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Ma Frimousse est sevrée

Elle aura 3 ans dans quelques jours. Déjà !

C’est mon bébé, mon tout petit bébé d’amour.  Mais, je dois l’admettre, elle n’a plus rien d’un bébé… sauf peut-être ce pouce qu’elle affectionne encore de téter lorsqu’elle est fatiguée, triste ou contrariée.

Le 3 septembre dernier, elle a pris sa dernière tétée.

Bien sûr, je ne savais pas alors qu’il s’agissait de la toute dernière.

Je pressentais cette possibilité ce matin-là, vu les circonstances.  Mais j’avais déjà eu cette impression quelques fois au cours de l’été.  Qui s’était avérée fausse, finalement.  Ce n’est qu’à postériori, en voyant passer les jours sans retour au sein, que j’ai pu savoir que cette fois-ci, c’était réellement terminé.

Ma Frimousse s’est sevrée.  Je ne l’ai pas sevrée.  Ou si peu.

Depuis Noël 2013, elle ne prenait plus qu’une seule tétée par jour, le matin au réveil.  Et depuis la fin du printemps, il lui arrivait de plus en plus fréquemment de sauter une journée, beaucoup plus rarement deux.  Quand je sortais du lit avant son réveil et qu’elle me trouvait déjà debout et tout habillée ou quand sa soeur l’entraînait dans la cuisine dès leur lever pour déjeuner, par exemple.  Il y a des matins où elle tétait vigoureusement et plutôt longtemps (3 ou 4 minutes à chaque sein).  D’autres, où elle prenait une gorgée vite fait, demandait l’autre sein, buvait peu et se mettait à me chatouiller, à me poser des questions commençant par pourquoi et à rigoler.  Il y a des matins où elle semblait si peu avoir besoin encore de l’allaitement que je me disais que cela allait se terminer tout de suite et d’autres où elle me donnait l’impression que, si je ne me décidais pas à y mettre le holà, ça durerait encore des années.  Il y a des matins où j’avais vraiment envie qu’elle tète, ou j’étais même déçue si elle ne le voulait pas.  Et d’autres où j’espérais qu’elle ne demande pas, où même, parfois, je repoussais les draps pour sortir du lit dès que je l’entendais trottiner vers ma chambre car j’aurais pu lui refuser le sein pour la première fois.  Mais alors elle  ne demandait pas, peut-être parce qu’elle sentait que ça ne me tentait pas.  La relation était devenue plus importante pour nous que l’aliment, dont j’étais bien conscience qu’elle consommait peu.

Ce matin du 3 septembre, quand elle a demandé le sein et est venue se blottir contre ma poitrine, j’ai eu un moment de surprise, presque d’affolement.  Elle n’avait pas bu la veille, j’en était certaine.  Ni le jour d’avant, je m’en suis souvenu.  Et le jour d’avant, avait-elle bu ?  Je ne m’en rappelais pas et c’est ce qui me troublait.  Tout me disait depuis quelques semaines que le sevrage approchait.  J’anticipais ce moment avec un mélange de sentiments complexe.  Si elle n’avait pas bu ce matin du 3 septembre-là, je n’aurais jamais su avec certitude quel jour elle avait pris sa dernière tétée.  Le 29 ou le 30 août ?  Dans les faits, quelle importance avait la date précise ?  Aucune.  Ce qui me dérangeait, c’était de n’avoir aucun souvenir de cette tétée, qu’elle n’ait pas été spéciale et marquante.

Avant de déjeuner, ce matin-là, j’ai ouvert mon calendrier, regardé la date, puis inscrit dans la case du 3 septembre « Dernière tétée d’Éloane ? »  Elle n’a bu ni le lendemain, ni le jour suivant.  Alors, sur un bout de papier que j’ai collé dans mon calendrier, j’ai noté, pendant que je m’en souvenais encore bien :  « Une belle tétée au lit, de celles que j’aime :  plutôt longue, calme, avec des caresses, des regards pétillants, et suivi d’un câlin tout tendre ».  Au cas où…

Une fois, c’était 8 ou 9 jours après cette dernière tétée, elle a demandé du lait de maman.  J’ai hésité.  Je lui ai dit :  « Quand je vais avoir fini de me démêler les cheveux. »  Elle a souri.  Elle semblait ravie, ou peut-être soulagée, que je ne lui répondes pas non.  D’avoir encore cette possibilité en poche.  J’ai débroussaillé la tignasse, puis je ne lui ai pas offert.  Et elle ne l’a pas redemandé.

Deux semaines plus tard, j’ai hachuré le point d’interrogation sur mon calendrier.  Cette tétée avait été la dernière et, comme j’en gardais un agréable souvenir, c’était bien ainsi.  Il n’y aurait plus de retour en arrière.  J’étais maintenant prête à refuser au besoin.  Mais je n’ai pas eu à le faire, du moins jusqu’ici.

Parfois, ma Frimousse touche mes seins, s’y colle le visage.  Alors, elle me raconte qu’elle buvait du lait là (elle pointe), mais qu’elle n’en boit plus parce qu’elle est « une graaaaaaaaande fille ».  Elle raconte qu’elle a des seins elle aussi, me les montre.  L’autre jour, elle m’a demandé si j’avais encore du lait dans mes seins.  Je ne savais pas.  J’ai dit non.  Que j’en aurais à nouveau seulement s’il y avait un nouveau bébé qui naissait de mon ventre.  Mais j’ai vérifié et, en fait, je lui ai menti sans le savoir.  J’ai encore du lait, 50 jours plus tard.  Je ne l’aurais pas cru.

 

Quel est le problème avec les vaccins ?

ou

Pourquoi autant de questionnements, de débats et de disputes autour des vaccins ?

Les promoteurs de la vaccination, les médecins, les infirmières, les pharmaciens vous diront avec fierté que les vaccins sont sécuritaires et efficaces, qu’ils sont un outil de prévention miraculeux dont on serait fou de se priver, qu’ils sauvent chaque année des milliers de vie, qu’ils ont éradiqué nombre de maladies et évité autant d’épidémies mortelles, bref qu’ils sont l’avancée médicale par excellence du 20e siècle.

Pourquoi donc, si tel est le cas, de plus en plus de parents s’opposent à la vaccination de leurs bébés et jeunes enfants ?  Sont-ils des irresponsables et des anarchistes ?  Qui sont ces parents et qu’est-ce qui les motive ? Il serait bien bête de croire que c’est parce que les parents sont trop sensibles et redoutent la douleur et les pleurs qui peuvent suivre l’injection qu’ils s’opposent à la vaccination.  Je considère que tout simplement cela participe d’un mouvement global de conscientisation à l’égard de notre responsabilité sur notre propre santé et celle de notre famille, une prise de conscience aussi du rôle de parent, qui est de prendre les meilleures décisions possibles pour assurer le développement optimal de son enfant dans toutes les sphères :  santé, intelligence, développement social, moteur, affectif, etc.

Il n’y a aucune obligation vaccinale au Canada.  Il est donc de la responsabilité des parents, comme pour chaque acte médical qu’ils choisissent pour leurs enfants, de s’interroger et de s’informer.  La vaccination ne devrait pas être une action automatique et irréfléchie.  C’est une décision trop importante pour cela. Je souhaite avec ce billet participer à l’information et à la réflexion des parents pour qu’ils puissent prendre la meilleure décision possible, celle avec laquelle ils auront l’esprit en paix, que ce soit de faire vacciner ou de ne pas faire vacciner leurs enfants.

Un peu d’histoire

À la fin du 18e siècle (1796), un Anglais du nom de Jenner a constaté que les fermiers qui ont déjà contracté une maladie bénigne (la vaccine, d’où le nom du procédé ensuite inventé) ne sont jamais la proie de la terriblement contagieuse et mortelle variole.  Il tente une expérience sur un jeune garçon, en lui inoculant d’abord la vaccine cultivée sur le bras d’une fermière atteinte, puis en inoculant à ce garçon la variole¹.  L’expérience est encourageante :  le garçon ne développe pas la variole.  Jenner décide alors de combattre la variole en inoculant ainsi la vaccine à toute la population qui voudra bien le payer pour ce faire.  Cependant, sans tenter aucune expérimentation en ce sens, ses collaborateurs et lui changent d’idée en cours de route et décident d’inoculer la variole elle-même, sous une forme atténuée, plutôt que la vaccine.  Le prétexte donné est que ces maladies sont d’une « même famille » (ce qui n’est pas faux) ;  or la motivation principale était probablement financière.  Cette toute première vaccination massive obtient des résultats mitigés.

Le principe de la vaccination inventé par Jenner est novateur :  pour la première fois, un médecin préconise la prévention plutôt que la guérison.  En cela, c’est une grande avancée de la médecine pour laquelle nous lui sommes tous redevables.  Toutefois, comme on peut le constater, l’idée que l’on peut prévenir une maladie en en inoculant une forme atténuée ne repose sur rien :  au départ, le constat était, rappelons-le, que l’on peut éviter la redoutable variole en contractant une maladie similaire mais beaucoup moins effrayante : la vaccine.  C’est comme si aujourd’hui l’on apprenait que l’on pouvait se prémunir contre toute forme de cancer en attrapant tel virus particulier du rhume :  tout le monde se précipiterait pour être contaminé par le rhume en question !

Une centaine d’années plus tard (1885), Louis Pasteur met au point un vaccin contre la rage.  C’est le second vaccin proposé à l’homme puisqu’il n’existe alors que le vaccin antivariolique (celui de Jenner) et deux vaccins pour les animaux (la clavelée, maladie du mouton, et la péripneumonie bovine).  L’expérimentation qui a permis à Pasteur de déclarer ce vaccin efficace est hautement contestable :  réalisée sur un seul individu (comme celle de Jenner), elle a consisté à le vacciner après la morsure d’un chien présumé enragé et à le déclarer guéri parce qu’il n’avait pas contracté la rage.  Or, rien ne prouve que le chien était enragé.  Tout de même, comme ce vaccin, encore aujourd’hui, n’est administré qu’après une morsure suspecte et donc à une clientèle restreinte et bien ciblée, et comme on l’a beaucoup amélioré depuis l’époque de Pasteur (où il a provoqué plus souvent la maladie qu’il ne l’a évitée parce qu’entre autres, mal atténué), on peut le considérer comme une belle avancée médicale.

Au 20e siècle, apparaissent les grands laboratoires de recherche pharmaceutique (l’Institut Pasteur en France, GSK au Canada, etc.).  Ces entreprises privées (dont le but premier est toujours le profit) ont à coeur de multiplier les vaccins mis en marché.  Et ils ont l’excellente intuition de s’attaquer à toutes ces maladies mortelles et effrayantes qui déciment les populations :  diphtérie, polio, etc.  Les parents de jeunes enfants deviennent une clientèle idéale :  soucieux de protéger leur progéniture, ils sont à l’affut de traitements préventifs, complètement séduits par la vaccination.  L’on commence donc rapidement à s’attaquer avec les vaccins aux maladies dites de la petite enfance (rougeole, oreillons, coqueluche, etc.).  On déclare publiquement que les vaccins ont permis de contrôler ou de faire disparaître nombre de ces maladies, ce que la population croit puisque les morts attribuables à ces maladies sont beaucoup moins fréquentes de nos jours qu’au début du siècle dernier. Or, d’autres facteurs pourraient entrer en ligne de compte dans la disparition des maladies et de la mortalité associée :  qualité de l’eau potable (puits artésiens et réseau d’aqueduc, plutôt que puits de surface), grandes avancées en matière d’hygiène élémentaire (lavage au savon des mains, désinfection des surfaces, des instruments chirurgicaux et des ustensiles de cuisine), augmentation générale de la richesse et de l’accès à la nourriture bien conservée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (fruits en hiver, réfrigérateurs et congélateur dans les maisons, par exemple), accès rapide en cas de maladie à des soins médicaux et des traitements de pointe (respirateur, antibiotiques).  Il paraît évident que l’ensemble de ces facteurs a permis la régression de la mortalité infantile et que le rôle de la vaccination dans ce combat, si rôle il y a, est secondaire.  À ce sujet, les courbes de régression des maladies laissent peu de place au doute :  les maladies étaient toutes en fort déclin avant même l’apparition du vaccin qui, au mieux, a accéléré ce déclin déjà assuré².  Dans certains cas, les vaccinations ont même entraîné temporairement la recrudescence de la maladie en raison d’erreurs de conception (le cas du vaccin anti-polio est pour cela tristement célèbre) ou de lots défectueux.

Aujourd’hui, le calendrier vaccinal recommandé par les autorités comporte chez nous des immunisations contre 15 maladies différentes avant l’âge de 10 ans.  Il représente un total de 18 injections (ou prises orales) en dix ans, dont la très grande majorité au cours des 18 premiers mois de vie, certaines de ces injections regroupant plus de 5 virus distincts. Cela fait beaucoup, beaucoup de vaccins.  Encore trop peu aux dires de l’industrie pharmaceutique, qui cherche à développer et vendre sans cesse de nouveaux vaccins.  Mais beaucoup trop aux yeux de parents comme moi, qui s’inquiètent qu’on n’étudie pas plus les effets potentiels de cette multiplication phénoménale (quand je suis née, il y avait trois fois moins de vaccins), cette multiplication exponentielle ces dernières années de la pratique vaccinale qui, on l’oublie, est très jeune dans l’histoire de l’humanité.

