ajouter l’ail, les herbes et épices, ainsi que le sambal oelek, cuire 1 minute.
– Ajouter le bouillon et les pommes de terre, laisser mijoter 15 minutes.
– Ajouter le chou-fleur et le lait de coco et laisser mijoter environ 10 minutes, jusqu’à tendreté des légumes.
– Jeter l’eau de cuisson des pois chiches et les mélanger au reste de la soupe.
– Passer le tout au mélangeur jusqu’à l’obtention d’une texture lisse.
– Au moment de servir, ajouter le jus d’un quart de la lime directement dans chaque bol, si désiré.

* Le sambal oelek est une pâte de piment très relevée, dont le goût peut ne pas plaire aux jeunes enfants.  Sa présence est facultative.

 

Hummus

Je ne pourrais pas parler de légumineuses sans aborder l’hummus, un plat traditionnel tellement simple et nutritif.  Chez moi, l’hummus est le roi de la collation d’après-midi.  Il suffit d’une assiette très classique de crudités (concombres, poivrons en lanières, carottes, etc.) pour l’accompagner et le rendre attrayant.

Hummus

On trouve au supermarché de l’hummus tout fait dont la liste des ingrédients est bien satisfaisante, et le goût plus que correct.  Mais on peut aussi faire son hummus à la maison.  Non seulement ce n’est pas compliqué, mais en plus, on peut y ajouter un p’tit plus à notre goût et on a la chance de le faire avec des pois chiches trempés, et donc plus digestes, plus nutritifs.

Le Net regorge de recettes d’hummus et je n’en ai pas vraiment d’originale à proposer.  Mais voilà une recette de base, que vous pourrez ensuite adapter selon vos goûts et vos humeurs.  Par exemple, moi, j’y ajoute généralement la moitié d’un oignon caramélisé.

Ingrédients
– ½ tasse de pois chiches secs (100-125 grammes)
– 1 c. à table de beurre de sésame (tahini)
– 1 c. à table d’huile d’olive
– ½ tasse d’eau fraîche
– 1 gousse d’ail
– 1 pincée de sel
– ½ c. à table de jus de citron

Préparation
– La veille (12 à 15h avant de cuisiner), mettre les pois chiches à tremper dans un peu d’eau tiède avec ½ c. à table de vinaigre.
–  Égoutter et rincer abondamment les pois chiches, les mettre dans l’eau bouillante et les laisser mijoter environ 1h30, puis jeter l’eau de cuisson.
– Passer l’ensemble des ingrédients au mélangeur jusqu’à l’obtention d’une texture uniforme.  Si votre mélangeur n’est pas très puissant, il vous faudra peut-être d’abord retirer la peau de vos pois chiches.  Personnellement, je ne me donne pas cette peine, mais il m’arrive d’ajouter une seconde c. à table d’huile d’olive pour donner un répit au mélangeur et le résultat est très bien aussi !

L’hummus fait maison se conserve facilement 4 jours au frigo.

 

Roulés à la dinde et aux haricots noirs

Pour 2 adultes et 2 jeunes enfants

Ingrédients
– 3 grandes tortillas à grains entiers
– 12 tranches de dinde à sandwich entièrement faite d’ingrédients naturels
– Environ 350g d’hummus de haricots noirs*
– 1 gros avocat
– 1 gros concombre

Préparation
– Trancher le concombre  et l’avocat en longues lanières minces
– Badigeonner chacune des tortillas d’une épaisse couche d’hummus
– Répartir 4 tranches de dinde sur chaque tortilla, pour en couvrir à peu près toute la surface
– Recouvrir les tortillas des bâtonnets de concombre et d’avocat, le tiers pour chacune
– Rouler le plus serré possible et trancher sur toute la longueur pour obtenir de petites bouchées, à la façon d’amuse-gueules.
– Servir immédiatemment

*  Pour faire cet hummus à la maison, il suffit de suivre la recette d’hummus donnée précédemment, en troquant les pois chiches pour des haricots noirs et en ajoutant, au goût, de la sauce au piment de votre choix (Tabasco ou autre) ou des piments forts broyés.  Vous pouvez aussi trouver de l’hummus de haricots noirs dans le commerce ;  j’en avais acheté un délicieux (mais légèrement trop relevé à notre goût) chez Costco. On peut aussi faire la recette de roulés avec un hummus traditionnel de pois chiches, maison ou du commerce ;  c’est différent, mais savoureux aussi !

 

Chili con un poquito carne

Je termine avec mon petit chouchou, la plus savoureuse et personnalisée de mes recettes à base de légumineuses, mon chili tout sauf traditionnel !

Ingrédients
– 1 tasse de fèves rouges sèches
– ¾ de tasse de haricots noirs secs
– 500g de porc haché (ou moins)
– 1 aubergine moyenne
– 2 gros oignons
– 2 poivrons verts
– 1 poivron rouge
– 2 branches de céleri
– 1 grosse carotte
– 2 gousses d’ail
– 4 conserves de 398ml de sauce tomate biologique
– ½ tasse de ketchup biologique ou de sauce chili commerciale
– 2 c. à table d’huile d’avocat ou de canola
– 2 c. à table de poudre de chili
– 1 c. à thé de piment de cayenne
– ½ c. à table de chili rouge
– Poivre (et sel), autres herbes, au goût

Préparation
– La veille (environ 12h avant de cuisiner), mettre à tremper les fèves rouges et les haricots noirs dans de l’eau tiède avec ½ c. à table de vinaigre
– Égoutter et rincer abondamment les légumineuses, puis les faire mijoter environ 1h
– Faire cuire l’aubergine tranchée en deux au four préchauffé à 375°, environ 30 minutes
– Dans un mélangeur, réduire la chair de l’aubergine en purée avec une conserve de sauce tomate.  Réserver
– Jeter l’eau de cuisson des légumineuses.  Les passer au mélangeur avec une conserve de sauce tomate, jusqu’à ce qu’au moins la moitié des légumineuses soient réduites en purée.  Réserver
– Dorer l’oignon dans l’huile, ajouter la viande hachée et la faire brunir
– Hacher finement tous les autres légumes, les ajouter à la viande hachée.
– Ajouter les deux conserves de sauce tomate restantes, le ketchup et les assaisonnements et laisser mijoter jusqu’à tendreté des légumes
– Ajouter les légumineuses et l’aubergine en purée et bien mélanger, laisser mijoter environ 10 à 15 minutes pour que les saveurs se mélangent bien.  Rectifier l’assaisonnement au besoin
– Servir bien chaud avec une épaisse tranche de pain maison généreusement beurrée

Cette recette se congèle et se conserve à merveille.

Bon appétit tout le monde !

Je suis une marâtre ! (réflexions sur la freinotomie)

Aujourd’hui, quelques femmes se sont rendues à Montréal pour déposer en personne au journal La Presse des lettres exprimant la déception et la colère de mères qui se sont senties insultées et bafouées par un dossier et un éditorial publiés par ce journal la semaine dernière au sujet de la freinotomie.  Parmi ces lettres se trouvait la mienne.

Vous ne savez pas du tout de quoi il est question ?  Je vous suggère d’aller lire « Opérer bébé pour l’allaiter ? » et « Mutiler pour allaiter » (pour lesquels j’ai mis les références au bas) avant de poursuivre la lecture de ce billet.  Et dans tous les cas, je tenais à quelques précisions linguistiques avant de continuer :

Qu’est-ce qu’un frein de langue ?  C’est une petite membrane qui retient la langue au fond de la bouche.  Elle est le vestige de cette époque dans le développement du fœtus où sa langue était entièrement fusionnée au plancher de sa bouche.  Le pendant du frein de langue est le frein labial qui, lui, relie la lèvre du haut à la gencive supérieure.  Le frein de langue ou le frein labial est dit court lorsqu’il entrave le mouvement normal de la langue ou de la lèvre.  Le frein de langue court touche de 5 à 10% des bébés à la naissance.  Dans le jargon médical, on appelle ce petit défaut de fabrication une ankyloglossie.

Entre le quart et la moitié des bébés nés avec une ankyloglossie vivront des difficultés d’allaitement, un pourcentage nettement plus élevé que chez les autres bébés.  Lorsque c’est le cas, la mère se fera parfois conseiller une intervention médicale consistant à couper le frein de langue pour redonner la mobilité normale à cette dernière.  Le terme exact pour désigner cette intervention semble le sujet d’un grand flottement :  frénotomie (le plus utilisé par les journalistes et autres intervenants), frénectomie, freinotomie, freinectomie.  Personnellement, en attendant des directives plus claires de l’Office de la Langue française, je préfère le terme freinotomie, ne serait-ce que parce que l’on privilégie généralement de nos jours les dénominations qui mettent l’accent sur les familles de mots (frein → freinotomie).  Mais là n’est vraiment pas le drame !

Le drame, c’est qu’aux yeux des lecteurs de mesdames Duchaine et Breton, je suis une marâtre !

Car oui, je suis de ces mères cruelles et bornées qui tenaient tellement à leur allaitement qu’elles ont fait mutiler leur bébé pour que ça marche !

Et je ne suis pas seulement une jusqu’au-boutiste du sein en bouche…  je suis récidiviste en plus !

Je n’ai pas compris l’horreur de la souffrance que j’ai infligée inutilement à ma petite Fée.  Oui, oui, « inutilement », parce que j’avais juste à donner de la préparation lactée, me rappelle Brigitte Breton.  La préparation, c’est fait pour les bébés comme le mien, qui n’avait qu’à naître avec la langue bien foutue si elle voulait un meilleur lait !  J’étais aveuglée par mon désir d’allaiter « à tout prix » au point de faire subir le même sort à ma Frimousse.

Et les deux fois, à froid, en plus !!

(Ça y est, vous avez le sang glacé d’effroi ou d’horreur ?)

Non mais.  Descendons un peu de nos grands chevaux, mesdames.

Contrairement à ce que vous laissez croire, la freinotomie est une intervention plutôt simple et banale.  Une intervention pratiquée depuis fort longtemps aussi :  dès le 18e siècle en Europe, si ce n’est avant, recensée aussi en médecine traditionnelle chinoise.  Est-ce là des raisons pour la pratiquer à tout vent, sans encadrement ?  Non, bien sûr.  Vous avez raison, mesdames les journalistes, quand vous exprimez le désir qu’on balise mieux la pratique.  Même l’intervention la plus banale peut tourner au drame si elle est pratiquée n’importe comment par n’importe qui.  Sauf que vous êtes loin d’avoir servi la cause.  Vous avez semé la terreur et l’indignation.  Les commentaires à la suite de vos articles en témoignent.  Certains m’ont laissée pantoise.

Vous avez oublié de décrire comment se déroule une freinotomie bien réalisée par une personne compétente.  D’abord, on observe le comportement du bébé au sein (ou au biberon, car vous avez aussi omis de mentionner que certains bébés ont une si grave ankyloglossie que même au biberon, ils ont du mal… mais cette information desservait votre point de vue, n’est-ce pas ?).  Ensuite, on pratique un examen de la bouche du bébé.  Puis, on conclut de ces deux moments d’observation que l’ankyloglossie est la cause ou partie prenante dans la difficulté ou l’incapacité à téter.  Seulement ensuite, on immobilise bébé sur le dos, on utilise une petite spatule (sorte de fourchette à deux dents) pour soulever la langue et mettre le frein bien en évidence, et d’un ou deux coup(s) de ciseau chirurgical, on sectionne cette membrane.  Une gaze sert à éponger une ou deux gouttes de sang et rapidement bébé est remis à sa mère et incité à prendre le sein.  Le lait maternel permet une cicatrisation rapide et calme la douleur et la peur.

Informer, ça aurait été de dire que si on vous propose pour bébé une freinotomie réalisée avec un scalpel ou un laser, il vaudrait mieux refuser.  Informer, ça aurait été de ne pas oublier que la freinotomie ne sert pas seulement à faciliter ou sauver l’allaitement.  Qu’elle est un moyen efficace de prévention de certaines difficultés d’élocution, de l’apnée du sommeil et d’autres problèmes, notamment de digestion, qui n’ont absolument rien à voir avec l’allaitement, mais tout à voir avec l’ankyloglossie.

En fait, il y a un mot très juste pour qualifier votre réalisation :  désinformation.

Le plus triste dans tout cela serait qu’à cause de vous des parents refusent à l’avenir une freinotomie à leur poupon parce qu’ils ont peur de passer pour des mutilateurs d’enfants, au même titre que les parents qui font exciser leurs fillettes, parce qu’ils craignent qu’on les taxe de s’acharner à l’allaitement, ce qui semble un crime aussi lorsqu’on vous lit.

J’aimerais donc témoigner de mon expérience personnelle pour aider les parents concernés à prendre une décision éclairée.

Et je parle (un peu) en connaissance de cause vu qu’on peut dire que je suis triplement touchée par la freinotomie.

Comme je l’ai mentionné plus haut, ma fille aînée a eu une freinotomie.  J’en ai déjà parlé brièvement dans le récit de sa naissance.    Avant l’opération, ma fille n’avait jamais réussi à prendre le sein, pas une seule fois, pas une seconde.  Malgré ma détermination, malgré l’aide d’une excellente consultante à l’hôpital.  Je faisais du tire-allaitement, ça n’allait pas si bien, et je complétais avec une préparation pour nourrisson à laquelle ma Fée a rapidement développé des signes assez évidents d’intolérance.  Si je n’avais pas réussi à la mettre au sein, la nourrir serait devenu un grand défi.  Mais quand elle avait 4 jours, je suis enfin tombée sur un médecin compétent et informé dans une clinique d’allaitement, qui n’a pas hésité une seconde à pratiquer une freinotomie.  Dans les secondes qui ont suivi, elle a pris le sein et a bien bu.  Je qualifierais ce moment de magique.  Tout n’a pas été rose par la suite et il nous a fallu quelques consultations et un peu d’obstination pour que tous les boires se fassent au sein.  Ça n’a pas été un allaitement facile :  elle n’a jamais eu une prise parfaite du sein, mes glandes mal stimulées ne produisaient pas toujours assez.  J’ai fait des erreurs aussi, qui m’ont compliqué les choses.  Tout de même, grâce à cette intervention, j’ai allaitée ma petite Fée 13 mois (dont 9 et demi exclusivement) et les souvenirs que je garde de cet allaitement ont pour moi une valeur inestimable.

Quand j’ai constaté quelques minutes après sa naissance que ma petite Frimousse avait elle aussi un frein de langue court (oh !  cette mignonne et désespérante petite langue en cœur !), et plus court encore que sa soeur, j’ai vécu un instant de découragement.  À ma demande, elle a eu une freinotomie à 2 heures de vie, entre les deux seins de sa première tétée. Elle arrivait à prendre le sein, mais très mal et m’avait déjà sérieusement blessée.  Grâce à l’intervention et au bon suivi que j’ai reçu ensuite, elle a pu prendre le sein correctement et, passé les éprouvantes première semaines, j’ai vécu un allaitement très facile, tellement agréable.  Aujourd’hui, elle a 2 ans et demi et elle tète encore presque tous les matins. Ce sont des moments dont je ne voudrais pas avoir été ni être privée !

Sans freinotomie, il est très improbable que mon premier allaitement ait eu lieu, tout bêtement.  Peut-être que j’aurais pu allaiter ma deuxième fille.  Mais rien n’est certain. La douleur, les blessures auraient peut-être fini par avoir raison de ma détermination.

Or, dans les deux cas, je tiens à préciser que l’allaitement n’a pas été la seule motivation derrière mon choix.  Parce qu’avant mes filles, il y a eu leur mère.

Parce que je suis moi aussi née avec une ankyloglossie.  C’est héréditaire, comme d’autres défauts.  Ça me vient de mon grand-père maternel (avec ma tête dure, dirait ma mère).

Après ma naissance, le médecin a suggéré la freinotomie à ma mère.  Elle a refusé.  Elle aurait accepté si j’avais été incapable de prendre le sein, mais j’y buvais.  Alors elle considérait ça inutilement invasif.  Notez bien que je n’en fais pas le reproche à ma mère.  Je comprends en quoi cette décision était en phase avec ses valeurs, elle qui refusait tout acte médical non nécessaire (comme la vaccination).  Mais en fait, elle m’aurait fait un beau cadeau en disant oui ce jour-là.  Par chance, je vous rassure, je n’ai pas de problème de santé grave relié à cette petite membrane sous ma langue.  Je dors la bouche ouverte, mais je ne souffre pas (à ce que je sache) d’apnée du sommeil.  J’ai la langue qui fourche un peu trop souvent et je n’arrive pas à prononcer le « th » anglais ou le « ich » allemand, mais en cela je suis juste une francophone comme tant d’autres.  Sauf que mon frein de langue court a été un véritable handicap pour moi à certains moments de ma vie.  Il m’a valu des moqueries et des humiliations dont je me serais passée.  Parce qu’enfant, j’étais ridicule quand j’essayais de faire une grimace (d’ailleurs, mon frein s’est déchiré par deux fois et la première, c’était en tentant une « vraie » grimace.  Je devais avoir 5 ans).  Parce que je ne serai jamais élégante ou sensuelle en mangeant un cornet de crème glacée.  Parce qu’adolescente et amoureuse, j’ai eu ce goût de fer dans la bouche en frenchant mon premier amoureux.  Je venais de déchirer mon frein pour la seconde fois et c’était tellement humiliant.  Je dirais que, de façon générale, ça a nuit à ma sensualité de ne jamais avoir pu embrasser, me laisser aller durant un baiser, comme je le voulais.

Mais ça va.  Rien de grave.  Juste un tas de petites broutilles qui ont marqué mon parcours.  Sauf que je tiens à faire remarquer à mesdames Duchaine et Breton que je prenais le sein malgré mon ankyloglossie, et que malgré tout, elle a été handicapante toute ma vie.

Alors, personnellement, je suis un peu déçue par le communiqué de la Ligue La Leche, que je trouve à tout le moins frileux.  Mon expérience personnelle m’indique qu’il n’y a pas lieu, dans le cas où le bébé a une ankyloglossie et que celle-ci est visiblement en cause dans la difficulté à prendre le sein, de tant s’acharner à tenter d’autres solutions pour améliorer l’allaitement (dans le seul but d’éviter autant que possible la freinotomie).  C’est perdre un temps précieux et exposer inutilement la mère à un découragement, une fatigue, voire un échec au final, totalement inutiles.  Puisque si l’ankyloglossie est telle qu’elle nuit à l’allaitement, on peut aussi être convaincu qu’elle risque d’avoir d’autres impacts négatifs dans la vie de cette personne.  Parce que même les 50 à 75% de bébés qui réussissent à bien prendre le sein malgré leur frein de langue court pourront vivre d’autres problèmes à cause de lui ensuite.  Et que plus on vieillit, plus le frein est irrigué, difficile à couper.  Plus la rééducation risque d’être lourde aussi (réapprendre à prononcer certains sons, par exemple).  Aussi bien faire à ce bébé le cadeau de le débarrasser de ce handicap tout de suite…  Mais je comprends la position prudente de cette instance officielle (LLL), qui souhaite avant tout calmer le jeu en montrant le sérieux avec lequel on traite le problème de l’ankyloglossie et la rigueur que l’on souhaite dans l’encadrement de la freinotomie.

Pour le mot de la fin, dans le cas où je ne vous aurais pas convaincu et où vous auriez toujours envie (à la suite de mesdames Duchaine et surtout Breton) de me juger, je vous rappellerai seulement que nous imposons régulièrement à nos bébés des interventions qui peuvent leur être douloureuses ou présenter des risques.  Parfois dans le but de les protéger (la vaccination, par exemple, que l’on pratique aussi sans anesthésie, ou la circoncision), parfois dans le but de réparer d’autres erreurs de la nature (séparer les doigts d’une main palmée, par exemple) et même parfois dans un but esthétique (le perçage d’oreille en est une).

Dans tous les cas, on devrait mettre dans la balance, d’un côté, les risques liés à l’intervention, incluant la douleur et le traumatisme et, de l’autre côté, les inconvénients liés à l’absence d’intervention.  J’ai personnellement jugé que les risques minimes d’infection, d’hémorragie ou de mauvaise cicatrisation encourus avec la freinotomie n’étaient rien en comparaison des risques pour la santé liés au non-allaitement de mes filles.  Que quiconque veuille me jeter la pierre réussisse d’abord à justifier le perçage d’oreille… ou le condamne.  Alors je l’écouterai.

Références

Le dossier qui a parti le bal :
http://www.lapresse.ca/vivre/sante/201405/01/01-4762631-operer-bebe-pour-lallaiter.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4763525_article_POS1

L’éditorial qui a mis le feu aux poudres :
http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/editoriaux/201405/04/01-4763525-mutiler-pour-allaiter.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4762631_article_POS1

Des rectifications nécessaires :
http://bienvivrelallaitement.wordpress.com/2014/05/05/leditorial-qui-melange-tout/

Les suites dans La Presse :
http://plus.lapresse.ca/screens/4f0e-b834-536ba067-b545-650cac1c606d|_0.html
(Frénotomie :  une procédure efficace et sécuritaire, par Anjana Srinivasan, suivi de la réponse de Gabrielle Duchaine)

Un tour d’horizon des répercussions du dossier :
http://www.planetef.com/2014/05/frein-de-langue-derange/

Le communiqué de la Ligue La Leche :
http://www.allaitement.ca/communique-de-presse-la-frenotomie/

Et celui de la Direction de la Santé publique de Montréal :

Cliquer pour accéder à ankyloglossie_7.pdf

Le parentage de proximité

Voilà presque un an que je blogue et que j’écris sur les différents aspects de la maternité, de la parentalité, qui me touchent et m’inspirent.  Avant tout, je me décris avec conviction (vous le savez, toute cette saga des dernières semaines l’a tellement montré) comme maman proximale.  Les valeurs et les façons d’agir que je mets de l’avant dans mes billets témoignent de ce choix de vie qui n’en est pas un, qui s’est gentiment imposé à moi.

Mais je constate que je n’ai jamais pris jusqu’ici la peine de définir formellement ce qu’est le parentage de proximité.  Alors que, probablement, j’aurais bien fait de commencer par là, d’écrire mon tout premier billet là-dessus.  Une lacune que je tente de combler maintenant en me disant que… hé bien… tout de même… mieux vaut tard que jamais… non ?

Le parentage de proximité est une vision de la parentalité, une façon de l’appréhender.  Il se fonde sur un ensemble de valeurs dont les principales sont le respect et l’écoute :  respect des besoins du bébé, respect de son rythme, de ses forces et de ses faiblesses, de ses particularités, de son individualité.  À la base, il y a l’amour.  Il y a aussi cette idée si simple :  le bébé est un être humain ;  il est une personne à part entière, avec ses émotions, son caractère, ses qualités, ses forces.  Le rôle de parent se définit comme la poursuite d’un objectif fondamental :  permettre à ce bébé unique un développement optimal dans toutes les sphères de sa personne, du développement moteur au développement intellectuel, en passant par les capacités socio-affectives, la bonne santé du corps et de l’esprit, ainsi que de belles valeurs vécues au quotidien.  De ce fait, la proximité est d’abord physique mais pas seulement.  La disponibilité émotionnelle est tout aussi fondamentale.

Or, toutes ces valeurs sont jolies en théorie, mais vous avez certainement hâte de voir comment tout cela se présente concrètement, dans les comportements, dans ces gestes que les parents proximaux posent… et ceux qu’ils refusent.  Voici donc, puisque mon esprit cartésien aime tellement les listes et les synthèses, la déclinaison de tous les comportements que l’on associe au parentage de proximité (en espérant que je n’en oublie pas… mais en ce cas, je compte aussi sur certain(e)s d’entre vous pour me rappeler à l’ordre comme vous savez si bien le faire 😉 ).

Bien sûr, dans cet ensemble, chaque parent se retrouve davantage dans quelques comportements et peu dans d’autres ;  rarissimes sont les parents proximaux qui pratiquent à fond le tout.  Il ne s’agit pas d’une check-list où plus vous cochez de cases, plus vous obtenez de points à inscrire sur votre diplôme du parent parfait.  Car le parentage de proximité est d’abord et avant tout une philosophie de vie basée sur l’amour, et les différents comportements décrits ne sont que des manières concrètes parmi d’autres d’exprimer en gestes cet amour.

Les pleurs

Pour le parent proximal, les pleurs sont pour le bébé une façon d’exprimer un besoin :  faim, inconfort, fatigue, douleur, froid, peur, ennui, etc.  Le bébé ne pleure jamais pour rien.  Il ne pleure jamais par caprice ou dans le but de manipuler.  Il pleure parce qu’il a un besoin à communiquer, et qu’il ne sait pas encore l’exprimer autrement.

Par conséquent, pour le parent proximal, les pleurs exigent toujours une réponse rapide.  Jamais on ne laisse pleurer bébé, jamais on ne lui impose volontairement de délai d’attente, jamais on ne pratique de « contrôle des pleurs » ou de « dressage au sommeil » (méthode du 5-10-15, etc.).  Il importe d’être à l’écoute et de répondre promptement du mieux que l’on peut à la demande du bébé.  Cela implique d’abord de réconforter le bébé, de lui exprimer de la sympathie, puis de chercher la cause des pleurs.  La plupart du temps, cela sera si simple.  D’autres fois, cette cause demeurera à jamais inconnue.  Peut-être que bébé avait seulement besoin d’attention, de caresses.  C’est un besoin réel, aussi fondamental que d’autres.  Peut-être aussi qu’il faudra s’avouer que cette fois, on est resté impuissant à consoler les pleurs.  Mais le simple fait d’avoir pris et cajolé bébé, d’avoir offert le sein, … d’avoir tenté, bref, est en lui-même constructif :  bébé prend confiance peu à peu dans la constance de ses parents ;  il reconnaît que ceux-ci sont toujours là pour lui.  Et, à force de pratique, les parents sont des interprètes de plus en plus compétents.

L’allaitement

La maman proximale allaite.  Le papa proximal soutient l’allaitement par ses mots et ses gestes.  Parce que le bébé est une personne, il a des droits, dont le droit au seul aliment conçu pour assurer son développement optimal.  Parce que l’allaitement est le remède le plus simple à la très grande majorité des pleurs du bébé :  il nourrit le ventre affamé, calme, réconforte, réchauffe, favorise le sommeil…  C’est une base solide sur laquelle se construit la communication et la confiance mutuelle.  Bref, les parents proximaux comprennent à quel point l’allaitement est plus qu’une façon de nourrir l’enfant et combien leur rôle est plus facile à remplir grâce à l’allaitement.  Quand l’allaitement est un échec, les mamans proximales sentent que leur bébé et elles-mêmes sont privés d’une part essentielle de leur relation.

L’allaitement est bien entendu pratiqué à la demande, de jour comme de nuit, non pas à l’horaire ni avec des restrictions, par respect des besoins du bébé.  L’allaitement à la demande manifeste aussi une confiance des parents dans la capacité du bébé à s’auto-réguler :  bébé sait quand il a besoin de lait et combien de temps il a besoin de boire.  Bien entendu, l’allaitement implique une proximité physique avec la mère (qui ne peut pas s’absenter en laissant son bébé bien longtemps).  Il est en outre le prétexte par excellence de contacts rapprochés, de peau à peau, de contacts visuels, de démonstrations affectueuses.

