Archives

Mangez-vous équilibré ?

Le billet d’aujourd’hui se veut bref et ludique.

Quand j’ai eu ma première fille, j’ai décidé que nous allions manger sainement.  (Oui, on s’en fait des promesses après un haut-le-coeur de femme enceinte, attablée dans un resto de rapide-manger…)
Je ne mangeais déjà pas trop mal en général (merci maman pour les bonnes habitudes !), mais je souhaitais faire un pas de plus.  Au fil de ces 5 années, j’en ai finalement fait plusieurs (dont quelques uns à reculons…).  Et si notre alimentation est toujours loin d’être parfaite, je suis plus en harmonie avec ce que je mets dans nos assiettes maintenant.

Choisir des aliments sains, pour moi, ce n’était pas la partie difficile.  Varier non plus.
Équilibrer l’assiette est un défi plus constant.

Alors voilà pourquoi je vous propose le petit test suivant.  Vous le faites pour vous, avec sincérité, en vous demandant si c’est généralement comme ça que sont proportionnés vos repas.  Et je vous donne la bonne réponse tout de suite.  Même pas besoin d’attendre !

Si les aliments protéinés (viandes et substituts, incluant les produits laitiers) sont en rose,
les féculents (pain, pâtes, pommes de terre, riz, …) en jaune,
et les légumes en vert,
quelle est l’assiette bien proportionnée pour un dîner ou un souper ?

1 tiersféculentslégumesrond
Facile ? Bon.

Je ne vous fais pas languir.  Mais promettez-moi de vérifier honnêtement le contenu de votre assiette…

Alors, non, on ne devrait pas servir les 3 groupes en portions égales (image 1).
Ni servir une petite portion de viande et 2 portions égales de légumes et de féculents (image 4).

L’assiette bien équilibrée est divisée selon le modèle ½ + ¼ + ¼.
Et quel groupe alimentaire est le grand gagnant dont on devrait à chaque repas manger 2 fois plus que les autres ?  Les légumes, bien sûr !

C’est donc l’assiette de l’image 3 qui est bien équilibrée.

Mais je suis sûre que vous le saviez…

Puisque je vous ai demandé l’honnêteté, je commence.  Ma tendance naturelle est à l’assiette en 3 portions égales.  Mais je me soigne.  J’arrive de plus en plus souvent au résultat optimal.  À défaut de mes enfants, ce sont mes intestins qui me disent merci !

Sur ce, bonne cuisine ce soir !

Advertisements

Mettre les légumineuses au menu

Pour poursuivre dans la même veine qu’avec l’un de mes derniers billets (celui sur l’avocat, pour lequel j’ai reçu un accueil plus que chaleureux), je voulais vous donner quelques unes de mes recettes personnelles pour mettre les légumineuses au menu plus souvent.

Dans mon enfance, je ne connaissais des légumineuses que les affreuses fèves au lard, et les flatulences qui venaient avec.  Un horrible souvenir !  Pas de quoi me donner le goût d’en cuisiner maintenant que je suis adulte et maman, ce que je n’ai jamais fait d’ailleurs.  En fait, c’est même à cause des fèves au lard que j’ai mis tant de temps à goûter les autres légumineuses.  Mais maintenant, je ne pourrais plus m’en passer… et j’espère que bientôt, vous non plus, aussi rébarbatives vous semblent-elles peut-être aujourd’hui !

Alors, d’abord, pourquoi manger des légumineuses ?

Tout simplement parce qu’elles sont un choix à la fois économique, écoresponsable et délicieux.  En effet, elles permettent de préparer un repas végétarien (ou à teneur réduite en protéines animales) équilibré et nutritif pour un prix très raisonnable.
Mais aussi parce qu’elles sont une source incroyable de fer et contiennent d’autres minéraux indispensables, comme le magnésium, le calcium et le zinc, ainsi qu’une belle variété de vitamines, dont celles si précieuses du complexe B.
Et parce qu’elles ont un fort pouvoir rassasiant, grâce à leur haute teneur en fibres et en protéines végétales de grande qualité, qui assurent un bel apport en acides aminés essentiels.
Bref, elles remplacent avantageusement la viande sur le plan nutritionnel.

Alors, pour vous prouver que les légumineuses ne sont ni tristes, ni fades, ni chiches, ni pâteuses, ni tous ces défauts qu’on leur attribue par méconnaissance, place aux recettes !

Je commence avec les potages, car c’est la façon la plus facile de faire consommer des légumineuses à des enfants peu ouverts aux nouveaux aliments ou à un conjoint résistant aux repas végétariens.  Évidemment, parce qu’ici, les légumineuses, on ne les voit pas !

Velouté vert

Ingrédients
– ½ tasse de lentilles vertes sèches
– 946 ml de bouillon de poulet ou de légumes biologique
– 1 gros pied de brocoli
– 8 à 10 asperges
– 2 poignées d’épinards
– 1 courgette verte ou 1 poireau
– ½ poivron vert
– 2 ou 3 pommes de terre
– 1 gros oignon
– 2 c. à table d’huile d’avocat ou de canola
– 1 c. à thé de chaque :  coriandre moulue, persil, sel de céleri et⁄ou graines de céleri, fenouil moulu
– poivre (et sel), au goût
– crème 15%, au goût, facultative

Préparation
La veille (12h environ avant de cuisiner) :  mettre les lentilles à tremper dans de l’eau tiède avec ½ c. à table de vinaigre.*
– Au moment de commencer :  jeter l’eau de trempage, rincer abondamment les lentilles à l’eau froide.  Les mettre à cuire dans un chaudron d’eau bouillante, à feu réduit, pendant environ 30 minutes.
– Pendant ce temps, laver et peler l’oignon et les pommes de terre, et les couper en morceaux.
– Suer l’oignon dans l’huile.
– Ajouter le bouillon, amener à ébullition.
– Ajouter les pommes de terre, baisser le feu, laisser mijoter 10 minutes.
– Pendant ce temps, laver les autres légumes et les couper en morceaux.
– Ajouter les autres légumes, les herbes et le poivre, laisser mijoter jusqu’à tendreté, soit 15 minutes environ.
– Égoutter les lentilles et les mélanger au reste.
– Passer le tout au mélangeur longuement.  Ajouter un peu d’eau ou de bouillon, si nécessaire.
– Au moment de servir, si désiré, ajouter la crème.

Cette recette se congèle très bien, à condition de ne pas y mettre la crème.  Si jamais la texture s’est dégradée à la suite de la congélation, il suffit de mélanger vigoureusement le potage à l’aide d’un fouet pour lui redonner toute sa splendeur.

*  Faire tremper les lentilles, comme toutes les légumineuses d’ailleurs, est indispensable.  La plupart ont besoin de 8 à 12 heures de trempages.  Cela permet de réduire le temps de cuisson et d’augmenter la biodisponibilité de leurs nutriments.  Cela réduit du même coup les risques de gaz et de flatulences.

 

Potage d’automne

Ingrédients
– 1 tasse de lentilles rouges sèches
– 946 ml de bouillon de poulet ou de légumes biologique
– 8 à 10 carottes
– 1 grosse courge Butternut
– 1 petit navet
– ½ poivron rouge et ½ poivron jaune ou orangé
– 2 ou 3 pommes de terre (on peut remplacer 1 pomme de terre par une patate douce)
– 1 gros oignon
– 2 c. à table d’huile d’avocat ou de canola
– 1 c. à table de gingembre frais, râpé
– 1 ou 2 gousses d’ail
– ½ c. à table de chaque : coriandre moulue, curcuma moulu, poudre de cari
– poivre (et sel), au goût
– 2 c. à table combles de beurre de graines de citrouille ou de beurre de sésame (tahini)
– crème 15%, au goût, facultative

Préparation
– 1 heure avant de cuisiner :  mettre les lentilles rouges à tremper dans un peu d’eau tiède avec ½ c. à table de vinaigre.
– Peler et couper l’oignon, puis le suer dans l’huile.
– Ajouter le bouillon et amener à ébullition.
– Laver, peler, couper en morceaux tous les légumes.  Les ajouter à la soupe.
– Ajouter le gingembre, la coriandre, le curcuma, le cari, l’ail et le poivre.
– Rincer abondamment les lentilles rouges.  Les ajouter à la soupe,  laisser mijoter environ 15 minutes.
– Passer le tout au mélangeur jusqu’à obtenir une consistance bien lisse.
– Ajouter le beurre de sésame ou de graines de citrouille et mélanger encore.
– Au moment de servir, ajouter, si désiré, la crème.

Cette recette se congèle et se conserve très bien.  Je conseille toutefois de ne pas ajouter le beurre de sésame ou de graines de citrouilles, ni la crème 15%, avant la congélation.  Ils pourront être ajoutés au moment de servir.  Quelques coups de fouet seront suffisants pour bien les intégrer au mélange et redonner à ce potage sa jolie texture.

 

Velouté de chou-fleur et pois chiches à l’indienne

Ma recette est inspirée de celle de Ricardo, que j’ai modifiée juste pour la rendre encore plus grano !

Ingrédients
– 1 tasse de pois chiches secs
– 1 chou-fleur orangé
– 1 petit chou-fleur blanc
– 2 pommes de terre
– 1 gros oignon
– 946 ml de bouillon de poulet ou de légumes biologique
– 1 boîte de 398 ml lait de coco
– 1 c. à table de gingembre frais, haché
– 2 gousses d’ail
– 2 c. à table d’huile d’avocat ou de canola
– 2 c. à thé de chaque : coriandre, garam masala, poudre de cari
– ½ c. à thé de sambal oelek*
– poivre (et sel), au goût
– 1 lime, facultative

Préparation
La veille (12 à 15h avant de cuisiner) :  mettre les pois chiches à tremper dans de l’eau tiède avec ½ c. à table de vinaigre.
– Au moment de commencer :  jeter l’eau de trempage, rincer abondamment les pois chiches à l’eau froide.  Les mettre à cuire dans un chaudron d’eau bouillante, à feu réduit, pendant environ 1h30.
– Dorer l’oignon et le gingembre dans l’huile.
– Ajouter l’ail, les herbes et épices, ainsi que le sambal oelek, cuire 1 minute.
– Ajouter le bouillon et les pommes de terre, laisser mijoter 15 minutes.
– Ajouter le chou-fleur et le lait de coco et laisser mijoter environ 10 minutes, jusqu’à tendreté des légumes.
– Jeter l’eau de cuisson des pois chiches et les mélanger au reste de la soupe.
– Passer le tout au mélangeur jusqu’à l’obtention d’une texture lisse.
– Au moment de servir, ajouter le jus d’un quart de la lime directement dans chaque bol, si désiré.

* Le sambal oelek est une pâte de piment très relevée, dont le goût peut ne pas plaire aux jeunes enfants.  Sa présence est facultative.

 

Hummus

Je ne pourrais pas parler de légumineuses sans aborder l’hummus, un plat traditionnel tellement simple et nutritif.  Chez moi, l’hummus est le roi de la collation d’après-midi.  Il suffit d’une assiette très classique de crudités (concombres, poivrons en lanières, carottes, etc.) pour l’accompagner et le rendre attrayant.

Hummus

On trouve au supermarché de l’hummus tout fait dont la liste des ingrédients est bien satisfaisante, et le goût plus que correct.  Mais on peut aussi faire son hummus à la maison.  Non seulement ce n’est pas compliqué, mais en plus, on peut y ajouter un p’tit plus à notre goût et on a la chance de le faire avec des pois chiches trempés, et donc plus digestes, plus nutritifs.

Le Net regorge de recettes d’hummus et je n’en ai pas vraiment d’originale à proposer.  Mais voilà une recette de base, que vous pourrez ensuite adapter selon vos goûts et vos humeurs.  Par exemple, moi, j’y ajoute généralement la moitié d’un oignon caramélisé.

Ingrédients
– ½ tasse de pois chiches secs (100-125 grammes)
– 1 c. à table de beurre de sésame (tahini)
– 1 c. à table d’huile d’olive
– ½ tasse d’eau fraîche
– 1 gousse d’ail
– 1 pincée de sel
– ½ c. à table de jus de citron

Préparation
– La veille (12 à 15h avant de cuisiner), mettre les pois chiches à tremper dans un peu d’eau tiède avec ½ c. à table de vinaigre.
–  Égoutter et rincer abondamment les pois chiches, les mettre dans l’eau bouillante et les laisser mijoter environ 1h30, puis jeter l’eau de cuisson.
– Passer l’ensemble des ingrédients au mélangeur jusqu’à l’obtention d’une texture uniforme.  Si votre mélangeur n’est pas très puissant, il vous faudra peut-être d’abord retirer la peau de vos pois chiches.  Personnellement, je ne me donne pas cette peine, mais il m’arrive d’ajouter une seconde c. à table d’huile d’olive pour donner un répit au mélangeur et le résultat est très bien aussi !

L’hummus fait maison se conserve facilement 4 jours au frigo.