Un tour d’horizon du calendrier vaccinal

Partons pour l’instant du principe selon lequel les vaccins inclus dans le calendrier vaccinal sont sécuritaires, et généralement efficaces.  Sont-ils pour autant nécessaires ?  Sont-ils même souhaitables, TOUS souhaitables ? Peut-on tout de suite, sans condamner le principe de la vaccination tout entier, s’interroger sur la pertinence de certains vaccins particuliers dans notre contexte particulier de Nord-Américains ?  Peut-on s’interroger sur la pertinence d’une vaccination massive la première année de vie d’un bébé ?  Peut-on questionner la validité d’un calendrier unique, qui ne tient pas compte de l’unicité de chaque individu (bébé allaité ou non, né en bonne santé ou non, fréquentant la garderie ou non, etc.) ?

À l’âge de deux mois (avec des rappels à 4 et 6 mois, puis à 12 ou 18 mois), on recommande pour bébé 2 injections et un vaccin oral :  DCaT-Polio-Hib, conjugué pneumocoque et rotavirus. 

Les maladies concernées sont :

D pour Diphtérie
La diphtérie est une maladie contagieuse grave d’origine bactérienne, aujourd’hui disparue en Amérique du Nord.  Le vaccin ne prévient pas l’infection³.  Il s’attaque plutôt à une toxine produite par la bactérie lorsqu’elle se trouve dans les voies respiratoires du malade et qui est la cause des complications graves. Ainsi, l’on peut être certains que si plus personne au Québec n’a la diphtérie, ça n’a rien à voir avec la vaccination puisque celle-ci n’empêche pas la propagation de la maladie, seulement ses conséquences les plus fâcheuses.  Or, il n’y a plus de diphtérie au Québec :  cette maladie s’est éradiquée d’elle-même, comme avant elle le choléra et la peste (pour laquelle il n’existe pourtant aucun vaccin). Le vaccin contre la diphtérie peut donc être qualifié de totalement inutile.  À moins que vous ne voyagiez dans un pays où cette maladie continue de faire des ravages.  Dans ce cas, c’est un vaccin tout à fait indiqué.

Ca pour Coqueluche
La coqueluche est une maladie bactérienne très contagieuse et d’une longue durée (plus d’un mois), mais généralement bénigne (même si les symptômes de détresse respiratoires peuvent faire peur), sauf dans le cas des nourrissons de moins de 4 mois, chez qui elle risque d’être plus grave. L’ancien vaccin était considéré très efficace mais avait des effets secondaires graves et fréquents.  Il a été retiré du marché et remplacé par un vaccin inactivé (dit acellulaire), dont l’efficacité semble beaucoup moindre et qui fait actuellement l’objet d’une controverse parce que les bébés récemment vaccinés pourraient développer une forme asymptomatique de la coqueluche et être contagieux sans le savoir (4).  Cela expliquerait pourquoi il y a récemment tant de cas de coqueluche chez les bébés à risque (moins de 4 mois), ce qui ne se voyait pas avant la vaccination, quand la maladie touchait surtout les jeunes enfants. C’est un cas de vaccination pour laquelle la réponse est complexe, la maladie cessant justement de représenter un réel danger au moment où la deuxième dose (et donc le début d’une réelle protection) est administrée.  On vaccinerait ainsi son enfant non pas pour le protéger, lui, mais uniquement dans le but de protéger les autres.  C’est un pensez-y bien qui dépend entre autres de la fréquence à laquelle nous fréquentons avec notre enfant des mères de bébés plus jeunes…  mais aussi de cette incertitude concernant le caractère contagieux des nouveau-vaccinés, qui pourrait changer la donne.

T pour Tétanos
Le tétanos n’est pas une maladie contagieuse.  C’est cependant une maladie grave, qui a un taux de mortalité d’environ 30% (la majorité de ces morts étant toutefois des nourrissons du tiers-monde dont le cordon ombilical a été coupé avec un instrument souillé à la naissance).  Cette maladie est due à un bacille, qui se trouve surtout dans la terre ou dans les excréments, et qui contamine l’humain par le biais d’une blessure (le plus souvent profonde, et causée par un objet rouillé) ou d’une morsure animale, pour ensuite sécréter une toxine.  Comme dans le cas de la diphtérie, c’est contre cette toxine qu’est prévu le vaccin, et non contre le bacille lui-même. Dans ces conditions, et parce que cette maladie, bien que rare, existe encore aujourd’hui chez nous, la vaccination semble une excellente protection.  Cependant, il faut savoir que c’est un vaccin qui a des effets secondaires importants connus et que ces effets secondaires tendent à proliférer et à s’aggraver avec la multiplication des rappels.  En outre, le tétanos n’est pas une maladie immunisante, c’est-à-dire que l’attraper et en guérir ne protège pas d’une nouvelle infection dans le futur.  Or, si la maladie elle-même n’immunise pas, plusieurs se demandent à juste titre comment le vaccin y parvient (5).  En fait, il est hautement improbable que le vaccin antitétanique offre la moindre protection, justement parce que cette maladie ne répond pas du tout au profil de maladie évitable par la vaccination. Ainsi, cette vaccination peut être jugée farfelue et inutile.  Cependant, étant donné la gravité de la maladie, certains parents ne pourront se résoudre à vivre avec ce risque.  Il est alors conseillé de retarder la première vaccination à l’âge des premiers pas (en moyenne 14 mois), puisqu’une infection par le tétanos dans notre pays est à peu près impossible tant que bébé ne se déplace pas par lui-même.  Retarder la première vaccination après l’âge d’un an présente cet autre avantage de diminuer le nombre d’injection nécessaires à l’immunisation, ce qui est particulièrement profitable dans le cas précis de ce vaccin.

Polio pour Poliomyélite
La poliomyélite est une maladie virale bénigne ressemblant à une gastro-entérite qui, dans environ 1% des cas, se présente sous une forme dramatique, par une paralysie du système respiratoire (elle est alors mortelle) ou une paralysie (permanente) des membres inférieurs.  Heureusement, la poliomyélite est une maladie éradiquée dans le monde occidental. Le vaccin contre la poliomyélite est totalement inutile pour un bébé québécois.  Cependant, vu la gravité que peut prendre la maladie, le vaccin est tout à fait indiqué si l’on voyage dans un pays où la poliomyélite continue de sévir.  Dans ce cas, il faut s’assurer de choisir le vaccin injectable.  En effet, le vaccin buvable (donc vivant) vous rend contagieux, susceptible de transmettre la polio autour de vous, voire de la contracter.

Hib pour Haemophilus influenza de type B
Ce vaccin est donné dans le but de protéger contre la méningite.  Il protège contre une forme bactérienne de la méningite, responsable de 1% de tous les cas de méningites bactériennes et virales combinées.   La méningite est une maladie potentiellement mortelle et foudroyante.  Elle fait peur. Ainsi, ce vaccin est bienvenu, peu importe qu’il passe à côté de 99% des risques :  la moindre protection contre la méningite fait du bien.  Cependant, il est intéressant de savoir que ce vaccin nécessite 4 injections lorsqu’on suit le calendrier, mais deux injections si l’on commence à 4 mois et une seule si on attend que bébé ait 15 mois ou plus.  Et comme l’allaitement est un facteur de protection important contre la méningite bactérienne, si l’on veut limiter le nombre d’injections et qu’on allaite, qu’en plus bébé ne va pas encore à la garderie, il ne serait pas nécessairement préjudiciable de reporter la première immunisation.  Ça devient ici une décision personnelle basée sur notre tolérance aux risques :  ceux de la maladie, ceux de la vaccination (nous en reparlerons).

Conjugué pneumocoque
Les pneumocoques (il en existe près de 90 différents) sont des bactéries responsables de nombreuses affections bénignes telles que les otites, les pneumonies et les sinusites, ainsi que de maladies graves comme des méningites et des septicémies.  Le hic avec les pneumocoques, c’est que les maladies qu’ils causent (autant graves que bénignes) se traitent avec des antibiotiques et qu’ils deviennent de plus en plus résistants à ce traitement. Le vaccin protège contre 10 (Synflorix) ou 13 (Prevnar) des souches de pneumocoques les plus fréquentes chez les jeunes enfants (6).  On peut le qualifier de protection souhaitable étant donné la gravité de maladies comme la méningite et la septicémie.  C’est d’autant plus vrai dans le cas d’enfants qui ont un système immunitaire déficient ou d’adulte qui ont subi une ablation de la rate (organe qui a un effet protecteur).

Rotavirus
Les rotavirus comptent parmi les virus responsables de la gastro-entérite.  Cette maladie très fréquente et hautement contagieuse est généralement bénigne, sauf dans le cas des nourrissons, dont l’état doit être surveillé de près pour éviter une déshydratation grave due aux vomissements et à la diarrhée. Le vaccin protégeant contre les rotavirus est tout nouveau dans le calendrier vaccinal (inscrit depuis 2011 seulement, ce vaccin n’étant sur le marché que depuis 2008).  C’est un vaccin oral, vivant, ce qui soulève quelques inquiétudes, notamment parce que les selles du bébé nouvellement vacciné contiennent le virus pendant une dizaine de jours, et qu’il risque par conséquent de contaminer les membres de sa famille lors des changements de couche et des bains. Vu la banalité de la gastro-entérite et la faible protection que ce vaccin offre (il y a tant d’autres virus en cause), vu par comparaison, les risques associés à un vaccin vivant (surtout chez un jeune bébé), le vaccin contre les rotavirus peut être qualifié d’indésirable.

À l’âge de 12 mois, le calendrier vaccinal comporte 2 nouveaux vaccins (RRO-Var et Méningocoque), en plus d’un rappel, ce qui fait un total de 3 injections, combinant des immunisations contre 6 maladies différentes.

Méningocoque
La méningite à méningocoque est une maladie grave mais rare, qui touche principalement les enfants de moins de 5 ans et les adolescents.  Le vaccin protège contre les méningocoques de type C, qui représentent environ le tiers des méningites dans les pays occidentaux (les deux autres tiers étant attribuables au type B). Malheureusement, c’est un virus capable de mutation et, si la vaccination systématique fait baisser la prévalence du type C, elle fait augmenter d’autant la prévalence du type B, laissant le nombre de méningites identique.  En tenant compte de ces faits, mais aussi des effets secondaires de ce vaccin, on peut considérer que la vaccination systématique est inutile.  Cependant, une vaccination ciblée lors de l’éclosion d’une épidémie dans un milieu donné (une école, un quartier, une ville, une région) est une mesure de protection intéressante.

R pour Rougeole
La rougeole est une maladie bénigne chez l’enfant.  Les risques de complications graves ou de décès sont presque nuls en Occident puisqu’ils sont le résultat de carences importantes (en vitamine A, notamment) chez le malade, de manque de soins médicaux ou d’un système immunitaire affaibli par une autre maladie grave, comme la tuberculose. Comme il s’agit d’un vaccin vivant (toujours plus risqué, pouvant rendre le nouveau-vacciné contagieux) et d’une maladie bénigne, la vaccination s’avère indésirable avant l’adolescence, où elle pourra être bénéfique dans le cas où la maladie n’aurait pas encore été contractée.

R pour Rubéole
La rubéole est une maladie plus que bénigne, qui passe même souvent inaperçue (un petit mal de gorge et c’est tout).  La seule exception, c’est le cas de la femme enceinte, les trois premiers mois de sa grossesse, car cela peut alors entraîner des malformations chez son fœtus. La vaccination des garçons est tout simplement injustifiable, surtout qu’il s’agit d’un vaccin vivant.  Pour protéger les fœtus, il peut néanmoins être indiqué de vacciner les filles.  Mais attendre l’éclosion de la puberté (avant laquelle il n’y aura pas de grossesse) serait plus adéquat.

O pour Oreillons
Cette maladie bénigne peut être carrément asymptomatique.  Il y a un risque de complication sous la forme d’une méningite virale, qui n’est en rien dangereuse (contrairement à la méningite bactérienne) et ne nécessite pas d’autre traitement que des antidouleurs.  Il y a aussi un risque d’inflammation des testicules ou des ovaires pouvant mener à une certaine infertilité.  Ce risque n’est pas à prendre à la légère, mais il est rarissime chez les enfants (ce sont les adolescents et les adultes qui sont concernés). La vaccination des enfants contre les oreillons ne se justifie aucunement.  Juste avant la puberté, cependant, pour protéger contre la stérilité, le vaccin devient envisageable.