Pour la plupart des mamans proximales, l’allaitement doit être mené à terme (on parlait autrefois d’allaitement long).  Un sevrage précoce est perçu comme un manque de respect face au bébé, mais aussi comme un geste privant inutilement la mère et son enfant de moments et de contacts qui leur plaisent mutuellement.  Ainsi, l’allaitement ne cesse que lorsque l’enfant n’a plus besoin (physiologiquement) de boire du lait ni besoin (psychologiquement) de téter.  Le moment du sevrage et son rythme sont décidés par l’enfant, pas par ses parents ;  c’est ce qu’on appelle le sevrage naturel.  De façon générale, on considère que le sevrage naturel se fait vers l’âge de 3 ans.  Quand l’allaitement se termine par le sevrage naturel, le sevrage n’est plus considéré comme la fin d’une aventure, mais comme le début d’une autre :  l’autonomie (alimentaire).

L’accouchement

Il est bizarre, peut-être, d’inclure dans une liste de comportements de maternage une action qui vient avant l’arrivée du bébé, mais il va sans dire que le respect du bébé commence avant qu’il voie le jour, alors qu’il est encore caché dans le ventre de sa maman.  Je passerai très vite sur le manque de respect impliqué par des choix tels que fumer ou consommer des drogues ou des médicaments pouvant nuire à la santé du bébé, pour en venir à ce moment crucial qu’est l’accouchement.  Avant cela, un mot seulement sur le fait que les parents proximaux acceptent leur enfant tel qu’il est et que cela va, pour certains, jusqu’à refuser les examens qui révéleraient en cours de grossesse une anomalie susceptible de les entraîner vers le choix de l’avortement (trisomie, par exemple).

Le même leitmotiv de respect du bébé dans son rythme et ses capacités propres pousse les parents proximaux à désirer un accouchement entièrement naturel.  En effet, les stripping, le déclenchement du travail à l’aide d’hormones de synthèse, etc., voilà autant de façon de brusquer la venue au monde du bébé, c’est-à-dire de le faire venir avant qu’il ne s’y sente prêt.  Les interventions pendant l’accouchement, comme la péridurale (qui affecte aussi le bébé en le privant momentanément et partiellement de certains instincts) et bien sûr la césarienne, sont toutes perçues comme des obstacles majeur à l’établissement de l’atmosphère de calme et d’amour dans laquelle le bébé devrait venir au monde, mais surtout comme un désaveu de la capacité de la femme à donner naissance à son enfant et de la capacité du nourrisson à trouver son chemin vers la sortie.  Les interventions médicales sont par conséquent refusées à moins qu’elles ne deviennent absolument nécessaires.  C’est pourquoi aussi la maison de naissance, voire la maison familiale, est souvent un lieu de prédilection des parents proximaux pour le grand jour plutôt que l’hôpital.

Pour favoriser la transition entre la vie intra et extra-utérine, les parents proximaux privilégient la mise en peau à peau dès la naissance (et donc le report de la pesée et autres soins au nouveau-né), qui permet au bébé d’aller chercher le sein de lui-même en rampant pour sa première tétée plutôt que d’être mis au sein.  En outre, les parents proximaux refusent bien évidemment cette pratique (heureusement de moins en moins répandue) qui consiste à mettre les bébés à la pouponnière pendant leur séjour à l’hôpital pour garder leur nouveau-né près d’eux à chaque minute, jusqu’au retour à la maison.

Le portage

Le portage s’inscrit dans la continuité du peau à peau pratiqué après la naissance pour favoriser une transition toute en douceur entre la vie utérine et la vie extra-utérine.  Bébé s’est habitué pendant 9 mois à être bercé par les pas de sa mère, à s’apaiser et s’endormir au rythme de son coeur qui bat.  Le portage lui permet de retrouver toutes ces sources de réconfort et la chaleur maternelle.  D’autre part, il l’aide à apprivoiser son père en lui faisant découvrir son torse plus chaud et son rythme cardiaque plus lent, apaisant eux aussi.

Le portage, c’est installer bébé dans un porte-bébé, mais c’est aussi, simplement, le prendre dans ses bras, le tenir contre soi.  Les parents proximaux pratiquent généralement les deux types de portage :  avec et sans équipement. Comme ils prévoient beaucoup porter, les parents proximaux font souvent l’acquisition de plus d’un porte-bébé pour s’adapter à diverses situations.  Les écharpes (extensibles) en tous genres offrent un grand confort aux nouveaux-nés, tandis que des porte-bébés conçus spécifiquement pour le portage sur le dos, par exemple, vont permettre de porter un bébé plus vieux ou plus lourd, qui souhaite découvrir le paysage en même temps que maman ou papa.  L’important, c’est que tout porte-bébé soit physiologique :  bébé doit avoir le dos arrondis et les jambes fléchies, relevées, jamais pendantes.  Il ne doit surtout pas être suspendu par la fourche.

Le sommeil

Se séparer de son bébé toute la nuit, soit près de la moitié du temps en fait, paraît inconciliable avec la notion même de proximité.  C’est pourquoi les parents proximaux pratiquent le sommeil partagé (que l’on appelle aussi cododo).  Le sommeil partagé répond aux besoins fondamentaux du bébé en favorisant la réussite de l’allaitement et en lui permettant de calquer son rythme respiratoire sur celui de sa mère, ce qui réduit le risque de mort subite du nourrisson.  Grande source de sécurité affective, le sommeil partagé renforce aussi les liens d’attachement naissant entre le bébé et ses parents.  Il est en outre la meilleure façon d’inculquer de bonnes habitudes de sommeil à son bébé dès les premiers jours en lui permettant d’apprendre à dormir paisiblement en compagnie des gens qui l’aiment plutôt qu’à rechercher la solitude.

Même quand bébé grandit (un peu) et qu’il se couche plus tôt que ses parents et fait des siestes dont ceux-ci n’ont plus besoin, les parents proximaux continuent de voir l’importance d’accompagner leur bébé dans le sommeil.  Allaiter, bercer, porter, fredonner une berceuse, lire un conte, caresser le ventre, faire semblant de dormir ou tout simplement être là, assis ou étendu, il y a toute une panoplie de façons de faire parmi lesquelles ils adoptent leurs préférées.  L’essentiel étant cette idée selon laquelle il faut que bébé se sente en sécurité pour s’abandonner au sommeil (qui rend si vulnérable), et ce tant que bébé en ressent le besoin.

Pour un billet plus détaillé sur cette question, cliquez ici.

La garde

Les parents proximaux veulent profiter au maximum de la petite enfance de leur progéniture.  Ils savent que cela passera (trop) vite et souhaitent emmagasiner autant de bons souvenirs que possible.  Ils veulent être là quand ça compte :  recevoir le premier sourire, assister au premier repas, voir les premiers pas, la première chute, bref ne manquer aucune de ces premières fois si émouvantes.

Ils tiennent aussi compte du fait que leur bébé est (physiquement) dépendant d’eux.  Par conséquent, il est complètement désemparé et anxieux en leur absence parce qu’il n’a pas la notion du temps et n’a pas encore acquis la permanence de l’objet (un processus qui débute vers l’âge de 9 mois pour se terminer vers 18 mois, voire un peu plus tard).  Ils sont ainsi conscients que le bébé est incapable, pour se rassurer, de produire des images mentales abstraites telles que « papa est dans l’auto » ou « maman est chez le dentiste » :  la personne qui est hors de portée de ses sens n’existe plus pour le bébé.  Les parents proximaux font donc le nécessaire, selon leurs moyens, pour faire garder leur bébé le moins souvent possible, le moins longtemps possible et le plus tard possible dans sa vie.  On pourrait résumer cette attitude en utilisant les termes garde presque exclusivement parentale.

Les parents proximaux préfèrent emmener bébé en sortie et en voyage avec eux, partout où ils vont, plutôt que de le confier à ses grands-parents ou à une petite voisine pendant leurs absences.  Ils choisissent aussi de maximiser les congés de maternité, de paternité et parental pour garder eux-mêmes leur bébé au quotidien durant l’essentiel de sa première année de vie, plutôt que de le confier à une éducatrice (entrée en garderie).  Lorsque le congé se termine, l’un des deux parents (plus souvent la mère, ne serait-ce que pour préserver l’allaitement à la demande) peut choisir de rester à la maison quelques années.  Mais devenir mère au foyer n’est pas la seule option qu’envisagent les mamans proximales :  que l’un des parents occupe un emploi de jour pendant que l’autre travaille de soir, que l’un fasse son boulot à partir de la maison pendant que bébé dort, embaucher une nounou qui prend soin du bébé sur les lieux de travail de la maman travailleuse autonome, etc.  les possibilités sont aussi nombreuses que les familles proximales.  Dans d’autres cas, la mère choisira de retourner au travail avec un horaire allégé (3 jours par semaine, par exemple), ce qui permettra à une grand-mère qui n’aurait pas eu la force de s’occuper du tout-petit à temps plein de prendre soin de lui ces trois jours-là, dans sa maison, au milieu de ses affaires… et de retarder d’autant le moment où l’enfant « quittera le nid familial sécurisant » et fera son entrée à la garderie ou à l’école.

Le développement moteur

Les parents proximaux sont confiant que leur bébé a tout en lui pour se développer de façon autonome sur le plan moteur.  Ils encouragent leur bébé à découvrir ses capacités motrices par lui-même en pratiquant la motricité libre.  Ainsi, lorsqu’ils déposent leur tout nouveau bébé éveillé, ce n’est pas pour lui faire faire la bicyclette avec les jambes ou lui enseigner à se tourner du ventre au dos.  Ils  Ils le laissent sur le dos, tranquille, et attendent que bébé bouge de lui-même.  Au début, bébé ne fait pas grand-chose; il est fasciné par ses mains, soulève ses jambes…  Mais bientôt il fera sans aide et sans qu’on le lui ait jamais enseigné les gestes qui lui permettront de se retourner sur le ventre, de saisir des objets et de les porter à sa bouche, de se mettre sur les genoux, de s’asseoir, puis de ramper, se promener à quatre pattes, se lever, marcher, grimper.  Il fera ces découvertes de lui-même, à son rythme, ce qui correspond au respect de l’individualité du bébé qui anime les parents.  Ses parents ne le déposeront pas assis tant qu’il ne saura pas s’asseoir seul et ne le feront pas marcher en lui tenant les mains tant qu’il n’aura pas fait ses premiers pas par lui-même.

Cela implique aussi que, pour les parents proximaux, il ne faut surtout pas que l’enfant soit entravé dans un siège vibrant, un exerciseur ou une balançoire lorsqu’il est déposé.  Les parents proximaux comprennent que tous ces gadgets ont été inventés dans le seul but de remplacer les bras des parents, pas pour améliorer et accélérer le développement du bébé, qu’au contraire, ils mettent à mal, favorisant des positions non physiologiques.  Or, les parents proximaux ne déposent pas bébé pour se libérer les bras, ils le font principalement pour lui donner une occasion de percer les secrets de son corps et de l’univers qui l’entoure.  Ils déposent donc bébé beaucoup moins souvent que la moyenne des parents, mais le laissent beaucoup plus libre lorsqu’ils le font.

Pour en savoir plushttp://vimeo.com/9490665

La communication

La communication est au coeur de la relation entre les parents proximaux et leur bébé.  C’est elle qui permet aux premiers de découvrir les besoins du second et d’y répondre avec promptitude, affection et respect.  Je tenais à souligner sous le thème de la communication un certain nombre de pratiques parentales qu’elle entraîne disons « par la bande », indirectement.

D’abord, il y a le fait de vivre sans horaire, au gré des différents besoins du bébé.  Les parents proximaux n’imposent pas leur routine ou leur horaire à leur bébé, mais adaptent leurs habitudes aux rythmes de sommeil et d’éveil du bébé.  Ils le font boire ou manger quand il a faim plutôt que lorsque « c’est l’heure » et le couchent lorsqu’il manifeste des signes de fatigue plutôt que lorsque l’horloge le dicte.  Certains bébés sont très routiniers de nature; d’autres, davantage imprévisibles.  Dans tous les cas, les parents préfèrent être à l’écoute des signes de leur enfant que de leur montre.

Ensuite, le langage occupe une place de choix dans la relation entre les parents proximaux et leur progéniture.  Ceux-ci adorent parler à leur bébé, lui raconter ce qu’ils font, lui dirent qu’ils l’aiment et répondre à ses gazouillis par des sons similaires dans un jeu d’effet miroir qui bientôt s’inversera :  ce sera bébé qui répétera les sons produits par ses parents.  En outre, le désir de communiquer pousse un certain nombre de parents proximaux à enseigner très tôt à leur bébé le langage des signes, dont il pourra maîtriser une jolie base bien avant même d’avoir la capacité physique pour prononcer des mots.

Enfin, la communication implique pour les parents proximaux un maximum d’honnêteté à l’endroit de l’enfant.  Ainsi, ils n’hésitent pas à lui dire comment ils se sentent, même lorsqu’ils vivent des émotions négatives, notamment dans l’espoir que l’enfant apprenne à en faire autant et n’ait jamais peur de confier ses sentiments et son vécu intérieur.  L’honnêteté signifie aussi l’absence de mensonge.  Pour certains parents proximaux, cela va jusqu’à refuser ce qu’on appelle « de pieux mensonges » et le fait d’initier à une part de folklore.  Par exemple, ces parents ne feront pas croire à l’existence du Père Noël, du lapin de Pâques ou de la Fée des Dents.

L’hygiène naturelle infantile (HNI)

L’hygiène naturelle infantile est probablement la plus méconnue et la plus mécomprise des pratiques proximales.  Elle consiste tout simplement à élever son bébé sans couches.  Or, il ne s’agit pas d’enseigner la propreté à un nouveau-né, ça n’a même rien à voir avec ça.  En fait, c’est pousser le désir de communication avec son bébé qui ne parle pas encore jusqu’à son paroxysme en tentant de répondre à un besoin qu’exprime le nouveau-né mais que la plupart des parents n’entendent pas :  le besoin d’évacuer.

L’idée, c’est que tous les bébés naissent propres et manifestent leur besoin d’uriner ou de faire une selle par des signes (inconscients) d’inconfort ou des pleurs.  Ce sont les parents qui apprennent à leur bébé à « se faire dessus » en ne répondant pas à son besoin d’évacuer proprement et en lui enfermant les fesses dans des couches.  Peu à peu, le bébé s’habitue à la couche et cesse de ressentir qu’il va évacuer.  Il devra se réapproprier cette sensation innée plus tard, à l’âge de la propreté.  Pour certains parents proximaux, ignorer ce besoin d’évacuer du bébé n’est pas plus acceptable que d’ignorer les autres besoins et il y a un grand manque de respect dans le fait d’obliger le bébé à croupir dans son urine et ses excréments.

Des parents proximaux pratiquent l’hygiène naturelle infantile dès la naissance et à temps plein, d’autres attendent quelques semaines de se remettre de l’accouchement avant de s’y mettre ou pratiquent à temps partiel, c’est-à-dire qu’ils mettent une couche au bébé lors de sorties (particulièrement en hiver) ou pendant la nuit.  Dans tous les cas, ils font un geste pratiqué partout depuis les débuts de l’humanité.  Il est intéressant de se rappeler que 60% des bébés qui naissent chaque année dans le monde sont élevés sans couche et qu’il est très appréciable d’un point de vue écologique de se réapproprier cette pratique.

L’alimentation

Comme pour toutes les autres sphères du développement, les parents proximaux attendent que leur bébé montre qu’il est prêt avant d’entreprendre la diversification alimentaire, et cela plutôt que de se fier au calendrier et de commencer « parce qu’il a 6 mois aujourd’hui ».

Ils introduisent aussi les aliments sous forme de morceaux que le bébé pourra saisir avec ses doigts et porter à sa bouche lui-même, plutôt que sous forme de bouillies de céréales et de purées administrées à la cuillère.  On nomme cette façon de procéder alimentation autonome, ce qui est une traduction très libre de l’appellation anglaise Baby Led Weaning (BLW).  L’alimentation autonome s’inscrit dans la continuité de l’allaitement à la demande puisque c’est le bébé qui indique lorsqu’il a faim, mais aussi lorsqu’il est rassasié (en cessant de manger)… et que son parent lui fait confiance et respecte son appétit fluctuant et ses goûts naissants.  Bien entendu, l’alimentation autonome implique une certaine de dose de gâchis et de gaspillage au début, et le parent veille à ne pas freiner l’enfant dans sa découverte de la nourriture en le grondant pour ses maladresses et ses dégâts.  Les parents proximaux apprécient tout particulièrement que l’alimentation autonome permette que bébé mange des vrais aliments dès le départ, qu’il développe sa motricité fine et apprenne à apprécier diverses textures, ainsi que le fait que les repas se prennent en famille, dans le partage et la bonne humeur.

Pour mon avis sur l’alimentation autonome et des conseils pratiques, cliquez ici.

Le matérialisme

En parlant de motricité libre, j’ai évoqué le refus des parents proximaux de s’encombrer de certains objets inventés pour remplacer leurs bras, tels que l’exerciseur, la chaise vibrante (transat) ou le bumbo.  J’aimerais revenir sur ce point, car ce refus de biens matériels ne se limite pas aux jouets dits de développement moteur.  En fait, les parents proximaux désirent que leurs enfants apprennent dès le plus jeune âge à créer des relations saines et épanouies avec les gens qui les entourent.  C’est pourquoi ils font en sorte que, dès ses premiers mois de vie, leur bébé s’attache aux gens plutôt qu’aux objets, qu’il soit rassuré par la présence de ses parents plutôt que par celle d’une doudou.

Il ne s’agit pas tant de pratiquer la simplicité volontaire que de s’intéresser aux valeurs que les objets véhiculent.  Ainsi, posséder toute une collection de porte-bébés peut paraître tout à fait logique aux parents proximaux puisque ces objets témoignent de leur volonté de porter beaucoup bébé, dans différentes situations et positions, et à tous les âges.  Cependant, les objets qui ont pour but d’amener bébé à moins avoir besoin de contacts avec ses parents sont, pour leur part, appréhendés négativement, et leur présence dans la maison des parents proximaux est réduite au maximum.  Il en va ainsi, par exemple, des suces, biberons, dormeuse, aquarium musical, doudou, toutou et autres objets dits « de réconfort ».

La discipline

Lorsque leur bébé grandit et devient un tout-petit, les parents proximaux adoptent tout naturellement (mais non sans efforts souvent) des principes éducatifs basés sur le respect.  Ils veulent transmettre leurs valeurs à leur enfant de manière positive, par l’enseignement et l’exemple, plutôt que par la répression.  Leur discipline est, d’une part, non-violente, cela va de soi.   Ils ne souhaitent pas élever leur enfant dans une atmosphère de domination ou de peur.  Leur autorité parentale ne provient donc pas d’un rapport de force, mais est méritée en résultat d’une relation de confiance, dans laquelle l’enfant perçoit son parent comme un bon guide.

D’autre part, cela va beaucoup plus loin.  La façon de faire des parents proximaux est souvent présentée sous l’appellation bien évasive d’éducation bienveillante.  Ce mode éducatif se décline de différentes manières.  Les parents sécurisent l’environnement de l’enfant de façon à ce que ses premières explorations ne soient pas constamment ponctuées du mot « non ».  Ainsi, sans transformer leur maison en palais de ouate, ils retirent momentanément les objets dangereux (produits ménagers, ciseaux et couteau, outils, etc.) et les objets fragiles et précieux ou trop petits (souvenirs de voyage, bibelot, bijoux, etc.) de l’espace de vie de l’enfant afin que celui-ci puisse se promener, toucher, tâter, goûter sans mettre chaque fois sa vie en danger ni se faire réprimander.  L’éducation bienveillante est donc une éducation du « oui » et du « vas-y, essaie », qui récompensent l’enfant de sa curiosité.  Car réprimer constamment la curiosité naturelle de l’enfant, c’est tuer peu à peu en lui le goût d’apprendre.

Les parents proximaux invitent aussi l’enfant à verbaliser ses émotions plutôt qu’à les exprimer par des gestes violents comme mordre, taper, griffer ou pousser.  Ils ne refusent pas les émotions négatives de l’enfant ni ne tentent de l’inciter à les réprimer.  Ils mettent des mots sur les émotions de l’enfant (« tu es fâché », « tu es déçu ») pour l’aider à apprendre rapidement à les exprimer de façon saine et socialement acceptable.  Cette intervention est faite en lieu et place d’une punition, car l’éducation bienveillante est exempte de punition, de répression et de coercition.  Ce qui ne signifie pas qu’elle soit exempte de discipline, bien au contraire.  Car l’enfant a besoin d’un cadre et de limites, de balises pour se guider dans ses découvertes, et que le parent proximal veille à répondre aussi bien que possible à ce besoin comme à tous les autres.  Cependant, il le fait avec souplesse, en faisant bénéficier l’enfant de son expérience et de son vécu personnels quand cela s’avère adéquat, plutôt qu’en imposant des règles rigides dont le fondement paraît aléatoire aux yeux de l’enfant.  Et il exprime des demandes de comportements attendus de façon positive (« on laisse la porte fermée »), plutôt que d’interdire le comportement opposé (« on n’ouvre pas la porte »).

Le savoir

Enfin, je ne pouvais clore cette liste sans aborder le sujet de l’acquisition du savoir, dont la responsabilité, traditionnellement, repose dans nos sociétés occidentales sur cette institution de l’école.  La plupart des parents proximaux enverront en effet leur enfant à l’école pour qu’il apprenne.  À lire, à écrire, à compter, …  à socialiser aussi.  Pour qu’il découvre les sciences naturelles, la biologie, la musique, l’histoire, la géographie…

Mais un certain nombre de parents proximaux garderont leurs enfants avec eux à l’âge où la scolarité devrait commencer et adopteront l’unschooling.  Définir l’unschooling est une tâche ardue.  Dire que c’est un refus de l’école est simple, mais ça n’explique pas grand-chose.  Ajouter que ce n’est pas davantage l’école à la maison est une précision qui ne décrit pas beaucoup mieux en quoi consiste concrètement l’unschooling.  En fait, si l’éducation bienveillante s’inscrit avec les tout-petits dans la continuité du parentage de proximité avec les bébés, l’unschooling s’inscrit dans la même lignée, mais avec un enfant d’âge scolaire.  Le parent désire respecter l’individualité de son enfant, ses forces et ses intérêts.  Il croit aussi dans son fondamental désir d’apprendre et sa capacité à le faire.  Si l’enfant a réellement besoin de faire un apprentissage, il trouvera le moyen de le faire et demandera l’aide requise, le cas échéant, puisque le parent sera disponible et enthousiaste.  La responsabilité du parent unschooler n’est donc pas de « faire l’école » en suivant le programme à sa façon, bien au contraire, mais de créer une vie riche et remplie d’opportunités et de découvertes stimulantes pour son enfant.  Ce qui est probablement beaucoup plus difficile, mais assurément nettement plus enrichissant pour lui.

Pour en savoir un peu plus :  http://apprendreenliberte.wordpress.com/2012/06/11/je-vis-donc-japprends-une-vie-unschooling/

En conclusion

Comme ils vous le diront eux-mêmes si vous le demandez, beaucoup de parents proximaux se fient à cette petite voix du coeur qui les guide dans la parentalité :  ils écoutent leur instinct plutôt que les spécialistes, les guides de puériculture et leur médecin quand vient le temps d’agir avec leur bébé.  Tout de même, il y a parmi les parents proximaux des êtres plus « réfléchis », qui auront été convaincus par des lectures et des témoignages des bienfaits du parentage de proximité, et qui agiront donc de façon proximale avant tout par souci de faire pour le mieux, c’est-à-dire en résultat d’une réflexion rationnelle.  Ce qui est intéressant, c’est que même ceux-là deviendront au fil des mois plus intuitifs, plus instinctifs, car c’est là un des effets de ce parentage :  il confirme le parent dans sa capacité à bien prendre soin de son bébé et à faire les bons choix pour lui.  Que ce soit l’instinct ou ses lectures de spécialistes en pédopsychologie qui ont poussé le parent vers la proximité, la proximité aura cet impact positif de mener le parent à faire confiance à son instinct et à le suivre pour la suite.

 

Mettre l’avocat au menu

Comme j’ai conseillé de donner de l’avocat comme tout premier aliment au moment de la diversification alimentaire, j’ai reçu plusieurs fois des commentaires tels que celui-ci :
« C’est bien beau de donner des morceaux d’avocat à mon bébé, mais nous n’en mangeons pas d’avocat à la maison, alors dès que bébé mangera comme nous, ça sera la fin. À quoi bon introduire si c’est pour délaisser aussitôt après ? »

En effet, ça serait un peu illogique. Et bien dommage ! Parce que l’avocat est un aliment génial ! J’ai déjà vanté ses mérites ici et là, mais ça vaut la peine que j’enfonce bien le clou en récidivant :
Un avocat, ce sont d’abord des protéines végétales d’une grande qualité et hautement digestes.
Un avocat, ce sont aussi de bons gras mono-insaturés en grande quantité et des gras polyinsaturés bien équilibrés dans le rapport entre oméga-3 et oméga-6, ce qui est rare et désirable.
Un avocat, c’est encore une excellente source de fer, de vitamine E, de vitamine K et de si importantes vitamines du complexe B, ainsi qu’une belle quantité de fibres.
Bref, un avocat, c’est un aliment presque parfait.  Plusieurs osent même le qualifier de nourriture conçue tout spécialement pour l’Homme.  C’est aussi presque un incontournable dans un régime végétalien bien équilibré.

Voici donc 3 recettes délicieuses et simples à exécuter pour mettre l’avocat au menu chez vous et bénéficier de tous ses bienfaits régulièrement. Ce sont des recettes qui ont l’approbation de mes filles et des trois autres fillettes que je garde, qui s’en régalent chaque fois.  Ce sont des recettes de base, que vous pouvez modifier à volonté pour renouveler le plaisir.  Chacune constitue un repas complet, nutritif et équilibré.

Salade avocat, concombre et noix de cajou

Pour deux adultes et deux enfants

Ingrédients
– 4 avocats mûrs mais pas trop mous
– 2 ou 3 concombres nains
– 2 poignées de noix de cajou entières non salées
– ½ c. à table d’huile d’avocat

Préparation
– Couper les concombres en demi-rondelles pas trop épaisses
– Tailler les avocat pelés en dés
– Hacher très grossièrement les noix de cajou à l’aide d’un couteau
– Mélanger les 4 ingrédients dans un grand bol et servir immédiatement

Variantes
– Pour une salade de type grecque totalement décadente, il suffit de troquer l’huile d’avocat pour une vinaigrette grecque commerciale ou faite maison à base d’huile d’olive, puis d’ajouter des tomates séchées, du fromage féta et des olives noires à cette salade de base.
– Pour une rafraichissante salade estivale, il est facile d’ajouter de petites tranches de mangue bien fraîche et le jus d’une demi-lime.
– Pour servir à de très jeunes enfants, il est préférable d’oublier les noix de cajou.  On peut dans ce cas remplacer l’huile d’avocat par une sauce maison faite d’un mélange de beurre de noix de cajou et d’huile (d’olive ou d’avocat).
– Rehausser aisément la saveur en ajoutant quelques gouttes de jus de citron et un peu d’origan séché.

