Pourquoi l’enfant de 18 mois ne mange pas ?

Vous ne savez plus quoi faire de votre tout-petit qui vous donne l’impression de ne rien avaler dans une journée ?  Les repas sont des moments pénibles et stressants ?
Quelques pistes de réflexion pour envisager le problème plus calmement :

1. La croissance : Fulgurante durant la première année, la croissance ralentit beaucoup après le premier anniversaire, même si elle demeure impressionnante durant toute l’enfance. Ainsi, l’enfant moyen naît à 7 lbs, double son poids (14 lbs) vers 4 mois, le triple (21 lbs) vers 15 mois, mais ne le quadruple (28 lbs) que vers 2 ans 1/2. Avec le ralentissement de la croissance, la diminution de l’appétit est tout à fait normale.

2. Les dents : Les poussées dentaires sont souvent causes de nuits et de repas difficiles, de nez qui coulent et d’humeur massacrante. Au cours de la deuxième année, l’enfant va percer quelques grosses dents pour aboutir à un total de 16 (il percera encore 4 molaires, pour un total de 20 dents de lait au cours de sa troisième année). Si certaines poussées dentaires passeront heureusement inaperçues, d’autres couperont l’appétit pour quelques repas.

3. La phase du non : Quelque part entre 18 et 24 mois, l’enfant entrera dans la phase du non. « Veux pas », « veux pu », « pas ça » et « non » deviendront ses expressions favorites. Chiante au possible, cette phase du développement permet à l’enfant d’apprendre à s’affirmer et de tester les limites et l’amour parentaux. La nourriture semble être le terrain d’expression préféré de bien des tout-petits pendant cette phase où leurs goûts se forment et s’affirment. Par exemple en refusant catégoriquement de manger ce qui la veille était son plat favori.  Moins on fait de cas de leurs refus incompréhensibles, moins on leur montre qu’on s’inquiète qu’ils ne mangent pas, et plus vite ça leur passe…

4. Les soupers trop tardifs : Avec la reprise du travail pour de nombreuses mamans vers la fin de la première année de bébé, on adopte souvent un nouvel horaire où le souper est plus tardif. Un enfant avec lequel on commence la routine du dodo vers 19h pour le coucher vers 19h30 ou 20h est trop fatigué pour bien manger si on soupe tard. Idéalement, son assiette devrait être posée sur la table entre 17h et 17h30. 18h, c’est la limite extrême : la plupart des petits sont déjà difficiles. Plus tard, c’est peine perdue avec presque tous :  imaginez si on vous servait votre repas à 21h30 comment vous vous sentiriez…

5. Le jeu : Ce n’est un secret pour personne, les tout-petits adorent jouer ! Ils n’ont tout simplement « pas le temps » de manger, une activité pour plusieurs longue, répétitive et dénuée d’intérêt (l’enthousiasme des premiers mois s’est émoussé). C’est tout particulièrement frappant le matin : privé de ses jouets toute la nuit, le petit n’a qu’une hâte : les retrouver. Et voilà qu’on l’installe à table… misère ! Vous pouvez laisser votre enfant jouer 15-20 minutes au réveil avant de l’amener manger, cela aide. Faire de vos repas des moments plaisants, pendant lesquels on discute et rit contribue aussi à garder l’enfant à table.

6. Le lait : L’enfant a besoin de boire du lait au moins jusque vers 3 ans. Idéalement, il boira le lait maternel, au sein ou exprimé. Entre 12 et 24 mois, il aura besoin de 3 ou 4 tétées par jour pour satisfaire ses besoins. S’il n’est plus allaité ou allaité partiellement (moins de 3 tétées quotidiennes), on devra lui offrir un substitut de lait. Ce pourra être une boisson de soya enrichie, du lait de chèvre, du lait de vache, de la boisson d’amande… Dans tous les cas, on devra veiller à ce qu’il n’en boive pas trop parce que le lait coupe rapidement l’appétit pour les autres aliments. L’enfant qui n’est plus du tout allaité devrait boire entre 16 et 20 onces de lait par jour jusqu’à 18 mois (500 ml ou un peu plus), puis entre 12 et 16 onces de lait ensuite, pour le reste de la petite enfance. On coupera 4 onces (125 ml) de cette quantité pour chaque tétée. On pourra lui offrir en plus un maximum de 2 portions de produits laitiers (yogourt, fromage) chaque jour. Encore une fois, on coupera 4 onces (125 ml) de lait pour chaque portion supplémentaire de produit laitier si on en offre plus de deux.