Var pour Varicelle
La varicelle est la plus contagieuse de toutes les maladies de la petite enfance.  Elle est toujours bénigne chez les enfants, sauf chez des sujets sous immunodépresseurs ou affectés par une maladie grave (cancer, etc.), quelquefois chez de très jeunes bébés (et des fœtus dans le ventre de leur mère). Le très récent vaccin contre la varicelle (vivant) est celui qui traîne le plus de matériel génétique résiduel, d’où des risques accrus de problèmes tels que des mutations.  En outre, ce vaccin risque de déplacer la maladie chez les adultes et les adolescents, chez qui les complications sont beaucoup plus fréquentes que chez les enfants, comme cela a été le cas pour les autres maladies de la petite enfance, comme la rougeole.  En tenant compte de ce fait, on peut qualifier ce vaccin d‘indésirable, au moins avant le début de l’adolescence, pendant laquelle il devient envisageable.

Entre 6 et 23 mois, à l’automne, le calendrier vaccinal propose aussi un vaccin contre l’influenza (la grippe).

Influenza
Ce vaccin a probablement pour but de protéger les nouveau-nés et les personnes âgées et affaiblies par la maladie puisque la grippe (influenza) est le reste du temps une maladie désagréable et pénible, mais bénigne.  C’est aussi une maladie relativement rare, trop souvent confondue avec le rhume, contre lequel le vaccin n’offre aucune protection. S’il y a un vaccin injustifiable et inutile, c’est bien celui-là, surtout que les virus sont en perpétuelle mutation et que l’efficacité du vaccin est de ce fait discutable, mais généralement faible.

En 4e année du primaire (9 ans), 2 autres vaccins sont recommandés :  un contre l’hépatite B, l’autre contre le VPH.  Le vaccin contre l’hépatite B est parfois même suggéré pour les nourrissons.

Hépatite B
Les hépatites sont des inflammations du foie causées par un virus, généralement bénignes.  Les complications sont un peu plus fréquentes avec l’hépatite B, mais cette maladie est plus facile à prévenir parce qu’elle se transmet par le sang (partage de seringue, personnel médical) ou par contact sexuel. Vacciner systématiquement contre l’hépatite B est une aberration.  Une vaccination ciblée pour les groupes à risques (toxicomanes, par exemple) peut se justifier, malgré les risques associés à ce vaccin, qu’il importe de ne pas négliger puisqu’ils sont nombreux et importants.

VPH
Le papillomavirus cause des condylomes et autres lésions aux organes génitaux, qui sont presque toujours indolores et guérissent d’eux-mêmes dans la majorité des cas.  C’est une infection banale, qui peut être évitée par de la prévention sur les rapports sexuels et les ITSS. Le vaccin a été conçu dans l’espoir de prévenir le cancer du col de l’utérus, pour lequel le papillomavirus est le principal responsable.  Cependant, une vaccination massive est injustifiable, du fait que le dépistage du cancer du col de l’utérus est facile grâce au PAP test et que le vaccin pourrait encourager chez les adolescents des pratiques sexuelles à risque en leur donnant une fausse impression de protection.

Alors, c’est quoi le problème avec les vaccins ?

Il ne s’agit en fait pas d’un, mais de plusieurs problèmes. Le premier étant la quantité.  Il y a assurément trop de vaccins, trop vite dans la vie des enfants.  C’est pourquoi il importe, même si l’on est favorable à la vaccination comme moyen de prévention, de s’interroger sur la pertinence de chaque vaccin dans notre contexte général de Nord-Américain, mais aussi selon l’état de santé et le parcours particuliers de l’individu qu’est notre enfant. vaccination Ceux et celles qui décident que la vaccination est une option de prévention intéressante peuvent ainsi se référer au tableau suivant (synthèse de la partie précédente) pour s’aider à décider quels vaccins donner, et quand. tableau vaccins Le souci, cependant, c’est que le personnel médical refuse très souvent les vaccinations à la carte, que de plus en plus fréquemment aussi il n’existe plus de version simple du vaccin, mais seulement les combinaisons nommées précédemment, ce qui impose aux parents le tout ou rien.

Le deuxième problème concerne la perte de confiance de plusieurs parents (dont moi) dans l’intégrité des laboratoires pharmaceutiques.  J’en ai parlé au début de mon billet, le principe même sur lequel repose la vaccination tout entière n’a jamais vraiment été étudié et l’idée selon laquelle la régression de nombreuses maladies doit être attribuée aux vaccins est fort discutable. En outre, l’histoire des vaccins est parsemée partout d’erreurs, de contaminations, de doutes, qui peuvent discréditer encore plus la façon dont les laboratoires pharmaceutiques conçoivent les vaccins, puis testent leur efficacité et leur innocuité.  Le cas de la grippe A H1N1 est à cet effet des plus troublant (7).  Il faut en outre garder en mémoire que les études cliniques ne peuvent pas porter sur des jeunes enfants ou des femmes enceintes pour des raisons éthiques.  Les premières cohortes d’enfants et de femmes enceintes vaccinés après l’étude clinique se désignent ainsi sans bien s’en rendre compte comme cobayes volontaires pour compléter l’étude clinique.  Comment savoir, en effet, qu’un poupon de 2 mois ne réagira pas totalement différemment à un vaccin jusque-là uniquement testé sur des adultes en bonne santé ?  Avant de faire donner à votre enfant un vaccin récemment mis sur le marché (rotavirus, varicelle, VPH…), demandez-vous si cela vous tente qu’il serve gratuitement de cobaye.  Moi, non.

Je ne trouve pas qu’il soit pertinent ici d’étudier en détails les théories du complot, nombreuses concernant les vaccins.  Cependant, évoquer sous forme de questionnement des événements de l’histoire récente et des coïncidences fâcheuses m’apparaît nécessaire.  Ainsi, nous devrions tous savoir que les vaccins sont généralement des virus cultivés sur des oeufs (embryons de poule) ou sur des organes animaux, notamment des reins de singes ou des foetus de veaux.  Ces organes et embryons peuvent malheureusement être infectés par des virus que nous ne connaissons pas encore et que, par conséquent, nous ne détectons pas.  Injectés à l’homme en même temps que le vaccin, ces virus pourraient muter ou causer des affections inédites.  C’est un risque qui est pris à chaque fois et qui devrait toujours être mesuré en fonction de la gravité et de la prévalence de la maladie contre laquelle le vaccin protégera.  C’est un risque qui a été trop souvent sous-évalué jusqu’ici, et certains vont affirmer, par exemple, que le sida est la résultante de la contamination du vaccin de la polio par un virus présent sur les reins des singes sur lesquels il a été cultivé.  Ainsi, la coïncidence entre l’apparition du sida en Afrique et la campagne de vaccination massive contre la polio quelques temps auparavant pourrait dans les faits relever davantage du lien de cause à effet (plausible, cette hypothèse parmi bien d’autres reste à ce jour à vérifier (8)).

De la même façon, on a de plus en plus souvent l’impression que les compagnies pharmaceutiques nous cachent quelque chose, qu’elles manquent de transparence, notamment en ce qui concerne la prévalence et la gravité des effets secondaires des vaccins.   Il y a tout simplement trop de « fâcheuses coïncidences » que les médecins balaient du revers de la main sans vouloir les étudier comme pouvant être un effet secondaire du vaccin et qui ne sont donc jamais recensées.  Dans Vaccins – Dre maman en a assez !, Monique Morin (9) regroupe les témoignages de trop nombreuses familles qui se disent victimes des vaccins :  complications, séquelles, morts troublantes…  à tort ou à raison, ces gens ont l’impression que les vaccins ont joué un rôle négatif dans leur santé ou celle de leur enfant.  Ces gens ont surtout en commun d’avoir vu leurs soupçons niés sans qu’aucune preuve du contraire ne leur soit fournie en retour :  c’est l’Omertà, la loi du silence.  Questionner l’innocuité d’un vaccin est un acte interdit :  vous serez niais ou vous serez fou, mais vous ne pouvez pas avoir raison (10).  Il est fort probable que l’autisme et les autres TED n’aient rien à voir avec la vaccination, que la déclaration des symptômes dans les mois, les semaines et même les jours suivant l’injection tienne du malheureux concours de circonstances.  Mais le fait que tant et tant de parents ces dernières décennies soulèvent et questionnent ce « hasard » entre multiplication des vaccins et multiplication des cas d’autisme devrait suffire à rehausser le niveau de vigilance, et ce n’est pas du tout le cas.  La présence d’aluminium et de mercure (des neurotoxiques reconnus) dans certains vaccins destinés aux bébés est aussi questionnée.  Les fabricants prétendent que les doses sont infimes et donc sans danger, mais doit-on leur faire confiance sur parole ?  N’ont-ils pas l’obligation de prouver ce fait… surtout que tant de gens en doutent et que la multiplication récente des doses (3 fois plus en ce moment qu’il y a 30 ans) change quand même la quantité totale à laquelle on expose les enfants, qui est beaucoup plus élevée que celle tolérée dans les aliments ?  (11) (12)  Il en va de même pour la mort subite du nourrisson, pour laquelle il est terrifiant de constater qu’elle suit une courbe de risque différente chez les enfants vaccinés ou non vaccinés, surexposant les nourrissons vaccinés à 2 et 4 mois (13).  Pourquoi personne n’étudie sérieusement ce phénomène inquiétant ?

Enfin, le troisième et dernier problème que je vais évoquer est peut-être celui qui a le plus de poids dans ma décision personnelle concernant les vaccins.  Ce problème attaque la pertinence de la vaccination à la base puisqu’il concerne le fonctionnement du système immunitaire.  En effet, le premier vaccin a été pensé à une époque où l’on ne connaissait rien du système immunitaire et il me semble de plus en plus que ce que l’on apprend sur la façon dont ce dernier se défend discrédite totalement la manière de procéder à la majorité des vaccinations, soit par injection. Le virus atténué est envoyé dans le muscle à l’aide d’une aiguille.  Or, est-ce de cette façon que les virus nous attaquent ?  Absolument pas.  Quelques uns d’entre eux vont pénétrer par les oreilles (infections ORL), les yeux (conjonctivite), la peau (verrue)…  mais la plupart d’entre eux vont entrer par notre bouche pour nous attaquer de l’intérieur, de façon centralisée.  Il n’est donc pas étonnant que 80% de notre système immunitaire se retrouve dans nos intestins, foyer de la grande majorité de nos combats contre la maladie.  Ce n’est que lorsque notre système immunitaire échoue à neutraliser le virus ou la bactérie ennemi que nous tombons malades et ressentons les symptômes particuliers associés à cette pathologie.  Nous, adultes, sommes donc le plus souvent temporairement des porteurs sains :  contagieux, mais non malades.  Le combat en lui-même, même lorsque nous en sortons finalement victorieux, peut occasionner de la fatigue et d’autres malaises mineurs temporaires.  Les enfants, eux, font leurs premières armes :  ils perdent davantage de combats parce que leur système immunitaire est moins bien entraîné et reconnaît moins d’ennemis (connaître l’ennemi, c’est connaître ses points faibles). Notre corps est ainsi fait pour se prémunir contre les virus et les bactéries qui s’en prennent à ses orifices pour l’attaquer et le pénétrer.  Aide-t-on réellement au développement du système immunitaire en lui faisant combattre des virus qui n’empruntent pas la voie normale d’invasion ?  Stimule-t-on ainsi les premières lignes de défense, celles de la peau, des poils et des muqueuses, qui devraient détecter la présence de l’ennemi et tirer la sonnette d’alarme ?
Renforce-t-on ainsi la présence de petits soldats vigilants dans l’intestin, là où se jouera éventuellement le vrai combat ?  Ou perturbons-nous plutôt ce beau mécanisme ?  Ne le rend-on pas paresseux et inattentif, notre système de défense, en lui indiquant d’attendre que le virus soit déjà dans le sang avant d’entreprendre la bataille… alors que son rôle est justement d’empêcher par tous les moyens (fièvre, diarrhée…) que cela se produise ?  Détraquons-nous la machine en lui faisant croire que les attaques viennent de partout à l’intérieur, qu’elles arrivent sans crier gare ?

Je n’ai pas la formation pour prétendre avec la moindre certitude que les cancers ou les maladies auto-immunes, comme le syndrome de Guillain-Barré ou la sclérose en plaques, peuvent être provoqués par la vaccination massive, mais je m’interroge.  Pourquoi de plus en plus d’individus nés sains voient-ils soudain leur système immunitaire se détraquer et détruire leurs propres organes ?  Pourquoi autant de cancers et chez des individus de plus en plus jeunes, des enfants même (14) (15) ?  Et cela sans parler des allergies, si fréquentes et si invalidantes de nos jours.  Pourquoi le corps perçoit-il de plus en plus souvent des aliments sains comme des agresseurs ?  Est-on absolument certain que le fait de stimuler un système immunitaire situé en grande majorité dans les intestins par des injections (qui nécessairement le contournent) est un acte sans conséquences alors même que l’on en apprend sans cesse sur l’importance d’une saine flore intestinale et sur les liens qu’elle entretient avec le cerveau (problèmes neurologiques, autisme, maladie mentale) ?