 

Sandwich à l’avocat et au saumon fumé

Pour un sandwich

Ingrédients
– 2 tranches de pain multigrain assez moelleux (avec du pain maison, c’est le bonheur !)
– Environ le tiers d’un avocat mûr
– 2 tranches de saumon fumé
– Du beurre ou de la margarine non hydrogénée
– Un peu de jus de citron

Préparation
– Découper l’avocat en fines tranches sur le sens de la longueur
– Arroser délicatement les tranches d’avocat de jus de citron
– Faire griller légèrement les deux tranches de pain, puis les beurrer généreusement d’un côté
– Étendre les tranches de saumon fumé, puis les tranches d’avocat sur l’une des tranches de pain et recouvrir de l’autre

Variantes
– Relever le goût en ajoutant des brins d’aneth ou du piment d’Espelette
– Plutôt que de trancher l’avocat, le réduire en une purée grossière à l’aide d’une fourchette.  L’assaisonner tout de même de jus de citron et, si désiré, d’aneth ou de piment d’Espelette
– Ajouter des tranches fines de mangue fraîche
– Remplacer le beurre par du fromage Philadelphia pour un goût très crémeux

 

Guacamole

Pour deux adultes et deux enfants

Ingrédients
– 4 ou 5 avocats très mûrs
– Une grosse tomate italienne
– 2 c. à table combles de crème sûre ou de crème fraîche
– ½ c. à table de jus de citron ou de lime
– 1 gousse d’ail ou 2, hachée(s) finement
– Sel et poivre, au goût
– Quelques gouttes de sauce Tabasco
– Des croustilles de maïs biologiques*

Préparation
– Couper la tomate italienne en dés
– Écraser la chair des avocats à l’aide d’une fourchette ou d’un pilon (comme pour la purée de pomme de terre)
– Ajouter à l’avocat les morceaux de tomate, la crème sûre ou fraîche, l’ail, le jus de citron, la sauce Tabasco, le sel et le poivre
– Remuer et servir immédiatement dans un bol, accompagné des croustilles de maïs

Variantes
– Remplacer la tomate italienne par des tomates séchées conservées dans l’huile.
– Ajouter de la coriandre fraîche au mélange.
– Remplacer la sauce Tabasco par votre sauce à base de piment préférée ou par quelques morceaux hachés très finement de piments forts.
– Utiliser du yogourt grec nature à la place de la crème sûre ou fraîche.

*  Le maïs étant l’un des aliments les plus génétiquement modifiés (OGM) de la planète, l’adjectif biologique a toute son importance ici.

 

Un dernier mot

Prenez note que l’avocat est plus savoureux s’il a été conservé à la température ambiante plutôt qu’au réfrigérateur.  Pour le faire mûrir plus rapidement, un bon truc est de le placer juste à côté de bananes.
Il faut aussi savoir que les recettes préparées à base d’avocat se conservent très mal.  Il vaut donc mieux les cuisiner à la dernière minute et éviter de préparer de trop grandes quantités, pour ne pas avoir de restes.

Sur ce, savourez bien !

Amy Parker : propagande vaccinaliste… et mensonges

Un article publié dans la revue Slate a provoqué toute une commotion et suscité beaucoup d’engouement ces dernières semaines.  Bien sûr, il a aussi remis à l’ordre du jour l’interminable, déchirant et souvent stérile débat sur la vaccination.

L’auteure, Amy Parker, se présente comme étant mère de trois enfants et ayant eu, dans la campagne anglaise, une enfance parfaitement bio, et donc sans vaccination, dans les années ’70.  Elle raconte les conséquences négatives sur sa santé physique et mentale de ce choix de vie qu’a fait sa mère de ne pas la vacciner et invite toutes les mères à vacciner leurs enfants.

Pour ceux et celles qui n’ont pas eu le plaisir de lire ce petit bijou du genre, voici les liens vers la version originale anglaise de l’article, et vers la traduction française officielle :

http://www.slate.com/articles/life/family/2014/01/growing_up_unvaccinated_a_healthy_lifestyle_couldn_t_prevent_many_childhood.html

http://www.slate.fr/life/82019/sans-vaccin-enfance-malade

Voilà un témoignage qui a conquis les pro-vaccinations et donné des ailes à leur argumentation.  Voilà un témoignage qui remet bien des choses en perspective, en effet, et amène à réévaluer le fragile équilibre entre risques et bénéfices de la contestation d’une pratique…  à condition, bien entendu, d’être véridique.

Or, et c’est là que le bât blesse, ce témoignage n’est pas véridique.  C’est un faux.

À la première lecture, des incohérences m’ont sauté aux yeux.  Peut-être parce que j’ai eu ce genre d’enfance justement, et que certaines des infos qu’elle donnait montraient qu’elle ne se basait pas sur du vécu, mais sur des préjugés.  Après quelques lectures, mes soupçons s’étaient mués en certitude.  J’étais devant un témoignage inventé de toutes pièces dans le but de discréditer les arguments anti-vaccinalistes les plus convaincants.

Mon but ici n’est pas de décortiquer tout l’article.  Mais je souhaite pointer du doigt quelques unes de ces incohérences qui m’ont mis la puce à l’oreille.

D’abord, la relation farfelue entre non-vaccination et une liste formidable de maladies pour lesquelles n’existent justement pas de vaccins (ou n’en existaient pas en 1980) :  scarlatine, angine, varicelle, VPH.  Dire que parce qu’elle n’a pas reçu les vaccins de routine, elle a contracté la scarlatine est bien bête… il n’y a aucun vaccin protégeant de la scarlatine.  Il n’y en avait pas en 1970, il n’y en a toujours pas aujourd’hui.

Ensuite, la surabondance d’antibiotiques qu’elle a dû prendre en raison de toutes ces maladies.  D’une part, on prescrivait moins d’antibiotiques dans les années ’70 qu’aujourd’hui.  D’autre part, c’est incohérent, croyez-en mon expérience, avec la mentalité grano qu’elle attribue à sa mère.  Ah oui, sa mère était si grano qu’elle a refusé toute vaccination, mais elle l’a bourré d’antibiotiques à la moindre petite infection ?  J’en connais peu des comme ça !

Enfin, la relation carrément insultante qu’elle établit entre mode de vie sain, alimentation bio d’un côté et sciences occultes (« je croyais aux anges, à la sorcellerie, aux voyants, aux cercles de culture, aux extraterrestres de Nazca, à de gigantesques marins roux qui auraient communiqué leurs connaissances aux Aztèques, aux Incas et aux Egyptiens, et je pensais que le Saint-Esprit m’avait accordé un genre de pouvoir de guérison. Je me faisais lire l’aura au prix du caviar« ) d’un autre côté est la manifestation évidente de son intention de se moquer des grano et de les discréditer.  Ce n’est pas en mangeant des carottes bio qu’on se met à croire aux extra-terrestres !  On n’est tout de même plus à l’époque où l’on croyait que l’herboristerie était de la sorcellerie… ou peut-être que si, finalement…

Tout cela n’est que la pointe de l’Iceberg, ce que j’ai remarqué dès la première lecture…

En fait, je suis insultée que les fabricants de vaccins et leurs défenseurs prennent les parents pour de tels tarés qu’ils vont gober ces âneries et croire à ce témoignage.  Je suis insultée qu’on montre autant de mépris pour mon mode de vie et qu’on tente de discréditer mes propos et tout argument sérieux que je pourrais apporter dans un débat (portant sur n’importe quel sujet, pas seulement sur la vaccination) en l’assimilant à une lubie d’illuminée.

Car c’est de ça qu’il s’agit.

Faire taire toute opposition à la vaccination en faisant passer ses détracteurs pour des imbéciles et des illuminés.

En réponse au témoignage inventé de toutes pièces d’Amy Parker, voici le mien.  Comme le sien, il n’a aucune autre valeur argumentative que celle d’anecdote.  Et il ne sera probablement jamais aussi médiatisé.  Mais, à tout le moins, il a l’avantage sur le sien d’être véridique.

Je suis née au début des années ’80.  Mes parents exploitaient une ferme équine dans un rang et mes voisins avaient pour la plupart des fermes laitières ou des écuries.  Mes trois frères, ma soeur et moi-même passions nos journées dehors été comme hiver à grimper aux arbres, jouer dans le sable et construire des forts en neige, courir dans les champs, fabriquer des arcs avec des branches, etc.  Mes grands-parents maternels, qui habitaient la maison d’à côté, cultivaient un grand jardin, nous fournissant la majorité des légumes que nous mangions.  Ils s’occupaient aussi d’un grand poulailler adossé à l’écurie, duquel ils surgissaient quotidiennement avec les bras chargés d’oeufs.  Mes parents s’intéressaient à l’alimentation saine, ils avaient un bon côté grano :  nous mangions du « pain brun » (on ne parlait pas de grains entiers à cette époque), des fruits et légumes frais, de la crème Budwig et (oh erreur, horreur!) de la margarine.  C’était les idées de l’époque.  Notre alimentation n’était pas parfaite comme celle que décrit Amy.  Notre viande bien ordinaire venait du petit supermarché du coin et nous prenions du dessert (souvent industriel) après chaque souper, à condition d’avoir vidé notre assiette.

Ma mère a accouché de moi sans anesthésie et ne m’a pas envoyée à la pouponnière, ce qui était rare à l’époque.  Nous avons tous été allaités, moi pendant 13 mois.  Quand elle m’a sevrée, elle a acheté deux chèvres pour que je boive leur lait, ce que j’ai fait pendant toute ma petite enfance.  Je n’ai jamais mangé de petits pots de nourriture pour bébé, ma mère me faisait ça elle-même avec les légumes du jardin de son père.  Nous n’avons jamais reçu aucun vaccin.  Mes parents s’y sont toujours férocement opposé.  Comme à toute médication jugée inutile par eux.  Pour eux, la prévention signifiait une capsule d’ail à gober chaque midi et un morceau de camphre accroché à notre camisole tout l’hiver.

Nous n’étions jamais malades.  Un rhume par ci par là.  Parfois un peu de fièvre.  Bien sûr, on ne soignait pas ça avec des médicaments.  Pour ma mère, tout se guérissait avec une débarbouillette d’eau glacée dans le cou, recouverte d’un essui-main, et une bonne dose de sommeil.  Je ne savais même pas que l’Aspirine et le Tylenol existaient.  Et ça marchait, nous guérissions très vite.  Quand j’avais 6 ou 7 ans, nous avons fait deux gastro-entérites de suite :  les conduites d’eau de la ville étaient en cause et nous avons bu de l’eau embouteillée pendant un temps.  Et quand j’avais 11 ans, nous avons tous eu la varicelle, y compris ma mère (qui ne l’avait pas eue enfant malgré les efforts de sa mère).  Ça démangeait, mais c’était surtout un congé d’école bien apprécié et un party de calamine.  Il n’y a que ma mère qui a vraiment souffert.  Bref, ce sont les seules maladies que nous avons vécues.  Aucun de nous n’a jamais pris d’antibiotiques, ni d’autres médicaments, à l’exception d’un sirop contre la toux au goût horrible que ma mère nous administrait parfois pour qu’on puisse dormir (« pour guérir, il faut se reposer »).  Nous ne consultions jamais de médecin, sauf pour recevoir des points de suture (nous en avons tous eu).

Bien sûr, la très grande couverture vaccinale à l’époque a probablement contribué à ce que nous n’attrapions aucune autre maladie dite de la petite enfance que la varicelle (pour laquelle il n’y avait pas encore de vaccin).  Bien sûr, l’hérédité jouait peut-être un rôle dans notre résistance aux infections.  Bien sûr, la chance a été de notre côté en général.  Mais aurait-ce vraiment été un drame de contracter quelques maladies de la petite enfance ?  Je ne le crois pas.  Notre bonne santé, supportée par notre mode de vie sain et la confiance que nos parents nous donnaient dans notre capacité à guérir, nous a permis de combattre facilement et rapidement les maladies que nous avons affrontées.  Pourquoi en aurait-il été autrement de la rougeole ou de la coqueluche ?

Je suis une adulte en bonne santé.  J’ai pris deux séries d’antibiotiques dans ma vie :  l’une pour une infection de la gorge à l’âge de 25 ou 26 ans, l’autre à la suite d’une blessure à un sein doublée d’une mastite au début de mon deuxième allaitement il y a un peu plus de deux ans.  Ma pharmacie se résume à très peu de choses, dont plusieurs ne pourraient être qualifiées de médicaments.  À ce jour, je n’ai jamais reçu un seul vaccin.

Mes filles non plus.  Et elles ont une santé de fer.  Comme moi, elles ont vécu quelques rhumes, trois ou quatre fièvres et deux gastro-entérites.  L’aînée a aussi attrapé la roséole (une maladie pour laquelle il n’existe pas de vaccin) à l’âge de 15 mois.  C’est tout.

Est-ce que je connais personnellement, comme le prétend Amy Parker, des gens qui ont gardé des séquelles de maladies desquelles la vaccination les aurait protégés ?  Non.  Mais je pourrais vous raconter l’histoire d’au moins deux enfants que je connais (de loin) qui ont vu leur vie bouleversée à la suite d’une vaccination.  Je ne crois pourtant pas que ça soit pertinent de le faire ici parce que je n’ai pas envie d’entrer dans le jeu de la propagande par la peur.

Suis-je contre la vaccination ?

En partie, mais pas totalement.  C’est d’ailleurs un sujet que je projette d’aborder prochainement dans un long billet documenté, dont j’ai entrepris l’écriture depuis quelques mois déjà.

Est-ce que ce texte est rédigé dans l’intention de vous convaincre de ne pas faire vacciner vos enfants ?  Non.

Ce billet n’a d’autres buts que de dénoncer la malveillance et l’hypocrisie de la personne (s’appelle-t-elle réellement Amy Parker?) qui a inventé ces sottises pour effrayer les parents et les inciter par ce procédé puéril à vacciner leurs enfants sans plus s’informer.

Trouvez d’autres enfants « d’ayatollah du bio des années ’70 et ’80 » (pour reprendre la formule d’Amy Parker) et demandez-leur de vous parler de leur santé.  Je vous parie que leur témoignage ressemblera bien davantage au mien qu’au sien.

La diversification alimentaire en tableau

En guise de complément à mon dernier article, portant sur l’introduction des aliments complémentaires, quelques unes d’entre vous m’ont exprimé le souhait d’un résumé synthétique sous forme de tableau.
Plutôt que de le prendre comme une critique de mon incorrigible incapacité à faire bref ;), je l’ai vu comme une belle occasion de présenter un exemple de ce que pourrait donner la diversification alimentaire telle que je l’ai décrite… et pratiquée.  Combien de nouveaux aliments à chaque mois, lesquels, etc.

Tant qu’à y être, j’ai décidé de vous faire un petit cadeau.  Le tableau que je vous offre peut donc être imprimé à votre gré pour vous servir à noter la date d’introduction de chaque aliment, ce pour quoi je vous ai prévu un petit espace tout exprès !  Utilisez-le, modifiez-le (pour le rendre végétarien, par exemple), décorez-le, amusez-vous !

Diversification alimentaire

6 mois

7 mois

8 mois

Premier aliment

Deuxièmes légumes

Premiers produits céréaliers

Avocat Carotte Sarrasin

Premiers légumes

Brocoli Quinoa
Pomme de terre Courge spaghetti Millet
Patate douce Courgette Orge
Courge musquée Haricot jaune Épeautre

Premières légumineuses

2mes protéines animales

Troisièmes légumes

Lentilles rouges Poulet Chou-fleur
Pois chiches Agneau Poivrons

Eau

Dinde Haricot vert

Premiers beurres de noix

Veau Aubergine
Noix de cajou

Deuxièmes fruits

Asperge
Graines de citrouille Pomme Petits pois

Premiers fruits

Mangue Oignon
Banane Fraise

Deuxièmes beurres de noix

Pêche Mûre Amande
Poire Bleuet Arachide

Premières protéines animales

Framboise Sésame (Tahini)
Oeuf

9 mois

10 mois

11 mois

Deuxièmes produits céréaliers

Huiles

Troisièmes produits céréaliers

Riz Huile de canola Seigle
Sorgho Huile d’olive Amarante
Maïs Huile d’avocat Céréales à déjeuner commerciales biologiques édulcorées au jus de fruit ou contenant très peu de sucre ajouté
(ex. Nature’s Path : Millet Rice, Heritage O’s, etc.)
Blé

Troisièmes noix*

Avoine Noisette
Kamut Graines de tournesol

Deuxièmes légumineuses

Graines de lin Pâtes alimentaires
Lentilles vertes Graines de chanvre

Herbes et épices

Fèves rouges

Quatrièmes légumes

Coriandre
Haricots noirs Chou de Bruxelles Curcuma
Haricots de Lima Betterave Gingembre

Troisièmes fruits

Navet Origan
Prune Épinards Thym
Nectarine Bok choi Vanille
Pruneau Endive Cannelle
Abricot Poireau Estragon
Melon miel Ail Clou de girofle
Cantaloup Maïs Fenouil
Melon d’eau Rutabaga Basilic
Raisin Céleri (cuit) Curi
Cerise Panais Romarin

Troisièmes protéines animales

Champignon Persil
Sole Chou vert ou rouge Cardamone
Saumon

4mes protéines animales

Poivre
Aiglefin Flétan

Cinquième protéines animales

Truite Crevette Canard
Bœuf Pétoncle Cerf
Porc Thon pâle Bison
* En beurre, en farine (moulues), en pâte (graines trempées 12h puis broyées) ou en boisson végétale
 

12 mois

18 mois minimum

Derniers légumes

Derniers fruits

Chocolat
Concombre Papaye Confitures
Laitue Ananas Sucre de canne
Tomate Datte Jambon
Radis Figue Bacon
Pois mange-tout Orange Charcuteries
Chou Kale Canneberge Beurre, margarine
Oignon vert Clémentine Sel
Tout autre légume que vous aimez manger Mandarine Aliments préparés, transformés
Citron

Premiers sucres

Kiwi Saucisses
Miel (jamais avant 1 an*) Litchi Saumon fumé
Sirop d’érable Grenade Fromages à pâte molle et autres produits laitiers

Premiers produits laitiers

Lime
Lait de vache Açaï

4 ans minimum, ou plus tard, voire jamais

Lait de chèvre Olives vertes et noires
Yogourt Tout autre fruit que vous savourez Substituts de sucre (aspartame, sucralose, etc.)
Fromage cottage
Cheddar

Dernières légumineuses

Thé
Mozzarella Tofu Café
Gouda Boisson de soya Bière
Suisse Miso Vin
Emmental Autres légumineuses qui vous plaisent Cidre
Ricotta Bonbons ronds
Autres viandes et produits de la mer cuits Gomme à mâcher
Autres herbes et épices, par exemple le chili broyé Bonbons durs
Autres noix et graines Pastilles
Autres produits céréaliers et céréales commerciales de qualité (biologiques, peu de sucre et de sel ajoutés) Restauration rapide
Autres huiles (de tournesol, par exemple) Boissons gazeuses
Vinaigres (de cidre de pomme, etc.) Tout autre aliment de piètre qualité
Algues (Kombu, par exemple)
* À cause du risque de botulisme.

Sur ce, bon appétit, bébés !

L’introduction des aliments complémentaires

L’un des sujets qui a suscité le plus d’interrogations (et d’inquiétudes) chez moi en tant que nouvelle maman a été l’introduction des aliments complémentaires, qu’on appelle aussi « diversification alimentaire ».  Alors que je savais d’instinct pour l’allaitement avant d’accoucher, que j’ai découvert sans surprise pour le cododo les premiers jours, etc., la question de l’alimentation ne se posait pas pour moi en termes d’intuition à écouter mais de raisonnement rationnel à suivre, de lectures à faire pour me guider.  Absolument rien ne me permettait de deviner instinctivement ce qui convenait à ma mignonne Fée; je devais me renseigner, être convaincue par de l’information, de la « science ».

J’ai d’abord lu la documentation remise par mon obstétricienne-médecin de famille.  C’est là que j’ai découvert ce que je nommerai ici l’approche traditionnelle en matière d’introduction des aliments.  C’est l’approche que vous serez incitée à adopter si vous vous référez au Mieux vivre.  En résumé, cette manière d’introduire les aliments implique des étapes à respecter autant en ce qui concerne le choix des aliments, la forme sous laquelle les présenter que la quantité à donner.  Parmi les qualités de la méthode, il y a qu’elle incite à penser à des aliments qu’on a oublié de consommer soi-même depuis longtemps.  Par exemple, le Hobbit et moi, nous avons (re)découvert la patate douce et l’aubergine.
Ses principaux défauts tiennent à ses inexplicables incohérences et inconstances.  Pourquoi, par exemple, jusqu’en 2012, donnait-t-on absolument des céréales pour bébé comme premier aliment, mais ne devait-on donner aucun autre produit céréalier avant l’âge de 9 mois ? Quelle logique conduisait ces recommandations ?  Pourquoi aussi l’ordre d’introduction et les quantités changent-elles avec chaque nouvelle édition, notamment de façon majeure avec l’édition de 2013, où tout est chamboulé ?  À la longue, ça prouve que c’est du n’importe quoi, que c’est basé sur du vent et de vieilles habitudes bien plus que sur la connaissance du système digestif des nourrissons.

Puis, juste avant que notre Fée n’ait 6 mois, j’ai lu Accueillir mon enfant naturellement de Céline Arsenault.  Les conseils qu’elle prodiguait quant à l’alimentation des bébés contredisaient souvent totalement les enseignements du Mieux vivre.  Alors j’ai cherché plus loin et j’ai découvert l’alimentation autonome (en anglais, Baby Led Weaning).  C’était encore plus surprenant et déroutant pour moi que les conseils de Céline Arsenault, tellement qu’avec la Fée, je n’ai pas vraiment osé.  Il faut dire qu’entre temps, j’avais déjà commencé les céréales pour bébé (le fameux Pablum)…  Mais avec ma Frimousse, j’avais plus d’assurance.  Et l’alimentation autonome m’a bien inspirée.  En gros, l’approche consiste à donner des morceaux de ce que vous avez dans votre assiette comme premiers aliments pour bébé, sans suivre d’ordre, jusqu’à ce que bébé ait sa propre assiette comme la vôtre, et de le laisser manger avec ses mains ou une cuiller, de le laisser choisir ce qu’il ingère et indiquer quand il est rassasié.
Le principal attrait de cette approche, c’est que bébé mange normalement dès la première bouchée.  Pas besoin de cuisiner tout spécialement pour lui.  Exit les purées et les angoisses au resto quand on a oublié de lui traîner son lunch.  J’aimais bien aussi que bébé soit considéré comme un être capable et au fait de ses propres besoins, pas comme un végétal à gaver.  Le mot qui me venait spontanément à l’esprit :  naturel.  Et ça, ça me parle !
Mais, à mon humble avis, la méthode a aussi les défauts de ses qualités.  Ainsi, si votre alimentation familiale n’est pas parfaite, votre bébé risque d’être initié très rapidement à des aliments à la qualité nutritionnelle médiocre.  Et que ces aliments deviennent à votre grand désarroi ses favoris.  Il se peut aussi que l’alimentation de votre bébé manque grandement de variété et d’équilibre.  Et puis, l’attrait du sucre est inné, le goût du sel s’attrape assez rapidement et les aliments « vides » sont généralement savoureux.  J’aurais peur que bébé ne manifeste pas beaucoup d’enthousiasme pour les légumes s’il peut leur préférer du pain, de la confiture et du yogourt…
Enfin, et c’est là ce qui m’a le plus tracassée, l’alimentation autonome part du principe que si bébé n’arrive pas à manger des morceaux, c’est qu’il n’est pas prêt à manger du tout.  Ce n’est pas absolument faux.  Sauf que, de tous temps, les mères ont trouvé des stratagèmes pour adapter certains aliments aux bébés.  L’un des plus communs étant le prémâchage, par lequel la mère broie les aliments avec ses dents avant de les offrir au bébé, une technique qui a l’avantage d’ajouter des enzymes à la nourriture, ce qui en facilite d’autant plus la digestion.  Le prémâchage a, par exemple, permis aux bébés de bénéficier des bons nutriments des noix et des graines dès l’âge de 7 ou 8 mois à une époque où l’on n’avait pas encore inventé les supermarchés et les beurres de noix industriels.  Ainsi, ce n’est pas parce qu’il est nécessaire de transformer un aliment pour que bébé soit capable de le manger que cela signifie automatiquement que bébé ne devrait pas encore en consommer :  dans le cas du beurre de noix, par exemple, c’est seulement la technique de transformation qui a changé.

Bref, je voudrais vous présenter ici ma méthode personnelle d’introduction des aliments, qui n’est finalement qu’une synthèse où j’ai essayé de conserver le meilleur de ces deux mondes que sont l’approche traditionnelle et l’alimentation autonome et qui est basée sur les connaissance les plus récentes en alimentation que j’ai pu trouver.  Une méthode basée sur mes valeurs aussi, et la croyance que j’ai qu’une alimentation saine et variée est le premier pas vers la santé du corps et de l’esprit, et adaptée à un régime familial comme le nôtre, omnivore mais fortement tenté par le végéta*isme.

Avant tout, je souhaite préciser que je ne suis pas nutritionniste et que mes conseils ne sont adaptés qu’à des bébés exclusivement allaités (ou peu s’en faut) et nés à terme et en bonne santé.  Parce que l’une des connaissances que mes recherches m’ont donné l’occasion d’acquérir, c’est que les besoins nutritionnels des bébés nourris à la préparation lactée sont en certains points très différents de ceux des bébés allaités.  Ainsi, certaines imprécisions du Mieux vivre quant à l’âge auquel on devrait introduire les aliments tiennent justement à ce que les auteurs essaient de faire un guide unique pour tous les bébés, ce qui est peut-être impossible.  Par exemple, cette confusion qu’il entretient en ne précisant pas : entre 4 et 6 mois pour les bébés biberonnés et vers 6 mois environ pour les bébés allaités.

Quand commencer ?

C’est probablement la question la plus fréquemment posée sur les forums et dans les moteurs de recherche.  Pourtant, la réponse est partout :  vers 6 mois.  Mais encore ?!

À l’âge de 100 jours environ, le système digestif du bébé entame un processus de maturation.  Jusque là, les seules protéines qu’il pouvait digérer étaient les protéines humaines contenues dans le lait maternel.  Je ne suis pas calée en biologie, mais ce processus implique en gros la production de nouvelles enzymes de digestion et une certaine maturation du système immunitaire, pour lequel l’intestin joue un rôle prépondérant.  D’autres transformations physiques entrent en ligne de compte dans la capacité de bébé à manger, comme une augmentation de la quantité de salive et un meilleur contrôle des muscles impliqués dans la déglution.  Or, même si bébé pouvait être capable de manger un peu après ses 4 mois, la question fondamentale est de savoir s’il en a besoin, c’est-à-dire de savoir lequel de l’allaitement exclusif ou de l’allaitement accompagné d’aliments lui prodiguera le meilleur apport nutritionnel.
Dans presque tous les cas et à condition que l’allaitement se fasse à la demande (sans restrictions, même la nuit), l’allaitement exclusif continue d’offrir le meilleur apport nutritionnel jusqu’à environ 6 mois.  Tout simplement parce que le lait maternel apporte le ratio optimal entre les différents nutriments (lactose, protéines, gras, fer…) dont le bébé a besoin, ce que n’importe quel aliment complémentaire introduit va nécessairement perturber.  Bref, avant 6 mois, nourrir bébé, c’est toujours remplacer un aliment parfait (son lait) par un aliment moins parfait.