 

Roulés à la dinde et aux haricots noirs

Pour 2 adultes et 2 jeunes enfants

Ingrédients
– 3 grandes tortillas à grains entiers
– 12 tranches de dinde à sandwich entièrement faite d’ingrédients naturels
– Environ 350g d’hummus de haricots noirs*
– 1 gros avocat
– 1 gros concombre

Préparation
– Trancher le concombre  et l’avocat en longues lanières minces
– Badigeonner chacune des tortillas d’une épaisse couche d’hummus
– Répartir 4 tranches de dinde sur chaque tortilla, pour en couvrir à peu près toute la surface
– Recouvrir les tortillas des bâtonnets de concombre et d’avocat, le tiers pour chacune
– Rouler le plus serré possible et trancher sur toute la longueur pour obtenir de petites bouchées, à la façon d’amuse-gueules.
– Servir immédiatemment

*  Pour faire cet hummus à la maison, il suffit de suivre la recette d’hummus donnée précédemment, en troquant les pois chiches pour des haricots noirs et en ajoutant, au goût, de la sauce au piment de votre choix (Tabasco ou autre) ou des piments forts broyés.  Vous pouvez aussi trouver de l’hummus de haricots noirs dans le commerce ;  j’en avais acheté un délicieux (mais légèrement trop relevé à notre goût) chez Costco. On peut aussi faire la recette de roulés avec un hummus traditionnel de pois chiches, maison ou du commerce ;  c’est différent, mais savoureux aussi !

 

Chili con un poquito carne

Je termine avec mon petit chouchou, la plus savoureuse et personnalisée de mes recettes à base de légumineuses, mon chili tout sauf traditionnel !

Ingrédients
– 1 tasse de fèves rouges sèches
– ¾ de tasse de haricots noirs secs
– 500g de porc haché (ou moins)
– 1 aubergine moyenne
– 2 gros oignons
– 2 poivrons verts
– 1 poivron rouge
– 2 branches de céleri
– 1 grosse carotte
– 2 gousses d’ail
– 4 conserves de 398ml de sauce tomate biologique
– ½ tasse de ketchup biologique ou de sauce chili commerciale
– 2 c. à table d’huile d’avocat ou de canola
– 2 c. à table de poudre de chili
– 1 c. à thé de piment de cayenne
– ½ c. à table de chili rouge
– Poivre (et sel), autres herbes, au goût

Préparation
– La veille (environ 12h avant de cuisiner), mettre à tremper les fèves rouges et les haricots noirs dans de l’eau tiède avec ½ c. à table de vinaigre
– Égoutter et rincer abondamment les légumineuses, puis les faire mijoter environ 1h
– Faire cuire l’aubergine tranchée en deux au four préchauffé à 375°, environ 30 minutes
– Dans un mélangeur, réduire la chair de l’aubergine en purée avec une conserve de sauce tomate.  Réserver
– Jeter l’eau de cuisson des légumineuses.  Les passer au mélangeur avec une conserve de sauce tomate, jusqu’à ce qu’au moins la moitié des légumineuses soient réduites en purée.  Réserver
– Dorer l’oignon dans l’huile, ajouter la viande hachée et la faire brunir
– Hacher finement tous les autres légumes, les ajouter à la viande hachée.
– Ajouter les deux conserves de sauce tomate restantes, le ketchup et les assaisonnements et laisser mijoter jusqu’à tendreté des légumes
– Ajouter les légumineuses et l’aubergine en purée et bien mélanger, laisser mijoter environ 10 à 15 minutes pour que les saveurs se mélangent bien.  Rectifier l’assaisonnement au besoin
– Servir bien chaud avec une épaisse tranche de pain maison généreusement beurrée

Cette recette se congèle et se conserve à merveille.

Bon appétit tout le monde !

Le parentage de proximité

Voilà presque un an que je blogue et que j’écris sur les différents aspects de la maternité, de la parentalité, qui me touchent et m’inspirent.  Avant tout, je me décris avec conviction (vous le savez, toute cette saga des dernières semaines l’a tellement montré) comme maman proximale.  Les valeurs et les façons d’agir que je mets de l’avant dans mes billets témoignent de ce choix de vie qui n’en est pas un, qui s’est gentiment imposé à moi.

Mais je constate que je n’ai jamais pris jusqu’ici la peine de définir formellement ce qu’est le parentage de proximité.  Alors que, probablement, j’aurais bien fait de commencer par là, d’écrire mon tout premier billet là-dessus.  Une lacune que je tente de combler maintenant en me disant que… hé bien… tout de même… mieux vaut tard que jamais… non ?

Le parentage de proximité est une vision de la parentalité, une façon de l’appréhender.  Il se fonde sur un ensemble de valeurs dont les principales sont le respect et l’écoute :  respect des besoins du bébé, respect de son rythme, de ses forces et de ses faiblesses, de ses particularités, de son individualité.  À la base, il y a l’amour.  Il y a aussi cette idée si simple :  le bébé est un être humain ;  il est une personne à part entière, avec ses émotions, son caractère, ses qualités, ses forces.  Le rôle de parent se définit comme la poursuite d’un objectif fondamental :  permettre à ce bébé unique un développement optimal dans toutes les sphères de sa personne, du développement moteur au développement intellectuel, en passant par les capacités socio-affectives, la bonne santé du corps et de l’esprit, ainsi que de belles valeurs vécues au quotidien.  De ce fait, la proximité est d’abord physique mais pas seulement.  La disponibilité émotionnelle est tout aussi fondamentale.

Or, toutes ces valeurs sont jolies en théorie, mais vous avez certainement hâte de voir comment tout cela se présente concrètement, dans les comportements, dans ces gestes que les parents proximaux posent… et ceux qu’ils refusent.  Voici donc, puisque mon esprit cartésien aime tellement les listes et les synthèses, la déclinaison de tous les comportements que l’on associe au parentage de proximité (en espérant que je n’en oublie pas… mais en ce cas, je compte aussi sur certain(e)s d’entre vous pour me rappeler à l’ordre comme vous savez si bien le faire 😉 ).

Bien sûr, dans cet ensemble, chaque parent se retrouve davantage dans quelques comportements et peu dans d’autres ;  rarissimes sont les parents proximaux qui pratiquent à fond le tout.  Il ne s’agit pas d’une check-list où plus vous cochez de cases, plus vous obtenez de points à inscrire sur votre diplôme du parent parfait.  Car le parentage de proximité est d’abord et avant tout une philosophie de vie basée sur l’amour, et les différents comportements décrits ne sont que des manières concrètes parmi d’autres d’exprimer en gestes cet amour.

Les pleurs

Pour le parent proximal, les pleurs sont pour le bébé une façon d’exprimer un besoin :  faim, inconfort, fatigue, douleur, froid, peur, ennui, etc.  Le bébé ne pleure jamais pour rien.  Il ne pleure jamais par caprice ou dans le but de manipuler.  Il pleure parce qu’il a un besoin à communiquer, et qu’il ne sait pas encore l’exprimer autrement.

Par conséquent, pour le parent proximal, les pleurs exigent toujours une réponse rapide.  Jamais on ne laisse pleurer bébé, jamais on ne lui impose volontairement de délai d’attente, jamais on ne pratique de « contrôle des pleurs » ou de « dressage au sommeil » (méthode du 5-10-15, etc.).  Il importe d’être à l’écoute et de répondre promptement du mieux que l’on peut à la demande du bébé.  Cela implique d’abord de réconforter le bébé, de lui exprimer de la sympathie, puis de chercher la cause des pleurs.  La plupart du temps, cela sera si simple.  D’autres fois, cette cause demeurera à jamais inconnue.  Peut-être que bébé avait seulement besoin d’attention, de caresses.  C’est un besoin réel, aussi fondamental que d’autres.  Peut-être aussi qu’il faudra s’avouer que cette fois, on est resté impuissant à consoler les pleurs.  Mais le simple fait d’avoir pris et cajolé bébé, d’avoir offert le sein, … d’avoir tenté, bref, est en lui-même constructif :  bébé prend confiance peu à peu dans la constance de ses parents ;  il reconnaît que ceux-ci sont toujours là pour lui.  Et, à force de pratique, les parents sont des interprètes de plus en plus compétents.

L’allaitement

La maman proximale allaite.  Le papa proximal soutient l’allaitement par ses mots et ses gestes.  Parce que le bébé est une personne, il a des droits, dont le droit au seul aliment conçu pour assurer son développement optimal.  Parce que l’allaitement est le remède le plus simple à la très grande majorité des pleurs du bébé :  il nourrit le ventre affamé, calme, réconforte, réchauffe, favorise le sommeil…  C’est une base solide sur laquelle se construit la communication et la confiance mutuelle.  Bref, les parents proximaux comprennent à quel point l’allaitement est plus qu’une façon de nourrir l’enfant et combien leur rôle est plus facile à remplir grâce à l’allaitement.  Quand l’allaitement est un échec, les mamans proximales sentent que leur bébé et elles-mêmes sont privés d’une part essentielle de leur relation.

L’allaitement est bien entendu pratiqué à la demande, de jour comme de nuit, non pas à l’horaire ni avec des restrictions, par respect des besoins du bébé.  L’allaitement à la demande manifeste aussi une confiance des parents dans la capacité du bébé à s’auto-réguler :  bébé sait quand il a besoin de lait et combien de temps il a besoin de boire.  Bien entendu, l’allaitement implique une proximité physique avec la mère (qui ne peut pas s’absenter en laissant son bébé bien longtemps).  Il est en outre le prétexte par excellence de contacts rapprochés, de peau à peau, de contacts visuels, de démonstrations affectueuses.

Pour la plupart des mamans proximales, l’allaitement doit être mené à terme (on parlait autrefois d’allaitement long).  Un sevrage précoce est perçu comme un manque de respect face au bébé, mais aussi comme un geste privant inutilement la mère et son enfant de moments et de contacts qui leur plaisent mutuellement.  Ainsi, l’allaitement ne cesse que lorsque l’enfant n’a plus besoin (physiologiquement) de boire du lait ni besoin (psychologiquement) de téter.  Le moment du sevrage et son rythme sont décidés par l’enfant, pas par ses parents ;  c’est ce qu’on appelle le sevrage naturel.  De façon générale, on considère que le sevrage naturel se fait vers l’âge de 3 ans.  Quand l’allaitement se termine par le sevrage naturel, le sevrage n’est plus considéré comme la fin d’une aventure, mais comme le début d’une autre :  l’autonomie (alimentaire).

L’accouchement

Il est bizarre, peut-être, d’inclure dans une liste de comportements de maternage une action qui vient avant l’arrivée du bébé, mais il va sans dire que le respect du bébé commence avant qu’il voie le jour, alors qu’il est encore caché dans le ventre de sa maman.  Je passerai très vite sur le manque de respect impliqué par des choix tels que fumer ou consommer des drogues ou des médicaments pouvant nuire à la santé du bébé, pour en venir à ce moment crucial qu’est l’accouchement.  Avant cela, un mot seulement sur le fait que les parents proximaux acceptent leur enfant tel qu’il est et que cela va, pour certains, jusqu’à refuser les examens qui révéleraient en cours de grossesse une anomalie susceptible de les entraîner vers le choix de l’avortement (trisomie, par exemple).

Le même leitmotiv de respect du bébé dans son rythme et ses capacités propres pousse les parents proximaux à désirer un accouchement entièrement naturel.  En effet, les stripping, le déclenchement du travail à l’aide d’hormones de synthèse, etc., voilà autant de façon de brusquer la venue au monde du bébé, c’est-à-dire de le faire venir avant qu’il ne s’y sente prêt.  Les interventions pendant l’accouchement, comme la péridurale (qui affecte aussi le bébé en le privant momentanément et partiellement de certains instincts) et bien sûr la césarienne, sont toutes perçues comme des obstacles majeur à l’établissement de l’atmosphère de calme et d’amour dans laquelle le bébé devrait venir au monde, mais surtout comme un désaveu de la capacité de la femme à donner naissance à son enfant et de la capacité du nourrisson à trouver son chemin vers la sortie.  Les interventions médicales sont par conséquent refusées à moins qu’elles ne deviennent absolument nécessaires.  C’est pourquoi aussi la maison de naissance, voire la maison familiale, est souvent un lieu de prédilection des parents proximaux pour le grand jour plutôt que l’hôpital.

Pour favoriser la transition entre la vie intra et extra-utérine, les parents proximaux privilégient la mise en peau à peau dès la naissance (et donc le report de la pesée et autres soins au nouveau-né), qui permet au bébé d’aller chercher le sein de lui-même en rampant pour sa première tétée plutôt que d’être mis au sein.  En outre, les parents proximaux refusent bien évidemment cette pratique (heureusement de moins en moins répandue) qui consiste à mettre les bébés à la pouponnière pendant leur séjour à l’hôpital pour garder leur nouveau-né près d’eux à chaque minute, jusqu’au retour à la maison.

Le portage

Le portage s’inscrit dans la continuité du peau à peau pratiqué après la naissance pour favoriser une transition toute en douceur entre la vie utérine et la vie extra-utérine.  Bébé s’est habitué pendant 9 mois à être bercé par les pas de sa mère, à s’apaiser et s’endormir au rythme de son coeur qui bat.  Le portage lui permet de retrouver toutes ces sources de réconfort et la chaleur maternelle.  D’autre part, il l’aide à apprivoiser son père en lui faisant découvrir son torse plus chaud et son rythme cardiaque plus lent, apaisant eux aussi.