Personnellement, je vois mal comment la vaccination peut stimuler l’immunité.  Parce que l’immunité, c’est justement lorsque le corps fait bien son travail et empêche que le virus parvienne jusqu’au sang et se répande partout dans l’organisme.  Lorsque cela se produit, le corps a déjà perdu.  À ce sujet, la science récente semble bien confirmer mes intuitions (16).  C’est en amont que l’invasion peut être empêchée, c’est en amont que se joue l’immunité. C’est donc en amont que j’essaie de travailler :  nourriture saine, eau de qualité, contact régulier avec la nature, exercice, produits d’hygiène corporelle et d’entretien ménager naturels…  C’est ma vision personnelle de la prévention.

Alors pour l’instant, mes filles n’ont reçu absolument aucun vaccin.  Comme moi avant elles, d’ailleurs, et je m’en porte si bien !  Elles n’ont jamais été vaccinées parce que je n’en vois pas la nécessité et parce que je doute de l’innocuité des cocktails contenus dans ces seringues.  Cela ne m’empêche pas d’envisager de faire administrer éventuellement certains vaccins à mes filles :  Je me laisse le temps de la réflexion jusqu’à leur adolescence pour la rubéole et les autres maladies de la petite enfance.  Et je me laisse une porte ouverte en cas d’épidémie quand elles iront à l’école ou dans le cas où nous irions faire en famille un tour en Afrique…

Pour conclure, j’aimerais bien que notre gouvernement investisse son budget « prévention » de façon un peu plus diligente.  Pourquoi mettre tous les œufs dans le même panier ? Quand je vois la médiocrité des sommes investies dans l’aide à l’allaitement, par exemple, je ne peux que sentir un malaise en pensant par comparaison à toutes ces sommes astronomiques prélevées sur nos impôts et qui servent à payer pour les nourrissons des vaccins dont l’efficacité n’a jamais été prouvée ni sur l’espérance de vie, ni sur la santé globale de la population (17).

Sources

¹ Dr. Louis de Brouwer, Vaccination :  erreur médicale du siècle, Louise Courteau éditrice, 1997, 271 p.
² http://www.sylviesimonrevelations.com/article-la-disparition-des-maladies-infectieuses-n-est-pas-due-aux-vaccins-119159716.html
et ici :  http://reseauinternational.net/la-disparition-des-maladies-infectieuses-nest-pas-due-aux-vaccins/
³ Groupe médical de réflexion sur les vaccins, Qui aime bien, vaccine peu !, éditions Jouvence, 2007 (revue en 2009), p. 25 à 27.
(4)  http://www.nytimes.com/2013/11/26/health/study-finds-vaccinated-baboons-can-still-carry-whooping-cough.html?smid=fb-share&_r=0
(5)  http://www.chirosystem.com/FPDF/tetanos.pdf et
http://reseauinternational.net/tetanos-mirage-vaccination/
(6)  http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/santepub/vaccination/index.php?aid=56
(7)  http://quebec.huffingtonpost.ca/yanick-barrette/h1n1-cinq-ans-plus-tard_b_5473096.html
(8)  http://fr.wikipedia.org/wiki/Origine_du_virus_de_l%27immunod%C3%A9ficience_humaine
(9)  Monique Morin, Vaccins, docteure maman en a assez !, Covivia, octobre 2006.
(10) http://www.santenatureinnovation.com/danger-vaccin-enfants-vaccination-dangereuse/
(11)  http://fawkes-news.blogspot.ca/2014/02/le-cdc-americain-dissimule-les-donnees.html#more
(12)  http://www.autisme.qc.ca/documentation/publications-thematiques/sante-et-services-sociaux/vaccination/mercure-et-vaccins.html
(13)  http://www.initiativecitoyenne.be/article-les-vaccins-grande-cause-de-mort-subite-du-nourrisson-113202220.html
et
https://liesidotorg.wordpress.com/2011/05/09/mortalite-infantile-elevee-dans-les-pays-qui-vaccinent-le-plus/
(14)  https://www.dropbox.com/s/7ncbve7w3vlsr8s/VACCIN%20DE%20LA%20ROUGEOLE%20-%20%20chronique%20d%E2%80%99une%20catastrophe%20annonc%C3%A9e.pdf?dl=0
(15) http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/2015/05/scientifiquement-prouve-les-vaccins-sont-a-l-origine-de-la-plupart-des-maladies-auto-immunes.html
( 16)  http://healthimpactnews.com/2013/vaccines-reduce-newborns-disease-immunity-study/
(17)  http://vaccineimpact.com/2015/dr-andrew-moulden-every-vaccine-produces-microvascular-damage/

Je suis une marâtre ! (réflexions sur la freinotomie)

Aujourd’hui, quelques femmes se sont rendues à Montréal pour déposer en personne au journal La Presse des lettres exprimant la déception et la colère de mères qui se sont senties insultées et bafouées par un dossier et un éditorial publiés par ce journal la semaine dernière au sujet de la freinotomie.  Parmi ces lettres se trouvait la mienne.

Vous ne savez pas du tout de quoi il est question ?  Je vous suggère d’aller lire « Opérer bébé pour l’allaiter ? » et « Mutiler pour allaiter » (pour lesquels j’ai mis les références au bas) avant de poursuivre la lecture de ce billet.  Et dans tous les cas, je tenais à quelques précisions linguistiques avant de continuer :

Qu’est-ce qu’un frein de langue ?  C’est une petite membrane qui retient la langue au fond de la bouche.  Elle est le vestige de cette époque dans le développement du fœtus où sa langue était entièrement fusionnée au plancher de sa bouche.  Le pendant du frein de langue est le frein labial qui, lui, relie la lèvre du haut à la gencive supérieure.  Le frein de langue ou le frein labial est dit court lorsqu’il entrave le mouvement normal de la langue ou de la lèvre.  Le frein de langue court touche de 5 à 10% des bébés à la naissance.  Dans le jargon médical, on appelle ce petit défaut de fabrication une ankyloglossie.

Entre le quart et la moitié des bébés nés avec une ankyloglossie vivront des difficultés d’allaitement, un pourcentage nettement plus élevé que chez les autres bébés.  Lorsque c’est le cas, la mère se fera parfois conseiller une intervention médicale consistant à couper le frein de langue pour redonner la mobilité normale à cette dernière.  Le terme exact pour désigner cette intervention semble le sujet d’un grand flottement :  frénotomie (le plus utilisé par les journalistes et autres intervenants), frénectomie, freinotomie, freinectomie.  Personnellement, en attendant des directives plus claires de l’Office de la Langue française, je préfère le terme freinotomie, ne serait-ce que parce que l’on privilégie généralement de nos jours les dénominations qui mettent l’accent sur les familles de mots (frein → freinotomie).  Mais là n’est vraiment pas le drame !

Le drame, c’est qu’aux yeux des lecteurs de mesdames Duchaine et Breton, je suis une marâtre !

Car oui, je suis de ces mères cruelles et bornées qui tenaient tellement à leur allaitement qu’elles ont fait mutiler leur bébé pour que ça marche !

Et je ne suis pas seulement une jusqu’au-boutiste du sein en bouche…  je suis récidiviste en plus !

Je n’ai pas compris l’horreur de la souffrance que j’ai infligée inutilement à ma petite Fée.  Oui, oui, « inutilement », parce que j’avais juste à donner de la préparation lactée, me rappelle Brigitte Breton.  La préparation, c’est fait pour les bébés comme le mien, qui n’avait qu’à naître avec la langue bien foutue si elle voulait un meilleur lait !  J’étais aveuglée par mon désir d’allaiter « à tout prix » au point de faire subir le même sort à ma Frimousse.

Et les deux fois, à froid, en plus !!

(Ça y est, vous avez le sang glacé d’effroi ou d’horreur ?)

Non mais.  Descendons un peu de nos grands chevaux, mesdames.

Contrairement à ce que vous laissez croire, la freinotomie est une intervention plutôt simple et banale.  Une intervention pratiquée depuis fort longtemps aussi :  dès le 18e siècle en Europe, si ce n’est avant, recensée aussi en médecine traditionnelle chinoise.  Est-ce là des raisons pour la pratiquer à tout vent, sans encadrement ?  Non, bien sûr.  Vous avez raison, mesdames les journalistes, quand vous exprimez le désir qu’on balise mieux la pratique.  Même l’intervention la plus banale peut tourner au drame si elle est pratiquée n’importe comment par n’importe qui.  Sauf que vous êtes loin d’avoir servi la cause.  Vous avez semé la terreur et l’indignation.  Les commentaires à la suite de vos articles en témoignent.  Certains m’ont laissée pantoise.

Vous avez oublié de décrire comment se déroule une freinotomie bien réalisée par une personne compétente.  D’abord, on observe le comportement du bébé au sein (ou au biberon, car vous avez aussi omis de mentionner que certains bébés ont une si grave ankyloglossie que même au biberon, ils ont du mal… mais cette information desservait votre point de vue, n’est-ce pas ?).  Ensuite, on pratique un examen de la bouche du bébé.  Puis, on conclut de ces deux moments d’observation que l’ankyloglossie est la cause ou partie prenante dans la difficulté ou l’incapacité à téter.  Seulement ensuite, on immobilise bébé sur le dos, on utilise une petite spatule (sorte de fourchette à deux dents) pour soulever la langue et mettre le frein bien en évidence, et d’un ou deux coup(s) de ciseau chirurgical, on sectionne cette membrane.  Une gaze sert à éponger une ou deux gouttes de sang et rapidement bébé est remis à sa mère et incité à prendre le sein.  Le lait maternel permet une cicatrisation rapide et calme la douleur et la peur.

Informer, ça aurait été de dire que si on vous propose pour bébé une freinotomie réalisée avec un scalpel ou un laser, il vaudrait mieux refuser.  Informer, ça aurait été de ne pas oublier que la freinotomie ne sert pas seulement à faciliter ou sauver l’allaitement.  Qu’elle est un moyen efficace de prévention de certaines difficultés d’élocution, de l’apnée du sommeil et d’autres problèmes, notamment de digestion, qui n’ont absolument rien à voir avec l’allaitement, mais tout à voir avec l’ankyloglossie.

En fait, il y a un mot très juste pour qualifier votre réalisation :  désinformation.

Le plus triste dans tout cela serait qu’à cause de vous des parents refusent à l’avenir une freinotomie à leur poupon parce qu’ils ont peur de passer pour des mutilateurs d’enfants, au même titre que les parents qui font exciser leurs fillettes, parce qu’ils craignent qu’on les taxe de s’acharner à l’allaitement, ce qui semble un crime aussi lorsqu’on vous lit.

J’aimerais donc témoigner de mon expérience personnelle pour aider les parents concernés à prendre une décision éclairée.

Et je parle (un peu) en connaissance de cause vu qu’on peut dire que je suis triplement touchée par la freinotomie.

Comme je l’ai mentionné plus haut, ma fille aînée a eu une freinotomie.  J’en ai déjà parlé brièvement dans le récit de sa naissance.    Avant l’opération, ma fille n’avait jamais réussi à prendre le sein, pas une seule fois, pas une seconde.  Malgré ma détermination, malgré l’aide d’une excellente consultante à l’hôpital.  Je faisais du tire-allaitement, ça n’allait pas si bien, et je complétais avec une préparation pour nourrisson à laquelle ma Fée a rapidement développé des signes assez évidents d’intolérance.  Si je n’avais pas réussi à la mettre au sein, la nourrir serait devenu un grand défi.  Mais quand elle avait 4 jours, je suis enfin tombée sur un médecin compétent et informé dans une clinique d’allaitement, qui n’a pas hésité une seconde à pratiquer une freinotomie.  Dans les secondes qui ont suivi, elle a pris le sein et a bien bu.  Je qualifierais ce moment de magique.  Tout n’a pas été rose par la suite et il nous a fallu quelques consultations et un peu d’obstination pour que tous les boires se fassent au sein.  Ça n’a pas été un allaitement facile :  elle n’a jamais eu une prise parfaite du sein, mes glandes mal stimulées ne produisaient pas toujours assez.  J’ai fait des erreurs aussi, qui m’ont compliqué les choses.  Tout de même, grâce à cette intervention, j’ai allaitée ma petite Fée 13 mois (dont 9 et demi exclusivement) et les souvenirs que je garde de cet allaitement ont pour moi une valeur inestimable.

Quand j’ai constaté quelques minutes après sa naissance que ma petite Frimousse avait elle aussi un frein de langue court (oh !  cette mignonne et désespérante petite langue en cœur !), et plus court encore que sa soeur, j’ai vécu un instant de découragement.  À ma demande, elle a eu une freinotomie à 2 heures de vie, entre les deux seins de sa première tétée. Elle arrivait à prendre le sein, mais très mal et m’avait déjà sérieusement blessée.  Grâce à l’intervention et au bon suivi que j’ai reçu ensuite, elle a pu prendre le sein correctement et, passé les éprouvantes première semaines, j’ai vécu un allaitement très facile, tellement agréable.  Aujourd’hui, elle a 2 ans et demi et elle tète encore presque tous les matins. Ce sont des moments dont je ne voudrais pas avoir été ni être privée !