Alors pourquoi introduire des aliments à 6 mois ?  Pourquoi pas l’allaitement exclusif jusqu’à 1 an, voire jusqu’au sevrage ?

Il y a à cela deux raisons principales.  La première concerne le développement d’habiletés motrices et le développement de la mâchoire :  On donne des aliments au bébé pour qu’il apprenne à les saisir avec ses mains et à les porter vers sa bouche, pour qu’il apprenne à mastiquer et à avaler sans se lever le coeur ni s’étouffer, bref pour qu’il acquière des habiletés fondamentales.  Or, le bon développement de la mâchoire, s’il est déjà sur la bonne voie grâce à la tétée au sein, nécessite cette mastication quotidienne dès l’âge de 7 ou 8 mois.  Et là, on voit bien que l’approche traditionnelle fait fausse route avec ses purées bien lisses parce qu’elle passe complètement à côté de cet objectif.  Plusieurs parents l’ont expérimenté : si bébé au début ne reçoit que des purées lisses, ça peut devenir tout un calvaire de lui faire manger autre chose pendant des mois parce que plutôt que d’apprendre à mâcher, il apprend à siphonner.  Vers l’âge de 6 ou 7 mois, la très grande majorité des bébés seront prêts à mâcher… si on leur en donne l’occasion.  Et ceux qui ne sont pas prêts à mâcher ne sont probablement tout simplement pas prêts à manger (ce qui se rapproche de l’idée derrière le BLW, mais sans l’être).

La seconde raison concerne les besoins nutritionnels du bébé.  Il est né avec une bonne réserve de fer, qu’il a utilisée petit à petit pour combler ses besoins et qui commence à s’épuiser vers l’âge de 6 mois*.  Malheureusement, cela coïncide avec une légère augmentation de ses besoins en fer, en zinc et en protéines.  Il serait donc mieux pour bébé que, vers 6 mois, on commence à lui offrir des aliments riches en fer et en zinc et un peu plus protéinés que le lait maternel pour pourvoir à ces nouveaux besoins.  Bref, le meilleur ratio entre les nutriments n’est maintenant plus offert par l’allaitement seul, mais par une combinaison d’allaitement et d’alimentation solide.  C’est le début d’une nouvelle étape !

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Mais pourquoi donc bébé a-t-il besoin d’une réserve de fer ?  Le lait maternel ne devrait-il pas contenir tout le fer dont il a besoin, tout simplement ?  En fait, les spécialistes de la nutrition infantile sont à peu près convaincus que c’est là une façon de protéger le nouveau-né contre les infections.  En effet, les bactéries utilisent le fer dans l’intestin pour se multiplier.  En diminuant les apports alimentaires en fer nécessaires pendant les premiers mois, où bébé est particulièrement vulnérable, cette réserve de fer le protégerait donc des infections.

Comment savoir que bébé est prêt ?

La seule façon vraiment fiable, c’est d’essayer.

Mais pour se donner une idée, on peut observer quelques signes.  D’abord, bébé devrait avoir au moins 5 mois.  Avant cela, il est juste très improbable qu’il ait besoin de manger, même s’il est plus costaud ou boit plus souvent que la moyenne.   Un bébé qui boit beaucoup de lait est un bébé qui a besoin de beaucoup de lait.  Point.  Un bébé qui se réveille souvent la nuit a besoin d’être allaité, réconforté, cododoté, voire même il a besoin de se réveiller tout simplement (en protection contre la MSN)… pas d’être gavé de céréales à l’heure du souper.

Ensuite, bébé devrait tenir assis tout seul.  La capacité à se tenir assis, à se retourner du ventre au dos, etc. témoigne d’un développement global suffisant du tonus musculaire.  Or, comme la digestion est aussi une question de développement musculaire (facial d’abord), cet indice est important.  Que bébé puisse tenir assis est suffisant, mais s’il s’assoit de lui-même, c’est nettement plus convaincant.

En outre, bébé devrait être capable de saisir un objet avec sa main et de le porter à son visage.  On sera encore plus convaincue s’il est capable d’attraper de petits objets entre le pouce et l’index (motricité fine).

Enfin, il devrait démontrer un intérêt pour la nourriture (saliver, ouvrir grand la bouche, essayer de piger dans votre assiette) si vous le prenez sur vos genoux pendant un repas.

Le tout signifie qu’il vous faut beaucoup observer votre bébé et bien le connaître.  Et lorsqu’il répond à tous les signes, vous faites le test d’introduire un premier aliment.  Si cela fonctionne bien, vous poursuivez.  Dans le cas contraire, rien n’est pire que de s’acharner.  Mieux vaut réessayer dans quelques jours.  Rien ne presse, en fait.  La majorité des bébés sont prêts à manger entre 6 et 7 mois.  Quelques uns le sont plus tôt, quelques autres plus tard.  Ma Fée était prête à 6 mois et une semaine, ma Frimousse, un peu après 7 mois.  D’ailleurs, avant l’âge de 8 ou 9 mois, il n’y a aucune inquiétude à avoir et aucune raison de brusquer votre bébé; les risques de carences sont minimes.

L’important, c’est d’offrir régulièrement mais sans insister et, surtout, de montrer le plaisir que vous avez à manger.  Si votre bébé de 9 mois ou plus ne veut toujours rien savoir de manger, il serait bon d’en parler avec son médecin.  Il se peut que des tests s’imposent, surtout si son état de santé ou son développement vous inquiète.  Mais tant que bébé prend correctement du poids, qu’il se développe bien et se porte bien, qu’il est d’humeur heureuse et a de l’énergie pour découvrir, son médecin va généralement se contenter de s’assurer qu’il ne fait pas de carence en fer et vous retourner à la maison.

Un dernier mot, enfin, pour spécifier que ce n’est jamais le bon moment pour lancer l’introduction des aliments si bébé est malade ou souffre en raison d’une poussée dentaire ou doit s’adapter à un changement majeur (déménagement, intégration à la garderie ou autre).  Pour dire aussi que les médecins (et les belles-mères) sont trop souvent prompts à prescrire les aliments solides pour guérir tous les maux des bébés :  Bébé ne fait pas encore ses nuits à 4 mois, c’est qu’il a faim.  Bébé faisait ses nuits depuis des semaines puis il a cessé brusquement de les faire, c’est qu’il a faim.  Bébé veut boire plus que 7 fois par jour, c’est qu’il a faim, etc.  En fait, il y a très peu de chances que faire manger bébé règle aucun de ces problèmes.  La raison en est que les céréales pour bébé, les légumes et les fruits sont moins caloriques (gras, protéines) que le lait maternel.  Quelle logique voudrait donc que de remplacer un aliment (le lait maternel) par un aliment moins nourrissant (les céréales) permettra au bébé de dormir plus longtemps ?  Aucune.  Bêtise et ignorance.

Par quoi commencer ?

Le Mieux vivre vous suggère les céréales de riz pour bébé.  Il précise que les premiers aliments doivent d’abord et avant tout être riches en fer.  Les auteurs du Mieux vivre confondent « riche en fer » et « enrichi en fer », pourtant cela fait toute une différence :  un aliment enrichi en fer (comme les céréales commerciales pour bébé) sera difficile à digérer, source de constipation, ce qui ne sera pas le cas d’un aliment naturellement riche en fer (légumes verts, légumineuses, noix de cajou, par exemple), un choix beaucoup plus sensé.  Personnellement, je vous déconseille fortement les céréales de riz parce qu’elles contiennent de l’arsenic.  De toute façon, je suis peu convaincue par les céréales pour bébé en général et je vous invite, si jamais vous décidiez d’en offrir à votre bébé, à vérifier la liste des ingrédients du produit que vous choisissez :  les céréales pour bébé ne devraient jamais contenir de lait de vache (mention « ajouter de l’eau ») et le moins possible d’additifs.  Dans tous les cas, elles ne font pas un bon premier aliment : elles pourraient être ajoutées à l’alimentation du bébé au bout de quelques semaines, lorsqu’il sait déjà bien mâcher.

Gill Rapley (à qui l’on doit le terme Baby Led Weaning) propose n’importe quel aliment qui se trouve dans votre assiette ce jour-là (donc assurément pas des céréales de riz pour bébé).  C’est un bon conseil si vous aviez prévu un repas sain et si vous avez une nature avant tout spontanée.

Céline Arsenault conseille les légumes, ce qui paraît logique quand on pense que les goûts se développent dans la petite enfance et qu’on a envie que nos enfants apprécient le goût des légumes et prennent l’habitude d’en manger beaucoup.  D’autant plus logique quand on pense que les légumes sont riches en vitamines et minéraux, dont le fer.

La fonction ultime du premier aliment – on l’oublie trop souvent – est d’intéresser bébé à la nourriture.  Il devrait donc être visuellement attrayant ou avoir un goût alléchant.  Même en même temps, il ne devra pas être si envoûtant que bébé ne voudra que cela (on oublie peut-être le chocolat, non ?!).  Et il devrait initier le bébé à une saine alimentation (on oublie définitivement les friandises !).

Si vous avez eu à vous absenter sans laisser de lait maternel exprimé dans les dernières semaines, il se peut que votre bébé ait eu à goûter son premier aliment à cette occasion.  Dans un de mes derniers articles, je suggérais l’avocat et la banane comme meilleurs choix pour cela puisqu’ils ont le don de bien rassasier.   L’avocat demeure un choix idéal lorsque vous sentez que bébé est prêt pour l’introduction des aliments :  joli, facile à croquer et à avaler, riche en fer, source de bons gras et de protéines de qualité, très digestes.  L’avocat contient exactement les nutriments supplémentaires qu’on veut ajouter par la diversification alimentaire, ça tombe bien !

En fait, outre l’avocat, les légumes font de bons premiers aliments et n’importe lesquels font l’affaire.  À l’exception de la betterave, du navet et des épinards, qui renferment des nitrates (surtout lorsqu’ils ne sont pas issus de l’agriculture biologique) et pour lesquels on devrait attendre que le bébé ait environ 9 mois.  Il est aussi préférable d’éviter pour quelques mois les tomates (trop acides), les choux, l’ail et l’oignon (sources de gaz) ainsi que le céleri, le concombre et la laitue (sources d’étouffement, même cuits).  Mon expérience m’a montré que les pommes de terre, les patates douces, les courges (musquée, poivrée, potiron) ou les carottes coupés en cubes, en tranches ou en bâtonnets et cuits à la vapeur sont généralement bien appréciés.  Dans un deuxième temps, des légumes comme la courgette, le brocoli, les haricots vert et jaune, le chou-fleur, l’asperge, l’aubergine, la courge spaghetti, les poivrons, le topinambour ou le petit pois vont amener une belle variété de textures et de couleurs.  Il est normal de retrouver des morceaux « intacts » dans la couche les premières semaines.  C’est encore plus fréquent avec les légumes orangés (comme la carotte et la patate douce) parce que le bêta-carotène les rend plus difficiles à digérer.  Si cela semble incommoder le bébé, on cesse temporairement de lui en offrir et on les réintroduit plus tard.  Les légumes crus ou peu cuits (seulement blanchis ou à peine plus) sont plus nutritifs, mais ils sont plus difficiles à ingérer (mâcher et avaler sans s’étouffer) et à digérer pour les bébés.  S’ils ressortent intacts dans la couche ou si bébé se lève le coeur à répétition, il peut être judicieux de tenter une cuisson plus prolongée pendant quelques semaines.  Les légumes verts sont particulièrement importants pour la bonne santé de bébé.  On veillera donc aussi tôt que possible à lui en offrir au moins un chaque jour.  Avant l’âge d’un an, il est bien que bébé ait goûté à tous les légumes que vous consommez dans la famille.  N’hésitez donc pas à introduire le fenouil, les champignons, le chou frisé (Kale) et compagnie.

Comment procéder, concrètement ?

L’intervalle de temps

Le Mieux vivre préconise d’introduire un seul aliment à la fois et d’attendre chaque fois 2 ou 3 jours avant d’en proposer un nouveau.  En alimentation autonome, il n’y a aucune règle à respecter et on peut introduire plusieurs aliments en même temps.  Je dirais que les premières semaines, je préfère à ce sujet la mentalité de l’alimentation traditionnelle.  En effet, manger « solide » est une adaptation importante pour le système digestif du bébé et y aller en douceur me semble plus avisé si on veut que cette nouveauté soit vécue de façon positive, sans maux de ventre, troubles du sommeil ou autres inconforts.  En introduisant un seul aliment à la fois, on réduit les risques de difficultés digestives et on se simplifie la tâche en cas de réaction allergique, car on pourra facilement identifier l’aliment en cause et l’éliminer temporairement du menu de bébé pour le réessayer plus tard.

Sans tomber dans la rigidité, je suggère d’offrir un seul nouvel aliment à la fois jusqu’à l’âge d’un an.  Au début, un intervalle de 2 jours entre les nouveaux aliments est adéquat puis, vers les 8 mois du bébé, si jusque là tout allait bien, vous pouvez accélérer le rythme et y aller avec un ou deux nouveaux aliments à peu près tous les jours.

L’ordre

Personnellement, tel qu’expliqué plus haut, j’introduirais l’avocat et 3 ou 4 légumes à 2 jours d’intervalle chacun, puis je ferais découvrir à bébé d’autres aliments plus soutenants, comme les légumineuses, qui pourront, réduites en purée, être mélangées à des légumes écrasés (ça fera changement, on ne bannit pas systématiquement les purées) ou, dans le cas du pois chiche, transformées en humus maison… ou, tout simplement cuites, être servies à attraper avec les doigts.  Outre les pois chiches, on peut penser aux lentilles vertes, rouges ou brunes, aux fèves rouges, aux haricots noirs, blancs, de Lima… la variété est grande.  Au lieu des légumineuses ou en complément à celles-ci, on pourra aussi choisir les beurres de noix (arachide, amande, noix de cajou ou de macadam, graines de sésame, graines de citrouilles, noisette…), qui pourront servir à enrober les légumes ou les légumineuses à la façon d’une sauce ou que bébé pourra tenter de manger à la cuillère ou en y trempant les doigts (selon votre tolérance au gâchis).  Accessoirement, ces aliments rempliront le rôle d’assurer un apport supplémentaire en fer et en protéines.  Ils permettront aussi de rassasier les affamés qui demandent encore très souvent le sein.  À cette étape, l’oeuf est aussi un aliment de choix.  Brouillé dans un peu de lait maternel ou de boisson d’amande, mélangé à des légumes écrasés à la fourchette, miroir, à la coque, etc., vous trouverez une façon de le rendre appétissant à votre bébé.  À cet âge, il est préférable que le jaune soit bien cuit (pas coulant), à moins que vous achetiez vos oeufs bio directement d’un producteur en lequel vous avez toute confiance.

Ensuite, ou en alternance avec les légumineuses, l’oeuf et les beurres de noix, j’introduirais des fruits.  En été, il est intéressant d’introduire les fruits assez tôt, dès après les légumes même, parce qu’on veut profiter des produits frais de saison, comme les fraises et les autres baies.  En hiver, cela peut attendre facilement que bébé mange depuis 4 à 5 semaines parce que les fruits sont acidifiants, ce qui peut rendre plus vulnérable aux infections.  Dans tous les cas, on oubliera les agrumes (qui causent de l’érythème fessier) jusqu’à l’âge d’environ 1 an, où on pourra les introduire, mais avec modération.  Et on se souviendra qu’un jus de fruit, même pur à 100%, n’est pas un fruit :  les bébés n’ont pas du tout besoin de boire de jus.  Les jus, trop sucrés et très peu nutritifs, coupent l’appétit pour des aliments plus nourrissants.  C’est une mauvaise habitude à ne pas inculquer.  Il n’est pas nécessaire de cuire les fruits et de les réduire en purée, même si cela peut être pratique et délicieux à l’occasion.  Bien mûrs, les fruits peuvent, dès le départ, être servis frais, en morceaux ou même entiers (pour ceux qui n’ont pas de pelure et de coeur, de pépins ou de noyaux, que l’on fait mieux de retirer).   La banane est un excellent premier fruit.  Dans le cas où l’introduction des aliments par les légumes ne semblerait pas vouloir mener au succès, la banane pourrait être tentée :  elle a l’avantage d’être plus sucrée, ce qui plaira davantage à certains bébés, tout en étant facile à manger et très nourrissante elle aussi :  excellente source de potassium et calorique (donc rassasiante), elle contient aussi du fer, du calcium, des vitamines A, B et C et du phosphore.  Cependant, elle peut être mucogène.  Pour cette raison, on l’évitera en cas de rhume.   La pomme cuite, la poire, la pêche, la mangue, l’abricot, le pruneau, la prune, la nectarine sont également de bons choix pour débuter.  Un peu plus tard, on varie les plaisirs en ajoutant la fraise, la framboise, la mûre, le bleuet, les melons (miel, d’eau, cantaloup), la papaye, l’ananas, le kiwi…  Les raisins et les cerises peuvent aussi être servis, à condition de les couper en quatre pour éviter les risques d’étouffement et de dénoyauter les cerises.

Puis, si vous n’êtes pas végétariens dans la famille, les premières viandes seront les bienvenues, en commençant par la plus facile d’accès :  le poulet.  En petits morceaux, il peut être servi dès l’âge de 7 mois.  La viande brune, plus riche en fer et plus juteuse, plaît souvent davantage aux bébés.  Les autres viandes (dinde, canard, boeuf, veau, porc, agneau, cerf, bison, etc.) pourront suivre dans un ordre dessiné par vos préférences personnelles, sous forme de viande à fondue chinoise ou de viande hachée dans une purée de légume, par exemple.  Si bébé semble réticent aux viandes et que vous tenez à ce qu’il en mange, vous pouvez tenter le prémâchage.  C’est en effet souvent la texture qui rebute les bébés.  N’oubliez pas d’accorder une jolie place aux poissons, surtout aux poissons gras, riches en oméga-3 (saumon, hareng, maquereau, sardine, etc.), dans l’introduction des viandes.  Attention, il ne faut pas empoisonner bébé au mercure; la consommation de certains poissons (surtout les grands prédateurs) n’est donc pas recommandée avant l’âge de 2 ans.  À l’occasion, les crevettes, pétoncles, homard et autres fruits de mer peuvent aussi s’inviter dans l’assiette de votre bébé.  Bien sûr, il vaut mieux retarder au maximum, ou à tout le moins jusqu’à l’âge de 18 mois, l’introduction de produits animaux moins sains comme le jambon, les saucisses, le bacon et les charcuteries en tous genres, comme la dinde à sandwich, notamment en raison des nitrites que ces produits renferment, mais surtout parce qu’ils sont peu nutritifs, bourrés de sel et de gras saturés.  Si pour des raisons personnelles vous décidiez de ne donner ni légumineuses ni beurres de noix à votre bébé, pensez à introduire les oeufs et la viande assez tôt, car une alimentation composée seulement de légumes et fruits manque d’équilibre :  bébé a besoin de gras et de protéines aussi.

Enfin, les produits céréaliers pourront être introduits à partir de l’âge de 8 mois.  En fait, à petites doses, les produits céréaliers peuvent même être introduits plus tôt.  Mais comme ils sont particulièrement difficiles à digérer (demandent des enzymes spécifiques qui commencent à apparaître seulement vers 6 mois) et que certains bébés en raffolent au point de s’en nourrir presque exclusivement (ma petite Frimousse a fait partie de ceux-là), mieux vaut que bébé les découvre après le reste et qu’on les offre avec modération, au moins les premiers mois.  Il est souhaitable aussi de privilégier d’abord les céréales sans gluten (cette protéine étant particulièrement indigeste et allergène), comme le sarrasin et le quinoa (qui sont en outre des sources de fer appréciables) ou le millet, le sorgho, le maïs, l’amarante, le kaniwa et le riz.  Puis, à moins que vous ayez décidé d’adopter un régime entièrement sans gluten (en raison d’une maladie coeliaque dans la famille, par exemple), quelques céréales avec gluten peuvent agrémenter à l’occasion les repas de bébé :  orge, seigle, blé, blé de Khorasan (incluant le Kamut), épeautre, avoine.  Servies en grains entiers cuits, en flocons (gruau) ou sous forme de pâtes alimentaires, de céréales commerciales à déjeuner (biologiques de préférence,par exemple celles de la marque Nature’s Path) ou de farines cuisinées, telles que des crêpes, muffins, galettes, pains, … les produits céréaliers offrent des tas de possibilités enthousiasmantes.  Un quart de tranche de pain légèrement grillé et beurré d’huile de coco, la moitié d’un petit muffin ou d’une galette… offrez l’aliment à bébé et laissez-le se débrouiller et apprendre à croquer des bouchées de taille raisonnable.  S’il a du mal avec la croûte de votre pain, retirez-la, mais ne tombez pas dans le panneau de tout lui déchiqueter en miettes.  Les céréales peuvent en outre être avantageusement combinées aux noix et graines, que vous pouvez aussi réduire en farine pour les incorporer dans toutes vos recettes, ainsi qu’aux oeufs.  Bien sûr, il importe de dire que le sucre raffiné ne devrait pas s’inviter dans vos recettes maison et achats de produits céréaliers destinés à votre bébé.

Un tout dernier groupe d’aliments que l’on peut introduire à la fin de la première année, ce sont les huiles et les matières grasses.  C’est nécessaire dans le cas où l’on envisage un sevrage de l’allaitement maternel, et fortement recommandé pour tous les bébés, dans le but de s’assurer qu’ils reçoivent tous les acides gras nécessaires à leur développement cérébral.  Certaines huiles sont aussi des alliées précieuses pour la cuisson saine des aliments.  C’est le cas de l’huile de canola et de l’huile d’avocat, qui résistent à de hautes températures.  Les huiles d’olive et de chanvre, plus fragiles mais contenant aussi des acides gras essentiels, font d’excellentes bases de vinaigrettes et autres sauces.  Enfin, l’huile de noix de coco remplace avantageusement le beurre et la margarine lorsque vient le temps de beurrer un morceau de pain ou une tartine ou de faire cuire des crêpes.

Quand bébé commence à manger des repas complets, un peu à l’image de ceux de ses parents, il ne faut pas hésiter à y ajouter quelques herbes ou épices pour agrémenter le tout :  basilic, origan, persil, cannelle, fenouil, coriandre, estragon, curcuma, cumin, curi et compagnie ne feront qu’ajouter au plaisir.  On ne proscrira que le sel et on se gardera une petite gêne avec le poivre, le chili ou le piment de cayenne et tout se passera bien.

Je ne dirai pas grand chose des produits laitiers ici parce qu’ils n’ont pas leur place dans l’alimentation des bébés allaités de moins d’un an, en tout cas pas pour les moins de 9 mois et pas sur une base régulière ensuite.  Les produits laitiers (lait, yogourt, fromages, crème) sont des substituts bien imparfaits du lait maternel.  Ils ont pour inconvénient majeur de contenir de grandes quantités de protéines et de gras saturés, ce qui les rend bourratifs, et amène par conséquent le risque que bébé se prive d’autres aliments plus nutritifs à cause d’eux (d’aliments riches en protéines végétales ou en gras  mono et polyinsaturés, par exemple).  Surtout, les produits laitiers ne renferment pas de fer et beaucoup de calcium, ce qui rend malheureusement les produits laitiers responsables de trop nombreux cas d’anémie.  À moins d’entreprendre un sevrage complet ou partiel, donc, mieux vaut retarder l’introduction des produits laitiers dans l’alimentation de votre enfant, voire même les oublier totalement.  Il peut aussi, dans le cas d’un sevrage, être intéressant d’envisager au moins pour l’instant d’autres options plus saines, comme le lait de chèvre ou les boissons végétales.

Enfin, en ce qui concerne les sucres, ils ne devraient pas non plus faire leur apparition au menu avant le premier anniversaire de bébé.  On pourra alors très occasionnellement commencer à utiliser le sirop d’érable, le miel* ou la mélasse verte pour concocter des desserts de fête pour toute la famille.  Au quotidien, on préférera toujours sucrer nos recettes, dans la mesure du possible, avec de la purée de banane très mûre ou de dattes, deux fruits au pouvoir édulcorant épatant.

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* En raison des risques de botulisme, il faut vraiment attendre que bébé ait au moins un an avant de lui servir du miel.

L’horaire

Au début, votre bébé ne mangera qu’une seule fois par jour.  Si vous optez pour des légumes comme premiers aliments, vous n’aurez pas envie de faire ça au déjeuner.  Entre le dîner et le souper, à vous de choisir en fonction de vos habitudes familiales et du niveau d’énergie et de bonne humeur de votre bébé à l’heure de ces repas.  Personnellement, j’ai opté pour le dîner parce que je ne souhaitais pas vivre une digestion nocturne des premières bouchées; je préférais que cela se fasse en après-midi et en soirée, au cas où cela serait un peu inconfortable pour ma Frimousse (avec son reflux, j’avais quelques craintes).  De toute façon, ce ne sera pas long que vous présenterez des légumes deux fois par jour, au dîner et au souper.

Les beurres de noix ou les oeufs pourront vous donner l’occasion d’ajouter un déjeuner à l’horaire.  Quant aux fruits, ils pourront être servis à n’importe quel des trois repas, probablement à deux des trois, mais je ne vous recommanderais jamais de les donner seuls, ce serait trop acidifiant.  En combinaison avec des beurres de noix et des produits céréaliers au déjeuner, en entrée ou en dessert après un mélange de viande et de légumes au dîner ou en accompagnement d’un potage-repas aux légumineuses et aux légumes au souper, les fruits seront les bienvenus.  Bref, vous l’aurez compris, sauf les tout premiers jours, un repas ne se compose pas d’un seul groupe alimentaire ; il est essentiel de combiner deux ou trois groupes.

Au bout de 2 ou 3 semaines, votre bébé devrait manger 3 repas par jour.  Donnez-lui tout de suite l’habitude de prendre un solide déjeuner contenant des protéines, des gras et des glucides de qualité, de consommer un dîner bien nutritif et un souper plus léger.  Ainsi, si vous consommez des viandes, il serait préférable de les offrir une seule fois par jour, au dîner plutôt qu’au souper.

Enfin, en ce qui concerne la fameuse question de donner le lait avant ou après les aliments, je dirais que tout dépend de votre bébé.  Le Mieux vivre explique que jusqu’à l’âge d’un an, le lait doit toujours être donné avant, puis qu’il doit toujours être donné après les aliments quand l’enfant a plus d’un an.  On y précise qu’il devrait y avoir un intervalle de 30 à 45 minutes entre le lait et le repas.  C’est probablement une bonne idée de suivre cette recommandation si votre bébé a un solide appétit, pour ne pas qu’il s’empiffre, déjà en partie rassasié par son lait.  Cependant, j’ai opté pour une stratégie différente, mieux adaptée à l’appétit d’oiseau de mes petites fées, qui n’auraient jamais mangé en suivant cette ligne directrice du Mieux vivre.  J’ai tout simplement dissocié lait et repas.  Mes filles étaient nourries toutes les deux heures environ, une fois de mon lait, une fois par un repas.  Ainsi, elles avaient faim pour leur lait et faim pour leurs repas.  Voici ce que cela pouvait donner concrètement :
6h :  boire au lit
7h30 :  déjeuner
9h15 :  boire puis sieste
11h30 : dîner
13h :  boire puis sieste
15h :  boire
17h :  souper
19h15 :  boire puis dodo
23h :  boire du coucher de maman

L’eau

L’eau est essentielle à la vie.  Toutefois, le lait maternel en renferme beaucoup.  Ce n’est donc pas parce que vous introduisez quelques légumes dans l’alimentation de votre bébé qu’il a besoin de boire de l’eau.  Un bébé allaité à la demande boira encore toute l’eau dont il a besoin par le biais de son lait.