Le portage, c’est installer bébé dans un porte-bébé, mais c’est aussi, simplement, le prendre dans ses bras, le tenir contre soi.  Les parents proximaux pratiquent généralement les deux types de portage :  avec et sans équipement. Comme ils prévoient beaucoup porter, les parents proximaux font souvent l’acquisition de plus d’un porte-bébé pour s’adapter à diverses situations.  Les écharpes (extensibles) en tous genres offrent un grand confort aux nouveaux-nés, tandis que des porte-bébés conçus spécifiquement pour le portage sur le dos, par exemple, vont permettre de porter un bébé plus vieux ou plus lourd, qui souhaite découvrir le paysage en même temps que maman ou papa.  L’important, c’est que tout porte-bébé soit physiologique :  bébé doit avoir le dos arrondis et les jambes fléchies, relevées, jamais pendantes.  Il ne doit surtout pas être suspendu par la fourche.

Le sommeil

Se séparer de son bébé toute la nuit, soit près de la moitié du temps en fait, paraît inconciliable avec la notion même de proximité.  C’est pourquoi les parents proximaux pratiquent le sommeil partagé (que l’on appelle aussi cododo).  Le sommeil partagé répond aux besoins fondamentaux du bébé en favorisant la réussite de l’allaitement et en lui permettant de calquer son rythme respiratoire sur celui de sa mère, ce qui réduit le risque de mort subite du nourrisson.  Grande source de sécurité affective, le sommeil partagé renforce aussi les liens d’attachement naissant entre le bébé et ses parents.  Il est en outre la meilleure façon d’inculquer de bonnes habitudes de sommeil à son bébé dès les premiers jours en lui permettant d’apprendre à dormir paisiblement en compagnie des gens qui l’aiment plutôt qu’à rechercher la solitude.

Même quand bébé grandit (un peu) et qu’il se couche plus tôt que ses parents et fait des siestes dont ceux-ci n’ont plus besoin, les parents proximaux continuent de voir l’importance d’accompagner leur bébé dans le sommeil.  Allaiter, bercer, porter, fredonner une berceuse, lire un conte, caresser le ventre, faire semblant de dormir ou tout simplement être là, assis ou étendu, il y a toute une panoplie de façons de faire parmi lesquelles ils adoptent leurs préférées.  L’essentiel étant cette idée selon laquelle il faut que bébé se sente en sécurité pour s’abandonner au sommeil (qui rend si vulnérable), et ce tant que bébé en ressent le besoin.

Pour un billet plus détaillé sur cette question, cliquez ici.

La garde

Les parents proximaux veulent profiter au maximum de la petite enfance de leur progéniture.  Ils savent que cela passera (trop) vite et souhaitent emmagasiner autant de bons souvenirs que possible.  Ils veulent être là quand ça compte :  recevoir le premier sourire, assister au premier repas, voir les premiers pas, la première chute, bref ne manquer aucune de ces premières fois si émouvantes.

Ils tiennent aussi compte du fait que leur bébé est (physiquement) dépendant d’eux.  Par conséquent, il est complètement désemparé et anxieux en leur absence parce qu’il n’a pas la notion du temps et n’a pas encore acquis la permanence de l’objet (un processus qui débute vers l’âge de 9 mois pour se terminer vers 18 mois, voire un peu plus tard).  Ils sont ainsi conscients que le bébé est incapable, pour se rassurer, de produire des images mentales abstraites telles que « papa est dans l’auto » ou « maman est chez le dentiste » :  la personne qui est hors de portée de ses sens n’existe plus pour le bébé.  Les parents proximaux font donc le nécessaire, selon leurs moyens, pour faire garder leur bébé le moins souvent possible, le moins longtemps possible et le plus tard possible dans sa vie.  On pourrait résumer cette attitude en utilisant les termes garde presque exclusivement parentale.

Les parents proximaux préfèrent emmener bébé en sortie et en voyage avec eux, partout où ils vont, plutôt que de le confier à ses grands-parents ou à une petite voisine pendant leurs absences.  Ils choisissent aussi de maximiser les congés de maternité, de paternité et parental pour garder eux-mêmes leur bébé au quotidien durant l’essentiel de sa première année de vie, plutôt que de le confier à une éducatrice (entrée en garderie).  Lorsque le congé se termine, l’un des deux parents (plus souvent la mère, ne serait-ce que pour préserver l’allaitement à la demande) peut choisir de rester à la maison quelques années.  Mais devenir mère au foyer n’est pas la seule option qu’envisagent les mamans proximales :  que l’un des parents occupe un emploi de jour pendant que l’autre travaille de soir, que l’un fasse son boulot à partir de la maison pendant que bébé dort, embaucher une nounou qui prend soin du bébé sur les lieux de travail de la maman travailleuse autonome, etc.  les possibilités sont aussi nombreuses que les familles proximales.  Dans d’autres cas, la mère choisira de retourner au travail avec un horaire allégé (3 jours par semaine, par exemple), ce qui permettra à une grand-mère qui n’aurait pas eu la force de s’occuper du tout-petit à temps plein de prendre soin de lui ces trois jours-là, dans sa maison, au milieu de ses affaires… et de retarder d’autant le moment où l’enfant « quittera le nid familial sécurisant » et fera son entrée à la garderie ou à l’école.

Le développement moteur

Les parents proximaux sont confiant que leur bébé a tout en lui pour se développer de façon autonome sur le plan moteur.  Ils encouragent leur bébé à découvrir ses capacités motrices par lui-même en pratiquant la motricité libre.  Ainsi, lorsqu’ils déposent leur tout nouveau bébé éveillé, ce n’est pas pour lui faire faire la bicyclette avec les jambes ou lui enseigner à se tourner du ventre au dos.  Ils  Ils le laissent sur le dos, tranquille, et attendent que bébé bouge de lui-même.  Au début, bébé ne fait pas grand-chose; il est fasciné par ses mains, soulève ses jambes…  Mais bientôt il fera sans aide et sans qu’on le lui ait jamais enseigné les gestes qui lui permettront de se retourner sur le ventre, de saisir des objets et de les porter à sa bouche, de se mettre sur les genoux, de s’asseoir, puis de ramper, se promener à quatre pattes, se lever, marcher, grimper.  Il fera ces découvertes de lui-même, à son rythme, ce qui correspond au respect de l’individualité du bébé qui anime les parents.  Ses parents ne le déposeront pas assis tant qu’il ne saura pas s’asseoir seul et ne le feront pas marcher en lui tenant les mains tant qu’il n’aura pas fait ses premiers pas par lui-même.

Cela implique aussi que, pour les parents proximaux, il ne faut surtout pas que l’enfant soit entravé dans un siège vibrant, un exerciseur ou une balançoire lorsqu’il est déposé.  Les parents proximaux comprennent que tous ces gadgets ont été inventés dans le seul but de remplacer les bras des parents, pas pour améliorer et accélérer le développement du bébé, qu’au contraire, ils mettent à mal, favorisant des positions non physiologiques.  Or, les parents proximaux ne déposent pas bébé pour se libérer les bras, ils le font principalement pour lui donner une occasion de percer les secrets de son corps et de l’univers qui l’entoure.  Ils déposent donc bébé beaucoup moins souvent que la moyenne des parents, mais le laissent beaucoup plus libre lorsqu’ils le font.

Pour en savoir plushttp://vimeo.com/9490665

La communication

La communication est au coeur de la relation entre les parents proximaux et leur bébé.  C’est elle qui permet aux premiers de découvrir les besoins du second et d’y répondre avec promptitude, affection et respect.  Je tenais à souligner sous le thème de la communication un certain nombre de pratiques parentales qu’elle entraîne disons « par la bande », indirectement.

D’abord, il y a le fait de vivre sans horaire, au gré des différents besoins du bébé.  Les parents proximaux n’imposent pas leur routine ou leur horaire à leur bébé, mais adaptent leurs habitudes aux rythmes de sommeil et d’éveil du bébé.  Ils le font boire ou manger quand il a faim plutôt que lorsque « c’est l’heure » et le couchent lorsqu’il manifeste des signes de fatigue plutôt que lorsque l’horloge le dicte.  Certains bébés sont très routiniers de nature; d’autres, davantage imprévisibles.  Dans tous les cas, les parents préfèrent être à l’écoute des signes de leur enfant que de leur montre.

Ensuite, le langage occupe une place de choix dans la relation entre les parents proximaux et leur progéniture.  Ceux-ci adorent parler à leur bébé, lui raconter ce qu’ils font, lui dirent qu’ils l’aiment et répondre à ses gazouillis par des sons similaires dans un jeu d’effet miroir qui bientôt s’inversera :  ce sera bébé qui répétera les sons produits par ses parents.  En outre, le désir de communiquer pousse un certain nombre de parents proximaux à enseigner très tôt à leur bébé le langage des signes, dont il pourra maîtriser une jolie base bien avant même d’avoir la capacité physique pour prononcer des mots.

Enfin, la communication implique pour les parents proximaux un maximum d’honnêteté à l’endroit de l’enfant.  Ainsi, ils n’hésitent pas à lui dire comment ils se sentent, même lorsqu’ils vivent des émotions négatives, notamment dans l’espoir que l’enfant apprenne à en faire autant et n’ait jamais peur de confier ses sentiments et son vécu intérieur.  L’honnêteté signifie aussi l’absence de mensonge.  Pour certains parents proximaux, cela va jusqu’à refuser ce qu’on appelle « de pieux mensonges » et le fait d’initier à une part de folklore.  Par exemple, ces parents ne feront pas croire à l’existence du Père Noël, du lapin de Pâques ou de la Fée des Dents.

L’hygiène naturelle infantile (HNI)

L’hygiène naturelle infantile est probablement la plus méconnue et la plus mécomprise des pratiques proximales.  Elle consiste tout simplement à élever son bébé sans couches.  Or, il ne s’agit pas d’enseigner la propreté à un nouveau-né, ça n’a même rien à voir avec ça.  En fait, c’est pousser le désir de communication avec son bébé qui ne parle pas encore jusqu’à son paroxysme en tentant de répondre à un besoin qu’exprime le nouveau-né mais que la plupart des parents n’entendent pas :  le besoin d’évacuer.

L’idée, c’est que tous les bébés naissent propres et manifestent leur besoin d’uriner ou de faire une selle par des signes (inconscients) d’inconfort ou des pleurs.  Ce sont les parents qui apprennent à leur bébé à « se faire dessus » en ne répondant pas à son besoin d’évacuer proprement et en lui enfermant les fesses dans des couches.  Peu à peu, le bébé s’habitue à la couche et cesse de ressentir qu’il va évacuer.  Il devra se réapproprier cette sensation innée plus tard, à l’âge de la propreté.  Pour certains parents proximaux, ignorer ce besoin d’évacuer du bébé n’est pas plus acceptable que d’ignorer les autres besoins et il y a un grand manque de respect dans le fait d’obliger le bébé à croupir dans son urine et ses excréments.

Des parents proximaux pratiquent l’hygiène naturelle infantile dès la naissance et à temps plein, d’autres attendent quelques semaines de se remettre de l’accouchement avant de s’y mettre ou pratiquent à temps partiel, c’est-à-dire qu’ils mettent une couche au bébé lors de sorties (particulièrement en hiver) ou pendant la nuit.  Dans tous les cas, ils font un geste pratiqué partout depuis les débuts de l’humanité.  Il est intéressant de se rappeler que 60% des bébés qui naissent chaque année dans le monde sont élevés sans couche et qu’il est très appréciable d’un point de vue écologique de se réapproprier cette pratique.

L’alimentation

Comme pour toutes les autres sphères du développement, les parents proximaux attendent que leur bébé montre qu’il est prêt avant d’entreprendre la diversification alimentaire, et cela plutôt que de se fier au calendrier et de commencer « parce qu’il a 6 mois aujourd’hui ».

Ils introduisent aussi les aliments sous forme de morceaux que le bébé pourra saisir avec ses doigts et porter à sa bouche lui-même, plutôt que sous forme de bouillies de céréales et de purées administrées à la cuillère.  On nomme cette façon de procéder alimentation autonome, ce qui est une traduction très libre de l’appellation anglaise Baby Led Weaning (BLW).  L’alimentation autonome s’inscrit dans la continuité de l’allaitement à la demande puisque c’est le bébé qui indique lorsqu’il a faim, mais aussi lorsqu’il est rassasié (en cessant de manger)… et que son parent lui fait confiance et respecte son appétit fluctuant et ses goûts naissants.  Bien entendu, l’alimentation autonome implique une certaine de dose de gâchis et de gaspillage au début, et le parent veille à ne pas freiner l’enfant dans sa découverte de la nourriture en le grondant pour ses maladresses et ses dégâts.  Les parents proximaux apprécient tout particulièrement que l’alimentation autonome permette que bébé mange des vrais aliments dès le départ, qu’il développe sa motricité fine et apprenne à apprécier diverses textures, ainsi que le fait que les repas se prennent en famille, dans le partage et la bonne humeur.

Pour mon avis sur l’alimentation autonome et des conseils pratiques, cliquez ici.