Sans freinotomie, il est très improbable que mon premier allaitement ait eu lieu, tout bêtement.  Peut-être que j’aurais pu allaiter ma deuxième fille.  Mais rien n’est certain. La douleur, les blessures auraient peut-être fini par avoir raison de ma détermination.

Or, dans les deux cas, je tiens à préciser que l’allaitement n’a pas été la seule motivation derrière mon choix.  Parce qu’avant mes filles, il y a eu leur mère.

Parce que je suis moi aussi née avec une ankyloglossie.  C’est héréditaire, comme d’autres défauts.  Ça me vient de mon grand-père maternel (avec ma tête dure, dirait ma mère).

Après ma naissance, le médecin a suggéré la freinotomie à ma mère.  Elle a refusé.  Elle aurait accepté si j’avais été incapable de prendre le sein, mais j’y buvais.  Alors elle considérait ça inutilement invasif.  Notez bien que je n’en fais pas le reproche à ma mère.  Je comprends en quoi cette décision était en phase avec ses valeurs, elle qui refusait tout acte médical non nécessaire (comme la vaccination).  Mais en fait, elle m’aurait fait un beau cadeau en disant oui ce jour-là.  Par chance, je vous rassure, je n’ai pas de problème de santé grave relié à cette petite membrane sous ma langue.  Je dors la bouche ouverte, mais je ne souffre pas (à ce que je sache) d’apnée du sommeil.  J’ai la langue qui fourche un peu trop souvent et je n’arrive pas à prononcer le « th » anglais ou le « ich » allemand, mais en cela je suis juste une francophone comme tant d’autres.  Sauf que mon frein de langue court a été un véritable handicap pour moi à certains moments de ma vie.  Il m’a valu des moqueries et des humiliations dont je me serais passée.  Parce qu’enfant, j’étais ridicule quand j’essayais de faire une grimace (d’ailleurs, mon frein s’est déchiré par deux fois et la première, c’était en tentant une « vraie » grimace.  Je devais avoir 5 ans).  Parce que je ne serai jamais élégante ou sensuelle en mangeant un cornet de crème glacée.  Parce qu’adolescente et amoureuse, j’ai eu ce goût de fer dans la bouche en frenchant mon premier amoureux.  Je venais de déchirer mon frein pour la seconde fois et c’était tellement humiliant.  Je dirais que, de façon générale, ça a nuit à ma sensualité de ne jamais avoir pu embrasser, me laisser aller durant un baiser, comme je le voulais.

Mais ça va.  Rien de grave.  Juste un tas de petites broutilles qui ont marqué mon parcours.  Sauf que je tiens à faire remarquer à mesdames Duchaine et Breton que je prenais le sein malgré mon ankyloglossie, et que malgré tout, elle a été handicapante toute ma vie.

Alors, personnellement, je suis un peu déçue par le communiqué de la Ligue La Leche, que je trouve à tout le moins frileux.  Mon expérience personnelle m’indique qu’il n’y a pas lieu, dans le cas où le bébé a une ankyloglossie et que celle-ci est visiblement en cause dans la difficulté à prendre le sein, de tant s’acharner à tenter d’autres solutions pour améliorer l’allaitement (dans le seul but d’éviter autant que possible la freinotomie).  C’est perdre un temps précieux et exposer inutilement la mère à un découragement, une fatigue, voire un échec au final, totalement inutiles.  Puisque si l’ankyloglossie est telle qu’elle nuit à l’allaitement, on peut aussi être convaincu qu’elle risque d’avoir d’autres impacts négatifs dans la vie de cette personne.  Parce que même les 50 à 75% de bébés qui réussissent à bien prendre le sein malgré leur frein de langue court pourront vivre d’autres problèmes à cause de lui ensuite.  Et que plus on vieillit, plus le frein est irrigué, difficile à couper.  Plus la rééducation risque d’être lourde aussi (réapprendre à prononcer certains sons, par exemple).  Aussi bien faire à ce bébé le cadeau de le débarrasser de ce handicap tout de suite…  Mais je comprends la position prudente de cette instance officielle (LLL), qui souhaite avant tout calmer le jeu en montrant le sérieux avec lequel on traite le problème de l’ankyloglossie et la rigueur que l’on souhaite dans l’encadrement de la freinotomie.

Pour le mot de la fin, dans le cas où je ne vous aurais pas convaincu et où vous auriez toujours envie (à la suite de mesdames Duchaine et surtout Breton) de me juger, je vous rappellerai seulement que nous imposons régulièrement à nos bébés des interventions qui peuvent leur être douloureuses ou présenter des risques.  Parfois dans le but de les protéger (la vaccination, par exemple, que l’on pratique aussi sans anesthésie, ou la circoncision), parfois dans le but de réparer d’autres erreurs de la nature (séparer les doigts d’une main palmée, par exemple) et même parfois dans un but esthétique (le perçage d’oreille en est une).

Dans tous les cas, on devrait mettre dans la balance, d’un côté, les risques liés à l’intervention, incluant la douleur et le traumatisme et, de l’autre côté, les inconvénients liés à l’absence d’intervention.  J’ai personnellement jugé que les risques minimes d’infection, d’hémorragie ou de mauvaise cicatrisation encourus avec la freinotomie n’étaient rien en comparaison des risques pour la santé liés au non-allaitement de mes filles.  Que quiconque veuille me jeter la pierre réussisse d’abord à justifier le perçage d’oreille… ou le condamne.  Alors je l’écouterai.

Références

Le dossier qui a parti le bal :
http://www.lapresse.ca/vivre/sante/201405/01/01-4762631-operer-bebe-pour-lallaiter.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4763525_article_POS1

L’éditorial qui a mis le feu aux poudres :
http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/editoriaux/201405/04/01-4763525-mutiler-pour-allaiter.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4762631_article_POS1

Des rectifications nécessaires :
http://bienvivrelallaitement.wordpress.com/2014/05/05/leditorial-qui-melange-tout/

Les suites dans La Presse :
http://plus.lapresse.ca/screens/4f0e-b834-536ba067-b545-650cac1c606d|_0.html
(Frénotomie :  une procédure efficace et sécuritaire, par Anjana Srinivasan, suivi de la réponse de Gabrielle Duchaine)

Un tour d’horizon des répercussions du dossier :
http://www.planetef.com/2014/05/frein-de-langue-derange/

Le communiqué de la Ligue La Leche :
http://www.allaitement.ca/communique-de-presse-la-frenotomie/

Et celui de la Direction de la Santé publique de Montréal :
http://www.dsp.santemontreal.qc.ca/fileadmin/documents/dossiers_thematiques/Tout_petits/Allaitement/ankyloglossie_7.pdf

Le parentage de proximité

Voilà presque un an que je blogue et que j’écris sur les différents aspects de la maternité, de la parentalité, qui me touchent et m’inspirent.  Avant tout, je me décris avec conviction (vous le savez, toute cette saga des dernières semaines l’a tellement montré) comme maman proximale.  Les valeurs et les façons d’agir que je mets de l’avant dans mes billets témoignent de ce choix de vie qui n’en est pas un, qui s’est gentiment imposé à moi.

Mais je constate que je n’ai jamais pris jusqu’ici la peine de définir formellement ce qu’est le parentage de proximité.  Alors que, probablement, j’aurais bien fait de commencer par là, d’écrire mon tout premier billet là-dessus.  Une lacune que je tente de combler maintenant en me disant que… hé bien… tout de même… mieux vaut tard que jamais… non ?

Le parentage de proximité est une vision de la parentalité, une façon de l’appréhender.  Il se fonde sur un ensemble de valeurs dont les principales sont le respect et l’écoute :  respect des besoins du bébé, respect de son rythme, de ses forces et de ses faiblesses, de ses particularités, de son individualité.  À la base, il y a l’amour.  Il y a aussi cette idée si simple :  le bébé est un être humain ;  il est une personne à part entière, avec ses émotions, son caractère, ses qualités, ses forces.  Le rôle de parent se définit comme la poursuite d’un objectif fondamental :  permettre à ce bébé unique un développement optimal dans toutes les sphères de sa personne, du développement moteur au développement intellectuel, en passant par les capacités socio-affectives, la bonne santé du corps et de l’esprit, ainsi que de belles valeurs vécues au quotidien.  De ce fait, la proximité est d’abord physique mais pas seulement.  La disponibilité émotionnelle est tout aussi fondamentale.

Or, toutes ces valeurs sont jolies en théorie, mais vous avez certainement hâte de voir comment tout cela se présente concrètement, dans les comportements, dans ces gestes que les parents proximaux posent… et ceux qu’ils refusent.  Voici donc, puisque mon esprit cartésien aime tellement les listes et les synthèses, la déclinaison de tous les comportements que l’on associe au parentage de proximité (en espérant que je n’en oublie pas… mais en ce cas, je compte aussi sur certain(e)s d’entre vous pour me rappeler à l’ordre comme vous savez si bien le faire 😉 ).

Bien sûr, dans cet ensemble, chaque parent se retrouve davantage dans quelques comportements et peu dans d’autres ;  rarissimes sont les parents proximaux qui pratiquent à fond le tout.  Il ne s’agit pas d’une check-list où plus vous cochez de cases, plus vous obtenez de points à inscrire sur votre diplôme du parent parfait.  Car le parentage de proximité est d’abord et avant tout une philosophie de vie basée sur l’amour, et les différents comportements décrits ne sont que des manières concrètes parmi d’autres d’exprimer en gestes cet amour.

Les pleurs

Pour le parent proximal, les pleurs sont pour le bébé une façon d’exprimer un besoin :  faim, inconfort, fatigue, douleur, froid, peur, ennui, etc.  Le bébé ne pleure jamais pour rien.  Il ne pleure jamais par caprice ou dans le but de manipuler.  Il pleure parce qu’il a un besoin à communiquer, et qu’il ne sait pas encore l’exprimer autrement.

Par conséquent, pour le parent proximal, les pleurs exigent toujours une réponse rapide.  Jamais on ne laisse pleurer bébé, jamais on ne lui impose volontairement de délai d’attente, jamais on ne pratique de « contrôle des pleurs » ou de « dressage au sommeil » (méthode du 5-10-15, etc.).  Il importe d’être à l’écoute et de répondre promptement du mieux que l’on peut à la demande du bébé.  Cela implique d’abord de réconforter le bébé, de lui exprimer de la sympathie, puis de chercher la cause des pleurs.  La plupart du temps, cela sera si simple.  D’autres fois, cette cause demeurera à jamais inconnue.  Peut-être que bébé avait seulement besoin d’attention, de caresses.  C’est un besoin réel, aussi fondamental que d’autres.  Peut-être aussi qu’il faudra s’avouer que cette fois, on est resté impuissant à consoler les pleurs.  Mais le simple fait d’avoir pris et cajolé bébé, d’avoir offert le sein, … d’avoir tenté, bref, est en lui-même constructif :  bébé prend confiance peu à peu dans la constance de ses parents ;  il reconnaît que ceux-ci sont toujours là pour lui.  Et, à force de pratique, les parents sont des interprètes de plus en plus compétents.

L’allaitement

La maman proximale allaite.  Le papa proximal soutient l’allaitement par ses mots et ses gestes.  Parce que le bébé est une personne, il a des droits, dont le droit au seul aliment conçu pour assurer son développement optimal.  Parce que l’allaitement est le remède le plus simple à la très grande majorité des pleurs du bébé :  il nourrit le ventre affamé, calme, réconforte, réchauffe, favorise le sommeil…  C’est une base solide sur laquelle se construit la communication et la confiance mutuelle.  Bref, les parents proximaux comprennent à quel point l’allaitement est plus qu’une façon de nourrir l’enfant et combien leur rôle est plus facile à remplir grâce à l’allaitement.  Quand l’allaitement est un échec, les mamans proximales sentent que leur bébé et elles-mêmes sont privés d’une part essentielle de leur relation.

L’allaitement est bien entendu pratiqué à la demande, de jour comme de nuit, non pas à l’horaire ni avec des restrictions, par respect des besoins du bébé.  L’allaitement à la demande manifeste aussi une confiance des parents dans la capacité du bébé à s’auto-réguler :  bébé sait quand il a besoin de lait et combien de temps il a besoin de boire.  Bien entendu, l’allaitement implique une proximité physique avec la mère (qui ne peut pas s’absenter en laissant son bébé bien longtemps).  Il est en outre le prétexte par excellence de contacts rapprochés, de peau à peau, de contacts visuels, de démonstrations affectueuses.

Pour la plupart des mamans proximales, l’allaitement doit être mené à terme (on parlait autrefois d’allaitement long).  Un sevrage précoce est perçu comme un manque de respect face au bébé, mais aussi comme un geste privant inutilement la mère et son enfant de moments et de contacts qui leur plaisent mutuellement.  Ainsi, l’allaitement ne cesse que lorsque l’enfant n’a plus besoin (physiologiquement) de boire du lait ni besoin (psychologiquement) de téter.  Le moment du sevrage et son rythme sont décidés par l’enfant, pas par ses parents ;  c’est ce qu’on appelle le sevrage naturel.  De façon générale, on considère que le sevrage naturel se fait vers l’âge de 3 ans.  Quand l’allaitement se termine par le sevrage naturel, le sevrage n’est plus considéré comme la fin d’une aventure, mais comme le début d’une autre :  l’autonomie (alimentaire).

