La douce et furieuse venue au monde de ma Frimousse

En écho à mon article précédent, et parce qu’une personne dont l’opinion compte beaucoup pour moi m’a fait remarquer qu’avec la teneur et le ton de mes derniers textes, il y avait de quoi décourager de mettre au monde des enfants, j’ai décidé de partager le récit de la naissance de ma pétillante Frimousse, si différente de celle de sa grande sœur.

Comme quoi il est possible d’accoucher deux fois dans le même hôpital et de vivre deux expériences totalement opposées.  Comme quoi il est permis d’espérer que les soins périnataux s’améliorent en milieu hospitalier.

La naissance de ma deuxième fille était prévue le 28 octobre 2011.  C’était, à deux années près, exactement la même date que la naissance prévue de sa grande soeur qui, elle, était arrivée 3 jours à l’avance.  Plusieurs avaient d’ailleurs parié qu’elles auraient la même date d’anniversaire.  Mais la petite coquine n’est venue au monde ni le 25 ni le 28.  Elle avait décidé de nous faire languir un peu.  Tant qu’à avoir attendu, je croisais les doigts pour qu’elle me fasse le cadeau d’arriver le 2 novembre, comme mon grand-papa d’amour.  Mais cette charmante Frimousse a choisi une tout autre date, et pas n’importe laquelle :  le 31 octobre, jour de l’Halloween.

C’était un lundi et mon Hobbit était parti travailler.  Ma petite Fée et moi avons dîné puis, un peu après 13h, je l’ai amenée s’étendre dans mon lit pour la sieste.  Elle s’est endormie presque immédiatement et j’ai eu une première contraction quelques minutes plus tard, allongée là.  Elle était étonnamment forte pour une première.  J’avais eu des contractions toute ma grossesse précédente ; cette fois, presque pas.  Comme j’avais une grosse contraction toutes les 10 minutes (j’avais le réveille-matin devant les yeux), impossible de dormir.  Je suis donc allée à la salle de bain, prendre une douche et me faire belle, juste au cas…  À chaque contraction, je prenais appui sur la vanité ou sur le mur de la douche pour balancer mes hanches, seule chose qui me soulageait.  J’ai pris mon temps, bien épilé mes jambes et le reste, démêlé et coiffé mes cheveux, massé tout mon corps de crème hydratante, choisi mes beaux vêtements les plus confortables.  J’avais l’impression que les contractions s’étaient rapprochées, ce dont j’ai eu la confirmation en allant à la cuisine et en les minutant grâce au micro-ondes, balançant encore des hanches, appuyée au comptoir lunch.  Toutes les 6 minutes, maintenant.

J’ai téléphoné à ma mère, pour l’avertir qu’il était fort probable que je lui emmène sa  pensionnaire temporaire de petite-fille avant le souper.  J’ai téléphoné à mon Hobbit et lui ai laissé pour message de lâcher son ouvrage sur-le-champ et de venir me rejoindre, message qu’il n’a pris qu’à la fin de sa journée de travail, une heure plus tard, bien sûr.  Quand le Hobbit est rentré, je lui ai donné 2 minutes pour se changer, j’avais mis ma valise et celle de ma petite Fée dans l’entrée et j’étais en train de remplir la sienne, mon manteau sur le dos.

Nous sommes arrivés à l’hôpital un peu avant 17h. Les contractions suivaient le patron suivant :  une très intense, 5 minutes, une plus petite, 2 ou 3 minutes.  J’avais trouvé mes 50 minutes de voiture extrêmement pénibles et il n’était plus question que je m’assois ou que je m’allonge une seconde de plus que nécessaire.  J’étais dilatée à 5.

Je suis tombée sur une infirmière géniale.  Elle m’a fait un massage du dos pendant que j’étais sur le ballon, m’a dit qu’elle était enchantée de ma volonté d’accoucher naturellement et qu’elle espérait m’aider à vivre cette belle expérience.  Elle a montré à mon Hobbit, trop fébrile et sur le point de devenir insupportable malgré une volonté de bien faire, à me caresser le ventre durant les contractions en se tenant debout derrière moi, le bassin soudé au mien qui oscillait, pour me « distraire » de ma douleur en obligeant mon esprit à se concentrer sur une sensation agréable.  Je ne l’aurais jamais cru, mais ça a tres bien fonctionné pendant plus d’une heure.