Lorsque bébé mangera un peu plus (beurres de noix, produits céréaliers, etc.), il sera judicieux de lui faire connaître l’eau et de lui en présenter un verre avec son repas ou tout de suite après, qu’il pourra boire s’il en ressent le besoin.  C’est d’autant plus important en été lorsqu’il fait chaud.  Ne faites pas l’erreur d’offrir l’eau au biberon ou dans un gobelet antifuite.  Ce n’est absolument pas nécessaire.  Votre bébé de 6 ou 7 mois peut boire au verre, à la tasse ou au verre à bec (sans antifuite).  Il fera quelques dégâts au début, mais il suffira de mettre seulement une petite quantité à la fois pour limiter les dommages et il apprendra très vite.

Les quantités

L’approche traditionnelle propose des tableaux à l’image de ceux du Guide alimentaire canadien, décrivant pour chaque groupe alimentaire les quantités à offrir à bébé selon son âge.  L’approche de l’alimentation autonome part du principe selon lequel le bébé sait ce dont il a besoin et, entraîné depuis la naissance par l’allaitement à la demande, saura manger suffisamment mais pas trop et qu’il faut donc le laisser décider lui-même des quantités, si petites ou si grandes qu’elles vous paraissent.

Me situant quelque part entre les deux, je crois que l’on a la responsabilité, en tant que parents, de proposer une alimentation équilibrée, ce qui implique de garder un certain contrôle sur les quantités ingérées, ne serait-ce que pour guider bébé dans ses choix en lui montrant le bon exemple (en lui déposant dans son assiette un menu bien proportionné).  Pour cela, les tableaux du Mieux vivre ont quand même une certaine utilité comme référence;  ils permettent de connaître les proportions jugées optimales par les nutritionnistes.  Bref, c’est à bébé de décider quelle quantité totale de nourriture il souhaite ingérer, mais c’est à vous d’assurer l’équilibre quantitatif entre les différents groupes alimentaires dans son assiette.

Or, avant de faire un petit bilan des quantités pour chaque groupe par tranche d’âge, je voulais rappeler ce petit indicateur essentiel :  le lait maternel est l’aliment principal pour toute la première année de bébé.  Pendant cette première année, les aliments doivent compléter le lait, jamais le remplacer.  C’est pourquoi le nombre de tétées quotidiennes (la quantité de lait ingérée) ne devrait pas diminuer significativement avant l’âge de 9 mois et ne diminuer que graduellement et légèrement ensuite, parfois pas vraiment avant la fin de la première année.  Ainsi, le bébé moyen prend 6 à 10 tétées par jour à 6 mois et continuera d’en prendre à peu près autant jusqu’à 8 ou 9 mois, puis pourra commencer à faire ses nuits ou, à l’opposé réduire les tétées diurnes et compter surtout sur les tétées nocturnes, et ne tétera plus souvent que 4 à 6 fois par jour à 12 mois.  Or, si 4 tétées quotidiennes à 12 mois semblent un minimum en-deçà duquel la grande majorité des bébés risquent de manquer de lait, il n’y a pas vraiment de maximum et les bébés qui tètent encore une dizaine de fois ne sont pas si rares.  Un bébé qui mange avec appétit ET continue à bien boire prend probablement les quantités dont il a besoin, ni plus ni moins.

6 et 7 mois
Légumes :   ½ c. à table* les 2 ou 3 premiers jours, puis on augmente graduellement jusqu’à 3 c. à table par jour.
Protéines :  au choix, une portion par jour parmi les suivantes :
– légumineuses, ½ c. table au début,  1 c. à table ensuite ;
– environ ¼ d’un oeuf ;
– beurres de noix, 1 c. à thé ;
– viandes, volailles et poissons, ½ c. à table.
Fruits :  ½ c. à table* les 2 ou 3 premiers jours, puis on augmente graduellement jusqu’à environ 2 c. à table par jour.

8 mois
Légumes :  4 à 5 c. à table par jour.
Protéines :  au choix, une portion à une portion ½ par jour parmi les suivantes :
– légumineuses, 2 c. à table ;
– environ ½ oeuf ;
– beurres de noix, 2 c. à thé ;
– viandes, volailles ou poissons, 1 c. à table.
Fruits :   3 ou 4 c. à table par jour.
Produits céréaliers :  2 portions par jour (au maximum).  Une portion étant ½ tranche de pain ou ½ muffin, ¼ de tasse de pâtes, riz, orge, millet, quinoa, etc. cuit(es)

9 à 12 mois
Légumes :  entre 5 et 7 c. à table chaque jour.
Protéines :  au choix, deux portions par jour parmi les suivantes :
–  légumineuses, 3 c. à table ;
–  1 oeuf ;
–  beurres de noix, 2 c. à thé ;
–  viandes, volailles ou poissons, 1 ½ c. à table.
Fruits :  entre 4 et 6 c. à table chaque jour.
Produits céréaliers :  2 à 3 portions par jour.  Une portion étant ½ tranche de pain ou ½ muffin, ¼ de tasse de pâtes, riz, orge, millet, quinoa, etc.
Huiles (facultatif) :  1 c. à thé par jour.

12 mois à 2 ans
Légumes :  de ½ à 1 tasse par jour.
Protéines :  au choix, deux portions par jour parmi les choix suivants :
–  légumineuses, 4 c. à table ;
–  1 oeuf ;
–  beurres de noix, 1 c. à table ;
–  viandes, volailles ou poissons, 2 à 3 c. à table.
Fruits :  1 ou 2 fruit(s) par jour ou, en petits morceaux, ½ à ¾ de tasse.
Produits céréaliers :  4 portions par jour.  Une portion étant ½ tranche de pain ou ½ muffin, ¼ de tasse de pâtes, riz, orge, millet, quinoa, etc.
Huiles :  1 c. à thé par jour.
Produits laitiers (tout à fait facultatifs) :  une à deux portions par jour, en choisissant parmi les portions suivantes :
–  125 ml de lait de vache ou de chèvre
–  100ml de yogourt (1 yogourt individuel)
–  60ml de fromage frais (1 Minigo), fromage cottage, ricota ou quark
–   15 à 20g de fromage (1 Ficello)

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Bien sûr, comme on donne surtout des morceaux, ces quantités sont approximatives.  On évalue à l’oeil, aucun besoin de précision.

Le mot de la fin

Je ne répéterai jamais assez que ce n’est pas tant la quantité de nourriture ingérée qui compte, mais la qualité des aliments et un certain équilibre entre leurs nutriments, entre les groupes.  L’appétit des bébés et des tout-petits est variable, l’allaitement vous l’a bien fait découvrir :  de seulement 5 tétées un jour à plus de 15 le lendemain, bébé vous a parfois inquiétée peut-être, mais finalement, vous savez qu’il boit ce dont il a besoin puisqu’il grandit bien et se développe harmonieusement.  Il en va de même avec la nourriture.  Il mangera comme un ogre parfois, comme un oiseau d’autres fois, il fera des retours à un allaitement presque exclusif ou boudera le sein pour lui préférer un copieux repas, mais en fin de compte, il mangera ce dont il a vraiment besoin.

La diversification alimentaire est une grande étape dans la vie d’un bébé, une étape enthousiasmante pour ses parents comme pour lui.  C’est pourquoi le plaisir de manger doit être au centre de la démarche.  Ce plaisir n’entre pas en contradiction pour moi avec une alimentation ultra-saine, entièrement dénuée de petits pots commerciaux pour bébé, de saveurs et couleurs artificielles ajoutées, de sucre raffiné et substituts artificiels au sucre, de sel ajouté, de conservateurs et de gras trans.  Il y a peu de plus beaux cadeaux à faire à son enfant que de lui enseigner le plaisir de goûter la saveur réelle des aliments :  manger sainement n’est pas se priver ni manger tristement.  C’est manger frais et coloré !

Sources
http://www.babyledweaning.com/
http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-62-L-introduction-des-solides.html
Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, Institut national de santé publique du Québec, éditions 2009 et 2011
Céline Arsenault, Accueillir mon enfant naturellement, Dauphin blanc, 2009.
http://www.mamaneprouvette.com/2014/09/aliments-solides-et-allergies-avant.html
Danielle Lamontagne, Guide alimentaire végétarien, brochure de 6 pages.
http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-39-Le-nourrisson-le-mixer-et-la-cuillere-une-fable-qui-finit-mal.html
http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-39-Solides-de-l-interet-d-attendre-que-l-enfant-soit-pret.html

Qi’a : un aliment génial !

Je n’aime pas beaucoup vendre des produits en particulier.  Je préfère de loin faire la promotion d’un mode de vie, d’habitudes saines que de me transformer en publicitaire.

Mais voilà, j’ai découvert une petite merveille à la fin de l’été.  Que je consomme plusieurs matins par semaine depuis maintenant un peu plus de quatre mois et que j’apprécie sans cesse davantage.  Alors si, comme moi, vous avez envie de manger moins de pain et de céréales en boîte, envie de réformer votre déjeuner (parce que c’est le repas le plus important de la journée, n’est-ce pas ?  et en tout cas, celui qui donne le ton) et que vous ne savez pas quoi tenter de nouveau, je vous suggère d’essayer, si ce n’est déjà fait, Qi’a superfood, un produit de la très chouette marque Nature’s Path.  Un aliment génial, je trouve, et contenant seulement des ingrédients super sains, un aliment devant lequel je suis si enthousiaste que j’ai le goût de vous en faire acheter aussi !

Sur la tablette de votre supermarché, ça ressemble à ça :

 

 

 

 

 

 

 

 

Et voyez la table des valeurs nutritives, c’est impressionnant :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si je résume, une portion (deux cuillères à table) de ce mélange de chia, sarrasin et chanvre avec amandes et canneberges vous apporte 6% de votre calcium, 12% de votre fer, 16% de vos fibres de la journée, en plus d’être une incroyable source de gras polyinsaturés (4 grammes) et de protéines végétales (6 grammes)… et de ne contenir aucun sel et très peu de sucre.  J’aime tout particulièrement que les matières grasses représentent près de 50% des calories parce que ça en fait un déjeuner très rassasiant, très nourrissant, avalé pourtant en quelques bouchées.

Personnellement, j’adore le goût.  Je laisse tremper mon Qi’a dans un peu de boisson d’amande pendant une dizaine de minutes et je déguste.  Le seul petit défaut, pour moi qui ai une dentition pour le moins imparfaite, c’est que les graines, ça se prend parfois dans les dents ;  le brossage est un incontournable ensuite.

Mon bol de Qi’a, je l’accompagne d’un smoothie fait maison ou, quand je suis trop pressée (lire trop lâche), par un smoothie Vert de vie de la marque Arthur’s Fresh (tant qu’à tomber dans la pub, je m’y jette royalement, je l’admets, mais je vais essayer de ne pas récidiver !).  Pour partir n’importe quelle journée tranquille, c’est suffisant pour moi.  Avant une activité sportive ou une journée de travail (garder des enfants, c’est sportif aussi !), j’ajoute un produit céréalier (mon pain fait maison, muffin ou galette, parfois une petite portion de gruau ou de granola).

4 mois que je mange Qi’a a raison de 3 ou 4 fois par semaine, 4 mois que je me sens pleine d’énergie et que je perds enfin les kilos accumulés pendant mes grossesses sans souffrir de la faim… ça ne peut pas n’être qu’une coïncidence, non ?!

Coup de coeur pour Antoine devient grand frère

La littéraire que je suis avait l’envie d’une bibliothèque bien fournie pour ses petites amours.  Et la conviction que la lecture est un cadeau à leur faire quotidiennement aussi.

Chez moi, des livres pour enfants, il y en a beaucoup, beaucoup.  Notre collection va des classiques (Le petit Chaperon rouge, Le vilain petit canard, Hansel et Gretel, Boucle d’Or et les trois ours…) aux contes adaptés et autres histoires relatées par Disney (Cendrillon, Blanche-Neige, La Belle au bois dormant, Bambi, Le Roi lion, Le livre de la jungle, toute une panoplie d’histoires mettant en vedette Winnie l’Ourson…), en passant par les fantaisistes Monsieur Madame, les incontournables livres à 365 histoires à raconter avant le dodo, deux livres de contes de Noël, plusieurs imagiers cartonnés et une dizaine de numéros du magazine Pomme d’Api.

Tout ça, c’est fantastique !  Ça nourrit l’imaginaire et les discussions, ça nous fait de beaux moments collées-collées avant le dodo.

Or, mes filles sont friandes (comme bien des tout-petits) de ces personnages d’enfants auxquels elles peuvent s’identifier, qui vivent les mêmes petits défis quotidiens qu’elles.  De ces livres-là, elles en voudraient davantage.  Et là, ça ne va pas !  Pas du tout !

Je suis souvent (pour ne pas dire constamment) découragée, voire choquée, par les valeurs véhiculées indirectement par le biais des images et du texte des livres du type « apprentissage de le vie » destinés aux tout-petits :  Chez Caillou, Mousseline est nourrie au biberon et on se gave de mousse au chocolat, Cajoline doit absolument faire dodo dans son lit, abandonner sa suce et aimer la garderie…  Titou, encore, c’est sûrement le moins pire du lot et, tout de même, le bouquin où il va chez le médecin est un véritable lavage de cerveau en faveur de la vaccination.  Le tout manque d’amour, de maternage de proximité, d’alimentation saine… bref, je n’arrive pas à me résigner à montrer à mes filles des comportements qui vont à l’encontre des valeurs que je tente de leur inculquer, à leur donner en exemple un mode de vie qui me déplaît.

Mais miracle !  Alors que j’étais presque complètement désillusionnée, voilà que je me fais recommander ce petit album, Antoine devient grand frère.  Merci, merci mesdames !  Voilà un véritable baume sur mon coeur de maman proximale et un succès instantané auprès de mes filles !

C’est le bouquin idéal à offrir à un enfant dont la maman attend un bébé.  C’est enfin un livre où l’allaitement d’un nouveau-né est présenté positivement à l’enfant.  J’ai beaucoup aimé la façon d’aborder la résolution de certaines situations, comme les pleurs du nouveau-né, qui donnent à Antoine et son papa l’occasion d’aller faire une balade à vélo.  Ma petite Frimousse, elle, ne se lasse pas de la page où Antoine est bercé par sa maman, qui n’oublie pas de lui garder des petits moments juste à lui : « g’and ga’çon câlin maman ! », qu’elle s’exclame joyeusement chaque fois !

Je n’en dis pas plus.  J’ai en fait déjà presque tout dit.  Car Antoine devient grand frère, c’est juste ça et tout ça à la fois.  C’est mon coup de cœur littéraire de l’automne !

D’ailleurs, je suis un peu déçue de constater que c’est une étoile filante, une oeuvre isolée.

À quand une série d’albums pour enfants mettant à l’avant-plan, en plus de l’allaitement, le portage, le cododo, et même le lit familial, les couches lavables, et même (pourquoi pas?) l’hygiène naturelle infantile, valorisant l’alimentation saine, l’éducation bienveillante, etc. ?  Une série d’albums sans biberon, purées données à la cuillère, chaise vibrante, sauteuse, couchette à barreaux, etc. ?

À quand, bref, une série d’albums pour enfants conçue pour les familles proximales ?

*Côté, Burn, Gendron (textes) et Michaud (illustrations), Antoine devient grand frère, Les éditions du soleil de minuit, 1999.

Choisir un substitut au lait maternel

Dans un monde parfait, tous les bébés seraient allaités jusqu’au sevrage naturel.  Tous les bébés seraient exclusivement allaités jusqu’à environ 6 mois.  Puis les aliments seraient introduits, mais le lait de leur mère demeurerait le seul lait des bébés jusqu’au sevrage…  lequel ne surviendrait jamais avant l’âge de 2 et demi-3 ans, et jamais contre la volonté de l’enfant.

Dans ce monde parfait, nul n’aurait besoin de substitut de lait.  En effet, les adultes n’ont pas besoin de boire du lait (n’en déplaise au Guide alimentaire canadien).  Ils n’ont donc pas besoin de « remplacer » le lait de vache par un autre laitage et par des produits laitiers lorsqu’ils n’en consomment pas.  Ils peuvent tout simplement s’en passer.

On est à peu près certains aujourd’hui que le sevrage naturel chez l’être humain se passe quelque part entre 2 ans et demi et 7 ans.  Pas besoin de lait, ni de substitut de lait, par conséquent, pour les enfants de plus de 7 ans et les adolescents qui, assurément, ont dépassé l’âge du sevrage.  Comme tous les autres petits mammifères qui, à un âge propre à chaque espèce, se sèvrent de leur mère et ne consomment plus jamais de lait.  Et encore moins du lait d’un mammifère d’une autre espèce.

Cependant, nous ne vivons pas dans un monde parfait et seul un petit nombre de mères pourront (ou voudront) donner à leur enfant cet allaitement exclusif d’au moins un peu plus de 2 ans.  Plusieurs situations vont les en empêcher :  difficultés dans la mise en route de l’allaitement, problèmes de santé de la mère, problèmes de santé du bébé, mauvais conseils, naissance multiple, nouvelle grossesse, prise d’anovulants, retour au travail ou aux études, sorties ou vacances sans bébé, incapacité à exprimer du lait maternel, manque de motivation, préjugés de l’entourage, etc.

Selon l’âge du bébé au moment de la première introduction d’un substitut du lait maternel, le meilleur choix sera différent.  La fréquence à laquelle le substitut sera offert aura aussi son incidence sur le choix du substitut en question, surtout pour les petits bébés.

Pour les bébés de 0 à 4 mois

Malheureusement, il n’existe aucun substitut réellement adapté aux bébés naissants.  Tout simplement parce que les bébés de moins de 4 mois environ n’ont pas la capacité de digérer et assimiler les protéines étrangères, autant végétales qu’animales.  En outre, pas question de tenter les aliments solides, même sous forme de purées très liquides, entre autres parce que les risques d’étouffement sont trop importants encore.  C’est pourquoi à cet âge, il n’y a que le lait maternel qui reçoive la note de passage.

Cependant, pour les mères qui ne peuvent pas allaiter ou ne peuvent pas le faire exclusivement, les chances de trouver du lait maternel d’une autre femme à donner à leur bébé sont minces.  À moins d’avoir une soeur très généreuse ou de pouvoir recourir à une banque publique de lait maternel (ce qui n’existe pas encore ici, au Québec), difficile de faire confiance à la donneuse, d’être certaine que le lait n’a pas été contaminé (ne serait-ce que par un mauvais entreposage).

En dehors du lait exprimé et du don de lait maternel, le seul substitut acceptable, ce sont les préparations pour nourrisson.  Même lorsque le substitut est donné de façon très occasionnelle.

Parmi les formules en vente libre, il en existe deux grandes variétés :  celles qui sont préparées à base de lait de vache et celles qui sont faites à partir de soya.  À moins de végétalisme des parents ou d’allergie du bébé, on conseillera la préparation à base de lait de vache parce qu’on connaît encore mal les répercussions de la consommation de phyto-oestrogènes (contenues dans le soya) par les nourrissons sur leur développement.  Les préparations sont vendues sous trois formes :  liquide prêt à boire, liquide concentré et poudre.  Seules les deux premières formes conviennent aux bébés de moins de 6 semaines parce que le risque est accru, avec la poudre, d’intoxication due à un mauvais mélange ou un mauvais dosage.

Or, il faut savoir que, même si toutes les formules lactées pour nourrissons offertes sur le marché répondent aux normes (pas du tout sévères) de Santé Canada, elles sont loin de s’équivaloir en termes de qualité.  Les parents qui recherchent une formule lactée devront donc parcourir la liste des ingrédients.  Une formule de qualité ne contiendra pas, par exemple, de gras de mauvaise qualité, tels que l’huile de palme.  Elle ne contiendra pas non plus de sucre de basse gamme, comme le sirop de maïs.

Pour les bébés de 4 à 6 mois

Dans le cas d’une absence occasionnelle de la mère, le lait maternel exprimé continue d’être le premier choix.  Il sera toujours plus approprié de l’offrir dans un verre à bec ou une tasse que dans un biberon, dont l’utilisation peut très vite compliquer la poursuite de l’allaitement.
S’il n’y a pas de lait maternel exprimé à offrir au bébé, plutôt que d’opter pour un substitut de lait, la meilleure option sera de proposer au bébé qui va devoir patienter pour téter un aliment pour se rassasier et, au besoin, un peu d’eau.  Il ne s’agit pas ici pour moi de faire la promotion de l’introduction précoce des aliments complémentaires, mais de donner un conseil logique pour une absence relativement courte (moins de 8h, disons) et occasionnelle de la mère.  Le lait de vache et le soya des préparations étant tous deux des allergènes connus, d’autres aliments feront des options plus intéressantes à cet âge proche de l’introduction des aliments.  L’eau, bien sûr,  sera préférablement donnée au gobelet à bec, à la tasse ou même au verre plutôt qu’au biberon.


Les deux aliments qui ont le plus de chance de plaire… et de rassasier bébé sont la banane et l’avocat.  On devra choisir un fruit bien mûr.  La banane ou l’avocat devra être servi(e) cru(e) et pourra être soit écrasé(e) à la fourchette, soit offert(e) en petits morceaux.  D’autres fruits et légumes pourront divertir bébé de sa faim si nécessaire.  À l’exception du navet, des épinards, de la betterave, de la carotte* (tous 4 en raison des nitrates), de la tomate et des agrumes (trop acides), la très grande majorité des fruits et des légumes peuvent être servis à un bébé, à condition qu’il n’y ait ni noyau ou pépin ni pelure avec lesquels il s’étoufferait.

Le bébé boira plus au retour de sa mère pour compenser, si cela lui est nécessaire.  Il suffira de ne pas le restreindre alors, de l’allaiter à la demande, incluant la nuit.

Cependant, si le substitut devait être offert de façon régulière (en cas de sevrage total ou partiel, par exemple), seules les préparations lactées seront adéquates encore à cet âge.

Pour les bébés de 6 à 12 mois

Lorsque bébé a commencé à manger une belle variété d’aliments complémentaires, le faire patienter pour boire devient franchement plus simple.  Souvent, quand la mère s’absente et qu’elle ne peut laisser de lait maternel exprimé, il n’aura tout simplement pas besoin d’un substitut de lait, même si normalement il boit (et même plus d’une fois !) au moment de l’absence.  De l’eau, des caresses et des aliments qu’il connaît répondront parfaitement à ses besoins.  Comme le bébé plus petit, il boira plus au retour de sa mère pour compenser, si cela lui est nécessaire.  Il suffira de ne pas le restreindre alors, de l’allaiter à la demande, incluant la nuit.

S’il s’agit d’un sevrage, même partiel, les choses sont différentes.  Le lait demeure l’aliment principal dans l’alimentation du bébé jusqu’à l’âge d’un an, il doit donc absolument être remplacé.

Le choix du substitut, lui, dépendra de ce qui a précédé.  Le bébé qui a reçu des préparations de façon plus ou moins régulière depuis la naissance, qui en a reçu souvent avant l’âge de 4 mois surtout (bref le bébé qui n’est pas considéré exclusivement allaité) ou le bébé qui a une prise de poids insuffisante ou une carence en fer devra continuer de recevoir des préparations jusqu’à l’âge de 12 mois pour prévenir tout risque de carence ou de retard de croissance.  C’est surtout important si le sevrage débute avant l’âge de 9 mois.

Si le bébé a été exclusivement allaité jusque là (à quelques exceptions près aussi), les parents ont un peu plus de marge de manœuvre dans le choix du substitut, surtout quand le sevrage commence après 9 mois ou s’il demeure partiel (bébé est encore allaité au moins 1 ou 2 fois par jour) jusqu’à 12 mois ou plus.  Dans ce cas, on recommandera traditionnellement d’oublier la préparation et d’offrir au bébé du lait de vache à 3.25% M.G., probablement accompagné, à partir de l’âge de 9 mois, de produits laitiers.

Cependant, le lait de vache est un substitut bien imparfait (nous y reviendrons tout de suite).  Et la recommandation de choisir du lait aussi gras que 3.25% peut sembler injustifiée.  En effet, le lait maternel contient entre 3 et 4% de matières grasses.  De celles-ci, seules un peu moins de la moitié (environ 43%) sont des graisses saturées**, tandis que 14% sont polyinsaturées.  Les graisses du lait de vache, elles, sont essentiellement des graisses saturées (65%) et monoinsaturées (30%).  Aussi, si la quantité totale de graisses est similaire entre les deux laits, la teneur en graisses polyinsaturées du lait de vache est nettement inférieure (moins de 4%, contre 14% dans le lait maternel).  Il est peu probable qu’il soit judicieux de remplacer des gras polyinsaturés (nécessaires au développement du cerveau et des yeux du bébé) par des gras saturés.  Dans ces conditions, le bébé sera mieux servi en recevant une combinaison de lait de vache à 2% M.G. et d’une alimentation (solide) qui lui fournit, pour compléter son apport en matières grasses, une quantité suffisante de gras polyinsaturés.   Pour fournir ces bons gras, les aliments à privilégier sont l’avocat, les poissons gras, l’huile de chanvre, de canola ou d’avocat, les beurres de noix et de graines (amande, arachide, noix de cajou, noisette, sésame, etc.) et la margarine non hydrogénée à base d’huile de canola.

Mais le lait de vache (ou les produits laitiers) est-il vraiment le meilleur substitut ?  Là encore, c’est discutable.  Bien entendu, il n’y a pas de substitut parfait.  Chacun de ceux que va présenter cet article a ses qualités (ses similarités avec le lait maternel) et ses défauts (des ingrédients essentiels qui manquent, des ingrédients indésirables ou en trop grande quantité, des ingrédients sur lesquels on se questionne encore).  Ce qui est important, c’est de retirer les œillères dans lesquelles nous ont enfermés le Guide alimentaire canadien et de constater qu’il y a autre chose que le lait de vache à offrir.  C’est aussi d’envisager la possibilité de choisir plusieurs substituts de lait (plutôt qu’un seul), dans le but de profiter des avantages de chacun tout en minimisant leurs impacts négatifs connus et encore inconnus.  C’est aussi de prendre conscience que les substituts de lait ne sont nécessaires que tant que l’allaitement le serait, c’est-à-dire au maximum jusqu’à l’âge d’environ 7 ans.

Pour les bébés et les tout-petits de plus d’un an

Avant de présenter l’éventail de possibilités de substituts au lait maternel qui s’ouvre aux parents d’un bébé de plus de 6 mois, quelques mots sur les tout-petits.