L’accouchement

Il est bizarre, peut-être, d’inclure dans une liste de comportements de maternage une action qui vient avant l’arrivée du bébé, mais il va sans dire que le respect du bébé commence avant qu’il voie le jour, alors qu’il est encore caché dans le ventre de sa maman.  Je passerai très vite sur le manque de respect impliqué par des choix tels que fumer ou consommer des drogues ou des médicaments pouvant nuire à la santé du bébé, pour en venir à ce moment crucial qu’est l’accouchement.  Avant cela, un mot seulement sur le fait que les parents proximaux acceptent leur enfant tel qu’il est et que cela va, pour certains, jusqu’à refuser les examens qui révéleraient en cours de grossesse une anomalie susceptible de les entraîner vers le choix de l’avortement (trisomie, par exemple).

Le même leitmotiv de respect du bébé dans son rythme et ses capacités propres pousse les parents proximaux à désirer un accouchement entièrement naturel.  En effet, les stripping, le déclenchement du travail à l’aide d’hormones de synthèse, etc., voilà autant de façon de brusquer la venue au monde du bébé, c’est-à-dire de le faire venir avant qu’il ne s’y sente prêt.  Les interventions pendant l’accouchement, comme la péridurale (qui affecte aussi le bébé en le privant momentanément et partiellement de certains instincts) et bien sûr la césarienne, sont toutes perçues comme des obstacles majeur à l’établissement de l’atmosphère de calme et d’amour dans laquelle le bébé devrait venir au monde, mais surtout comme un désaveu de la capacité de la femme à donner naissance à son enfant et de la capacité du nourrisson à trouver son chemin vers la sortie.  Les interventions médicales sont par conséquent refusées à moins qu’elles ne deviennent absolument nécessaires.  C’est pourquoi aussi la maison de naissance, voire la maison familiale, est souvent un lieu de prédilection des parents proximaux pour le grand jour plutôt que l’hôpital.

Pour favoriser la transition entre la vie intra et extra-utérine, les parents proximaux privilégient la mise en peau à peau dès la naissance (et donc le report de la pesée et autres soins au nouveau-né), qui permet au bébé d’aller chercher le sein de lui-même en rampant pour sa première tétée plutôt que d’être mis au sein.  En outre, les parents proximaux refusent bien évidemment cette pratique (heureusement de moins en moins répandue) qui consiste à mettre les bébés à la pouponnière pendant leur séjour à l’hôpital pour garder leur nouveau-né près d’eux à chaque minute, jusqu’au retour à la maison.

Le portage

Le portage s’inscrit dans la continuité du peau à peau pratiqué après la naissance pour favoriser une transition toute en douceur entre la vie utérine et la vie extra-utérine.  Bébé s’est habitué pendant 9 mois à être bercé par les pas de sa mère, à s’apaiser et s’endormir au rythme de son coeur qui bat.  Le portage lui permet de retrouver toutes ces sources de réconfort et la chaleur maternelle.  D’autre part, il l’aide à apprivoiser son père en lui faisant découvrir son torse plus chaud et son rythme cardiaque plus lent, apaisant eux aussi.

Le portage, c’est installer bébé dans un porte-bébé, mais c’est aussi, simplement, le prendre dans ses bras, le tenir contre soi.  Les parents proximaux pratiquent généralement les deux types de portage :  avec et sans équipement. Comme ils prévoient beaucoup porter, les parents proximaux font souvent l’acquisition de plus d’un porte-bébé pour s’adapter à diverses situations.  Les écharpes (extensibles) en tous genres offrent un grand confort aux nouveaux-nés, tandis que des porte-bébés conçus spécifiquement pour le portage sur le dos, par exemple, vont permettre de porter un bébé plus vieux ou plus lourd, qui souhaite découvrir le paysage en même temps que maman ou papa.  L’important, c’est que tout porte-bébé soit physiologique :  bébé doit avoir le dos arrondis et les jambes fléchies, relevées, jamais pendantes.  Il ne doit surtout pas être suspendu par la fourche.

Le sommeil

Se séparer de son bébé toute la nuit, soit près de la moitié du temps en fait, paraît inconciliable avec la notion même de proximité.  C’est pourquoi les parents proximaux pratiquent le sommeil partagé (que l’on appelle aussi cododo).  Le sommeil partagé répond aux besoins fondamentaux du bébé en favorisant la réussite de l’allaitement et en lui permettant de calquer son rythme respiratoire sur celui de sa mère, ce qui réduit le risque de mort subite du nourrisson.  Grande source de sécurité affective, le sommeil partagé renforce aussi les liens d’attachement naissant entre le bébé et ses parents.  Il est en outre la meilleure façon d’inculquer de bonnes habitudes de sommeil à son bébé dès les premiers jours en lui permettant d’apprendre à dormir paisiblement en compagnie des gens qui l’aiment plutôt qu’à rechercher la solitude.

Même quand bébé grandit (un peu) et qu’il se couche plus tôt que ses parents et fait des siestes dont ceux-ci n’ont plus besoin, les parents proximaux continuent de voir l’importance d’accompagner leur bébé dans le sommeil.  Allaiter, bercer, porter, fredonner une berceuse, lire un conte, caresser le ventre, faire semblant de dormir ou tout simplement être là, assis ou étendu, il y a toute une panoplie de façons de faire parmi lesquelles ils adoptent leurs préférées.  L’essentiel étant cette idée selon laquelle il faut que bébé se sente en sécurité pour s’abandonner au sommeil (qui rend si vulnérable), et ce tant que bébé en ressent le besoin.

Pour un billet plus détaillé sur cette question, cliquez ici.

La garde

Les parents proximaux veulent profiter au maximum de la petite enfance de leur progéniture.  Ils savent que cela passera (trop) vite et souhaitent emmagasiner autant de bons souvenirs que possible.  Ils veulent être là quand ça compte :  recevoir le premier sourire, assister au premier repas, voir les premiers pas, la première chute, bref ne manquer aucune de ces premières fois si émouvantes.

Ils tiennent aussi compte du fait que leur bébé est (physiquement) dépendant d’eux.  Par conséquent, il est complètement désemparé et anxieux en leur absence parce qu’il n’a pas la notion du temps et n’a pas encore acquis la permanence de l’objet (un processus qui débute vers l’âge de 9 mois pour se terminer vers 18 mois, voire un peu plus tard).  Ils sont ainsi conscients que le bébé est incapable, pour se rassurer, de produire des images mentales abstraites telles que « papa est dans l’auto » ou « maman est chez le dentiste » :  la personne qui est hors de portée de ses sens n’existe plus pour le bébé.  Les parents proximaux font donc le nécessaire, selon leurs moyens, pour faire garder leur bébé le moins souvent possible, le moins longtemps possible et le plus tard possible dans sa vie.  On pourrait résumer cette attitude en utilisant les termes garde presque exclusivement parentale.

Les parents proximaux préfèrent emmener bébé en sortie et en voyage avec eux, partout où ils vont, plutôt que de le confier à ses grands-parents ou à une petite voisine pendant leurs absences.  Ils choisissent aussi de maximiser les congés de maternité, de paternité et parental pour garder eux-mêmes leur bébé au quotidien durant l’essentiel de sa première année de vie, plutôt que de le confier à une éducatrice (entrée en garderie).  Lorsque le congé se termine, l’un des deux parents (plus souvent la mère, ne serait-ce que pour préserver l’allaitement à la demande) peut choisir de rester à la maison quelques années.  Mais devenir mère au foyer n’est pas la seule option qu’envisagent les mamans proximales :  que l’un des parents occupe un emploi de jour pendant que l’autre travaille de soir, que l’un fasse son boulot à partir de la maison pendant que bébé dort, embaucher une nounou qui prend soin du bébé sur les lieux de travail de la maman travailleuse autonome, etc.  les possibilités sont aussi nombreuses que les familles proximales.  Dans d’autres cas, la mère choisira de retourner au travail avec un horaire allégé (3 jours par semaine, par exemple), ce qui permettra à une grand-mère qui n’aurait pas eu la force de s’occuper du tout-petit à temps plein de prendre soin de lui ces trois jours-là, dans sa maison, au milieu de ses affaires… et de retarder d’autant le moment où l’enfant « quittera le nid familial sécurisant » et fera son entrée à la garderie ou à l’école.

Le développement moteur

Les parents proximaux sont confiant que leur bébé a tout en lui pour se développer de façon autonome sur le plan moteur.  Ils encouragent leur bébé à découvrir ses capacités motrices par lui-même en pratiquant la motricité libre.  Ainsi, lorsqu’ils déposent leur tout nouveau bébé éveillé, ce n’est pas pour lui faire faire la bicyclette avec les jambes ou lui enseigner à se tourner du ventre au dos.  Ils  Ils le laissent sur le dos, tranquille, et attendent que bébé bouge de lui-même.  Au début, bébé ne fait pas grand-chose; il est fasciné par ses mains, soulève ses jambes…  Mais bientôt il fera sans aide et sans qu’on le lui ait jamais enseigné les gestes qui lui permettront de se retourner sur le ventre, de saisir des objets et de les porter à sa bouche, de se mettre sur les genoux, de s’asseoir, puis de ramper, se promener à quatre pattes, se lever, marcher, grimper.  Il fera ces découvertes de lui-même, à son rythme, ce qui correspond au respect de l’individualité du bébé qui anime les parents.  Ses parents ne le déposeront pas assis tant qu’il ne saura pas s’asseoir seul et ne le feront pas marcher en lui tenant les mains tant qu’il n’aura pas fait ses premiers pas par lui-même.

Cela implique aussi que, pour les parents proximaux, il ne faut surtout pas que l’enfant soit entravé dans un siège vibrant, un exerciseur ou une balançoire lorsqu’il est déposé.  Les parents proximaux comprennent que tous ces gadgets ont été inventés dans le seul but de remplacer les bras des parents, pas pour améliorer et accélérer le développement du bébé, qu’au contraire, ils mettent à mal, favorisant des positions non physiologiques.  Or, les parents proximaux ne déposent pas bébé pour se libérer les bras, ils le font principalement pour lui donner une occasion de percer les secrets de son corps et de l’univers qui l’entoure.  Ils déposent donc bébé beaucoup moins souvent que la moyenne des parents, mais le laissent beaucoup plus libre lorsqu’ils le font.

Pour en savoir plushttp://vimeo.com/9490665

La communication

La communication est au coeur de la relation entre les parents proximaux et leur bébé.  C’est elle qui permet aux premiers de découvrir les besoins du second et d’y répondre avec promptitude, affection et respect.  Je tenais à souligner sous le thème de la communication un certain nombre de pratiques parentales qu’elle entraîne disons « par la bande », indirectement.

D’abord, il y a le fait de vivre sans horaire, au gré des différents besoins du bébé.  Les parents proximaux n’imposent pas leur routine ou leur horaire à leur bébé, mais adaptent leurs habitudes aux rythmes de sommeil et d’éveil du bébé.  Ils le font boire ou manger quand il a faim plutôt que lorsque « c’est l’heure » et le couchent lorsqu’il manifeste des signes de fatigue plutôt que lorsque l’horloge le dicte.  Certains bébés sont très routiniers de nature; d’autres, davantage imprévisibles.  Dans tous les cas, les parents préfèrent être à l’écoute des signes de leur enfant que de leur montre.

Ensuite, le langage occupe une place de choix dans la relation entre les parents proximaux et leur progéniture.  Ceux-ci adorent parler à leur bébé, lui raconter ce qu’ils font, lui dirent qu’ils l’aiment et répondre à ses gazouillis par des sons similaires dans un jeu d’effet miroir qui bientôt s’inversera :  ce sera bébé qui répétera les sons produits par ses parents.  En outre, le désir de communiquer pousse un certain nombre de parents proximaux à enseigner très tôt à leur bébé le langage des signes, dont il pourra maîtriser une jolie base bien avant même d’avoir la capacité physique pour prononcer des mots.

Enfin, la communication implique pour les parents proximaux un maximum d’honnêteté à l’endroit de l’enfant.  Ainsi, ils n’hésitent pas à lui dire comment ils se sentent, même lorsqu’ils vivent des émotions négatives, notamment dans l’espoir que l’enfant apprenne à en faire autant et n’ait jamais peur de confier ses sentiments et son vécu intérieur.  L’honnêteté signifie aussi l’absence de mensonge.  Pour certains parents proximaux, cela va jusqu’à refuser ce qu’on appelle « de pieux mensonges » et le fait d’initier à une part de folklore.  Par exemple, ces parents ne feront pas croire à l’existence du Père Noël, du lapin de Pâques ou de la Fée des Dents.