Ensuite, je l’ai repoussé.  Soudain et sans raison, ses caresses me jouaient sur les nerfs au lieu de me soulager.  L’infirmière trop merveilleuse a tout de suite proposé le bain.  Je l’ai demandé bouillant.  J’y suis restée durant 2 heures, toutes lumières éteintes, les yeux fermés, mon Hobbit, que j’oubliais presque, assis dans le coin à roupiller (il se lève à 5h pour son travail, le pauvre était si fatigué).  Entre les contractions, je somnolais dans le bain, j’étais franchement bien.  Pendant les contractions, je soulevais mon bassin et j’oscillais de droite à gauche, comme un bateau bercé par la vague.  Les contractions étaient un peu moins rapprochées, toutes très intenses.  Je me sentais en transe, je n’avais pas la notion du temps.  Et bizarrement, je n’étais plus tellement pressée que ça se termine.

Soudain, pendant une contraction, j’ai senti quelque chose fuser de moi.  Mon Hobbit a ouvert la lumière et voyant les trainées rosâtres entre mes jambes, j’ai su que j’avais perdu les eaux.  L’infirmière m’a enjointe à regagner la chambre pour que le médecin résident vérifie mon col.  J’étais dilatée à 9.  Je me suis assise sur le ballon et j’ai ressenti une contraction épouvantable.  J’ai grogné.  Ensuite, les contractions étaient aux 2 ou 3 minutes et toutes insupportables.  J’ai grogné : « bébé, t’es mieux d’arriver bien vite, maman n’en peux plus, je déteste accoucher… pourquoi ça fait si mal ???!!! »  ou quelque chose du genre, puis, sans transition et les yeux bien ronds de surprise (d’après mon Hobbit), « ça pousse, ça pousse tout seul ».

Je n’ai eu le moniteur pour le coeur que 3 fois durant tout le travail, aucun soluté, rien qui me rappelle trop vivement que j’étais à l’hôpital, et je l’ai beaucoup apprécié.

Le médecin venait d’entrer, il a dit : « juste à temps pour ne pas manquer le spectacle », l’infirmière m’a fait m’allonger et le médecin a signifié qu’il était prêt.  Pas d’étriers, juste moi allongée sur un lit, libre de me placer comme je le sentais.  J’ai poussé une première fois en me relevant jusqu’à être presque assise, avec l’impression que ça n’avait rien donné.  À la seconde poussée, j’ai senti la tête passer le col, puis après la contraction, retourner derrière.  Aouch !  À la troisième poussée, j’allais arrêter, ma contraction me semblant terminée, mais le médecin a dit : « un dernier petit coup, on ne va pas se faire attendre encore trois minutes, elle est là » et j’ai poussé de toutes mes dernières forces.  J’ai senti une vive brûlure et eu la désagréable impression que le médecin faisait faire une pirouette au bébé les jambes encore en moi (ce qui était plutôt exact, elle avait le cordon autour du cou), puis il a donné ma Frimousse, qui hurlait comme une démente, à mon Hobbit ému pour que ce soit lui qui la dépose sur mon ventre.  J’ai vu la fierté dans ses yeux.  Il était 21h03.

Je n’avais plus de jaquette d’hôpital.  Mon Hobbit a dit que je l’avais lancée au bout de mes bras après la première poussée (je ne me souviens pas de ça  Surprised ) et cette minuscule Frimousse me regardait avec d’immenses yeux bleu clair, calme et curieuse.  Elle était parfaite, pas du tout bleutée, et toute chevelue.  Papa a coupé le cordon, le médecin a pris le don de sang et m’a recousue.  J’ai entendu un « 2 » rassurant, je ne m’occupais plus de lui.  La petite Frimousse toute neuve s’est mise à me farfouiller avec son petit nez en me grattant avec ses orteils pour grimper.  Comme elle n’arrivait pas à agripper le sein (j’étais sur le dos), elle a commencé à hurler (sérieusement, elle n’a jamais vagi comme le font les bébés, elle hurlait tellement fort !) et le médecin s’est exclamé : « mais je fais de mon mieux, je vais aussi vite que je peux, elle a du caractère celle-là ! ».  Heureusement, c’était terminé, j’ai pu me redresser et bébé s’est littéralement jetée sur mon sein pour prendre sa première tétée.

C’est pendant qu’elle buvait (longtemps, longtemps) que son papa et moi nous sommes entendus sur son prénom (nous avons tergiversé toute ma grossesse durant), et elle est très pétillante, notre « lumière ».

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