Le matérialisme

En parlant de motricité libre, j’ai évoqué le refus des parents proximaux de s’encombrer de certains objets inventés pour remplacer leurs bras, tels que l’exerciseur, la chaise vibrante (transat) ou le bumbo.  J’aimerais revenir sur ce point, car ce refus de biens matériels ne se limite pas aux jouets dits de développement moteur.  En fait, les parents proximaux désirent que leurs enfants apprennent dès le plus jeune âge à créer des relations saines et épanouies avec les gens qui les entourent.  C’est pourquoi ils font en sorte que, dès ses premiers mois de vie, leur bébé s’attache aux gens plutôt qu’aux objets, qu’il soit rassuré par la présence de ses parents plutôt que par celle d’une doudou.

Il ne s’agit pas tant de pratiquer la simplicité volontaire que de s’intéresser aux valeurs que les objets véhiculent.  Ainsi, posséder toute une collection de porte-bébés peut paraître tout à fait logique aux parents proximaux puisque ces objets témoignent de leur volonté de porter beaucoup bébé, dans différentes situations et positions, et à tous les âges.  Cependant, les objets qui ont pour but d’amener bébé à moins avoir besoin de contacts avec ses parents sont, pour leur part, appréhendés négativement, et leur présence dans la maison des parents proximaux est réduite au maximum.  Il en va ainsi, par exemple, des suces, biberons, dormeuse, aquarium musical, doudou, toutou et autres objets dits « de réconfort ».

La discipline

Lorsque leur bébé grandit et devient un tout-petit, les parents proximaux adoptent tout naturellement (mais non sans efforts souvent) des principes éducatifs basés sur le respect.  Ils veulent transmettre leurs valeurs à leur enfant de manière positive, par l’enseignement et l’exemple, plutôt que par la répression.  Leur discipline est, d’une part, non-violente, cela va de soi.   Ils ne souhaitent pas élever leur enfant dans une atmosphère de domination ou de peur.  Leur autorité parentale ne provient donc pas d’un rapport de force, mais est méritée en résultat d’une relation de confiance, dans laquelle l’enfant perçoit son parent comme un bon guide.

D’autre part, cela va beaucoup plus loin.  La façon de faire des parents proximaux est souvent présentée sous l’appellation bien évasive d’éducation bienveillante.  Ce mode éducatif se décline de différentes manières.  Les parents sécurisent l’environnement de l’enfant de façon à ce que ses premières explorations ne soient pas constamment ponctuées du mot « non ».  Ainsi, sans transformer leur maison en palais de ouate, ils retirent momentanément les objets dangereux (produits ménagers, ciseaux et couteau, outils, etc.) et les objets fragiles et précieux ou trop petits (souvenirs de voyage, bibelot, bijoux, etc.) de l’espace de vie de l’enfant afin que celui-ci puisse se promener, toucher, tâter, goûter sans mettre chaque fois sa vie en danger ni se faire réprimander.  L’éducation bienveillante est donc une éducation du « oui » et du « vas-y, essaie », qui récompensent l’enfant de sa curiosité.  Car réprimer constamment la curiosité naturelle de l’enfant, c’est tuer peu à peu en lui le goût d’apprendre.

Les parents proximaux invitent aussi l’enfant à verbaliser ses émotions plutôt qu’à les exprimer par des gestes violents comme mordre, taper, griffer ou pousser.  Ils ne refusent pas les émotions négatives de l’enfant ni ne tentent de l’inciter à les réprimer.  Ils mettent des mots sur les émotions de l’enfant (« tu es fâché », « tu es déçu ») pour l’aider à apprendre rapidement à les exprimer de façon saine et socialement acceptable.  Cette intervention est faite en lieu et place d’une punition, car l’éducation bienveillante est exempte de punition, de répression et de coercition.  Ce qui ne signifie pas qu’elle soit exempte de discipline, bien au contraire.  Car l’enfant a besoin d’un cadre et de limites, de balises pour se guider dans ses découvertes, et que le parent proximal veille à répondre aussi bien que possible à ce besoin comme à tous les autres.  Cependant, il le fait avec souplesse, en faisant bénéficier l’enfant de son expérience et de son vécu personnels quand cela s’avère adéquat, plutôt qu’en imposant des règles rigides dont le fondement paraît aléatoire aux yeux de l’enfant.  Et il exprime des demandes de comportements attendus de façon positive (« on laisse la porte fermée »), plutôt que d’interdire le comportement opposé (« on n’ouvre pas la porte »).

Le savoir

Enfin, je ne pouvais clore cette liste sans aborder le sujet de l’acquisition du savoir, dont la responsabilité, traditionnellement, repose dans nos sociétés occidentales sur cette institution de l’école.  La plupart des parents proximaux enverront en effet leur enfant à l’école pour qu’il apprenne.  À lire, à écrire, à compter, …  à socialiser aussi.  Pour qu’il découvre les sciences naturelles, la biologie, la musique, l’histoire, la géographie…

Mais un certain nombre de parents proximaux garderont leurs enfants avec eux à l’âge où la scolarité devrait commencer et adopteront l’unschooling.  Définir l’unschooling est une tâche ardue.  Dire que c’est un refus de l’école est simple, mais ça n’explique pas grand-chose.  Ajouter que ce n’est pas davantage l’école à la maison est une précision qui ne décrit pas beaucoup mieux en quoi consiste concrètement l’unschooling.  En fait, si l’éducation bienveillante s’inscrit avec les tout-petits dans la continuité du parentage de proximité avec les bébés, l’unschooling s’inscrit dans la même lignée, mais avec un enfant d’âge scolaire.  Le parent désire respecter l’individualité de son enfant, ses forces et ses intérêts.  Il croit aussi dans son fondamental désir d’apprendre et sa capacité à le faire.  Si l’enfant a réellement besoin de faire un apprentissage, il trouvera le moyen de le faire et demandera l’aide requise, le cas échéant, puisque le parent sera disponible et enthousiaste.  La responsabilité du parent unschooler n’est donc pas de « faire l’école » en suivant le programme à sa façon, bien au contraire, mais de créer une vie riche et remplie d’opportunités et de découvertes stimulantes pour son enfant.  Ce qui est probablement beaucoup plus difficile, mais assurément nettement plus enrichissant pour lui.

Pour en savoir un peu plus :  http://apprendreenliberte.wordpress.com/2012/06/11/je-vis-donc-japprends-une-vie-unschooling/

En conclusion

Comme ils vous le diront eux-mêmes si vous le demandez, beaucoup de parents proximaux se fient à cette petite voix du coeur qui les guide dans la parentalité :  ils écoutent leur instinct plutôt que les spécialistes, les guides de puériculture et leur médecin quand vient le temps d’agir avec leur bébé.  Tout de même, il y a parmi les parents proximaux des êtres plus « réfléchis », qui auront été convaincus par des lectures et des témoignages des bienfaits du parentage de proximité, et qui agiront donc de façon proximale avant tout par souci de faire pour le mieux, c’est-à-dire en résultat d’une réflexion rationnelle.  Ce qui est intéressant, c’est que même ceux-là deviendront au fil des mois plus intuitifs, plus instinctifs, car c’est là un des effets de ce parentage :  il confirme le parent dans sa capacité à bien prendre soin de son bébé et à faire les bons choix pour lui.  Que ce soit l’instinct ou ses lectures de spécialistes en pédopsychologie qui ont poussé le parent vers la proximité, la proximité aura cet impact positif de mener le parent à faire confiance à son instinct et à le suivre pour la suite.

 

Mettre l’avocat au menu

Comme j’ai conseillé de donner de l’avocat comme tout premier aliment au moment de la diversification alimentaire, j’ai reçu plusieurs fois des commentaires tels que celui-ci :
« C’est bien beau de donner des morceaux d’avocat à mon bébé, mais nous n’en mangeons pas d’avocat à la maison, alors dès que bébé mangera comme nous, ça sera la fin. À quoi bon introduire si c’est pour délaisser aussitôt après ? »

En effet, ça serait un peu illogique. Et bien dommage ! Parce que l’avocat est un aliment génial ! J’ai déjà vanté ses mérites ici et là, mais ça vaut la peine que j’enfonce bien le clou en récidivant :
Un avocat, ce sont d’abord des protéines végétales d’une grande qualité et hautement digestes.
Un avocat, ce sont aussi de bons gras mono-insaturés en grande quantité et des gras polyinsaturés bien équilibrés dans le rapport entre oméga-3 et oméga-6, ce qui est rare et désirable.
Un avocat, c’est encore une excellente source de fer, de vitamine E, de vitamine K et de si importantes vitamines du complexe B, ainsi qu’une belle quantité de fibres.
Bref, un avocat, c’est un aliment presque parfait.  Plusieurs osent même le qualifier de nourriture conçue tout spécialement pour l’Homme.  C’est aussi presque un incontournable dans un régime végétalien bien équilibré.

Voici donc 3 recettes délicieuses et simples à exécuter pour mettre l’avocat au menu chez vous et bénéficier de tous ses bienfaits régulièrement. Ce sont des recettes qui ont l’approbation de mes filles et des trois autres fillettes que je garde, qui s’en régalent chaque fois.  Ce sont des recettes de base, que vous pouvez modifier à volonté pour renouveler le plaisir.  Chacune constitue un repas complet, nutritif et équilibré.

Salade avocat, concombre et noix de cajou

Pour deux adultes et deux enfants

Ingrédients
– 4 avocats mûrs mais pas trop mous
– 2 ou 3 concombres nains
– 2 poignées de noix de cajou entières non salées
– ½ c. à table d’huile d’avocat

Préparation
– Couper les concombres en demi-rondelles pas trop épaisses
– Tailler les avocat pelés en dés
– Hacher très grossièrement les noix de cajou à l’aide d’un couteau
– Mélanger les 4 ingrédients dans un grand bol et servir immédiatement

Variantes
– Pour une salade de type grecque totalement décadente, il suffit de troquer l’huile d’avocat pour une vinaigrette grecque commerciale ou faite maison à base d’huile d’olive, puis d’ajouter des tomates séchées, du fromage féta et des olives noires à cette salade de base.
– Pour une rafraichissante salade estivale, il est facile d’ajouter de petites tranches de mangue bien fraîche et le jus d’une demi-lime.
– Pour servir à de très jeunes enfants, il est préférable d’oublier les noix de cajou.  On peut dans ce cas remplacer l’huile d’avocat par une sauce maison faite d’un mélange de beurre de noix de cajou et d’huile (d’olive ou d’avocat).
– Rehausser aisément la saveur en ajoutant quelques gouttes de jus de citron et un peu d’origan séché.

 

Sandwich à l’avocat et au saumon fumé

Pour un sandwich

Ingrédients
– 2 tranches de pain multigrain assez moelleux (avec du pain maison, c’est le bonheur !)
– Environ le tiers d’un avocat mûr
– 2 tranches de saumon fumé
– Du beurre ou de la margarine non hydrogénée
– Un peu de jus de citron

Préparation
– Découper l’avocat en fines tranches sur le sens de la longueur
– Arroser délicatement les tranches d’avocat de jus de citron
– Faire griller légèrement les deux tranches de pain, puis les beurrer généreusement d’un côté
– Étendre les tranches de saumon fumé, puis les tranches d’avocat sur l’une des tranches de pain et recouvrir de l’autre

Variantes
– Relever le goût en ajoutant des brins d’aneth ou du piment d’Espelette
– Plutôt que de trancher l’avocat, le réduire en une purée grossière à l’aide d’une fourchette.  L’assaisonner tout de même de jus de citron et, si désiré, d’aneth ou de piment d’Espelette
– Ajouter des tranches fines de mangue fraîche
– Remplacer le beurre par du fromage Philadelphia pour un goût très crémeux

 

Guacamole

Pour deux adultes et deux enfants

Ingrédients
– 4 ou 5 avocats très mûrs
– Une grosse tomate italienne
– 2 c. à table combles de crème sûre ou de crème fraîche
– ½ c. à table de jus de citron ou de lime
– 1 gousse d’ail ou 2, hachée(s) finement
– Sel et poivre, au goût
– Quelques gouttes de sauce Tabasco
– Des croustilles de maïs biologiques*

Préparation
– Couper la tomate italienne en dés
– Écraser la chair des avocats à l’aide d’une fourchette ou d’un pilon (comme pour la purée de pomme de terre)
– Ajouter à l’avocat les morceaux de tomate, la crème sûre ou fraîche, l’ail, le jus de citron, la sauce Tabasco, le sel et le poivre
– Remuer et servir immédiatement dans un bol, accompagné des croustilles de maïs

Variantes
– Remplacer la tomate italienne par des tomates séchées conservées dans l’huile.
– Ajouter de la coriandre fraîche au mélange.
– Remplacer la sauce Tabasco par votre sauce à base de piment préférée ou par quelques morceaux hachés très finement de piments forts.
– Utiliser du yogourt grec nature à la place de la crème sûre ou fraîche.

*  Le maïs étant l’un des aliments les plus génétiquement modifiés (OGM) de la planète, l’adjectif biologique a toute son importance ici.

 

Un dernier mot

Prenez note que l’avocat est plus savoureux s’il a été conservé à la température ambiante plutôt qu’au réfrigérateur.  Pour le faire mûrir plus rapidement, un bon truc est de le placer juste à côté de bananes.
Il faut aussi savoir que les recettes préparées à base d’avocat se conservent très mal.  Il vaut donc mieux les cuisiner à la dernière minute et éviter de préparer de trop grandes quantités, pour ne pas avoir de restes.

Sur ce, savourez bien !