À partir de l’âge d’un an, le bébé voit ses besoins alimentaires changer tranquillement.  Peu à peu, les aliments complémentaires deviennent principaux et le lait, lui, devient un complément.  Il conserve son importance nutritionnelle au moins jusqu’à l’âge de 2 ans et demi, probablement un peu plus longtemps, peut-être jusqu’à 6 ou 7 ans, d’où la nécessité d’un substitut en cas de sevrage complet avant environ 3 ans.  Cependant, comme il n’est plus à l’avant-plan de la nutrition, il est consommé en moins grande quantité et peut être remplacé plus facilement, avec moins de conséquences.  Passé l’âge de deux ans, l’enfant n’a plus nécessairement non plus besoin ou envie de boire son substitut de lait :  il peut ne le consommer que dans des recettes, comme des crêpes et des muffins, des crèmes de légumes, des pommes de terre en purée ou des smoothies.   Il se peut aussi qu’une alimentation saine et équilibrée, riche en saines matières grasses et en calcium, lui suffise.

Les substituts au lait maternel que l’on peut trouver facilement au Québec

Lait de vache
Il est le plus connu des substituts.  L’industrie laitière nous le présente comme LA source de calcium par excellence, la seule pouvant fournir 100% de l’apport quotidien recommandé avec des portions de taille raisonnable.  Cependant, il est de plus en plus connu que le calcium contenu dans le lait de vache est très difficilement assimilable par l’homme et que, donc, l’apport recommandé, basé sur ce calcium, est en fait nettement surestimé.  En outre, cette surconsommation inutile de calcium ferait augmenter les besoins en fer, puisque les deux minéraux sont concurrents dans leur absorption par notre organisme.  Or, le lait de vache ne contient à peu près pas de fer.
Si vous choisissez de ne pas donner de lait de vache ni de produits laitiers à votre tout-petit, tant mieux pour lui !  Vous n’aurez qu’à vous assurer qu’il consomme quotidiennement et en bonne quantité des aliments naturellement riches en calcium, tels que les graines de sésame, les épinards, le tahini, le brocoli, l’amande (et la boisson d’amande), la noix du brésil, le chou bok choi, les haricots blancs, les haricots rouges, les sardines, la papaye, le pain de blé entier… Nombre d’aliments contiennent du calcium.  De plus, le fait de diminuer la consommation de protéines animales (celles de la viande et des volailles, mais aussi celles des produits laitiers, paradoxalement) permet de diminuer la quantité de calcium dont l’organisme a besoin pour produire et entretenir des os et des dents solides.
Enfin, il ne faut pas oublier que notre organisme a besoin de vitamine D pour assimiler et utiliser le calcium.  Si vous ne donnez pas de lait de vache, qui est toujours enrichi en vitamine D, vous devrez vous assurer d’un apport suffisant.  Le soleil demeure la meilleure source (surtout en été), quelques aliments en contiennent, mais surtout pour un enfant en croissance, une supplémentation peut s’avérer nécessaire en hiver chez nous.  Les gouttes vendues en pharmacie ne sont pas moins naturelles que la vitamine D ajoutée au lait de vache, au contraire.  Dans les deux cas, il s’agit de supplémentation.
La question du lactose (le sucre du lait) est aussi au centre des préoccupations actuelles.  Le lait maternel contient beaucoup de lactose; le lait de vache en renferme franchement moins et d’un type moins digeste.  Comme tous les mammifères, l’être humain perd peu à peu la capacité de digérer du lactose au fur et à mesure qu’il grandit et approche du sevrage, car il produit de moins en moins l’enzyme nécessaire à cette digestion.  En consommant de grandes quantités de lait pendant l’enfance et à l’adolescence, plusieurs occidentaux conservent la capacité de digérer le lactose jusqu’à l’âge adulte, mais pas tous.  Les cas d’intolérance au lactose sont en effet assez fréquents.  Ce qui est certain, c’est que les adultes n’ont pas besoin de consommer du lactose et qu’on s’est trop peu interrogé sur les conséquences de cette pratique sur notre santé.

Enfin, il est bien de se rappeler que le lait de vache contient beaucoup plus de protéines que le lait maternel (donc en considérant que celui-ci est la norme et représente le besoin réel du bébé, trop de protéines).  Qu’en outre, ses protéines (grosses molécules) sont très indigestes, ce qui entraîne une surcharge rénale et hépatique.  C’est sans parler du fait que le lait de vache contient souvent des germes microbiens, des antibiotiques, des vaccins et des hormones.  Sa production est très polluante et peut entraîner de la souffrance animale.  Enfin, le lait et les produits laitiers sont des mucogènes reconnus, c’est-à-dire qu’ils favorisent la formation de mucus ; ils ne devraient par conséquent pas être consommés pendant les rhumes, otites et autres petites infections hivernales.

Lait de chèvre
ChèvreLongtemps considéré comme la seule alternative au lait de vache, le lait de chèvre a connu une certaine popularité, notamment dans les années 80.  On peut encore le trouver aujourd’hui dans la plupart des épiceries, mais les reproches que l’on adresse traditionnellement au lait de vache le concernent souvent aussi (gras saturés, lactose, etc.).  Bien sûr, il n’est pas plus naturel pour un adulte (sevré) de boire du lait de chèvre que du lait de vache.  En outre, si les élevages sont généralement plus petits, plus humains, il n’en demeure pas moins que le lait de chèvre entraîne une exploitation animale polluante.

Ses qualités :  Ses protéines sont plus petites que celles du lait de vache, et par conséquent, plus faciles à digérer pour un être humain.  Son goût ressemble vaguement à celui du lait maternel aussi.
Ses défauts :  Comme pour le lait de vache, il a déficience en bons gras, mais beaucoup de gras saturés, et une trop grande quantité de protéines (par comparaison avec le lait maternel).

Bref, entre ces deux laits animaux, nous devrions privilégier le lait de chèvre pour nos bébés et jeunes enfants, notamment en raison des protéines plus digestes.  Même si les végétaliens diront que c’est du pareil au même…  et que d’une certaine façon, ils n’auront pas tort.

Boisson de soya
Théoriquement, c’est un substitut très intéressant au lait maternel.  Du point de vue des gras, il lui ressemble beaucoup plus que les laits animaux puisqu’il ne contient aucun gras trans et peu de gras saturés et qu’il est une source appréciable de gras polyinsaturés.  Le soya a aussi la propriété d’aider à réguler le taux de cholestérol.  La boisson de soya contient un peu trop de protéines, comme les laits de vache et de chèvre, mais elle est naturellement assez riche en fer et une source appréciable de fibres.  Elle est aussi enrichie en calcium et en vitamine D, ainsi qu’en plusieurs autres vitamines et minéraux intéressants.  De plus, en tant que produit végétal, elle n’implique pas le sevrage prématuré d’un petit mammifère ni d’élevage industriel et elle ne met le consommateur en contact ni avec des antibiotiques, des hormones ou des vaccins ni avec des germes microbiens.

Cependant, il est essentiel de choisir une boisson biologique puisque le soya est l’un des aliments les plus génétiquement modifiés (OGM) sur la planète, ce qui est une catastrophe sanitaire dont on ne connait pas encore tous les impacts réels.  En outre, le soya contient toujours des phyto-oestrogènes, qui peuvent avoir des conséquences que l’on connaît encore mal sur la croissance des enfants.  On sait, par exemple, que les phyto-oestrogènes font diminuer la production lactée chez certaines mamans allaitantes.  On a aussi vu des cas de petites filles ayant connu une puberté plus que précoce (dès l’âge de 4-5 ans, bourgeonnement de la poitrine) à cause de leur consommation de soya.  On ne sait pas du tout encore si les garçons ne souffrent pas de cette prise d’hormones féminines, surtout après l’âge du sevrage (car le lait maternel contient lui aussi des hormones féminines, même si cela reste différent).

Enfin, la quantité de sucre ajouté dans les boissons de soya peut être carrément effrayante (c’est vrai aussi pour les autres boissons végétales présentées ici d’ailleurs, la vigilance est de mise).  Il faudrait donc opter pour la version non sucrée parce que cette avalanche de sucre raffiné n’a rien de positif.  Toutefois, le goût de la boisson de soya sans sucre ajouté ne plaira pas toujours puisque les boissons de soya ont un goût farineux.  À mon avis, c’est un substitut intéressant, mais à offrir avec modération aux tout-petits, c’est-à-dire pas nécessairement quotidiennement.  C’est tout de même le seul substitut de lait végétal que les nutritionnistes considèrent valable, même si leur dénigrement des autres boissons végétales tient surtout au fait que leur aliment de comparaison est le lait de vache, et pas le lait maternel, ce qui biaise étonnamment leurs critères de sélection.

Boisson d’amande
La boisson d’amande est un autre choix intéressant comme substitut au lait maternel.  Parmi ses qualités, on note qu’elle est une excellente source de bons gras polyinsaturés et ne contient pas de gras trans et presque pas de gras saturés.  Elle est aussi une source de plusieurs vitamines et minéraux, notamment le fer et le magnésium.  Elle est généralement enrichie en calcium et, contrairement aux trois options présentées précédemment, elle est très peu allergène.  Elle est un antiseptique naturel pour les intestins.  Et parce que l’amande est un fruit oléagineux (des aliments adaptés à notre métabolisme), la boisson qu’on en fait est particulièrement digeste.  Source de fibre, elle peut ne contenir aucun sucre, à condition de la choisir sans sucre ajouté.  De plus, elle a un goût vraiment agréable.

Cependant, comme elle ne contient pas de sucre et peu de protéines (pas assez si on la compare au lait maternel), elle est trop peu calorique pour servir de substitut exclusif au lait maternel dans le cas d’un sevrage complet, à moins que l’on s’assure que le bébé va chercher des glucides et des protéines ailleurs dans son alimentation pour compenser.  À ce détail près, c’est probablement le substitut le plus sain.  Et la boisson d’amande s’utilise exactement comme le lait de vache dans la très grande majorité des recettes.

Un dernier bémol, et il concerne malheureusement toutes les boissons végétales (soya, amande, riz, chanvre, coco), il faut vérifier la liste des ingrédients et faire attention de choisir un produit sans carraghénine, un cancérigène potentiel que l’on retrouve malheureusement dans trop de boissons.  Heureusement, c’est de plus en plus simple de trouver des boissons de soya et d’amande sans carraghénine :  il suffit de bien lire la liste des ingrédients.  Ce n’est pas toujours le cas pour d’autres boissons végétales que je vais présenter ensuite…  Mais les boissons végétales ne sont pas les seules touchées :  regardez la liste des ingrédients de votre crème 15%, de votre crème à café ou de vos viandes à sandwich… vous aurez de la chance si la carraghénine n’y figure pas.  C’est un poison omniprésent !

Boisson de riz
La boisson de riz est très digeste elle aussi.  Elle contient de la silice, qui permet la bonne fixation du calcium et du magnésium et est nécessaire au bon développement des os et des cartilages.  Même si le riz est une céréale, il est sans gluten, et donc peu allergène.  Excellente source de manganèse et de plusieurs autres vitamines et minéraux, ainsi que de fibres, le riz contient en outre de bonnes protéines végétales, même si la boisson qu’on en fait, comme la boisson d’amande, n’est pas une source très élevée de protéines.  En tant que céréale, le riz ne contient pas de gras.  La teneur en gras de la boisson de riz dépendra donc entièrement des huiles qui y seront ajoutées, ce qui fait que chaque marque présentera quant à cet aspect une valeur nutritive différente.  La plupart du temps, pour un bébé, il sera nécessaire d’y ajouter une huile (de noix de coco, par exemple) pour remédier à ce manque.  Il est à noter aussi que la boisson de riz n’est le plus souvent pas une source intéressante de fer ou de calcium.

Théoriquement, on devrait privilégier les boissons faites à partir de riz brun⁄complet, plus nutritif.  Mais dans les faits, ce pourrait ne pas être le cas.  En effet, en ce moment, le riz est au centre d’une vive polémique parce que cette céréale aux belles vertus nutritives peut être l’objet d’une contamination à l’arsenic qui, dans certains cas, atteint des niveaux alarmants.  Cela est plus souvent le cas avec le riz cultivé dans certains états américains puisque la FDA n’a établi aucune norme pour réglementer le seuil maximal acceptable d’arsenic dans la nourriture.  Santé Canada n’ayant pas plus de normes à ce sujet pour l’instant, nous sommes exposés à ce riz contaminé ici.  Le riz entier, brun, est plus à risque.  Et le riz biologique n’y échappe pas, malheureusement.  Étonnamment, le riz en provenance d’Asie est plus sûr parce qu’il y a des normes là-bas, même si une certaine quantité d’arsenic peut tout de même s’y retrouver.

Personnellement, cette possibilité de contamination me laisse un goût amer dans la bouche et me décourage pour l’instant d’acheter régulièrement des boissons de riz, dont j’aurai du mal à établir la provenance de la matière première.

Boisson de noisette

boisson noisetteLa boisson de noisette a une saveur prononcée mais loin d’être désagréable (délicieuse, même) et se marie très bien au goût du café ou du chocolat.  Elle est une excellente source de calcium (naturellement contenu dans la noisette), de fer, de magnésium, de phosphore et de vitamine E.  Les protéines de la noisette sont très digestes, comme celles de l’amande et peut-être même davantage, même si la boisson qu’on en tire n’en contient que 2g par portion, ce qui est moins que le lait maternel.  La boisson de noisette est vermifuge et reminéralisante.  Elle ne contient à peu près pas de gras saturés, ses acides gras étant essentiellement mono-insaturés.  Même si elle est une moins bonne source de gras polyinsaturés que d’autres boissons végétales, elle est très riche en oméga-9.

Dans la mesure où on réussit à mettre la main sur une boisson de noisette sans sucre ajouté ni carraghénine, c’est un excellent substitut au lait maternel.  Son inconvénient principal étant probablement d’être difficile à trouver, justement.  Il peut être intéressant de la faire soi-même avec des noisettes entières (crues) ou, plus simplement, à partir de beurre de noisette biologique commercial.

Boisson de chanvre
La boisson de chanvre est probablement la moins connue des boissons végétales.  Elle a aussi un goût surprenant qui pourrait ne pas plaire à tous.  C’est tout de même une boisson intéressante comme substitut de lait.  Enrichie, elle contient plus de calcium que le lait de vache.  Elle est aussi une excellente source de gras polyinsaturés, et même, on pourrait dire que le chanvre est l’aliment par excellence de ce point de vue.  En effet, l’équilibre entre les acides gras Oméga-3 et Oméga-6 y est parfait pour l’organisme humain, ce qui est rarissime.  En outre, la boisson de chanvre est une bonne source de vitamine D (ajoutée), de fibres et autres vitamines et minéraux.  Les protéines qu’elle contient sont complètes (8 acides aminés essentiels) et très digestes.

Personnellement, j’adore les graines de chanvre.  J’ai donc un préjugé favorable pour cette boisson et la liste des ingrédients, la table des valeurs nutritionnelles me séduisent totalement.  Pour l’instant, je n’ai goûté que la version chocolatée, bien sûr bourrée de vilain sucre.  C’était un peu déroutant, mais pas du tout mauvais.  Et ma Frimousse a adoré.  Je me sens prête à tenter la version nature, pour connaître le vrai de vrai goût.  Et voir si je peux l’utiliser en cuisine, comme je le fais déjà avec la boisson d’amande.

Boisson de noix de coco
Le principal intérêt de la boisson de noix de coco réside dans l’utilisation qu’on peut en faire en cuisine.  Sa texture fait en sorte qu’on peut l’utiliser pour remplacer la crème dans plusieurs recettes (gâteaux, crème glacée, potages aux légumes, avec le curry et les poissons…).  Cependant, pour un lait végétal, cette boisson contient des protéines assez peu digestes.  Ses gras sont essentiellement des acides gras à chaîne moyenne (saturés), que je connais trop peu pour évaluer si cela est positif ou négatif.  De ce que j’en sais, il est difficile ici de trouver des boissons de ce type qui ne contiennent pas de sucre ajouté ou de carraghénine.

Personnellement, je ne donnerais pas de boisson de noix de coco à boire à un tout-petit comme substitut de lait maternel, mais je n’hésiterai pas à employer à l’occasion du lait de coco lorsque je cuisine pour toute la famille.  L’huile de noix de coco me semble un produit plus intéressant que la boisson, qui remplace avantageusement le beurre ou la margarine pour beurrer le pain, par exemple.

Autres boissons végétales
Il existe plusieurs autres boissons végétales, mais je tenais à présenter celles qui se trouvent assez aisément sur nos tablettes.  J’ai déjà vu des boissons à base de graines de lin, par exemple, mais je ne les ai jamais testées.  Les Français ont plus de choix que nous, les chanceux :  châtaigne, avoine, épeautre, …  Il se peut aussi que vous rencontriez ces boissons dans votre magasin d’alimentation, mais celles que j’ai décrites sont les seules que j’ai pu trouver régulièrement dans ma ville jusqu’à maintenant.
Il est intéressant aussi de rappeler que l’on peut faire ses boissons végétales à la maison à partir des fruits oléagineux ou des céréales de son choix, ce qui ouvre la porte à une multitude de possibilités naturellement nourrissantes à un prix intéressant.  Et sans additifs indésirables, qui plus est !  Plusieurs recettes sont d’ailleurs disponibles sur le net.

Mes choix personnels

Tout au long de cette liste commentée, j’ai donné de bons indices de ce que j’ai personnellement fait comme choix.  Mais un petit topos me semble pertinent.

J’ai fait le choix pour ma seconde fille, ma pétillante Frimousse, d’un allaitement que je souhaite mener à terme.  Comme elle a eu 2 ans la semaine dernière et qu’elle continue de prendre ses deux tétées quotidiennes (la plupart du temps du moins), nous sommes sur la bonne voie, je crois.
À partir de l’âge de 10 mois, elle a reçu du lait de vache à 2% M.G. une ou deux fois par semaine lors de mes absences.  Si c’était à refaire, j’opterais plutôt pour du lait de chèvre parce qu’elle s’est habituée au goût du lait de vache et refuse aujourd’hui le lait de chèvre, trop différent.
Lorsque nous avons commencé le sevrage à cause d’un bref contrat de travail que j’ai pris, elle avait 14 mois.  Plus elle buvait de lait de vache, plus sa peau séchait, plus elle avait le nez qui coule et des sécrétions épaisses, plus elle avait tendance à constiper et à souffrir de gaz.  Peu au fait des autres boissons végétales, j’ai troqué une partie du lait de vache pour de la boisson de soya.  Mais elle n’acceptait de la boire que si elle était au chocolat, donc ça ne me satisfaisait pas.  Après mon contrat, nous en sommes pratiquement revenues à l’allaitement exclusif.  Puis, vers 18 mois, elle a manifesté moins d’enthousiasme pour le sein, sauf avant le dodo et au réveil, bref, au lit.  Je trouvais que 2 boires par jour, c’était trop peu pour une petite fille qui n’avait pas un appétit d’ogre et se montrait très sélective quand au contenu de son assiette et très peu portée sur les viandes et les aliments protéinés en général.  C’est là que je me suis intéressée sérieusement aux boissons végétales.

Maintenant, je ne pourrais plus me passer de la boisson d’amande, que j’utilise dans les crêpes, les galettes, les patates pilées, le pouding au riz, les smoothies, dans mes céréales ou mon mélange de graines du matin… un peu partout.  Je n’ai jamais vraiment bu de lait de vache parce que je n’aimais pas le goût, mais maintenant que je connais mieux les boissons et les huiles végétales, je n’en consomme à peu près plus du tout.

Cependant, mes filles, elles, prennent toujours du yogourt et du fromage une ou deux fois par semaine.  Et ma petite Frimousse boit un verre (4 onces) de lait de vache presque chaque jour avec les amis de la garderie.  En plus de la boisson d’amande nature et non sucrée qu’elles consomment quotidiennement dans leur déjeuner et leurs collations et desserts, elles boivent de la boisson de soya ou de la boisson d’amande au chocolat lorsque allons en pique-nique, au centre d’achat, chez des amis… parce que cela se transporte et se conserve mieux que le lait de vache (qui, lui, a besoin d’être réfrigéré), mais aussi parce que ça fait changement.  De plus, je fais de plus en plus confiance à l’alimentation « solide » de mes filles pour répondre à tous leurs besoins nutritionnels, ce qui m’amène à privilégier certains aliments comme les noix et les graines, les légumineuses, le brocoli et les autres choux, l’avocat… et à délaisser le plus souvent possible les protéines animales.

Je ne vois pas l’intérêt d’interdire complètement un type de laitage à ses tout-petits.  Sauf en cas d’allergie ou d’intolérance, il va de soi.  Je pense que c’est dans la diversité et la modération que nous apprenons à nos enfants à consommer le mieux les laitages.  Pour faire mes choix à l’épicerie, je pense d’abord bio, j’opte pour la version sans sucre ni saveurs artificielles ajoutés et je me méfie des ingrédients louches comme la carraghénine.  Enfin, j’essaie de me rappeler que ce que je recherche dans un laitage destiné à mes enfants, c’est une source de calcium et de bons gras et, accessoirement quelques bonnes protéines, des vitamines et des minéraux, dont le fer.

Et pour l’instant, ces choix semblent bien réussir à toute ma famille !

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* On recommande traditionnellement d’attendre que bébé ait 6 mois pour la carotte et 9 mois pour le navet, la betterave et les épinards.  Si ces légumes sont issus de l’agriculture biologique, ils sont théoriquement beaucoup moins à risque de contenir des nitrates et on pourrait donc tous les introduire dès l’âge de 6 mois, comme n’importe quel autre légume.  Cependant, par mesure de précaution, même biologiques, je ne conseillerais pas de les présenter à bébé avant l’âge de 6 mois.  Il y a une telle variété de légumes nutritifs et savoureux à lui faire connaître, de toute façon, que rien ne presse !

** Toutes ces données statistiques sur le lait maternel sont approximatives car, comme le rappelle souvent Jack Newman, il n’existe pas UN lait maternel (standard), mais des milliers de laits maternels :  comme pour tous les autres nutriments, la teneur en gras du lait maternel dépend de l’âge du bébé, de ses besoins particuliers (prématurité, par exemple), du moment de la journée, de l’alimentation de la mère…

Sources

Au sujet du sevrage et de l’allaitement d’un tout-petit
Jack Newman, L’allaitement :  comprendre et réussir, Ligue La Leche.
http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-37-L-allaitement-long-un-age-naturel-pour-le-sevrage.html
http://www.mamaneprouvette.com/2013/01/question-de-la-semaine-quel-est-lage.html
http://thestir.cafemom.com/toddler/116520/5_toddler_breastfeeding_myths_that

Au sujet des différents « laits »
http://lassiettevegetarienne.wordpress.com/2012/11/08/les-laits-vegetaux/
http://mutien.com/site_officiel/?p=11140
http://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/ArticleInteret.aspx?doc=calcium_briere_j_2002_ps
http://www.dur-a-avaler.com/la-verite-sur-la-biodisponibilite-du-calcium-alimentaire/
http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/PalmaresNutriments/Fiche.aspx?doc=vitamine_d_nu
http://www.veganisme.fr/Un%20Monde%20Vegan/Mythelait.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lait_v%C3%A9g%C3%A9tal
http://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=chanvre_huile_graines_ps&utm_source=intern&utm_campaign=20130222&utm_medium=newsletter
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chanvre
http://fr.wikipedia.org/wiki/Soja

Au sujet de la carraghénine
http://www.masantenaturelle.com/chroniques/nouvelle/carraghenine.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Carragh%C3%A9nine

Le sommeil de bébé

« Bébé fait-il ses nuits ? » C’est une question incontournable que se fera poser tout nouveau parent assez rapidement. Mais que signifie l’expression « faire ses nuits », en fait ?

Dans la théorie, « faire ses nuits » signifie dormir au moins 5h d’affilée entre 23h et 5h. Dans les faits, les gens qui posent cette question veulent plutôt demander si bébé fait « nos nuits » d’adulte, c’est-à-dire s’il dort au moins 7 ou 8 heures d’affilée la nuit.  Beaucoup veulent même savoir par cette question si bébé fait des « nuits d’enfant », c’est-à-dire s’il dort en continu entre 10 et 12 heures par nuit, soit de 19-20h à 6-7h environ, question de donner un répit aux parents (du temps en amoureux) en soirée, et la possibilité de dormir la nuit. On peut donc constater qu’il existe un grand écart entre ce qui est exprimé par les spécialistes du sommeil et ce qui est attendu par les parents.

Or, dans la théorie, vers 3 ou 4 mois (et même à 2 mois), le bébé est capable de faire ses nuits et prêt à le faire. Il ne tient qu’aux parents de lui en donner l’occasion par de saines habitudes et une routine rassurante.  Bien sûr, on parle ici de 5 ou 6 heures de sommeil continu, rappelons-le, mais ce n’est pas ce qu’en comprennent un grand nombre de parents, qui s’attendent à ce que leur bébé dorme sans interruption 7-8h, voire 10-12h, à cet âge.  Cet écart entre les attentes et la réalité devient une grande source de stress et de frustration potentiels.  Soit le bébé risque d’être qualifié de « difficile », de « capricieux », soit les parents vivront une grande culpabilité et un sentiment d’incompétence devant leur échec à faire dormir leur bébé correctement.  Dans les deux cas, il y a malaise.

Il me semble par conséquent important de faire un tour d’horizon de ce qu’est le sommeil d’un bébé, de ce qui est normal et représente une attente saine des parents… et bien sûr de ce que nous pouvons faire pour que bébé et parents dorment en harmonie.

Une question de cycles : le sommeil du bébé, très différent de celui de l’adulte

Voyons d’abord le sommeil de l’adulte, le nôtre, qui nous servira de point de référence pour explorer ensuite celui du bébé.  L’adulte* a besoin de dormir environ 8-9h par période de 24h, dont la quasi-totalité (7-8h) en continu durant la nuit, le reste (si nécessaire) étant consommé sous forme de sieste.  Le sommeil se découpe en cycles qui, chez l’adulte, ont une durée d’environ 90 minutes chacun.  Une bonne nuit de sommeil permet donc à l’adulte d’enchaîner 5 ou 6 cycles de sommeil complets.  Entre ces cycles, celui qui dort passe parfois par une courte période nommée « sommeil transitionnel », un état proche de la veille qui dure de quelques seconde à un maximum d’une dizaine de minutes.  C’est pendant ce sommeil transitionnel que vous pouvez regarder votre réveil, constater qu’il vous reste de délicieuses heures de repos devant vous et vous rendormir aussitôt (quoique vous n’étiez pas vraiment éveillé).

Le sommeil proprement dit se divise en deux types.  Le premier, le sommeil lent, est souvent appelé sommeil profond.  Il se caractérise par une immobilité des yeux sous les paupières, et une tranquillité du corps en général.  Le second, le sommeil actif, est souvent appelé sommeil paradoxal ou sommeil léger.  Il se caractérise par des mouvements oculaires rapides sous les paupières.  C’est la phase de sommeil pendant laquelle se produisent les rêves.

Quand un adulte s’endort, il entre d’abord en sommeil lent.  Ce premier sommeil lent dure entre 90 et 110 minutes et lui permet de passer par 4 phases de plus en plus profondes (de plus en plus reposantes).  Le premier cycle de sommeil est complété par un 10 minutes de sommeil actif.  Ensuite débute un deuxième cycle.  Le sommeil lent prédomine donc fortement au début de la nuit, mais à chaque cycle, la proportion de sommeil actif augmente.  Dans le dernier cycle de sommeil, les sommeils lent et actif ont une durée à peu près égale, le sommeil actif pouvant durer jusqu’à 60 minutes.  Au total, au cours d’une nuit, l’adulte passe 80% de son temps en sommeil lent et 20% en sommeil actif.