L’hygiène naturelle infantile (HNI)

L’hygiène naturelle infantile est probablement la plus méconnue et la plus mécomprise des pratiques proximales.  Elle consiste tout simplement à élever son bébé sans couches.  Or, il ne s’agit pas d’enseigner la propreté à un nouveau-né, ça n’a même rien à voir avec ça.  En fait, c’est pousser le désir de communication avec son bébé qui ne parle pas encore jusqu’à son paroxysme en tentant de répondre à un besoin qu’exprime le nouveau-né mais que la plupart des parents n’entendent pas :  le besoin d’évacuer.

L’idée, c’est que tous les bébés naissent propres et manifestent leur besoin d’uriner ou de faire une selle par des signes (inconscients) d’inconfort ou des pleurs.  Ce sont les parents qui apprennent à leur bébé à « se faire dessus » en ne répondant pas à son besoin d’évacuer proprement et en lui enfermant les fesses dans des couches.  Peu à peu, le bébé s’habitue à la couche et cesse de ressentir qu’il va évacuer.  Il devra se réapproprier cette sensation innée plus tard, à l’âge de la propreté.  Pour certains parents proximaux, ignorer ce besoin d’évacuer du bébé n’est pas plus acceptable que d’ignorer les autres besoins et il y a un grand manque de respect dans le fait d’obliger le bébé à croupir dans son urine et ses excréments.

Des parents proximaux pratiquent l’hygiène naturelle infantile dès la naissance et à temps plein, d’autres attendent quelques semaines de se remettre de l’accouchement avant de s’y mettre ou pratiquent à temps partiel, c’est-à-dire qu’ils mettent une couche au bébé lors de sorties (particulièrement en hiver) ou pendant la nuit.  Dans tous les cas, ils font un geste pratiqué partout depuis les débuts de l’humanité.  Il est intéressant de se rappeler que 60% des bébés qui naissent chaque année dans le monde sont élevés sans couche et qu’il est très appréciable d’un point de vue écologique de se réapproprier cette pratique.

L’alimentation

Comme pour toutes les autres sphères du développement, les parents proximaux attendent que leur bébé montre qu’il est prêt avant d’entreprendre la diversification alimentaire, et cela plutôt que de se fier au calendrier et de commencer « parce qu’il a 6 mois aujourd’hui ».

Ils introduisent aussi les aliments sous forme de morceaux que le bébé pourra saisir avec ses doigts et porter à sa bouche lui-même, plutôt que sous forme de bouillies de céréales et de purées administrées à la cuillère.  On nomme cette façon de procéder alimentation autonome, ce qui est une traduction très libre de l’appellation anglaise Baby Led Weaning (BLW).  L’alimentation autonome s’inscrit dans la continuité de l’allaitement à la demande puisque c’est le bébé qui indique lorsqu’il a faim, mais aussi lorsqu’il est rassasié (en cessant de manger)… et que son parent lui fait confiance et respecte son appétit fluctuant et ses goûts naissants.  Bien entendu, l’alimentation autonome implique une certaine de dose de gâchis et de gaspillage au début, et le parent veille à ne pas freiner l’enfant dans sa découverte de la nourriture en le grondant pour ses maladresses et ses dégâts.  Les parents proximaux apprécient tout particulièrement que l’alimentation autonome permette que bébé mange des vrais aliments dès le départ, qu’il développe sa motricité fine et apprenne à apprécier diverses textures, ainsi que le fait que les repas se prennent en famille, dans le partage et la bonne humeur.

Pour mon avis sur l’alimentation autonome et des conseils pratiques, cliquez ici.

Le matérialisme

En parlant de motricité libre, j’ai évoqué le refus des parents proximaux de s’encombrer de certains objets inventés pour remplacer leurs bras, tels que l’exerciseur, la chaise vibrante (transat) ou le bumbo.  J’aimerais revenir sur ce point, car ce refus de biens matériels ne se limite pas aux jouets dits de développement moteur.  En fait, les parents proximaux désirent que leurs enfants apprennent dès le plus jeune âge à créer des relations saines et épanouies avec les gens qui les entourent.  C’est pourquoi ils font en sorte que, dès ses premiers mois de vie, leur bébé s’attache aux gens plutôt qu’aux objets, qu’il soit rassuré par la présence de ses parents plutôt que par celle d’une doudou.

Il ne s’agit pas tant de pratiquer la simplicité volontaire que de s’intéresser aux valeurs que les objets véhiculent.  Ainsi, posséder toute une collection de porte-bébés peut paraître tout à fait logique aux parents proximaux puisque ces objets témoignent de leur volonté de porter beaucoup bébé, dans différentes situations et positions, et à tous les âges.  Cependant, les objets qui ont pour but d’amener bébé à moins avoir besoin de contacts avec ses parents sont, pour leur part, appréhendés négativement, et leur présence dans la maison des parents proximaux est réduite au maximum.  Il en va ainsi, par exemple, des suces, biberons, dormeuse, aquarium musical, doudou, toutou et autres objets dits « de réconfort ».

La discipline

Lorsque leur bébé grandit et devient un tout-petit, les parents proximaux adoptent tout naturellement (mais non sans efforts souvent) des principes éducatifs basés sur le respect.  Ils veulent transmettre leurs valeurs à leur enfant de manière positive, par l’enseignement et l’exemple, plutôt que par la répression.  Leur discipline est, d’une part, non-violente, cela va de soi.   Ils ne souhaitent pas élever leur enfant dans une atmosphère de domination ou de peur.  Leur autorité parentale ne provient donc pas d’un rapport de force, mais est méritée en résultat d’une relation de confiance, dans laquelle l’enfant perçoit son parent comme un bon guide.

D’autre part, cela va beaucoup plus loin.  La façon de faire des parents proximaux est souvent présentée sous l’appellation bien évasive d’éducation bienveillante.  Ce mode éducatif se décline de différentes manières.  Les parents sécurisent l’environnement de l’enfant de façon à ce que ses premières explorations ne soient pas constamment ponctuées du mot « non ».  Ainsi, sans transformer leur maison en palais de ouate, ils retirent momentanément les objets dangereux (produits ménagers, ciseaux et couteau, outils, etc.) et les objets fragiles et précieux ou trop petits (souvenirs de voyage, bibelot, bijoux, etc.) de l’espace de vie de l’enfant afin que celui-ci puisse se promener, toucher, tâter, goûter sans mettre chaque fois sa vie en danger ni se faire réprimander.  L’éducation bienveillante est donc une éducation du « oui » et du « vas-y, essaie », qui récompensent l’enfant de sa curiosité.  Car réprimer constamment la curiosité naturelle de l’enfant, c’est tuer peu à peu en lui le goût d’apprendre.

Les parents proximaux invitent aussi l’enfant à verbaliser ses émotions plutôt qu’à les exprimer par des gestes violents comme mordre, taper, griffer ou pousser.  Ils ne refusent pas les émotions négatives de l’enfant ni ne tentent de l’inciter à les réprimer.  Ils mettent des mots sur les émotions de l’enfant (« tu es fâché », « tu es déçu ») pour l’aider à apprendre rapidement à les exprimer de façon saine et socialement acceptable.  Cette intervention est faite en lieu et place d’une punition, car l’éducation bienveillante est exempte de punition, de répression et de coercition.  Ce qui ne signifie pas qu’elle soit exempte de discipline, bien au contraire.  Car l’enfant a besoin d’un cadre et de limites, de balises pour se guider dans ses découvertes, et que le parent proximal veille à répondre aussi bien que possible à ce besoin comme à tous les autres.  Cependant, il le fait avec souplesse, en faisant bénéficier l’enfant de son expérience et de son vécu personnels quand cela s’avère adéquat, plutôt qu’en imposant des règles rigides dont le fondement paraît aléatoire aux yeux de l’enfant.  Et il exprime des demandes de comportements attendus de façon positive (« on laisse la porte fermée »), plutôt que d’interdire le comportement opposé (« on n’ouvre pas la porte »).

Le savoir

Enfin, je ne pouvais clore cette liste sans aborder le sujet de l’acquisition du savoir, dont la responsabilité, traditionnellement, repose dans nos sociétés occidentales sur cette institution de l’école.  La plupart des parents proximaux enverront en effet leur enfant à l’école pour qu’il apprenne.  À lire, à écrire, à compter, …  à socialiser aussi.  Pour qu’il découvre les sciences naturelles, la biologie, la musique, l’histoire, la géographie…

Mais un certain nombre de parents proximaux garderont leurs enfants avec eux à l’âge où la scolarité devrait commencer et adopteront l’unschooling.  Définir l’unschooling est une tâche ardue.  Dire que c’est un refus de l’école est simple, mais ça n’explique pas grand-chose.  Ajouter que ce n’est pas davantage l’école à la maison est une précision qui ne décrit pas beaucoup mieux en quoi consiste concrètement l’unschooling.  En fait, si l’éducation bienveillante s’inscrit avec les tout-petits dans la continuité du parentage de proximité avec les bébés, l’unschooling s’inscrit dans la même lignée, mais avec un enfant d’âge scolaire.  Le parent désire respecter l’individualité de son enfant, ses forces et ses intérêts.  Il croit aussi dans son fondamental désir d’apprendre et sa capacité à le faire.  Si l’enfant a réellement besoin de faire un apprentissage, il trouvera le moyen de le faire et demandera l’aide requise, le cas échéant, puisque le parent sera disponible et enthousiaste.  La responsabilité du parent unschooler n’est donc pas de « faire l’école » en suivant le programme à sa façon, bien au contraire, mais de créer une vie riche et remplie d’opportunités et de découvertes stimulantes pour son enfant.  Ce qui est probablement beaucoup plus difficile, mais assurément nettement plus enrichissant pour lui.

Pour en savoir un peu plus :  http://apprendreenliberte.wordpress.com/2012/06/11/je-vis-donc-japprends-une-vie-unschooling/

En conclusion

Comme ils vous le diront eux-mêmes si vous le demandez, beaucoup de parents proximaux se fient à cette petite voix du coeur qui les guide dans la parentalité :  ils écoutent leur instinct plutôt que les spécialistes, les guides de puériculture et leur médecin quand vient le temps d’agir avec leur bébé.  Tout de même, il y a parmi les parents proximaux des êtres plus « réfléchis », qui auront été convaincus par des lectures et des témoignages des bienfaits du parentage de proximité, et qui agiront donc de façon proximale avant tout par souci de faire pour le mieux, c’est-à-dire en résultat d’une réflexion rationnelle.  Ce qui est intéressant, c’est que même ceux-là deviendront au fil des mois plus intuitifs, plus instinctifs, car c’est là un des effets de ce parentage :  il confirme le parent dans sa capacité à bien prendre soin de son bébé et à faire les bons choix pour lui.  Que ce soit l’instinct ou ses lectures de spécialistes en pédopsychologie qui ont poussé le parent vers la proximité, la proximité aura cet impact positif de mener le parent à faire confiance à son instinct et à le suivre pour la suite.

 

Coup de coeur pour Antoine devient grand frère

La littéraire que je suis avait l’envie d’une bibliothèque bien fournie pour ses petites amours.  Et la conviction que la lecture est un cadeau à leur faire quotidiennement aussi.

Chez moi, des livres pour enfants, il y en a beaucoup, beaucoup.  Notre collection va des classiques (Le petit Chaperon rouge, Le vilain petit canard, Hansel et Gretel, Boucle d’Or et les trois ours…) aux contes adaptés et autres histoires relatées par Disney (Cendrillon, Blanche-Neige, La Belle au bois dormant, Bambi, Le Roi lion, Le livre de la jungle, toute une panoplie d’histoires mettant en vedette Winnie l’Ourson…), en passant par les fantaisistes Monsieur Madame, les incontournables livres à 365 histoires à raconter avant le dodo, deux livres de contes de Noël, plusieurs imagiers cartonnés et une dizaine de numéros du magazine Pomme d’Api.

Tout ça, c’est fantastique !  Ça nourrit l’imaginaire et les discussions, ça nous fait de beaux moments collées-collées avant le dodo.

Or, mes filles sont friandes (comme bien des tout-petits) de ces personnages d’enfants auxquels elles peuvent s’identifier, qui vivent les mêmes petits défis quotidiens qu’elles.  De ces livres-là, elles en voudraient davantage.  Et là, ça ne va pas !  Pas du tout !

Je suis souvent (pour ne pas dire constamment) découragée, voire choquée, par les valeurs véhiculées indirectement par le biais des images et du texte des livres du type « apprentissage de le vie » destinés aux tout-petits :  Chez Caillou, Mousseline est nourrie au biberon et on se gave de mousse au chocolat, Cajoline doit absolument faire dodo dans son lit, abandonner sa suce et aimer la garderie…  Titou, encore, c’est sûrement le moins pire du lot et, tout de même, le bouquin où il va chez le médecin est un véritable lavage de cerveau en faveur de la vaccination.  Le tout manque d’amour, de maternage de proximité, d’alimentation saine… bref, je n’arrive pas à me résigner à montrer à mes filles des comportements qui vont à l’encontre des valeurs que je tente de leur inculquer, à leur donner en exemple un mode de vie qui me déplaît.