La diversification alimentaire en tableau

En guise de complément à mon dernier article, portant sur l’introduction des aliments complémentaires, quelques unes d’entre vous m’ont exprimé le souhait d’un résumé synthétique sous forme de tableau.
Plutôt que de le prendre comme une critique de mon incorrigible incapacité à faire bref ;), je l’ai vu comme une belle occasion de présenter un exemple de ce que pourrait donner la diversification alimentaire telle que je l’ai décrite… et pratiquée.  Combien de nouveaux aliments à chaque mois, lesquels, etc.

Tant qu’à y être, j’ai décidé de vous faire un petit cadeau.  Le tableau que je vous offre peut donc être imprimé à votre gré pour vous servir à noter la date d’introduction de chaque aliment, ce pour quoi je vous ai prévu un petit espace tout exprès !  Utilisez-le, modifiez-le (pour le rendre végétarien, par exemple), décorez-le, amusez-vous !

Diversification alimentaire

6 mois

7 mois

8 mois

Premier aliment

Deuxièmes légumes

Premiers produits céréaliers

Avocat Carotte Sarrasin

Premiers légumes

Brocoli Quinoa
Pomme de terre Courge spaghetti Millet
Patate douce Courgette Orge
Courge musquée Haricot jaune Épeautre

Premières légumineuses

2mes protéines animales

Troisièmes légumes

Lentilles rouges Poulet Chou-fleur
Pois chiches Agneau Poivrons

Eau

Dinde Haricot vert

Premiers beurres de noix

Veau Aubergine
Noix de cajou

Deuxièmes fruits

Asperge
Graines de citrouille Pomme Petits pois

Premiers fruits

Mangue Oignon
Banane Fraise

Deuxièmes beurres de noix

Pêche Mûre Amande
Poire Bleuet Arachide

Premières protéines animales

Framboise Sésame (Tahini)
Oeuf

9 mois

10 mois

11 mois

Deuxièmes produits céréaliers

Huiles

Troisièmes produits céréaliers

Riz Huile de canola Seigle
Sorgho Huile d’olive Amarante
Maïs Huile d’avocat Céréales à déjeuner commerciales biologiques édulcorées au jus de fruit ou contenant très peu de sucre ajouté
(ex. Nature’s Path : Millet Rice, Heritage O’s, etc.)
Blé

Troisièmes noix*

Avoine Noisette
Kamut Graines de tournesol

Deuxièmes légumineuses

Graines de lin Pâtes alimentaires
Lentilles vertes Graines de chanvre

Herbes et épices

Fèves rouges

Quatrièmes légumes

Coriandre
Haricots noirs Chou de Bruxelles Curcuma
Haricots de Lima Betterave Gingembre

Troisièmes fruits

Navet Origan
Prune Épinards Thym
Nectarine Bok choi Vanille
Pruneau Endive Cannelle
Abricot Poireau Estragon
Melon miel Ail Clou de girofle
Cantaloup Maïs Fenouil
Melon d’eau Rutabaga Basilic
Raisin Céleri (cuit) Curi
Cerise Panais Romarin

Troisièmes protéines animales

Champignon Persil
Sole Chou vert ou rouge Cardamone
Saumon

4mes protéines animales

Poivre
Aiglefin Flétan

Cinquième protéines animales

Truite Crevette Canard
Bœuf Pétoncle Cerf
Porc Thon pâle Bison
* En beurre, en farine (moulues), en pâte (graines trempées 12h puis broyées) ou en boisson végétale
 

12 mois

18 mois minimum

Derniers légumes

Derniers fruits

Chocolat
Concombre Papaye Confitures
Laitue Ananas Sucre de canne
Tomate Datte Jambon
Radis Figue Bacon
Pois mange-tout Orange Charcuteries
Chou Kale Canneberge Beurre, margarine
Oignon vert Clémentine Sel
Tout autre légume que vous aimez manger Mandarine Aliments préparés, transformés
Citron

Premiers sucres

Kiwi Saucisses
Miel (jamais avant 1 an*) Litchi Saumon fumé
Sirop d’érable Grenade Fromages à pâte molle et autres produits laitiers

Premiers produits laitiers

Lime
Lait de vache Açaï

4 ans minimum, ou plus tard, voire jamais

Lait de chèvre Olives vertes et noires
Yogourt Tout autre fruit que vous savourez Substituts de sucre (aspartame, sucralose, etc.)
Fromage cottage
Cheddar

Dernières légumineuses

Thé
Mozzarella Tofu Café
Gouda Boisson de soya Bière
Suisse Miso Vin
Emmental Autres légumineuses qui vous plaisent Cidre
Ricotta Bonbons ronds
Autres viandes et produits de la mer cuits Gomme à mâcher
Autres herbes et épices, par exemple le chili broyé Bonbons durs
Autres noix et graines Pastilles
Autres produits céréaliers et céréales commerciales de qualité (biologiques, peu de sucre et de sel ajoutés) Restauration rapide
Autres huiles (de tournesol, par exemple) Boissons gazeuses
Vinaigres (de cidre de pomme, etc.) Tout autre aliment de piètre qualité
Algues (Kombu, par exemple)
* À cause du risque de botulisme.

Sur ce, bon appétit, bébés !

L’introduction des aliments complémentaires

L’un des sujets qui a suscité le plus d’interrogations (et d’inquiétudes) chez moi en tant que nouvelle maman a été l’introduction des aliments complémentaires, qu’on appelle aussi « diversification alimentaire ».  Alors que je savais d’instinct pour l’allaitement avant d’accoucher, que j’ai découvert sans surprise pour le cododo les premiers jours, etc., la question de l’alimentation ne se posait pas pour moi en termes d’intuition à écouter mais de raisonnement rationnel à suivre, de lectures à faire pour me guider.  Absolument rien ne me permettait de deviner instinctivement ce qui convenait à ma mignonne Fée; je devais me renseigner, être convaincue par de l’information, de la « science ».

J’ai d’abord lu la documentation remise par mon obstétricienne-médecin de famille.  C’est là que j’ai découvert ce que je nommerai ici l’approche traditionnelle en matière d’introduction des aliments.  C’est l’approche que vous serez incitée à adopter si vous vous référez au Mieux vivre.  En résumé, cette manière d’introduire les aliments implique des étapes à respecter autant en ce qui concerne le choix des aliments, la forme sous laquelle les présenter que la quantité à donner.  Parmi les qualités de la méthode, il y a qu’elle incite à penser à des aliments qu’on a oublié de consommer soi-même depuis longtemps.  Par exemple, le Hobbit et moi, nous avons (re)découvert la patate douce et l’aubergine.
Ses principaux défauts tiennent à ses inexplicables incohérences et inconstances.  Pourquoi, par exemple, jusqu’en 2012, donnait-t-on absolument des céréales pour bébé comme premier aliment, mais ne devait-on donner aucun autre produit céréalier avant l’âge de 9 mois ? Quelle logique conduisait ces recommandations ?  Pourquoi aussi l’ordre d’introduction et les quantités changent-elles avec chaque nouvelle édition, notamment de façon majeure avec l’édition de 2013, où tout est chamboulé ?  À la longue, ça prouve que c’est du n’importe quoi, que c’est basé sur du vent et de vieilles habitudes bien plus que sur la connaissance du système digestif des nourrissons.

Puis, juste avant que notre Fée n’ait 6 mois, j’ai lu Accueillir mon enfant naturellement de Céline Arsenault.  Les conseils qu’elle prodiguait quant à l’alimentation des bébés contredisaient souvent totalement les enseignements du Mieux vivre.  Alors j’ai cherché plus loin et j’ai découvert l’alimentation autonome (en anglais, Baby Led Weaning).  C’était encore plus surprenant et déroutant pour moi que les conseils de Céline Arsenault, tellement qu’avec la Fée, je n’ai pas vraiment osé.  Il faut dire qu’entre temps, j’avais déjà commencé les céréales pour bébé (le fameux Pablum)…  Mais avec ma Frimousse, j’avais plus d’assurance.  Et l’alimentation autonome m’a bien inspirée.  En gros, l’approche consiste à donner des morceaux de ce que vous avez dans votre assiette comme premiers aliments pour bébé, sans suivre d’ordre, jusqu’à ce que bébé ait sa propre assiette comme la vôtre, et de le laisser manger avec ses mains ou une cuiller, de le laisser choisir ce qu’il ingère et indiquer quand il est rassasié.
Le principal attrait de cette approche, c’est que bébé mange normalement dès la première bouchée.  Pas besoin de cuisiner tout spécialement pour lui.  Exit les purées et les angoisses au resto quand on a oublié de lui traîner son lunch.  J’aimais bien aussi que bébé soit considéré comme un être capable et au fait de ses propres besoins, pas comme un végétal à gaver.  Le mot qui me venait spontanément à l’esprit :  naturel.  Et ça, ça me parle !
Mais, à mon humble avis, la méthode a aussi les défauts de ses qualités.  Ainsi, si votre alimentation familiale n’est pas parfaite, votre bébé risque d’être initié très rapidement à des aliments à la qualité nutritionnelle médiocre.  Et que ces aliments deviennent à votre grand désarroi ses favoris.  Il se peut aussi que l’alimentation de votre bébé manque grandement de variété et d’équilibre.  Et puis, l’attrait du sucre est inné, le goût du sel s’attrape assez rapidement et les aliments « vides » sont généralement savoureux.  J’aurais peur que bébé ne manifeste pas beaucoup d’enthousiasme pour les légumes s’il peut leur préférer du pain, de la confiture et du yogourt…
Enfin, et c’est là ce qui m’a le plus tracassée, l’alimentation autonome part du principe que si bébé n’arrive pas à manger des morceaux, c’est qu’il n’est pas prêt à manger du tout.  Ce n’est pas absolument faux.  Sauf que, de tous temps, les mères ont trouvé des stratagèmes pour adapter certains aliments aux bébés.  L’un des plus communs étant le prémâchage, par lequel la mère broie les aliments avec ses dents avant de les offrir au bébé, une technique qui a l’avantage d’ajouter des enzymes à la nourriture, ce qui en facilite d’autant plus la digestion.  Le prémâchage a, par exemple, permis aux bébés de bénéficier des bons nutriments des noix et des graines dès l’âge de 7 ou 8 mois à une époque où l’on n’avait pas encore inventé les supermarchés et les beurres de noix industriels.  Ainsi, ce n’est pas parce qu’il est nécessaire de transformer un aliment pour que bébé soit capable de le manger que cela signifie automatiquement que bébé ne devrait pas encore en consommer :  dans le cas du beurre de noix, par exemple, c’est seulement la technique de transformation qui a changé.

Bref, je voudrais vous présenter ici ma méthode personnelle d’introduction des aliments, qui n’est finalement qu’une synthèse où j’ai essayé de conserver le meilleur de ces deux mondes que sont l’approche traditionnelle et l’alimentation autonome et qui est basée sur les connaissance les plus récentes en alimentation que j’ai pu trouver.  Une méthode basée sur mes valeurs aussi, et la croyance que j’ai qu’une alimentation saine et variée est le premier pas vers la santé du corps et de l’esprit, et adaptée à un régime familial comme le nôtre, omnivore mais fortement tenté par le végéta*isme.

Avant tout, je souhaite préciser que je ne suis pas nutritionniste et que mes conseils ne sont adaptés qu’à des bébés exclusivement allaités (ou peu s’en faut) et nés à terme et en bonne santé.  Parce que l’une des connaissances que mes recherches m’ont donné l’occasion d’acquérir, c’est que les besoins nutritionnels des bébés nourris à la préparation lactée sont en certains points très différents de ceux des bébés allaités.  Ainsi, certaines imprécisions du Mieux vivre quant à l’âge auquel on devrait introduire les aliments tiennent justement à ce que les auteurs essaient de faire un guide unique pour tous les bébés, ce qui est peut-être impossible.  Par exemple, cette confusion qu’il entretient en ne précisant pas : entre 4 et 6 mois pour les bébés biberonnés et vers 6 mois environ pour les bébés allaités.

Quand commencer ?

C’est probablement la question la plus fréquemment posée sur les forums et dans les moteurs de recherche.  Pourtant, la réponse est partout :  vers 6 mois.  Mais encore ?!

À l’âge de 100 jours environ, le système digestif du bébé entame un processus de maturation.  Jusque là, les seules protéines qu’il pouvait digérer étaient les protéines humaines contenues dans le lait maternel.  Je ne suis pas calée en biologie, mais ce processus implique en gros la production de nouvelles enzymes de digestion et une certaine maturation du système immunitaire, pour lequel l’intestin joue un rôle prépondérant.  D’autres transformations physiques entrent en ligne de compte dans la capacité de bébé à manger, comme une augmentation de la quantité de salive et un meilleur contrôle des muscles impliqués dans la déglution.  Or, même si bébé pouvait être capable de manger un peu après ses 4 mois, la question fondamentale est de savoir s’il en a besoin, c’est-à-dire de savoir lequel de l’allaitement exclusif ou de l’allaitement accompagné d’aliments lui prodiguera le meilleur apport nutritionnel.
Dans presque tous les cas et à condition que l’allaitement se fasse à la demande (sans restrictions, même la nuit), l’allaitement exclusif continue d’offrir le meilleur apport nutritionnel jusqu’à environ 6 mois.  Tout simplement parce que le lait maternel apporte le ratio optimal entre les différents nutriments (lactose, protéines, gras, fer…) dont le bébé a besoin, ce que n’importe quel aliment complémentaire introduit va nécessairement perturber.  Bref, avant 6 mois, nourrir bébé, c’est toujours remplacer un aliment parfait (son lait) par un aliment moins parfait.