Le sommeil du bébé, lui, est vraiment différent.  D’abord, le bébé naissant n’a pas d’organisation circadienne, c’est-à-dire qu’il ne fait pas la différence entre jour et nuit.  Il ne va acquérir cette capacité que plus tard, vers 3 ou 4 mois.  La majorité des nouveau-nés vont même avoir leur plus longue période d’éveil en soirée, au moment où leurs parents commencent à avoir envie de se mettre au lit, parce que justement ils se sont habitués pendant leur vie intra-utérine à s’éveiller quand maman se couchait (puisque lorsqu’elle marchait et bougeait, il était bercé, endormi, et donc porté à dormir le jour et s’éveiller le soir).

Ensuite, même si le bébé a besoin de plus de sommeil quotidien que l’adulte (16 à 18h pour un nouveau-né, 13 à 15h jusqu’à 18 mois, environ 12h pendant le reste de l’enfance), les cycles de sommeil du bébé sont franchement plus courts que ceux des adultes :  ils ne durent que 50 minutes en moyenne.  Cela tient en partie au fait que les besoins du bébé en sommeil actif sont beaucoup plus élevés.  En effet, des cycles plus courts permettent au bébé de passer 50% de son temps de sommeil en sommeil actif.  La multiplication des moments passés en sommeil actif est essentielle au développement du cerveau complexe du bébé humain (j’en ai parlé ici).  Cependant, chaque passage du sommeil lent au sommeil actif est un moment fragile où le risque de réveil est plus grand.

Enfin (et c’est en partie la cause du point précédent), l’endormissement du bébé est différent de celui de l’adulte.  Ainsi, au lieu de sombrer directement dans le sommeil lent, le bébé passe d’abord par une phase de sommeil actif d’une vingtaine de minutes, qui est suivie d’une dizaine de minutes en sommeil transitionnel.  Ce n’est qu’ensuite que le bébé entre en sommeil lent.  C’est pourquoi les bébés se réveillent très facilement (au moindre bruit, au moindre mouvement) durant la première demi-heure de sommeil et que certains bébés semblent impossibles à déposer.  À trois ou quatre mois, quelques bébés commencent à entrer directement en sommeil lent, comme les adultes.  La majorité des autres ne le fera que (bien) plus tard, à des âges très variés.

Une journée typique

Les parents (moi la première) sont avides de ces points de repères qui permettent de vérifier que bébé est « normal », c’est-à-dire qu’il agit comme la moyenne des bébés de son âge.  Voici donc des routines typiques par tranches d’âge, qui ne sont bien sûr données qu’à titre d’exemple et ne doivent en aucun cas devenir des routines à imposer à votre bébé :

0-3 mois :  Bébé se réveille pour boire.  Parfois, il se rendort au sein.  Parfois (surtout en fin d’après-midi et en soirée et de plus en plus souvent à mesure qu’il vieillit), il a ensuite une période d’éveil plus ou moins longue.  Si elle est plutôt longue, il pourra avoir envie de boire à nouveau pour retrouver le sommeil.  Il boira entre 10 et 15 fois par période de 24h, et s’éveillera donc environ 11 fois par jour, par exemple à 1h, 4h, 7h, 9h, 11h, 13h, 16h, 18h, 19h30, 20h30 et 22h.  Ses plus longues périodes de sommeil continu dureront donc entre 2 et 3 heures.

3 à 6-7 mois :  Bébé a un horaire à 3 siestes, dont voici un exemple :
6h  :  Boire du petit matin, retombe ensuite dans le sommeil pour terminer sa nuit
8h  :  Boire du matin
10h :  Sieste de l’avant-midi, d’une durée d’environ 50 minutes
11h :  Boire du dîner
13h : Boire, puis sieste de l’après-midi, d’une durée d’environ 2h30
16h :  Boire
18h :  Boire, puis sieste de soirée, d’une durée d’environ 50 minutes
20h30 :  Boire du dodo, puis première partie de la nuit, d’une durée d’environ 5h
1h30 environ :  Boire de nuit, puis seconde partie de la nuit, d’une durée d’environ 4h (souvent 2X2 heures avec un boire vers 3h30)

6-7 à 10 mois :  L’horaire de bébé est très similaire au précédent, sauf que la sieste de soirée disparaît et que le coucher se fait par conséquent généralement un peu plus tôt, vers 19h30-20h.  Bien sûr, bébé commence à manger 3 repas par jour, et cela peut avoir une incidence sur le nombre de boires.

10 à 18 mois :  Bébé fait deux siestes quotidiennes, l’une vers 9h30, d’une durée de 50-60 minutes, l’autre vers 13h, d’une durée de 2h-2h30.  Il se couche vers 19h30 le soir pour une nuit d’une durée totale d’environ 11h de sommeil.  Il se lève donc vers 6h30 le matin.  Un bon nombre de bébés allaités vont commencer à faire leurs nuits (ne plus se réveiller) entre 10 et 12 mois, après la phase d’anxiété de séparation.  Certains, surtout ceux de petit poids, vont tout de même continuer à avoir besoin d’un ou deux boires nocturnes encore quelques mois :  il n’y a aucune bonne raison de les en priver.

18 mois à 4-5 ans :  Le tout-petit a encore besoin d’une sieste d’une durée d’environ 2h en après-midi.  Il se couche vers 19h30 pour une nuit d’environ 11h et n’a plus de réveils nocturnes la plupart du temps.  Des réveils occasionnels sont normaux : cauchemars, inconforts, etc.  L’enfant a parfois besoin d’être rassuré, soigné ou câliné.

Note :  À partir du moment où la sieste de soirée disparaît, une sieste d’après-midi qui dure plus de 3 heures ou qui se termine après 15h30 risque de nuire à l’endormissement du soir.  Il faut donc veiller à coucher bébé assez tôt après le dîner pour qu’il puisse dormir suffisamment longtemps sans dépasser 15h30.  Si bébé est difficile à coucher le soir mais dort longtemps en après-midi, on pourra aussi enfreindre la sacro-sainte règle et réveiller bébé de sa sieste vers 15h30.

Immaturité ou nécessité ?

Dans les bouquins des prétendus spécialistes du sommeil, on lit souvent que les nombreux réveils nocturnes des bébés sont le résultat de son immaturité et que les choses s’amélioreront bientôt.  C’est là une vision plutôt négative du nourrisson :  il est peu mature, alors son sommeil est désorganisé.  Et si, en fait, plutôt que d’être désorganisé, le sommeil du bébé était organisé autrement ?

Il me semble plus positif, plus constructif, d’envisager la différence entre les sommeils des bébés et des adultes comme le résultat d’une différence entre leurs besoins plutôt que comme un défaut des bébés.  Comme le sommeil des personnes âgées est différent de celui des adultes en raison de leurs besoins différents, un fait que l’on accepte.

Les nombreux réveils nocturnes de bébé ne sont pas seulement inévitables, ils lui sont nécessaires.  Ils ont été prévus pour assurer sa survie en lui permettant de se nourrir suffisamment, mais aussi pour le protéger de la mort subite du nourrisson en lui évitant un passage trop prolongé en sommeil lent (en restant aux phases 1 et 2 du sommeil lent, il est moins à risque d’apnée, de MSN).   Vouloir qu’un petit bébé dorme sans interruption toute la nuit est par conséquent égoïste, car cela se fait au détriment de son développement cérébral (réduction du temps de sommeil actif), de sa prise de poids (allaitement nocturne), de sa santé, voire de sa vie (mort subite du nourrisson, encore 1 cas sur 2000 bébés) et de son développement affectif (besoin de contact avec la mère, d’être rassuré).

Il est important de se rappeler que si le bébé a de grands besoins de sommeil quotidiens, il n’a pas besoin de beaucoup d’heures de sommeil consécutif, et que son repos est assuré avec de courtes (50 minutes) et moyennes (1h30 à 4h) périodes de sommeil.  Que c’est la multiplication de ces courtes durées de sommeil qui lui est nécessaire.

Il est aussi primordial de mettre en évidence le fait que la transformation du sommeil de nouveau-né (interrompu) en sommeil d’enfant (continu) est un processus lent et discontinu.  Ainsi, il est tout à fait normal que le bébé vive des « rechutes ».  Certains scénarios sont même tout à fait courants.
Par exemple, la plupart des nouveau-nés s’endorment seuls, sans aide.  Puis, vers l’âge d’un mois, de 6 semaines, ils n’y arrivent plus :  ils pleurent, ont besoin d’être allaités, portés, bercés, ils semblent combattre le sommeil.  C’est en fait parce qu’à ce âge (vers 6 semaines), le cerveau opère une maturation importante qui leur permet de constater « je suis éveillé »/ »je dors ».  C’est là qu’ils commencent à avoir besoin de s’endormir volontairement, alors qu’avant, ils le faisaient inconsciemment.
Par exemple, la plupart des bébés font une, quelques ou plusieurs nuit(s) vers l’âge de trois mois, une fois que l’allaitement est bien établi et qu’ils commencent à vivre de plus longues périodes d’éveil le jour, qui les épuisent.  Puis ces mêmes bébés recommencent à se réveiller plusieurs fois par nuit vers 4 mois environ, voire à vouloir boire toutes les 2 heures la nuit.  C’est tout à fait normal parce que généralement la production de lait maternelle se transforme (passage du mode endochrine au mode autochrine) à ce moment de leur vie et que c’est l’instinct qui les pousse à stimuler davantage la production durant cette période cruciale.  Cela ne veut surtout pas dire qu’ils ont besoin de commencer à manger des céréales.  Au contraire, c’est le pire moment pour leur faire manger leurs premiers aliments, car cela risque d’interférer avec la poursuite de l’allaitement.  Si l’on accepte la situation, que l’on en connaît la raison et que l’on continue d’allaiter bébé à la demande, la production devrait s’adapter rapidement et les réveils nocturnes pour boire s’espacer.  Si on lutte et refuse le sein, bébé va au contraire continuer de se réveiller et même intensifier sa demande parce que c’est l’instinct de survie qui le guide.

Pourquoi, si le sommeil de bébé est ainsi, est-ce si difficile pour les nouveaux parents ?

Parce que, nous l’avons vu, l’adulte a besoin de sommeil continu.

Parce que, aussi, les conseils donnés aux nouveaux parents les incitent souvent à adopter des comportements qui vont à l’encontre de leurs propres intérêts !

Je vais citer quelques cas :

Que papa donne un biberon à bébé la nuit pour permettre à la maman de se reposer.  C’est la pire idée qui soit.  Pour que sa production de lait s’ajuste aux besoins de son bébé, la mère a généralement besoin que bébé tète entre 1h et 5h du matin (c’est un fait biologique, une question hormonale).  Bien souvent, cette bonne intention provoque le déclin à brève échéance de l’allaitement (et tous les efforts que maman fera pour éviter cette situation sont loin d’être synonymes de repos).  De plus, c’est le moment quotidien où la maman a le plus de lait, donc si elle n’allaite pas, l’engorgement risque de la réveiller de toute façon.  Et pour ne rien arranger, le fait que papa prenne soin du bébé n’empêche pas la mère de s’éveiller… et allaiter lui fournit des hormones qui favorisent son rendormissement ; écouter bébé pleurer pendant que papa prépare le biberon favorise plutôt l’éveil complet.  En outre, si la mère passe plus de 6h consécutives sans allaiter, elle compromet la contraception naturelle.  Or, ni les grossesses rapprochées ni même le retour précoce de couches ne sont souhaitables, car la maman a besoin de refaire le plein d’énergie et de minéraux avant de créer la vie à nouveau.  Et la contraception hormonale artificielle (pilule à progestatif seul, stérilet Mirena) est loin d’être sans risques pour sa santé (c’est un autre sujet).

Que bébé dorme dans sa propre chambre dès la naissance, autant pour les siestes que la nuit.  L’expérience de toutes les mamans du monde le prouve :  ce n’est pas tant le fait de se réveiller la nuit qui est difficile, c’est avant tout le fait de se lever.  Il n’y a rien de pire pour casser le sommeil que de marcher sur un plancher frais, allumer un éclairage électrique (compromet l’organisation circadienne et la sécrétion de mélatonine).  Quand bébé dort dans sa propre chambre, il s’éveille moins souvent, mais plus beaucoup plus longtemps.  Souvent, la mère qui doit se lever pour prendre soin de son bébé mettra du temps à se rendormir même lorsque le poupon l’aura fait.  Ainsi, le temps total de sommeil des parents est plus élevé lorsque bébé dort dans leur chambre.  De plus, le fait de coucher un bébé naissant dans sa chambre, fenêtre obstruée et porte close (dans le noir donc) pour les siestes diurnes nuit à l’acquisition de l’organisation circadienne et la retarde parfois de plusieurs mois.  Le sommeil nocturne est donc affecté négativement par cette pratique.

Que bébé doit apprendre très rapidement à s’endormir seul.  Non seulement ce conseil met une pression incroyable sur les épaules des nouveaux parents (s’ils n’y arrivent pas, quel échec!), mais il leur donne beaucoup de travail inutilement.  Que de pleurs, que de temps passé en stratégie et recherche d’objets magiques seraient évités si l’on disait aux parents que tous les jeunes enfants finissent par réussir à s’endormir seuls à un âge qui leur est propre.  Les bébés ont besoin d’être accompagnés dans le sommeil parce qu’ils sont prévus biologiquement pour craindre la solitude (c’est une question de survie instinctive pour les petits mammifères qu’ils sont).  Et plus les parents tentent de les faire s’endormir seuls, plus ils deviennent anxieux et difficiles à endormir… plus ils résistent au dangereux sommeil.  Du temps (du sommeil!) perdu, du stress inutile.  Rien d’autre.

Bref, la très grande majorité des problèmes de sommeil des bébés sont en fait causés par les tentatives maladroites des parents pour faire acquérir de (mauvaises) bonnes habitudes de sommeil à des bébés qui ont de (différentes mais) bonnes habitudes dès la naissance, tout naturellement.

Y a-t-il tout de même des cas où le sommeil de bébé est problématique ?

Du point de vue des parents, assurément, nous y reviendrons bientôt.

Mais du point de vue du bébé lui-même aussi.

Par exemple, un bébé dont les périodes d’endormissement sont de moins de 50 minutes environ, que ce soit pour les siestes en journée ou durant la nuit.  Cela peut arriver à l’occasion sans que ce soit inquiétant.  Mais lorsque cela se produit régulièrement (plusieurs fois par jour), c’est problématique parce que cela ne permet pas au bébé de compléter un cycle de sommeil.  Une sieste de 30 minutes ne comprend aucun sommeil lent.  Or, si les besoins en sommeil actif sont plus élevés chez le bébé, le sommeil lent lui est aussi nécessaire.  Nous l’avons mentionné, certains bébés ont du mal à franchir la première demi-heure de sommeil parce qu’ils se laissent stimuler ou déranger par leur environnement et s’éveillent.

Par exemple, un bébé de plus de trois ou quatre mois qui a sa plus longue période de sommeil continu en journée plutôt que durant la nuit.  C’est que ce bébé n’a pas acquis d’organisation circadienne :  il ne fait toujours pas la différence entre jour et nuit.  Or, si l’on ne peut pas forcer bébé dans son développement biologique, il est possible de l’aider.  Et il est autant dans son intérêt que dans celui de ses parents de « faire la pirouette ».

Par exemple, un bébé qui ne dort jamais plus de 50-60 minutes à la fois.  Cette durée de sommeil, correcte pour les siestes, et même la nuit pour les nouveau-nés (deux premiers mois) est problématique lorsqu’elle est chronique ensuite.  Elle montre alors que le bébé est incapable d’enchaîner deux cycles de sommeil sans s’éveiller complètement.  C’est un apprentissage qui est nécessaire dans les plus brefs délais pour lui permettre un repos suffisant.  S’il est normal pour un bébé de s’éveiller plusieurs fois par nuit, il n’est tout de même pas sain qu’il s’éveille toutes les heures :  il doit au moins une ou deux fois par nuit enchaîner deux ou trois cycles de sommeil.

Par exemple, un bébé qui est incroyablement difficile à endormir.  Il n’est pas acceptable que ce soit plus long endormir bébé que le temps qu’il passe ensuite endormi.  Il n’est pas correct non plus que les parents doivent recourir à des stratagèmes sans fin (comme les ballades en voiture au milieu de la nuit) pour mener bébé au sommeil.  C’est signe que quelque chose ne va pas.

Il y a des façons d’aider son bébé à mieux dormir, quel que soit son problème de sommeil, et nous aborderons cette question dès maintenant !

Des trucs, donc, pour concilier les besoins en sommeil de bébé et ceux de ses parents !

Heureusement, j’y arrive !

Tout d’abord, cette section présentera une philosophie de vie, une façon globale, d’envisager le sommeil quand le couple devient famille.  Je suis totalement convaincue de l’efficacité de cette manière de voir le sommeil parce que je l’ai testée par deux fois sur deux bébés aux tempéraments très différents (dont une Frimousse qui pourrait être qualifiée de « BABI » si je ne refusais pas cette étiquette de tout mon coeur de maman), mais aussi parce que les valeurs et les connaissances sur lesquelles elle s’appuie me sont chères.

C’est essentiellement la méthode du Dr William Sears (dont je ne peux que recommander encore et toujours la lecture), mais teintée de mon expérience personnelle et de celle de mes amies proches.

Cela commence avant la naissance de bébé.  Avec des préparatifs et des achats différents.  Plutôt que de préparer à votre bébé à naître une chambre, de lui acheter un lit à barreaux et tout le flafla, faites votre nid.

Préparez-vous à accueillir le fruit de votre amour dans votre nid d’amour, votre chambre, votre lit.
Cela peut vouloir dire acheter un lit plus grand :  un couple dans la moyenne de poids ne sera à l’aise avec bébé que dans un grand lit (queen), des parents plus costauds (ou qui partagent déjà leur sommeil avec un premier enfant) auront probablement besoin d’un très grand lit (king).
Cela peut vouloir dire ajouter un side-car au lit.  Il se vend maintenant des lits de bébé conçus spécialement pour le cododo sécuritaire.  Ils sont probablement ce qu’on pourrait appeler « le meilleur des deux mondes ».  Mais un moïse fait aussi l’affaire.
Cela veut toujours dire de vous informer sur le cododo et sur la manière de le pratiquer de façon sécuritaire :  matelas ferme (pas de lit d’eau), absence de couverture lourde et épaisse, pas pour les parents fumeurs ou ayant consommé drogues et alcool, etc.  Comme l’on respecte les règles de sécurité quand on met bébé dans une bassinnette (pas de contour de lit, etc.), il y a des règles à respecter pour cododoter correctement**.
Cela veut souvent dire aussi prévoir un endroit où déposer bébé si un besoin d’intimité pressant se faisait sentir entre papa et maman :  petit moïse ou berceau, matelas de lit simple posé sur le sol de la chambre, parc…  un endroit où bébé ne passera généralement pas ses nuits, mais quelques heures endormi tel ou tel soir ou matin.

Pensez aussi aux siestes dès avant la naissance.  Car si bébé a besoin de dormir plus que vous, cela ne veut pas nécessairement dire qu’il ait besoin de dormir sans vous (Halte aux idées reçues !).  Ainsi, le mieux pour votre bébé, pour l’acquisition de son organisation circadienne, c’est de dormir le jour dans la pièce où vous vivez.  Qu’il s’habitue à dormir avec la lumière naturelle du jour, et un fond sonore normal.  Comme cela, il apprendra rapidement à différencier le jour (lumière, activité) et la nuit (noirceur, silence).  Selon son tempérament et son développement, de telles siestes seront profitables jusqu’à environ 4 mois.  Cela veut dire que, selon vos préférences et votre mode de vie, vous aurez besoin de l’un ou de plusieurs de ces articles pour les siestes :
porte-bébé dodo– un ou des porte-bébés physiologique(s)
– une poussette
– un chariot pour le vélo, le jogging, … et le hamac pour bébé naissant adapté
– un berceau, un moïse ou un parc au salon (qui pourra être amené dans la chambre parentale ou en visite au besoin)
N’oubliez pas que, les premières semaines après l’accouchement, vous aurez vous-mêmes besoin d’une sieste.  Prenez bébé au lit avec vous et laissez le sommeil vous gagner.  Ainsi, les nuits mouvementées vous paraîtront plus supportables.

La technique en elle-même est d’une simplicité désarmante.  Quand vous allez vous coucher le soir, allaitez d’abord bébé, puis amenez-le dans votre lit et couchez-le à l’endroit désiré (entre papa et maman, à côté de maman ou dans son lit en side-car).
– Maintenez si nécessaire (ou désiré) un contact physique rassurant (main sur le ventre, par exemple) et endormez-vous.
– Si bébé résiste (si le sein ne l’a pas suffisamment endormi), vous pouvez aller le bercer ou le promener dans le porte-bébé.
– Vous pouvez également lui donner votre index à téter (certains bébés ne trouvent pas leur pouce pour se réconforter eux-mêmes mais ont besoin de plus de succion que de lait pour dormir, par exemple quand la mère, comme moi, a un fort réflexe d’éjection et une abondante production) ; la suce n’est pas une aussi bonne option ; le bébé se sèvrera plus rapidement de votre doigt et la suce risque davantage d’interférer avec l’allaitement.
– Certains bébés, aussi, ont besoin d’être emmaillotés parce que leurs propres mouvements les éveillent.  Attention de choisir une couverture légère et de ne pas trop habiller bébé si vous l’emmaillotez, car la chaleur est l’un des plus importants facteurs de risque de mort subite du nourrisson.  Il faut également utiliser la bonne technique pour que cela soit sécuritaire (emmailloter les jambes droites et serrées conduit à un risque de dysplasie (malformation) de la hanche.

La « théorie » derrière l’idée de transformer le lit amoureux en lit familial est simple.  Des études ont montré que lorsqu’une femme allaite ET dort avec son bébé (les deux facteurs doivent être réunis pour que cela fonctionne), son sommeil se transforme pour lui permettre de mieux se reposer malgré les réveils.  Pour faire simple, les cycles de sommeil de la mère se modifient et s’adaptent pour se synchroniser sur ceux du bébé.  De cette façon, les réveils du bébé se feront presque uniquement à des moments où la maman sera en sommeil actif ou transitionnel, d’où il est beaucoup plus facile et moins perturbant d’être tirée que du sommeil lent, surtout dans ses deux phases les plus profondes.
La femme qui décide de ne pas allaiter ou de ne pas cododoter se prive de cette capacité de son corps et des avantages qui en résultent.  Le père bien intentionné qui veut faire sa part la nuit n’a malheureusement pas cette chance non plus, d’où des réveils qui lui sont beaucoup plus pénibles, surtout qu’il n’a souvent qu’un court congé de paternité ou parental et doit donc se lever le matin pour aller travailler, et pas la possibilité de faire une sieste en après-midi pour récupérer.

Pour ce qui est de l’heure idéale pour aller au lit, je dirais :  le plus tôt possible.  Vers 2 ou 3 semaines, la plupart des bébés commencent à faire des tétées groupées en soirée, une phase qui durera quelques semaines.  Ça ne sert à rien de se battre contre ça ; mieux vaut vous installer devant votre émission de télé préférée (en boucle), avec un bouquin qui vous passionne, un jeu de société ou toute autre activité qui vous permet d’allaiter sans que les soirées vous semblent trop lourdes et pénibles.  Puis allez au lit quand bébé est endormi ou semble prêt à dormir.  Réglez-vous sur lui pour cette (courte) période de sa vie, vous la vivrez beaucoup plus plaisamment.

Quelque part entre 5 et 8 mois, votre bébé sera prêt à se coucher plus tôt.  Il cessera de faire sa sieste de l’heure du souper ou la retardera.  C’est le moment d’instaurer une routine du coucher à la suite de laquelle vous accompagnez bébé dans le sommeil puis le laissez dormir le temps de profiter brièvement de votre soirée d’adulte avant de vous mettre au lit à votre tour, pas trop tard, car bébé vous réveillera sûrement une, deux ou trois fois encore avant le matin.  Et que sa plus longue période de sommeil continu sera presque assurément la première, pendant que vous êtes encore debout.  Donc lorsque vous êtes très fatiguée, donnez-vous le droit d’aller dormir tout de suite après bébé pour profiter de cette longue période de sommeil initiale.

La routine du dodo doit être simple et vous plaire.  Elle doit durer au moins 20 minutes et pas plus de 45.  Elle doit n’inclure que des gestes que vous voudrez, pourrez reproduire tous les soirs.  Personnellement, ma routine n’inclut pas le bain parce que je considère que la peau fragile de bébé n’a pas intérêt à être lavée tous les soirs.  Par conséquent, ma routine commence tout de suite après le bain les soirs où je le donne et commence exactement de la même façon, mais sans bain les autres soirs.  C’est pyjama, histoire, tétée pour Frimousse, verre de « lait » pour la petite Fée, câlins et bisous à papa, brossage de dents et au lit.  L’important, c’est l’ordre des éléments, qui ne doit pas être modifié.  L’histoire vient avant la tétée.  C’est prévisible, annonciateur.

Durant la nuit, il est important de ne pas allumer de lumières autant que possible.  Cela contribue à l’organisation circadienne, comme le fait de ne pas faire le noir le jour.  Et de choisir des lampes à faible intensité lorsqu’il est impossible faire autrement (changement de couche, par exemple).
Si vous en êtes capable, allaitez couchée.  C’est vraiment plus reposant, vous pouvez somnoler ou même dormir tout en allaitant.  Sinon, allaitez au lit, dans le noir, assise le dos contre votre oreiller.  Faites vos arrangement de sommeil de façon à ne pas avoir à sortir du lit et des couvertures pour prendre bébé, même s’il ne dort pas dans le même lit.  Cela fait réellement une différence sur votre facilité à vous rendormir.

Pour les siestes, variez les plaisirs !  C’est une bonne chose pour votre bébé d’apprendre à s’endormir dans des lieux et des situations différentes.  Il comprendra ainsi que l’important, c’est votre présence, que c’est le seul point de repère vraiment essentiel.  Vous pourrez donc éventuellement amener bébé en camping, à l’hôtel, au centre d’achat, etc. sans craindre que vos sorties et activités le privent de sommeil.  Par exemple, ma Frimousse s’endormait en poussette durant une longue promenade en avant-midi, dans son berceau au salon ou dans le porte-bébé les jours de pluie ou de magasinage.  Parfois, cette sieste, elle la faisait en auto.  L’après-midi, elle dormait avec sa soeur et moi dans mon lit.  Ou sur une couverture dans la cour arrière, à l’ombre d’un érable, pendant que nous nous baignions.