7. Le jus : Les enfants n’ont pas besoin de boire du jus. L’eau est bien meilleure pour étancher leur soif. Cependant, il peut faire un bel accompagnement au déjeuner, repas où boire de l’eau semble moins apprécié. Le jus étant très sucré, il coupe rapidement l’appétit lui aussi. On ne devrait donc jamais en offrir plus de 4 onces (125 ml) par jour à son enfant, ni en donner peu de temps avant les repas. Et on devrait s’assurer de choisir un vrai jus, pur à 100%, sans ajouts de sucre ou de substituts de sucre, ni colorants ou saveurs artificielles…  ou encore mieux, prendre l’habitude d’offrir du smoothie, beaucoup plus nourrissant que le jus.

8.  Les déjeuners trop sucrés :  Quand un enfant chipote dans son assiette au déjeuner, ses parents ont tendance à tenter de l’amadouer en lui servant des aliments qui leur paraissent plus attirants.  C’est ainsi qu’ils remplacent la rôtie à la confiture de fraise par une rôtie au Nutella ou le bol de Cherrios par un bol de Fruit Loops.  Or, c’est le plus souvent totalement contre-productif et l’enfant finit par manger encore moins.  C’est que trop de sucre au déjeuner, ça peut écœurer.  Étonnamment, pour mieux manger, l’enfant a souvent besoin de l’inverse.  Une proposition de repas plus saine, plus riche en protéines et en bons gras, contenant des glucides complexes et très peu de sucre :  un oeuf ou une crêpe, une rôtie au beurre de noix de cajou, bref un aliment qui va réellement lui donner de l’énergie et le soutenir, même s’il mange une petite portion seulement.

9. Les collations : Certains enfants ont besoin de trois collations par jour (avant-midi, après-midi, avant le dodo). D’autres de deux seulement. D’autres d’une seule. D’autres d’aucune. D’autres encore seront très irréguliers, surtout quand les poussées de croissance viendront mélanger les cartes. Soyez attentifs à la multiplication des collations et à leur qualité. Les collations devraient être composées de vrais aliments. Cela semble bête à dire, mais les sucreries ne sont pas des collations, pas plus que les aliments qu’on ne peut associer à aucun des 4 groupes alimentaires. Certains enfants deviennent des experts du grignotage : ne mangeant à aucun repas, ils passent leur journée à exiger des collations. Ils peuvent en prendre jusqu’à 4 entre le déjeuner et le dîner… Une seule collation suffit à chacun des 3 moments identifiés plus haut. Si l’enfant a encore faim, on pourra devancer légèrement l’heure du prochain repas.

10.  La télé :  Quand les repas se prennent devant la télé, les tout-petits adoptent généralement l’un de ces deux comportement destructeurs :  soit ils sont trop absorbés pour porter attention à leur signaux de satiété et se suralimentent, soit ils sont trop obnubilés par les images pour ressentir leur faim et penser à manger ;  leur repas refroidit dans l’assiette et il n’est plus très appétissant.  Dans le premier cas, ce sont l’obésité et les désordres alimentaires (boulimie, etc.) qui guettent l’enfant dans un avenir plus ou moins rapproché; dans le second, ce sont les carences et le manque d’énergie.  Éteignez la télé à l’heure des repas.  De toute façon, les enfants de moins de 3 ans ne devraient jamais regarder la télé (mais c’est là un autre sujet…)

11.  Les repas de piètre qualité à la garderie : Si vous tentez d’offrir une alimentation de qualité à votre enfant, mettant en vedette une belle variété de légumes, de légumineuses, de fruits frais et de céréales à grains entiers, vous devriez vous assurer qu’il en va de même là où il est gardé s’il ne passe pas la journée avec vous. Parce que l’enfant à qui on en sert développe rapidement une préférence pour les aliments vides, gras, sucrés et salés, préférence qui l’amène à dédaigner vos bons repas. Si l’enfant mange bien à la garderie mais pas à la maison, vérifiez qu’on ne lui serve pas quotidiennement là-bas des croquettes de poulet, de la pizza, du jambon, des saucisses, des desserts du commerce, du sirop de jus et autres délices du même genre.

12.  Les repas de moins bonne qualité à la maison :  C’est le pendant négatif (l’inverse) de la situation précédente.  Si votre enfant va dans une garderie où on lui propose une alimentation très saine, pleine de couleurs vives, de légumes crus et de fruits frais, il se peut qu’il développe un certain dédain pour vos aliments en sauce brune, le gros morceaux de viande rouge qui prend toute la place dans l’assiette, les légumes en conserve tout fades, etc. que vous lui servez au souper.  Les enfants mangent d’abord avec leurs yeux et sont des juges culinaires impitoyables !  Ma Fée, par exemple, adore tous les poissons.  Mais attention, frais seulement !  Je lui sers un filet d’aiglefin qui a passé quelques semaines au congélateur :  c’est sûr qu’elle n’ira pas plus loin que la première bouchée.

Bon appétit, tout-petits !

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