Alors pourquoi introduire des aliments à 6 mois ?  Pourquoi pas l’allaitement exclusif jusqu’à 1 an, voire jusqu’au sevrage ?

Il y a à cela deux raisons principales.  La première concerne le développement d’habiletés motrices et le développement de la mâchoire :  On donne des aliments au bébé pour qu’il apprenne à les saisir avec ses mains et à les porter vers sa bouche, pour qu’il apprenne à mastiquer et à avaler sans se lever le coeur ni s’étouffer, bref pour qu’il acquière des habiletés fondamentales.  Or, le bon développement de la mâchoire, s’il est déjà sur la bonne voie grâce à la tétée au sein, nécessite cette mastication quotidienne dès l’âge de 7 ou 8 mois.  Et là, on voit bien que l’approche traditionnelle fait fausse route avec ses purées bien lisses parce qu’elle passe complètement à côté de cet objectif.  Plusieurs parents l’ont expérimenté : si bébé au début ne reçoit que des purées lisses, ça peut devenir tout un calvaire de lui faire manger autre chose pendant des mois parce que plutôt que d’apprendre à mâcher, il apprend à siphonner.  Vers l’âge de 6 ou 7 mois, la très grande majorité des bébés seront prêts à mâcher… si on leur en donne l’occasion.  Et ceux qui ne sont pas prêts à mâcher ne sont probablement tout simplement pas prêts à manger (ce qui se rapproche de l’idée derrière le BLW, mais sans l’être).

La seconde raison concerne les besoins nutritionnels du bébé.  Il est né avec une bonne réserve de fer, qu’il a utilisée petit à petit pour combler ses besoins et qui commence à s’épuiser vers l’âge de 6 mois*.  Malheureusement, cela coïncide avec une légère augmentation de ses besoins en fer, en zinc et en protéines.  Il serait donc mieux pour bébé que, vers 6 mois, on commence à lui offrir des aliments riches en fer et en zinc et un peu plus protéinés que le lait maternel pour pourvoir à ces nouveaux besoins.  Bref, le meilleur ratio entre les nutriments n’est maintenant plus offert par l’allaitement seul, mais par une combinaison d’allaitement et d’alimentation solide.  C’est le début d’une nouvelle étape !

___________________________________________________
Mais pourquoi donc bébé a-t-il besoin d’une réserve de fer ?  Le lait maternel ne devrait-il pas contenir tout le fer dont il a besoin, tout simplement ?  En fait, les spécialistes de la nutrition infantile sont à peu près convaincus que c’est là une façon de protéger le nouveau-né contre les infections.  En effet, les bactéries utilisent le fer dans l’intestin pour se multiplier.  En diminuant les apports alimentaires en fer nécessaires pendant les premiers mois, où bébé est particulièrement vulnérable, cette réserve de fer le protégerait donc des infections.

Comment savoir que bébé est prêt ?

La seule façon vraiment fiable, c’est d’essayer.

Mais pour se donner une idée, on peut observer quelques signes.  D’abord, bébé devrait avoir au moins 5 mois.  Avant cela, il est juste très improbable qu’il ait besoin de manger, même s’il est plus costaud ou boit plus souvent que la moyenne.   Un bébé qui boit beaucoup de lait est un bébé qui a besoin de beaucoup de lait.  Point.  Un bébé qui se réveille souvent la nuit a besoin d’être allaité, réconforté, cododoté, voire même il a besoin de se réveiller tout simplement (en protection contre la MSN)… pas d’être gavé de céréales à l’heure du souper.

Ensuite, bébé devrait tenir assis tout seul.  La capacité à se tenir assis, à se retourner du ventre au dos, etc. témoigne d’un développement global suffisant du tonus musculaire.  Or, comme la digestion est aussi une question de développement musculaire (facial d’abord), cet indice est important.  Que bébé puisse tenir assis est suffisant, mais s’il s’assoit de lui-même, c’est nettement plus convaincant.

En outre, bébé devrait être capable de saisir un objet avec sa main et de le porter à son visage.  On sera encore plus convaincue s’il est capable d’attraper de petits objets entre le pouce et l’index (motricité fine).

Enfin, il devrait démontrer un intérêt pour la nourriture (saliver, ouvrir grand la bouche, essayer de piger dans votre assiette) si vous le prenez sur vos genoux pendant un repas.

Le tout signifie qu’il vous faut beaucoup observer votre bébé et bien le connaître.  Et lorsqu’il répond à tous les signes, vous faites le test d’introduire un premier aliment.  Si cela fonctionne bien, vous poursuivez.  Dans le cas contraire, rien n’est pire que de s’acharner.  Mieux vaut réessayer dans quelques jours.  Rien ne presse, en fait.  La majorité des bébés sont prêts à manger entre 6 et 7 mois.  Quelques uns le sont plus tôt, quelques autres plus tard.  Ma Fée était prête à 6 mois et une semaine, ma Frimousse, un peu après 7 mois.  D’ailleurs, avant l’âge de 8 ou 9 mois, il n’y a aucune inquiétude à avoir et aucune raison de brusquer votre bébé; les risques de carences sont minimes.

L’important, c’est d’offrir régulièrement mais sans insister et, surtout, de montrer le plaisir que vous avez à manger.  Si votre bébé de 9 mois ou plus ne veut toujours rien savoir de manger, il serait bon d’en parler avec son médecin.  Il se peut que des tests s’imposent, surtout si son état de santé ou son développement vous inquiète.  Mais tant que bébé prend correctement du poids, qu’il se développe bien et se porte bien, qu’il est d’humeur heureuse et a de l’énergie pour découvrir, son médecin va généralement se contenter de s’assurer qu’il ne fait pas de carence en fer et vous retourner à la maison.

Un dernier mot, enfin, pour spécifier que ce n’est jamais le bon moment pour lancer l’introduction des aliments si bébé est malade ou souffre en raison d’une poussée dentaire ou doit s’adapter à un changement majeur (déménagement, intégration à la garderie ou autre).  Pour dire aussi que les médecins (et les belles-mères) sont trop souvent prompts à prescrire les aliments solides pour guérir tous les maux des bébés :  Bébé ne fait pas encore ses nuits à 4 mois, c’est qu’il a faim.  Bébé faisait ses nuits depuis des semaines puis il a cessé brusquement de les faire, c’est qu’il a faim.  Bébé veut boire plus que 7 fois par jour, c’est qu’il a faim, etc.  En fait, il y a très peu de chances que faire manger bébé règle aucun de ces problèmes.  La raison en est que les céréales pour bébé, les légumes et les fruits sont moins caloriques (gras, protéines) que le lait maternel.  Quelle logique voudrait donc que de remplacer un aliment (le lait maternel) par un aliment moins nourrissant (les céréales) permettra au bébé de dormir plus longtemps ?  Aucune.  Bêtise et ignorance.

Par quoi commencer ?

Le Mieux vivre vous suggère les céréales de riz pour bébé.  Il précise que les premiers aliments doivent d’abord et avant tout être riches en fer.  Les auteurs du Mieux vivre confondent « riche en fer » et « enrichi en fer », pourtant cela fait toute une différence :  un aliment enrichi en fer (comme les céréales commerciales pour bébé) sera difficile à digérer, source de constipation, ce qui ne sera pas le cas d’un aliment naturellement riche en fer (légumes verts, légumineuses, noix de cajou, par exemple), un choix beaucoup plus sensé.  Personnellement, je vous déconseille fortement les céréales de riz parce qu’elles contiennent de l’arsenic.  De toute façon, je suis peu convaincue par les céréales pour bébé en général et je vous invite, si jamais vous décidiez d’en offrir à votre bébé, à vérifier la liste des ingrédients du produit que vous choisissez :  les céréales pour bébé ne devraient jamais contenir de lait de vache (mention « ajouter de l’eau ») et le moins possible d’additifs.  Dans tous les cas, elles ne font pas un bon premier aliment : elles pourraient être ajoutées à l’alimentation du bébé au bout de quelques semaines, lorsqu’il sait déjà bien mâcher.

Gill Rapley (à qui l’on doit le terme Baby Led Weaning) propose n’importe quel aliment qui se trouve dans votre assiette ce jour-là (donc assurément pas des céréales de riz pour bébé).  C’est un bon conseil si vous aviez prévu un repas sain et si vous avez une nature avant tout spontanée.

Céline Arsenault conseille les légumes, ce qui paraît logique quand on pense que les goûts se développent dans la petite enfance et qu’on a envie que nos enfants apprécient le goût des légumes et prennent l’habitude d’en manger beaucoup.  D’autant plus logique quand on pense que les légumes sont riches en vitamines et minéraux, dont le fer.

La fonction ultime du premier aliment – on l’oublie trop souvent – est d’intéresser bébé à la nourriture.  Il devrait donc être visuellement attrayant ou avoir un goût alléchant.  Même en même temps, il ne devra pas être si envoûtant que bébé ne voudra que cela (on oublie peut-être le chocolat, non ?!).  Et il devrait initier le bébé à une saine alimentation (on oublie définitivement les friandises !).

Si vous avez eu à vous absenter sans laisser de lait maternel exprimé dans les dernières semaines, il se peut que votre bébé ait eu à goûter son premier aliment à cette occasion.  Dans un de mes derniers articles, je suggérais l’avocat et la banane comme meilleurs choix pour cela puisqu’ils ont le don de bien rassasier.   L’avocat demeure un choix idéal lorsque vous sentez que bébé est prêt pour l’introduction des aliments :  joli, facile à croquer et à avaler, riche en fer, source de bons gras et de protéines de qualité, très digestes.  L’avocat contient exactement les nutriments supplémentaires qu’on veut ajouter par la diversification alimentaire, ça tombe bien !

En fait, outre l’avocat, les légumes font de bons premiers aliments et n’importe lesquels font l’affaire.  À l’exception de la betterave, du navet et des épinards, qui renferment des nitrates (surtout lorsqu’ils ne sont pas issus de l’agriculture biologique) et pour lesquels on devrait attendre que le bébé ait environ 9 mois.  Il est aussi préférable d’éviter pour quelques mois les tomates (trop acides), les choux, l’ail et l’oignon (sources de gaz) ainsi que le céleri, le concombre et la laitue (sources d’étouffement, même cuits).  Mon expérience m’a montré que les pommes de terre, les patates douces, les courges (musquée, poivrée, potiron) ou les carottes coupés en cubes, en tranches ou en bâtonnets et cuits à la vapeur sont généralement bien appréciés.  Dans un deuxième temps, des légumes comme la courgette, le brocoli, les haricots vert et jaune, le chou-fleur, l’asperge, l’aubergine, la courge spaghetti, les poivrons, le topinambour ou le petit pois vont amener une belle variété de textures et de couleurs.  Il est normal de retrouver des morceaux « intacts » dans la couche les premières semaines.  C’est encore plus fréquent avec les légumes orangés (comme la carotte et la patate douce) parce que le bêta-carotène les rend plus difficiles à digérer.  Si cela semble incommoder le bébé, on cesse temporairement de lui en offrir et on les réintroduit plus tard.  Les légumes crus ou peu cuits (seulement blanchis ou à peine plus) sont plus nutritifs, mais ils sont plus difficiles à ingérer (mâcher et avaler sans s’étouffer) et à digérer pour les bébés.  S’ils ressortent intacts dans la couche ou si bébé se lève le coeur à répétition, il peut être judicieux de tenter une cuisson plus prolongée pendant quelques semaines.  Les légumes verts sont particulièrement importants pour la bonne santé de bébé.  On veillera donc aussi tôt que possible à lui en offrir au moins un chaque jour.  Avant l’âge d’un an, il est bien que bébé ait goûté à tous les légumes que vous consommez dans la famille.  N’hésitez donc pas à introduire le fenouil, les champignons, le chou frisé (Kale) et compagnie.

Comment procéder, concrètement ?

L’intervalle de temps

Le Mieux vivre préconise d’introduire un seul aliment à la fois et d’attendre chaque fois 2 ou 3 jours avant d’en proposer un nouveau.  En alimentation autonome, il n’y a aucune règle à respecter et on peut introduire plusieurs aliments en même temps.  Je dirais que les premières semaines, je préfère à ce sujet la mentalité de l’alimentation traditionnelle.  En effet, manger « solide » est une adaptation importante pour le système digestif du bébé et y aller en douceur me semble plus avisé si on veut que cette nouveauté soit vécue de façon positive, sans maux de ventre, troubles du sommeil ou autres inconforts.  En introduisant un seul aliment à la fois, on réduit les risques de difficultés digestives et on se simplifie la tâche en cas de réaction allergique, car on pourra facilement identifier l’aliment en cause et l’éliminer temporairement du menu de bébé pour le réessayer plus tard.