Je n’aime pas le terme « endormir » parce que l’on ne peut pas forcer une personne à dormir.  On peut obliger un enfant à rester dans sa chambre, à demeurer dans son lit, même à rester couché, mais on ne peut pas l’obliger à dormir.  Je préfère parler d’accompagner dans le sommeil, ce qui me paraît mieux illustrer ce que le parent fait.  Tous les bébés ont besoin d’être accompagnés dans le sommeil, je l’ai déjà dit.  Mais vous devez, en tant que parents, trouver une façon d’accompagner qui vous convient (au bébé comme à vous), car le choix est vaste.  Ce peut être en vous allongeant avec le bébé, en le berçant, en l’allaitant, en lui chantant une berceuse, en le massant ou le caressant, en le portant ou le promenant, en restant assis près de son lit dans un fauteuil, etc.  Vous pouvez aussi être créatifs !  Bébé va s’habituer à votre méthode et l’apprécier.  Et un jour, vous pourrez quitter la pièce alors que bébé n’est que somnolent et il aura assez confiance pour plonger dans le sommeil seul, et un jour, vous pourrez lui donner un bisou et une caresse, lui souhaiter bonne nuit et le laisser s’endormir seul.  Je ne peux pas vous dire quand, puisque ce n’est pas une question d’âge, mais de confiance.

Enfin, il faut accepter que certaines nuits et certaines siestes se passent mal.  Ne pas y voir un drame.  Ces mauvais dodos viennent le plus souvent en paire, en trio, en quatuor.  La meilleure chose à faire est de garder son calme et d’attendre que cela passe.  Il ne faut pas oublier que le double but est de permettre à bébé de dormir suffisamment au présent, mais aussi de lui inculquer de bonnes habitudes de sommeil pour l’avenir.  J’invite tous les parents à se demander si ce sont vraiment de bonnes habitudes à inculquer que d’apprendre à bébé à dormir seul, alors que nous, les adultes, aimons dormir ensemble.  Pourquoi en effet apprendre à bébé à s’endormir seul le plus rapidement possible ?  Est-ce ce que nous souhaitons à nos enfants pour l’avenir, la solitude ?  J’ai beaucoup de peine quand j’entends parler d’un couple dont les amoureux sont incapables de dormir l’un à côté de l’autre parce qu’ils ne savent pas accepter la présence physique d’un corps, ses mouvements, ses bruits, qu’ils se laissent déranger, réveiller par l’autre.  J’aime à ce sujet le rapprochement que fait le Dr Sears entre le matérialisme omniprésent dans les mentalités d’aujourd’hui et l’habitude d’envoyer les bébés seuls au lit :

« les adolescents et les adultes d’aujourd’hui ont souvent de la difficulté à établir d’authentiques relations intimes avec une autre personne.  Les oursons de peluche et les biberons nous ont aidés à élever une génération de personnes attachées avant tout à des biens matériels.  Le sommeil partagé apprend à l’enfant à se sentir confortable lorsqu’il est en contact physique avec une personne ; il ne remplace pas les personnes par des objets. »
(Sears, Être parent la nuit aussi, p. 54)

Et quand le bébé a tout de même des problèmes de sommeil ?

Malheureusement, ça arrive, j’en ai parlé plus haut.  La méthode que j’ai exposée peut contribuer à réduire le risque que ces problèmes surgissent, mais rien n’est parfait, ce n’est pas une formule magique !

Quand un bébé a des problèmes de sommeil, il faut d’abord s’assurer qu’un problème de santé ne l’incommode pas.
– Un bébé sur 4 environ naît avec un torticolis.  Une visite chez le chiro ou l’ostéopathe est conseillée pour éliminer cette possibilité ou pour entamer un traitement approprié.
– Un autre problème de santé commun est le reflux.  Les bébés qui en souffrent sont très mal sur le dos, ils dorment mieux dans le porte-bébé ou même en position verticale, la tête posée sur l’épaule d’un parent.  Il est possible de soulager le bébé qui souffre de reflux en agissant sur l’allaitement (plus de lait gras de fin de tétée, position inclinée vers l’arrière en début de tétée, etc.), cela vaut le coup d’essayer.  Parfois, une médication est inévitable.
– Le rhume affecte les bébés et les tout-petits plusieurs fois par année.  Difficile de dormir avec le nez bouché.  Une solution saline et l’utilisation du mouche-bébé sont recommandées avant chaque dodo.
– Même si elles sont moins fréquentes chez les bébés allaités, les otites demeurent un malaise courant.
– Les douleurs et les inconforts causés par la poussée dentaire peuvent être soulagés grâce à des produits naturels, ce qui devient incontournable quand elles deviennent source de nuits agitées.
– Si bébé semble affamé au réveil chaque fois (surtout si son gain de poids est lent), cela peut signaler un problème d’allaitement, une mauvaise prise du sein qui occasionne un manque de lait, par exemple.
D’autres problèmes de santé (difficultés digestives, intolérances, démangeaisons cutanées, par exemple) peuvent être impliqués.  S’assurer que le bébé qui dort mal n’a pas de problème de santé est la première intervention à tenter avant d’entreprendre quoi que ce soit d’autre.

Maman qui allaite doit aussi surveiller sa consommation de caféine.  On pense au café et au thé, bien sûr, et aux boissons énergétiques (qui sont déconseillées durant l’allaitement), mais il ne faut pas oublier les boissons gazeuses (Pepsi, Coke), le chocolat, le lait au chocolat, certaines tisanes, etc.  Bref, il est très facile de dépasser les 3 portions quotidiennes maximum.  En outre, certains bébés plus sensibles ne vont malheureusement pas tolérer 3 portions, et même la moindre consommation de caféine va les affecter négativement.  Il se peut que le café pris avec le déjeuner nuise à la sieste du matin et que par un effet d’entraînement (parce que le bébé qui dort mal ou trop peu le jour dormira souvent mal la nuit), le bébé dorme mal la nuit.

En outre, bien que ce ne soit pas directement lié au sommeil, certains aspects de notre mode de vie influencent grandement la qualité du sommeil de nos petits.  L’un des meilleurs conseils que je puisse vous donner :  aller dehors !  Sortez (presque) tous les jours, même au coeur de l’hiver, même avec un bébé de seulement quelques semaines.  Un bon bol d’air frais et une exposition modérée et raisonnable au soleil vous feront un bien immense et à votre bébé aussi.  Prenez contact avec la nature toutes les semaines, aussi souvent que possible :  une balade dans un sentier boisé à 10h ou un pique-nique dans un parc à l’ombre d’un arbre mature le midi ont des effets indiscutablement positifs sur la sieste d’après-midi et l’endormissement du soir.
De la même façon, et surtout avec des bébés plus vieux et des tout-petits, faites attention aux écrans.  Passer ses dernières heures d’éveil, le soir, devant un écran de télévision n’est pas l’idéal pour un bébé :  il a l’air calme, mais son cerveau est surstimulé, ce qui ne prédispose pas au repos.  En plus, la lumière des écrans nuit à la sécrétion de mélatonine, une hormone essentielle à l’endormissement.  Éteignez donc la télé avant le souper et ne la rallumez qu’une fois que bébé est couché.

Lorsque tout va bien d’autres parts, les parents peuvent agir pour aider bébé à mieux dormir.  Pour voir comment, prenons les différents problèmes de sommeil un à la fois :

Le bébé qui ne complète pas un cycle de sommeil :  Souvent, il s’agit tout simplement d’attendre qu’il dorme depuis 35 minutes environ avant de le quitter, de le déposer ou de le bouger. Voire de lui permettre de passer les 50-60 minutes dans la même position que celle où il s’est endormi, ce qui sera plus simple s’il dort couché à votre côté, dans le porte-bébé ou dans la poussette que si vous l’avez endormi en le berçant (parce que les bras ne sont pas infatigables et que vous finirez par avoir envie de le déposer).  Vous pouvez aussi vous allonger sur le dos au milieu du lit et faire dormir bébé sur le ventre, sur vous.  Le battement de votre coeur agira comme métronome pour rythmer sa respiration et son sommeil.  Pensez à tenter l’emmaillotement ou les bruits blancs.

Le bébé de plus de 4 mois qui ne fait pas la différence entre jour et nuit :  Pour l’aider, envoyez des signaux clairs montrant la différence entre jour et nuit.  La nuit, n’allumez plus, ne mettez surtout pas de veilleuse.  Faites attention aussi à vos agissements durant les réveils :  parlez le moins possible et toujours en chuchotant, ne sortez pas du lit ou, à tout le moins, de la chambre, soyez calmes, n’écoutez pas la télévision (d’ailleurs, comme la télé a un impact négatif sur le sommeil des bébés et des enfants, – j’en parlais ici – portez attention à vos habitudes d’écoute), n’ayez pas de discussion avec votre conjoint et ne jouez pas avec bébé.  Vérifiez que vos rideaux sont bien opaques et que le bruit de la circulation automobile n’est pas trop dérangeant (fenêtre fermée).  Commencez aussi à établir une routine de dodo, qui agira comme signal.  Le jour, faites dormir bébé en plein air (dans un parc, dans le bois, dans votre cour arrière) autant que possible, qu’il soit exposé à une lumière naturelle mais tamisée.  À l’intérieur, faites-lui faire la sieste ailleurs que dans la chambre (dans un porte-bébé, au salon, dans votre bureau, etc.).  Enfin, s’il fait une sieste diurne de plus de 3 heures, réveillez-le et occupez-le pour le garder éveillé.  De façon générale, veillez à ce que votre enfant joue et soit stimulé le jour pour qu’il ait besoin de se reposer au calme la nuit.  Cela semble sacrilège de réveiller un bébé, je sais, mais difficile de dormir la nuit si l’on est inactif le jour.

Le bébé qui n’enchaîne jamais deux cycles de sommeil :  Le truc qui a fonctionné pour ma petite Frimousse, c’était de vérifier  l’heure à laquelle elle s’était endormie puis de revenir m’allonger près d’elle 45 minutes plus tard.  Ainsi, quand elle ouvrait l’oeil à la fin de son cycle de sommeil (52 minutes), elle me trouvait à son côté comme au moment de s’endormir.  Rassurée, elle se rendormait immédiatement pour un 2e cycle et je pouvais quitter encore la chambre.  Parfois, je choisissais carrément de faire la sieste avec elle et ça marchait aussi ;), mais il est venu un moment où je n’avais plus besoin de faire la sieste et où je trouvais que 10-12 minutes à ses côtés pour profiter d’un autre 45 minutes de liberté, c’était un chouette compromis.  Avec le temps, elle a fini par ne plus ouvrir les yeux, alors j’ai cessé d’y aller et elle enchaînait tout de même ses 2 cycles.  La poussette fonctionnait aussi, à condition que je n’arrête jamais de marcher ni ne ralentisse trop le rythme de marche, mais je trouvais que c’était une joyeuse façon de me remettre en forme que de faire 2h de marche à pas rapides.  Bref, tout ça pour dire que l’important, c’est que le bébé retrouve lors de son réveil les mêmes conditions qu’à son endormissement, ce qui va le rassurer et lui permettre de replonger aussitôt dans le sommeil.

Le bébé trop difficile à endormir :  Il s’agit presque toujours d’un bébé plus anxieux que la moyenne.  Soit que la grossesse ait été stressante, l’accouchement difficile, soit que le bébé ait vécu une séparation d’avec sa mère, qu’il ait été hospitalisé, qu’il soit malade, soit qu’il ait tout simplement un tempérament très anxieux.  Les techniques de conditionnement au sommeil (5-10-15 et autres) que les parents peuvent essayer vont empirer la situation.  La première chose à faire, c’est de sécuriser ou de re-sécuriser le bébé :  du portage, une réponse prompte à ses pleurs jours et nuits, une maison calme (pas de disputes, de cris, d’agressivité), une mère calme (régler ou apprendre à mieux gérer les situations stressantes comme les problèmes financiers).  Ensuite, bien accompagner dans le sommeil… et l’éveil.  C’est-à-dire que ce qui rend le bébé si difficile à endormir, c’est presque toujours la peur de se réveiller seul.  Pour régler le problème d’endormissement, il faut donc agir sur les réveils, en s’assurant d’être prompte dans sa réponse et, autant que possible, présente physiquement.  Bébé ne devrait pas avoir à pleurer pour signaler qu’il est éveillé ;  alors, il est déjà trop tard (son niveau de cortisol, l’hormone du stress, a déjà grimpé en flèche).  Quand bébé dort contre sa maman, elle sent qu’il va se réveiller :  elle le sent bouger, elle entend les bruits qu’il fait avec sa bouche, etc.  Elle peut tout de suite agir en le rassurant par des mots doux chuchotés, une caresse ou en proposant le sein.
Il faut cependant se rappeler que vers 3 ou 4 mois, les bébés deviennent beaucoup plus conscients de leur environnement.  Ils sont fascinés par ce qu’ils découvrent et ne veulent rien manquer.  À cet âge, un bébé difficile à endormir ne manifeste pas nécessairement un manque de sécurité affective.  C’est une phase normale du développement, qui va passer comme toutes les autres.  La chaise berçante, l’aquarium musical, le disque de berceuses, la doudou pour emmailloter et le porte-bébé peuvent devenir vos meilleurs alliés en attendant que le temps fasse son oeuvre.

Le bébé de plus de 18 mois qui ne fait jamais ses nuits ou ne veut pas aller au lit :  Vos meilleures ressources dans ce cas sont la méthode du Dr Jay Gordon, dont vous pouvez avoir un aperçu en cliquant ici, et un petit bouquin intitulé Un sommeil paisible et sans pleurs.  Dans ce dernier, vous trouverez de nombreux trucs pour aider bébé à mieux dormir, parmi lesquels il y en aura assurément qui conviendront à vos valeurs et votre style de vie.  Je ne suis pas d’accord avec les interventions proposées pour les jeunes bébés (parce que même s’il ne pleure pas, le but reste de couper les tétées de nuit, ce qui me semble peu respectueux des besoins du bébé), mais pour les grands bébés, c’est génial.  Je recopie ici quelques uns de mes trucs préférés pour donner une idée :
– L’affiche de la routine du dodo (pour ceux qui ne veulent pas aller au lit) :  Placer sur la porte une affiche illustrant en ordre et sur une seule ligne chacune des étapes de la routine du dodo :  le pyjama, l’histoire, la tétée, le dodo dans le lit (il est important de ne pas oublier cette dernière image, qui montre à l’enfant le comportement attendu).  Vous pouvez prendre les images sur Internet, les dessiner (et même faire participer l’enfant).  Puis chaque soir, demander à l’enfant d’aller voir à quelle étape on est rendu.
– Les tickets d’appel ou de sortie (pour les enfants qui ne cessent de se relever ou d’appeler leurs parents) :  Compter le nombre de fois où l’enfant appelle en moyenne durant une soirée ou une nuit et lui donner 2 tickets de moins (mais un maximum de 4 tickets).  Quand il veut sortir de la chambre ou appelle son parent, il doit donner un ticket.  Quand il n’a plus de ticket, il ne peut plus sortir ou on ne lui répond plus, cela doit lui être expliqué et répété.  Il faut d’abord agir en prévention en s’assurant que l’enfant a tout ce dont il a besoin et en répondant « à l’avance » à ses habituelles demandes de sortie (l’emmener à la toilette, mettre un verre d’eau sur sa table de chevet, lui donner une collation avant le coucher, etc.)  Ensuite, il faut savoir que, passé les premiers jours, la très grande majorité des enfants ne dépenseront pas le dernier ticket, car ils ont peur d’en avoir vraiment besoin, ils vont le garder « au cas où »…
– Le petit matelas (pour ceux qui veulent venir dans le lit de papa et maman au milieu de la nuit) :  Placer un matelas de lit simple directement sur le sol, dans la chambre parentale.  Expliquer à l’enfant que s’il se lève durant la nuit, il a le droit d’aller se coucher là, mais sans faire de bruit « comme une petite souris ».  Particulièrement efficace si on ne peut plus cododoter avec l’enfant en raison d’une grossesse ou de la présence d’un nouveau-né dans le lit.  Ainsi, l’enfant ne se sent pas rejeté ; il apprend doucement que les bébés ont des besoins différents des enfants.  Parce que, sinon, il n’y a pas de raison de refuser que l’enfant nous rejoigne dans le lit en cours de nuit… c’est même un des petits plaisirs de la parentalité de les sentir se glisser près de soi…

Ce qui m’amène enfin au mot de la fin…

Jusqu’à quel âge, le cododo ?  Assurément, le bébé a besoin du cododo jusqu’à l’âge de 4 mois, ne serait-ce que pour prévenir la mort subite du nourrisson et pour favoriser l’allaitement.  On ne devrait pas s’arrêter avant.  Si les parents n’ont pas réussi à trouver en 4 mois un arrangement de sommeil partagé qui leur convient et qu’ils n’aiment pas le cododo, ce sera le moment de faire la transition parce que le bébé plus vieux va s’habituer et être plus récalcitrant à être laissé seul dans sa chambre.  Quand chacun y trouve son compte, on continue donc.  La phase d’anxiété de séparation (7 à 10 mois) est en effet mieux vécue lorsque le cododo se poursuit.  Ce n’est pas le moment idéal pour faire la coupure, on attendra après et ce sera plus facile et plaisant pour toute la famille.  Ensuite, c’est un choix personnel.  On peut décider d’attendre, pour transférer bébé dans sa chambre, qu’il fasse régulièrement ses nuits (les vraies, de 10-12h), qu’il sache marcher ou lui « donner » sa chambre comme cadeau pour son premier anniversaire, etc.  L’important, c’est que la transition se fasse de façon positive, qu’elle soit présentée à l’enfant comme une nouvelle aventure… pas comme un « bon débarras ».

Bref, pratiquez le cododo tant que vous êtes à l’aise et qu’il y a de la place dans le lit (ça dépend de la taille de la famille… et de celle du lit), ou dans la chambre pour un lit supplémentaire.  Il n’y a rien de malsain, de sexuel, etc. à dormir avec son tout-petit.  Vous n’avez pas à vous en priver, ni à en priver votre enfant.

Notes
* Le terme « adulte » exclut tout au long de cet article les personnes âgées, dont les besoins en sommeil sont différents :  moins de sommeil actif, moins d’heures au total aussi.

**  Ce n’est pas le cododo en soi qui est dangereux donc, contrairement à ce que plusieurs croient.  Il y a certaines pratiques de cododo dangereuses, cependant.  Et, par conséquent, plutôt que de mettre en garde contre le cododo (en général), les organisations comme l’Association canadienne de pédiatrie, l’Unicef et l’OMS changent leur fusil d’épaule et le recommandent maintenant, tout en établissant une liste de règles assez strictes à respecter.  Liste de laquelle je ne peux que me réjouir.  Après tout, les 2 tiers de la population mondiale pratiquent le cododo, il ne nous reste qu’à tirer des leçons de leurs enseignements.

Sources
Dr William Sears, Être parent la nuit aussi, Ligue La Leche, 2005.
http://evolutionaryparenting.com/proving-the-harm-in-early-sleep-training/
http://cododo.free.fr/articles/McKenna.htm
http://www.lllfrance.org/Dossiers-de-l-allaitement/DA-61-Ne-laissez-pas-pleurer-les-bebes.html
http://evolutionaryparenting.com/normal-infant-sleep-part-i/
Elizabeth Pantley, Un sommeil paisible et sans pleurs, 2005.

Cliquer pour accéder à brochure-la-nuit-aussi.pdf


http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-46-Ainsi-dorment-les-bebes.html
http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-34-Faut-il-apprendre-aux-bebes-a-dormir.html
http://www.lllfrance.org/Feuillets-de-LLL-France/Problemes-de-sommeil.html
http://www.mamaneprouvette.com/2013/11/lemmaillotage-un-risque-pour-les-hanches.html
http://www.vetementallaitement.ca/2013/10/09/la-nuit-jallaite-ou-je-dors/
http://www.psychologies.com/Famille/Maternite/Bebe/Articles-et-Dossiers/Comprendre-et-apaiser-les-pleurs-de-bebe/Interview-de-Claude-Suzanne-Didierjean-Jouveau/Laisser-un-bebe-pleurer-pourrait-donc-avoir-des-consequences-nefastes-sur-son-equilibre-emotionnel
http://maternage.6mablog.com/post/2010/05/11/Changer-la-routine-de-sommeil-dans-le-lit-familial-dr-Jay-Gordon
http://www.lepoint.fr/societe/video-faut-il-laisser-pleurer-un-bebe-la-nuit-01-03-2014-1796748_23.php
http://www.sciencedaily.com/releases/2011/11/111102124955.htm

Liens pertinents sur le sujet
http://allaiterbonheuretraison.wordpress.com/2013/10/05/msn-allaitement-et-sommeil-partage-le-point/
http://allaiterbonheuretraison.wordpress.com/2013/09/06/sommeil-du-nouveau-ne-et-de-sa-mere-liens-avec-lallaitement/
https://zalahmaterne.wordpress.com/2013/06/28/la-methode-du-5-10-15-quand-la-medecine-encourage-la-maltraitance/

Des matins délicieux pour petits bedons affamés

Je ne prétendrai pas réinventer la roue dans ce billet.  Mais il est toujours bon de se rappeler que nos classiques peuvent être améliorés pour mieux correspondre à nos nouveaux choix santé de maman.

Voici donc le menu de mon brunch presque parfait du dimanche … et de plusieurs petits mercredis ordinaires !  À partager en famille autour d’une grande table avec une abondance de fruits frais de saison.

Crêpes joyeuses

Ingrédients :
– 1 1/4 tasse de farine à grains entiers d’épeautre, de Kamut ou d’un mélange des deux
– 1/2 tasse de farine de sarrasin
– 1 3/4 tasse de boisson d’amande
–  6 oeufs
–  2 bananes très mûres écrasées à la fourchette
–  1 c. à thé de vanille

Préparation :
Dans un grand bol, mélanger tous les ingrédients à l’aide d’un fouet jusqu’à l’obtention d’une texture uniforme.
Faire cuire à la poêle dans une petite quantité de margarine faite d’huile de canola (donne environ 10 crêpes).
Servir chaudes avec de la purée de fruits, du beurre de noix, du yogourt ou des morceaux de fruits et un filet de sirop d’érable.

Variantes :
Pour des crêpes plus moelleuses, ajouter 1 c. à thé de bicarbonate de soude ou de levure chimique au mélange.
Pour un goût époustouflant, remplacer une des deux bananes par environ 1/2 tasse de purée d’abricot faite maison.
Ajouter jusqu’à 1/2 c. table de graines de lin moulues.
Pour un bébé ou un tout-petit qui a besoin d’un petit supplément de fer, remplacer 1/4 de tasse de farine d’épeautre ou de Kamut par une quantité égale de farine de sarrasin ou par 1/2 tasse de céréales biologiques pour bébé.  Personnellement, je choisis les céréales de la marque Healthy Times, soit les céréales d’orge, soit les céréales de gruau avec pêches et bananes.

Smoothie souriant

Ingrédients :
1 sachet de 600g de fruits surgelés légèrement dégelé (fraises, petits fruits, pêches, mangues… à votre choix)
Des fruits frais :  1 grosse poignée de fraises, une pêche bien mûre, un kiwi tendre ou une demi-banane
1 tasse de boisson d’amande
1 ou 2 c. à table de graines de lin moulues
1 c. à table de graines de chanvre moulues

Préparation :
Verser la boisson d’amande et les graines de lin et de chanvre moulues dans le mélangeur.
Ajouter les fruits frais coupés en morceaux et mélanger bien.
Ajouter les fruits surgelés par grosses poignées, en mélangeant bien chaque fois.  Ajouter un peu de jus d’orange pur à 100% ou de boisson d’amande si le mélange est trop épais.
Servir aussitôt fait dans de jolis verres.  Mes enfants adorent le boire à la paille.

Variantes :
Remplacer les graines de lin et de chanvre par 1 c. à table de beurre d’amande, de noisette, de noix de cajou ou d’arachide.
Ajouter de la spiruline (¼ c. à thé maximum par portion, soit environ 1 c. à thé ici).  Attention à la teinte du smoothie puisque la spiruline a une couleur verte bleuâtre assez imposante.
Remplacer les graines de lin et de chanvre par deux oeufs crus.
Ajouter des légumes :  de la carotte dans un smoothie jaune ou orangé, de la betterave crue dans un smoothie rose, des épinards frais ou du chou Kale dans un smoothie vert…  Soyez créatifs !

Coquines galettes à la banane

Ingrédients :
1 1/2 tasse de farine d’épeautre à grains entiers
1 tasses de farine de blé non blanchie
1 c. à thé de bicarbonate de soude
1 pincée de sel
2 oeufs battus
3 grosses bananes très mûres écrasées
1/3 de tasse de miel
2/3 de tasse de beurre ou de margarine fondu(e)
1 c. à thé de vanille

Préparation :
Mélanger ensemble la farine, le sel et le bicarbonate de soude.
Mélanger ensemble les oeufs battus, les bananes écrasées, le miel, le beurre fondu et la vanille.
Ajouter le mélange sec au mélange humide et mélanger à la cuillère.
Disposer sur deux tôles à biscuit avec papier parchemin, en 24 cuillerées d’égale grosseur.
Cuire au four préchauffé à 375F, environ 10 minutes.

Variante :
Ajouter une poignée de pépites de chocolat ou de fruits séchés au mélange pour obtenir de grands sourires d’enfants ravis.

Gruau en galettes épanouies

Ingrédients :
2 tasses de flocons d’avoine
1/3 de tasse de boisson d’amande
2 bananes mûres écrasées
3/4 de tasse de purée d’abricot faite maison
1/3 de tasse de canneberges séchées
1 c. à thé de vanille

Préparation :
Mélanger tous les ingrédients dans un grand bol.
Disposer en 12 portions égales sur une tôle à biscuits avec papier parchemin.
Cuire au four à 350F, pendant environ 18 minutes.

Variantes :
Remplacer les canneberges séchées par des baies de Goji séchées.
Remplacer la purée d’abricot par de la compote de pomme ou la purée d’un autre fruit que vous adorez.

 

Pain multigrain maison

* personnellement, j’exécute cette recette à l’aide d’une machine à pain; je ne garantie donc pas qu’elle est adaptée à un pétrissage manuel. 

Ingrédients
1 ½ tasse d’eau tiède (environ 30-32°C)
1 c. à table d’huile d’olive
1 c. à thé de sel
1 c. à table de miel
1 tasse de farine de blé intégrale à pain
1 tasse de farine d’épeautre entière
1 tasse de farine de Kamut entière
1 tasse d’autres farines et de graines moulues mélangées : (1 c. à table de chacune) graines de lin moulues, son d’avoine, farine de pois chiches, poudre d’amande; (2 ou 3 c. à table de chacune, environ, au goût) farines de seigle, d’orge, de maïs, de sorgho entière, de millet.
2 c. à table de farine de gluten
2 ¼ c. à thé de levure sèche pour machine à pain

Préparation
Mettre les ingrédients dans le moule à pain selon l’ordre dans lequel ils sont énumérés dans la liste.
Sélectionner le mode pain blanc (1), la taille 2lbs (gros) et la croûte light.
Pendant le dernier levage, faire 2 ou 3 pauses pour permettre au pain de lever plus longtemps.
* Personnellement, même au mode light, j’interromps la cuisson environ 4 minutes avant la fin, sinon je trouve la croûte trop épaisse et dure.
Servir encore tiède avec du beurre, un beurre de noix ou votre tartinade au chocolat faite maison.  Un délice !

Bon appétit !

Pensée du jour

Elle n’est pas de moi. Mais il y a des jours comme ça où une phrase qu’on a déjà lue quelque part (où donc, hein?) et qu’on ne peut que citer (déformer) de mémoire exprime parfaitement ce qu’on vit. Alors voilà ma pensée de ce samedi 21 septembre 2013 :

Un enfant n’a jamais tant besoin d’amour que lorsqu’il ne le mérite pas.