Sans tomber dans la rigidité, je suggère d’offrir un seul nouvel aliment à la fois jusqu’à l’âge d’un an.  Au début, un intervalle de 2 jours entre les nouveaux aliments est adéquat puis, vers les 8 mois du bébé, si jusque là tout allait bien, vous pouvez accélérer le rythme et y aller avec un ou deux nouveaux aliments à peu près tous les jours.

L’ordre

Personnellement, tel qu’expliqué plus haut, j’introduirais l’avocat et 3 ou 4 légumes à 2 jours d’intervalle chacun, puis je ferais découvrir à bébé d’autres aliments plus soutenants, comme les légumineuses, qui pourront, réduites en purée, être mélangées à des légumes écrasés (ça fera changement, on ne bannit pas systématiquement les purées) ou, dans le cas du pois chiche, transformées en humus maison… ou, tout simplement cuites, être servies à attraper avec les doigts.  Outre les pois chiches, on peut penser aux lentilles vertes, rouges ou brunes, aux fèves rouges, aux haricots noirs, blancs, de Lima… la variété est grande.  Au lieu des légumineuses ou en complément à celles-ci, on pourra aussi choisir les beurres de noix (arachide, amande, noix de cajou ou de macadam, graines de sésame, graines de citrouilles, noisette…), qui pourront servir à enrober les légumes ou les légumineuses à la façon d’une sauce ou que bébé pourra tenter de manger à la cuillère ou en y trempant les doigts (selon votre tolérance au gâchis).  Accessoirement, ces aliments rempliront le rôle d’assurer un apport supplémentaire en fer et en protéines.  Ils permettront aussi de rassasier les affamés qui demandent encore très souvent le sein.  À cette étape, l’oeuf est aussi un aliment de choix.  Brouillé dans un peu de lait maternel ou de boisson d’amande, mélangé à des légumes écrasés à la fourchette, miroir, à la coque, etc., vous trouverez une façon de le rendre appétissant à votre bébé.  À cet âge, il est préférable que le jaune soit bien cuit (pas coulant), à moins que vous achetiez vos oeufs bio directement d’un producteur en lequel vous avez toute confiance.

Ensuite, ou en alternance avec les légumineuses, l’oeuf et les beurres de noix, j’introduirais des fruits.  En été, il est intéressant d’introduire les fruits assez tôt, dès après les légumes même, parce qu’on veut profiter des produits frais de saison, comme les fraises et les autres baies.  En hiver, cela peut attendre facilement que bébé mange depuis 4 à 5 semaines parce que les fruits sont acidifiants, ce qui peut rendre plus vulnérable aux infections.  Dans tous les cas, on oubliera les agrumes (qui causent de l’érythème fessier) jusqu’à l’âge d’environ 1 an, où on pourra les introduire, mais avec modération.  Et on se souviendra qu’un jus de fruit, même pur à 100%, n’est pas un fruit :  les bébés n’ont pas du tout besoin de boire de jus.  Les jus, trop sucrés et très peu nutritifs, coupent l’appétit pour des aliments plus nourrissants.  C’est une mauvaise habitude à ne pas inculquer.  Il n’est pas nécessaire de cuire les fruits et de les réduire en purée, même si cela peut être pratique et délicieux à l’occasion.  Bien mûrs, les fruits peuvent, dès le départ, être servis frais, en morceaux ou même entiers (pour ceux qui n’ont pas de pelure et de coeur, de pépins ou de noyaux, que l’on fait mieux de retirer).   La banane est un excellent premier fruit.  Dans le cas où l’introduction des aliments par les légumes ne semblerait pas vouloir mener au succès, la banane pourrait être tentée :  elle a l’avantage d’être plus sucrée, ce qui plaira davantage à certains bébés, tout en étant facile à manger et très nourrissante elle aussi :  excellente source de potassium et calorique (donc rassasiante), elle contient aussi du fer, du calcium, des vitamines A, B et C et du phosphore.  Cependant, elle peut être mucogène.  Pour cette raison, on l’évitera en cas de rhume.   La pomme cuite, la poire, la pêche, la mangue, l’abricot, le pruneau, la prune, la nectarine sont également de bons choix pour débuter.  Un peu plus tard, on varie les plaisirs en ajoutant la fraise, la framboise, la mûre, le bleuet, les melons (miel, d’eau, cantaloup), la papaye, l’ananas, le kiwi…  Les raisins et les cerises peuvent aussi être servis, à condition de les couper en quatre pour éviter les risques d’étouffement et de dénoyauter les cerises.

Puis, si vous n’êtes pas végétariens dans la famille, les premières viandes seront les bienvenues, en commençant par la plus facile d’accès :  le poulet.  En petits morceaux, il peut être servi dès l’âge de 7 mois.  La viande brune, plus riche en fer et plus juteuse, plaît souvent davantage aux bébés.  Les autres viandes (dinde, canard, boeuf, veau, porc, agneau, cerf, bison, etc.) pourront suivre dans un ordre dessiné par vos préférences personnelles, sous forme de viande à fondue chinoise ou de viande hachée dans une purée de légume, par exemple.  Si bébé semble réticent aux viandes et que vous tenez à ce qu’il en mange, vous pouvez tenter le prémâchage.  C’est en effet souvent la texture qui rebute les bébés.  N’oubliez pas d’accorder une jolie place aux poissons, surtout aux poissons gras, riches en oméga-3 (saumon, hareng, maquereau, sardine, etc.), dans l’introduction des viandes.  Attention, il ne faut pas empoisonner bébé au mercure; la consommation de certains poissons (surtout les grands prédateurs) n’est donc pas recommandée avant l’âge de 2 ans.  À l’occasion, les crevettes, pétoncles, homard et autres fruits de mer peuvent aussi s’inviter dans l’assiette de votre bébé.  Bien sûr, il vaut mieux retarder au maximum, ou à tout le moins jusqu’à l’âge de 18 mois, l’introduction de produits animaux moins sains comme le jambon, les saucisses, le bacon et les charcuteries en tous genres, comme la dinde à sandwich, notamment en raison des nitrites que ces produits renferment, mais surtout parce qu’ils sont peu nutritifs, bourrés de sel et de gras saturés.  Si pour des raisons personnelles vous décidiez de ne donner ni légumineuses ni beurres de noix à votre bébé, pensez à introduire les oeufs et la viande assez tôt, car une alimentation composée seulement de légumes et fruits manque d’équilibre :  bébé a besoin de gras et de protéines aussi.

Enfin, les produits céréaliers pourront être introduits à partir de l’âge de 8 mois.  En fait, à petites doses, les produits céréaliers peuvent même être introduits plus tôt.  Mais comme ils sont particulièrement difficiles à digérer (demandent des enzymes spécifiques qui commencent à apparaître seulement vers 6 mois) et que certains bébés en raffolent au point de s’en nourrir presque exclusivement (ma petite Frimousse a fait partie de ceux-là), mieux vaut que bébé les découvre après le reste et qu’on les offre avec modération, au moins les premiers mois.  Il est souhaitable aussi de privilégier d’abord les céréales sans gluten (cette protéine étant particulièrement indigeste et allergène), comme le sarrasin et le quinoa (qui sont en outre des sources de fer appréciables) ou le millet, le sorgho, le maïs, l’amarante, le kaniwa et le riz.  Puis, à moins que vous ayez décidé d’adopter un régime entièrement sans gluten (en raison d’une maladie coeliaque dans la famille, par exemple), quelques céréales avec gluten peuvent agrémenter à l’occasion les repas de bébé :  orge, seigle, blé, blé de Khorasan (incluant le Kamut), épeautre, avoine.  Servies en grains entiers cuits, en flocons (gruau) ou sous forme de pâtes alimentaires, de céréales commerciales à déjeuner (biologiques de préférence,par exemple celles de la marque Nature’s Path) ou de farines cuisinées, telles que des crêpes, muffins, galettes, pains, … les produits céréaliers offrent des tas de possibilités enthousiasmantes.  Un quart de tranche de pain légèrement grillé et beurré d’huile de coco, la moitié d’un petit muffin ou d’une galette… offrez l’aliment à bébé et laissez-le se débrouiller et apprendre à croquer des bouchées de taille raisonnable.  S’il a du mal avec la croûte de votre pain, retirez-la, mais ne tombez pas dans le panneau de tout lui déchiqueter en miettes.  Les céréales peuvent en outre être avantageusement combinées aux noix et graines, que vous pouvez aussi réduire en farine pour les incorporer dans toutes vos recettes, ainsi qu’aux oeufs.  Bien sûr, il importe de dire que le sucre raffiné ne devrait pas s’inviter dans vos recettes maison et achats de produits céréaliers destinés à votre bébé.

Un tout dernier groupe d’aliments que l’on peut introduire à la fin de la première année, ce sont les huiles et les matières grasses.  C’est nécessaire dans le cas où l’on envisage un sevrage de l’allaitement maternel, et fortement recommandé pour tous les bébés, dans le but de s’assurer qu’ils reçoivent tous les acides gras nécessaires à leur développement cérébral.  Certaines huiles sont aussi des alliées précieuses pour la cuisson saine des aliments.  C’est le cas de l’huile de canola et de l’huile d’avocat, qui résistent à de hautes températures.  Les huiles d’olive et de chanvre, plus fragiles mais contenant aussi des acides gras essentiels, font d’excellentes bases de vinaigrettes et autres sauces.  Enfin, l’huile de noix de coco remplace avantageusement le beurre et la margarine lorsque vient le temps de beurrer un morceau de pain ou une tartine ou de faire cuire des crêpes.

Quand bébé commence à manger des repas complets, un peu à l’image de ceux de ses parents, il ne faut pas hésiter à y ajouter quelques herbes ou épices pour agrémenter le tout :  basilic, origan, persil, cannelle, fenouil, coriandre, estragon, curcuma, cumin, curi et compagnie ne feront qu’ajouter au plaisir.  On ne proscrira que le sel et on se gardera une petite gêne avec le poivre, le chili ou le piment de cayenne et tout se passera bien.

Je ne dirai pas grand chose des produits laitiers ici parce qu’ils n’ont pas leur place dans l’alimentation des bébés allaités de moins d’un an, en tout cas pas pour les moins de 9 mois et pas sur une base régulière ensuite.  Les produits laitiers (lait, yogourt, fromages, crème) sont des substituts bien imparfaits du lait maternel.  Ils ont pour inconvénient majeur de contenir de grandes quantités de protéines et de gras saturés, ce qui les rend bourratifs, et amène par conséquent le risque que bébé se prive d’autres aliments plus nutritifs à cause d’eux (d’aliments riches en protéines végétales ou en gras  mono et polyinsaturés, par exemple).  Surtout, les produits laitiers ne renferment pas de fer et beaucoup de calcium, ce qui rend malheureusement les produits laitiers responsables de trop nombreux cas d’anémie.  À moins d’entreprendre un sevrage complet ou partiel, donc, mieux vaut retarder l’introduction des produits laitiers dans l’alimentation de votre enfant, voire même les oublier totalement.  Il peut aussi, dans le cas d’un sevrage, être intéressant d’envisager au moins pour l’instant d’autres options plus saines, comme le lait de chèvre ou les boissons végétales.

Enfin, en ce qui concerne les sucres, ils ne devraient pas non plus faire leur apparition au menu avant le premier anniversaire de bébé.  On pourra alors très occasionnellement commencer à utiliser le sirop d’érable, le miel* ou la mélasse verte pour concocter des desserts de fête pour toute la famille.  Au quotidien, on préférera toujours sucrer nos recettes, dans la mesure du possible, avec de la purée de banane très mûre ou de dattes, deux fruits au pouvoir édulcorant épatant.

__________________________________________________
* En raison des risques de botulisme, il faut vraiment attendre que bébé ait au moins un an avant de lui servir du miel.

L’horaire

Au début, votre bébé ne mangera qu’une seule fois par jour.  Si vous optez pour des légumes comme premiers aliments, vous n’aurez pas envie de faire ça au déjeuner.  Entre le dîner et le souper, à vous de choisir en fonction de vos habitudes familiales et du niveau d’énergie et de bonne humeur de votre bébé à l’heure de ces repas.  Personnellement, j’ai opté pour le dîner parce que je ne souhaitais pas vivre une digestion nocturne des premières bouchées; je préférais que cela se fasse en après-midi et en soirée, au cas où cela serait un peu inconfortable pour ma Frimousse (avec son reflux, j’avais quelques craintes).  De toute façon, ce ne sera pas long que vous présenterez des légumes deux fois par jour, au dîner et au souper.

Les beurres de noix ou les oeufs pourront vous donner l’occasion d’ajouter un déjeuner à l’horaire.  Quant aux fruits, ils pourront être servis à n’importe quel des trois repas, probablement à deux des trois, mais je ne vous recommanderais jamais de les donner seuls, ce serait trop acidifiant.  En combinaison avec des beurres de noix et des produits céréaliers au déjeuner, en entrée ou en dessert après un mélange de viande et de légumes au dîner ou en accompagnement d’un potage-repas aux légumineuses et aux légumes au souper, les fruits seront les bienvenus.  Bref, vous l’aurez compris, sauf les tout premiers jours, un repas ne se compose pas d’un seul groupe alimentaire ; il est essentiel de combiner deux ou trois groupes.

Au bout de 2 ou 3 semaines, votre bébé devrait manger 3 repas par jour.  Donnez-lui tout de suite l’habitude de prendre un solide déjeuner contenant des protéines, des gras et des glucides de qualité, de consommer un dîner bien nutritif et un souper plus léger.  Ainsi, si vous consommez des viandes, il serait préférable de les offrir une seule fois par jour, au dîner plutôt qu’au souper.

Enfin, en ce qui concerne la fameuse question de donner le lait avant ou après les aliments, je dirais que tout dépend de votre bébé.  Le Mieux vivre explique que jusqu’à l’âge d’un an, le lait doit toujours être donné avant, puis qu’il doit toujours être donné après les aliments quand l’enfant a plus d’un an.  On y précise qu’il devrait y avoir un intervalle de 30 à 45 minutes entre le lait et le repas.  C’est probablement une bonne idée de suivre cette recommandation si votre bébé a un solide appétit, pour ne pas qu’il s’empiffre, déjà en partie rassasié par son lait.  Cependant, j’ai opté pour une stratégie différente, mieux adaptée à l’appétit d’oiseau de mes petites fées, qui n’auraient jamais mangé en suivant cette ligne directrice du Mieux vivre.  J’ai tout simplement dissocié lait et repas.  Mes filles étaient nourries toutes les deux heures environ, une fois de mon lait, une fois par un repas.  Ainsi, elles avaient faim pour leur lait et faim pour leurs repas.  Voici ce que cela pouvait donner concrètement :
6h :  boire au lit
7h30 :  déjeuner
9h15 :  boire puis sieste
11h30 : dîner
13h :  boire puis sieste
15h :  boire
17h :  souper
19h15 :  boire puis dodo
23h :  boire du coucher de maman

L’eau

L’eau est essentielle à la vie.  Toutefois, le lait maternel en renferme beaucoup.  Ce n’est donc pas parce que vous introduisez quelques légumes dans l’alimentation de votre bébé qu’il a besoin de boire de l’eau.  Un bébé allaité à la demande boira encore toute l’eau dont il a besoin par le biais de son lait.

Lorsque bébé mangera un peu plus (beurres de noix, produits céréaliers, etc.), il sera judicieux de lui faire connaître l’eau et de lui en présenter un verre avec son repas ou tout de suite après, qu’il pourra boire s’il en ressent le besoin.  C’est d’autant plus important en été lorsqu’il fait chaud.  Ne faites pas l’erreur d’offrir l’eau au biberon ou dans un gobelet antifuite.  Ce n’est absolument pas nécessaire.  Votre bébé de 6 ou 7 mois peut boire au verre, à la tasse ou au verre à bec (sans antifuite).  Il fera quelques dégâts au début, mais il suffira de mettre seulement une petite quantité à la fois pour limiter les dommages et il apprendra très vite.

Les quantités

L’approche traditionnelle propose des tableaux à l’image de ceux du Guide alimentaire canadien, décrivant pour chaque groupe alimentaire les quantités à offrir à bébé selon son âge.  L’approche de l’alimentation autonome part du principe selon lequel le bébé sait ce dont il a besoin et, entraîné depuis la naissance par l’allaitement à la demande, saura manger suffisamment mais pas trop et qu’il faut donc le laisser décider lui-même des quantités, si petites ou si grandes qu’elles vous paraissent.

Me situant quelque part entre les deux, je crois que l’on a la responsabilité, en tant que parents, de proposer une alimentation équilibrée, ce qui implique de garder un certain contrôle sur les quantités ingérées, ne serait-ce que pour guider bébé dans ses choix en lui montrant le bon exemple (en lui déposant dans son assiette un menu bien proportionné).  Pour cela, les tableaux du Mieux vivre ont quand même une certaine utilité comme référence;  ils permettent de connaître les proportions jugées optimales par les nutritionnistes.  Bref, c’est à bébé de décider quelle quantité totale de nourriture il souhaite ingérer, mais c’est à vous d’assurer l’équilibre quantitatif entre les différents groupes alimentaires dans son assiette.

Or, avant de faire un petit bilan des quantités pour chaque groupe par tranche d’âge, je voulais rappeler ce petit indicateur essentiel :  le lait maternel est l’aliment principal pour toute la première année de bébé.  Pendant cette première année, les aliments doivent compléter le lait, jamais le remplacer.  C’est pourquoi le nombre de tétées quotidiennes (la quantité de lait ingérée) ne devrait pas diminuer significativement avant l’âge de 9 mois et ne diminuer que graduellement et légèrement ensuite, parfois pas vraiment avant la fin de la première année.  Ainsi, le bébé moyen prend 6 à 10 tétées par jour à 6 mois et continuera d’en prendre à peu près autant jusqu’à 8 ou 9 mois, puis pourra commencer à faire ses nuits ou, à l’opposé réduire les tétées diurnes et compter surtout sur les tétées nocturnes, et ne tétera plus souvent que 4 à 6 fois par jour à 12 mois.  Or, si 4 tétées quotidiennes à 12 mois semblent un minimum en-deçà duquel la grande majorité des bébés risquent de manquer de lait, il n’y a pas vraiment de maximum et les bébés qui tètent encore une dizaine de fois ne sont pas si rares.  Un bébé qui mange avec appétit ET continue à bien boire prend probablement les quantités dont il a besoin, ni plus ni moins.

6 et 7 mois
Légumes :   ½ c. à table* les 2 ou 3 premiers jours, puis on augmente graduellement jusqu’à 3 c. à table par jour.
Protéines :  au choix, une portion par jour parmi les suivantes :
– légumineuses, ½ c. table au début,  1 c. à table ensuite ;
– environ ¼ d’un oeuf ;
– beurres de noix, 1 c. à thé ;
– viandes, volailles et poissons, ½ c. à table.
Fruits :  ½ c. à table* les 2 ou 3 premiers jours, puis on augmente graduellement jusqu’à environ 2 c. à table par jour.

8 mois
Légumes :  4 à 5 c. à table par jour.
Protéines :  au choix, une portion à une portion ½ par jour parmi les suivantes :
– légumineuses, 2 c. à table ;
– environ ½ oeuf ;
– beurres de noix, 2 c. à thé ;
– viandes, volailles ou poissons, 1 c. à table.
Fruits :   3 ou 4 c. à table par jour.
Produits céréaliers :  2 portions par jour (au maximum).  Une portion étant ½ tranche de pain ou ½ muffin, ¼ de tasse de pâtes, riz, orge, millet, quinoa, etc. cuit(es)

9 à 12 mois
Légumes :  entre 5 et 7 c. à table chaque jour.
Protéines :  au choix, deux portions par jour parmi les suivantes :
–  légumineuses, 3 c. à table ;
–  1 oeuf ;
–  beurres de noix, 2 c. à thé ;
–  viandes, volailles ou poissons, 1 ½ c. à table.
Fruits :  entre 4 et 6 c. à table chaque jour.
Produits céréaliers :  2 à 3 portions par jour.  Une portion étant ½ tranche de pain ou ½ muffin, ¼ de tasse de pâtes, riz, orge, millet, quinoa, etc.
Huiles (facultatif) :  1 c. à thé par jour.

12 mois à 2 ans
Légumes :  de ½ à 1 tasse par jour.
Protéines :  au choix, deux portions par jour parmi les choix suivants :
–  légumineuses, 4 c. à table ;
–  1 oeuf ;
–  beurres de noix, 1 c. à table ;
–  viandes, volailles ou poissons, 2 à 3 c. à table.
Fruits :  1 ou 2 fruit(s) par jour ou, en petits morceaux, ½ à ¾ de tasse.
Produits céréaliers :  4 portions par jour.  Une portion étant ½ tranche de pain ou ½ muffin, ¼ de tasse de pâtes, riz, orge, millet, quinoa, etc.
Huiles :  1 c. à thé par jour.
Produits laitiers (tout à fait facultatifs) :  une à deux portions par jour, en choisissant parmi les portions suivantes :
–  125 ml de lait de vache ou de chèvre
–  100ml de yogourt (1 yogourt individuel)
–  60ml de fromage frais (1 Minigo), fromage cottage, ricota ou quark
–   15 à 20g de fromage (1 Ficello)

______________________________________________________
Bien sûr, comme on donne surtout des morceaux, ces quantités sont approximatives.  On évalue à l’oeil, aucun besoin de précision.

Le mot de la fin

Je ne répéterai jamais assez que ce n’est pas tant la quantité de nourriture ingérée qui compte, mais la qualité des aliments et un certain équilibre entre leurs nutriments, entre les groupes.  L’appétit des bébés et des tout-petits est variable, l’allaitement vous l’a bien fait découvrir :  de seulement 5 tétées un jour à plus de 15 le lendemain, bébé vous a parfois inquiétée peut-être, mais finalement, vous savez qu’il boit ce dont il a besoin puisqu’il grandit bien et se développe harmonieusement.  Il en va de même avec la nourriture.  Il mangera comme un ogre parfois, comme un oiseau d’autres fois, il fera des retours à un allaitement presque exclusif ou boudera le sein pour lui préférer un copieux repas, mais en fin de compte, il mangera ce dont il a vraiment besoin.

La diversification alimentaire est une grande étape dans la vie d’un bébé, une étape enthousiasmante pour ses parents comme pour lui.  C’est pourquoi le plaisir de manger doit être au centre de la démarche.  Ce plaisir n’entre pas en contradiction pour moi avec une alimentation ultra-saine, entièrement dénuée de petits pots commerciaux pour bébé, de saveurs et couleurs artificielles ajoutées, de sucre raffiné et substituts artificiels au sucre, de sel ajouté, de conservateurs et de gras trans.  Il y a peu de plus beaux cadeaux à faire à son enfant que de lui enseigner le plaisir de goûter la saveur réelle des aliments :  manger sainement n’est pas se priver ni manger tristement.  C’est manger frais et coloré !

Sources
http://www.babyledweaning.com/
http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-62-L-introduction-des-solides.html
Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, Institut national de santé publique du Québec, éditions 2009 et 2011
Céline Arsenault, Accueillir mon enfant naturellement, Dauphin blanc, 2009.
http://www.mamaneprouvette.com/2014/09/aliments-solides-et-allergies-avant.html
Danielle Lamontagne, Guide alimentaire végétarien, brochure de 6 pages.
http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-39-Le-nourrisson-le-mixer-et-la-cuillere-une-fable-qui-finit-mal.html
http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-39-Solides-de-l-interet-d-attendre-que-l-enfant-soit-pret.html

Qi’a : un aliment génial !

Je n’aime pas beaucoup vendre des produits en particulier.  Je préfère de loin faire la promotion d’un mode de vie, d’habitudes saines que de me transformer en publicitaire.

Mais voilà, j’ai découvert une petite merveille à la fin de l’été.  Que je consomme plusieurs matins par semaine depuis maintenant un peu plus de quatre mois et que j’apprécie sans cesse davantage.  Alors si, comme moi, vous avez envie de manger moins de pain et de céréales en boîte, envie de réformer votre déjeuner (parce que c’est le repas le plus important de la journée, n’est-ce pas ?  et en tout cas, celui qui donne le ton) et que vous ne savez pas quoi tenter de nouveau, je vous suggère d’essayer, si ce n’est déjà fait, Qi’a superfood, un produit de la très chouette marque Nature’s Path.  Un aliment génial, je trouve, et contenant seulement des ingrédients super sains, un aliment devant lequel je suis si enthousiaste que j’ai le goût de vous en faire acheter aussi !

Sur la tablette de votre supermarché, ça ressemble à ça :

 

 

 

 

 

 

 

 

Et voyez la table des valeurs nutritives, c’est impressionnant :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si je résume, une portion (deux cuillères à table) de ce mélange de chia, sarrasin et chanvre avec amandes et canneberges vous apporte 6% de votre calcium, 12% de votre fer, 16% de vos fibres de la journée, en plus d’être une incroyable source de gras polyinsaturés (4 grammes) et de protéines végétales (6 grammes)… et de ne contenir aucun sel et très peu de sucre.  J’aime tout particulièrement que les matières grasses représentent près de 50% des calories parce que ça en fait un déjeuner très rassasiant, très nourrissant, avalé pourtant en quelques bouchées.

Personnellement, j’adore le goût.  Je laisse tremper mon Qi’a dans un peu de boisson d’amande pendant une dizaine de minutes et je déguste.  Le seul petit défaut, pour moi qui ai une dentition pour le moins imparfaite, c’est que les graines, ça se prend parfois dans les dents ;  le brossage est un incontournable ensuite.

Mon bol de Qi’a, je l’accompagne d’un smoothie fait maison ou, quand je suis trop pressée (lire trop lâche), par un smoothie Vert de vie de la marque Arthur’s Fresh (tant qu’à tomber dans la pub, je m’y jette royalement, je l’admets, mais je vais essayer de ne pas récidiver !).  Pour partir n’importe quelle journée tranquille, c’est suffisant pour moi.  Avant une activité sportive ou une journée de travail (garder des enfants, c’est sportif aussi !), j’ajoute un produit céréalier (mon pain fait maison, muffin ou galette, parfois une petite portion de gruau ou de granola).

4 mois que je mange Qi’a a raison de 3 ou 4 fois par semaine, 4 mois que je me sens pleine d’énergie et que je perds enfin les kilos accumulés pendant mes grossesses sans souffrir de la faim… ça ne peut pas n’être qu’une coïncidence, non ?!