Mais miracle !  Alors que j’étais presque complètement désillusionnée, voilà que je me fais recommander ce petit album, Antoine devient grand frère.  Merci, merci mesdames !  Voilà un véritable baume sur mon coeur de maman proximale et un succès instantané auprès de mes filles !

C’est le bouquin idéal à offrir à un enfant dont la maman attend un bébé.  C’est enfin un livre où l’allaitement d’un nouveau-né est présenté positivement à l’enfant.  J’ai beaucoup aimé la façon d’aborder la résolution de certaines situations, comme les pleurs du nouveau-né, qui donnent à Antoine et son papa l’occasion d’aller faire une balade à vélo.  Ma petite Frimousse, elle, ne se lasse pas de la page où Antoine est bercé par sa maman, qui n’oublie pas de lui garder des petits moments juste à lui : « g’and ga’çon câlin maman ! », qu’elle s’exclame joyeusement chaque fois !

Je n’en dis pas plus.  J’ai en fait déjà presque tout dit.  Car Antoine devient grand frère, c’est juste ça et tout ça à la fois.  C’est mon coup de cœur littéraire de l’automne !

D’ailleurs, je suis un peu déçue de constater que c’est une étoile filante, une oeuvre isolée.

À quand une série d’albums pour enfants mettant à l’avant-plan, en plus de l’allaitement, le portage, le cododo, et même le lit familial, les couches lavables, et même (pourquoi pas?) l’hygiène naturelle infantile, valorisant l’alimentation saine, l’éducation bienveillante, etc. ?  Une série d’albums sans biberon, purées données à la cuillère, chaise vibrante, sauteuse, couchette à barreaux, etc. ?

À quand, bref, une série d’albums pour enfants conçue pour les familles proximales ?

*Côté, Burn, Gendron (textes) et Michaud (illustrations), Antoine devient grand frère, Les éditions du soleil de minuit, 1999.

Choisir un substitut au lait maternel

Dans un monde parfait, tous les bébés seraient allaités jusqu’au sevrage naturel.  Tous les bébés seraient exclusivement allaités jusqu’à environ 6 mois.  Puis les aliments seraient introduits, mais le lait de leur mère demeurerait le seul lait des bébés jusqu’au sevrage…  lequel ne surviendrait jamais avant l’âge de 2 et demi-3 ans, et jamais contre la volonté de l’enfant.

Dans ce monde parfait, nul n’aurait besoin de substitut de lait.  En effet, les adultes n’ont pas besoin de boire du lait (n’en déplaise au Guide alimentaire canadien).  Ils n’ont donc pas besoin de « remplacer » le lait de vache par un autre laitage et par des produits laitiers lorsqu’ils n’en consomment pas.  Ils peuvent tout simplement s’en passer.

On est à peu près certains aujourd’hui que le sevrage naturel chez l’être humain se passe quelque part entre 2 ans et demi et 7 ans.  Pas besoin de lait, ni de substitut de lait, par conséquent, pour les enfants de plus de 7 ans et les adolescents qui, assurément, ont dépassé l’âge du sevrage.  Comme tous les autres petits mammifères qui, à un âge propre à chaque espèce, se sèvrent de leur mère et ne consomment plus jamais de lait.  Et encore moins du lait d’un mammifère d’une autre espèce.

Cependant, nous ne vivons pas dans un monde parfait et seul un petit nombre de mères pourront (ou voudront) donner à leur enfant cet allaitement exclusif d’au moins un peu plus de 2 ans.  Plusieurs situations vont les en empêcher :  difficultés dans la mise en route de l’allaitement, problèmes de santé de la mère, problèmes de santé du bébé, mauvais conseils, naissance multiple, nouvelle grossesse, prise d’anovulants, retour au travail ou aux études, sorties ou vacances sans bébé, incapacité à exprimer du lait maternel, manque de motivation, préjugés de l’entourage, etc.

Selon l’âge du bébé au moment de la première introduction d’un substitut du lait maternel, le meilleur choix sera différent.  La fréquence à laquelle le substitut sera offert aura aussi son incidence sur le choix du substitut en question, surtout pour les petits bébés.

Pour les bébés de 0 à 4 mois

Malheureusement, il n’existe aucun substitut réellement adapté aux bébés naissants.  Tout simplement parce que les bébés de moins de 4 mois environ n’ont pas la capacité de digérer et assimiler les protéines étrangères, autant végétales qu’animales.  En outre, pas question de tenter les aliments solides, même sous forme de purées très liquides, entre autres parce que les risques d’étouffement sont trop importants encore.  C’est pourquoi à cet âge, il n’y a que le lait maternel qui reçoive la note de passage.

Cependant, pour les mères qui ne peuvent pas allaiter ou ne peuvent pas le faire exclusivement, les chances de trouver du lait maternel d’une autre femme à donner à leur bébé sont minces.  À moins d’avoir une soeur très généreuse ou de pouvoir recourir à une banque publique de lait maternel (ce qui n’existe pas encore ici, au Québec), difficile de faire confiance à la donneuse, d’être certaine que le lait n’a pas été contaminé (ne serait-ce que par un mauvais entreposage).

En dehors du lait exprimé et du don de lait maternel, le seul substitut acceptable, ce sont les préparations pour nourrisson.  Même lorsque le substitut est donné de façon très occasionnelle.

Parmi les formules en vente libre, il en existe deux grandes variétés :  celles qui sont préparées à base de lait de vache et celles qui sont faites à partir de soya.  À moins de végétalisme des parents ou d’allergie du bébé, on conseillera la préparation à base de lait de vache parce qu’on connaît encore mal les répercussions de la consommation de phyto-oestrogènes (contenues dans le soya) par les nourrissons sur leur développement.  Les préparations sont vendues sous trois formes :  liquide prêt à boire, liquide concentré et poudre.  Seules les deux premières formes conviennent aux bébés de moins de 6 semaines parce que le risque est accru, avec la poudre, d’intoxication due à un mauvais mélange ou un mauvais dosage.

Or, il faut savoir que, même si toutes les formules lactées pour nourrissons offertes sur le marché répondent aux normes (pas du tout sévères) de Santé Canada, elles sont loin de s’équivaloir en termes de qualité.  Les parents qui recherchent une formule lactée devront donc parcourir la liste des ingrédients.  Une formule de qualité ne contiendra pas, par exemple, de gras de mauvaise qualité, tels que l’huile de palme.  Elle ne contiendra pas non plus de sucre de basse gamme, comme le sirop de maïs.

Pour les bébés de 4 à 6 mois

Dans le cas d’une absence occasionnelle de la mère, le lait maternel exprimé continue d’être le premier choix.  Il sera toujours plus approprié de l’offrir dans un verre à bec ou une tasse que dans un biberon, dont l’utilisation peut très vite compliquer la poursuite de l’allaitement.
S’il n’y a pas de lait maternel exprimé à offrir au bébé, plutôt que d’opter pour un substitut de lait, la meilleure option sera de proposer au bébé qui va devoir patienter pour téter un aliment pour se rassasier et, au besoin, un peu d’eau.  Il ne s’agit pas ici pour moi de faire la promotion de l’introduction précoce des aliments complémentaires, mais de donner un conseil logique pour une absence relativement courte (moins de 8h, disons) et occasionnelle de la mère.  Le lait de vache et le soya des préparations étant tous deux des allergènes connus, d’autres aliments feront des options plus intéressantes à cet âge proche de l’introduction des aliments.  L’eau, bien sûr,  sera préférablement donnée au gobelet à bec, à la tasse ou même au verre plutôt qu’au biberon.


Les deux aliments qui ont le plus de chance de plaire… et de rassasier bébé sont la banane et l’avocat.  On devra choisir un fruit bien mûr.  La banane ou l’avocat devra être servi(e) cru(e) et pourra être soit écrasé(e) à la fourchette, soit offert(e) en petits morceaux.  D’autres fruits et légumes pourront divertir bébé de sa faim si nécessaire.  À l’exception du navet, des épinards, de la betterave, de la carotte* (tous 4 en raison des nitrates), de la tomate et des agrumes (trop acides), la très grande majorité des fruits et des légumes peuvent être servis à un bébé, à condition qu’il n’y ait ni noyau ou pépin ni pelure avec lesquels il s’étoufferait.

Le bébé boira plus au retour de sa mère pour compenser, si cela lui est nécessaire.  Il suffira de ne pas le restreindre alors, de l’allaiter à la demande, incluant la nuit.

Cependant, si le substitut devait être offert de façon régulière (en cas de sevrage total ou partiel, par exemple), seules les préparations lactées seront adéquates encore à cet âge.

Pour les bébés de 6 à 12 mois

Lorsque bébé a commencé à manger une belle variété d’aliments complémentaires, le faire patienter pour boire devient franchement plus simple.  Souvent, quand la mère s’absente et qu’elle ne peut laisser de lait maternel exprimé, il n’aura tout simplement pas besoin d’un substitut de lait, même si normalement il boit (et même plus d’une fois !) au moment de l’absence.  De l’eau, des caresses et des aliments qu’il connaît répondront parfaitement à ses besoins.  Comme le bébé plus petit, il boira plus au retour de sa mère pour compenser, si cela lui est nécessaire.  Il suffira de ne pas le restreindre alors, de l’allaiter à la demande, incluant la nuit.

S’il s’agit d’un sevrage, même partiel, les choses sont différentes.  Le lait demeure l’aliment principal dans l’alimentation du bébé jusqu’à l’âge d’un an, il doit donc absolument être remplacé.

Le choix du substitut, lui, dépendra de ce qui a précédé.  Le bébé qui a reçu des préparations de façon plus ou moins régulière depuis la naissance, qui en a reçu souvent avant l’âge de 4 mois surtout (bref le bébé qui n’est pas considéré exclusivement allaité) ou le bébé qui a une prise de poids insuffisante ou une carence en fer devra continuer de recevoir des préparations jusqu’à l’âge de 12 mois pour prévenir tout risque de carence ou de retard de croissance.  C’est surtout important si le sevrage débute avant l’âge de 9 mois.

Si le bébé a été exclusivement allaité jusque là (à quelques exceptions près aussi), les parents ont un peu plus de marge de manœuvre dans le choix du substitut, surtout quand le sevrage commence après 9 mois ou s’il demeure partiel (bébé est encore allaité au moins 1 ou 2 fois par jour) jusqu’à 12 mois ou plus.  Dans ce cas, on recommandera traditionnellement d’oublier la préparation et d’offrir au bébé du lait de vache à 3.25% M.G., probablement accompagné, à partir de l’âge de 9 mois, de produits laitiers.

Cependant, le lait de vache est un substitut bien imparfait (nous y reviendrons tout de suite).  Et la recommandation de choisir du lait aussi gras que 3.25% peut sembler injustifiée.  En effet, le lait maternel contient entre 3 et 4% de matières grasses.  De celles-ci, seules un peu moins de la moitié (environ 43%) sont des graisses saturées**, tandis que 14% sont polyinsaturées.  Les graisses du lait de vache, elles, sont essentiellement des graisses saturées (65%) et monoinsaturées (30%).  Aussi, si la quantité totale de graisses est similaire entre les deux laits, la teneur en graisses polyinsaturées du lait de vache est nettement inférieure (moins de 4%, contre 14% dans le lait maternel).  Il est peu probable qu’il soit judicieux de remplacer des gras polyinsaturés (nécessaires au développement du cerveau et des yeux du bébé) par des gras saturés.  Dans ces conditions, le bébé sera mieux servi en recevant une combinaison de lait de vache à 2% M.G. et d’une alimentation (solide) qui lui fournit, pour compléter son apport en matières grasses, une quantité suffisante de gras polyinsaturés.   Pour fournir ces bons gras, les aliments à privilégier sont l’avocat, les poissons gras, l’huile de chanvre, de canola ou d’avocat, les beurres de noix et de graines (amande, arachide, noix de cajou, noisette, sésame, etc.) et la margarine non hydrogénée à base d’huile de canola.

Mais le lait de vache (ou les produits laitiers) est-il vraiment le meilleur substitut ?  Là encore, c’est discutable.  Bien entendu, il n’y a pas de substitut parfait.  Chacun de ceux que va présenter cet article a ses qualités (ses similarités avec le lait maternel) et ses défauts (des ingrédients essentiels qui manquent, des ingrédients indésirables ou en trop grande quantité, des ingrédients sur lesquels on se questionne encore).  Ce qui est important, c’est de retirer les œillères dans lesquelles nous ont enfermés le Guide alimentaire canadien et de constater qu’il y a autre chose que le lait de vache à offrir.  C’est aussi d’envisager la possibilité de choisir plusieurs substituts de lait (plutôt qu’un seul), dans le but de profiter des avantages de chacun tout en minimisant leurs impacts négatifs connus et encore inconnus.  C’est aussi de prendre conscience que les substituts de lait ne sont nécessaires que tant que l’allaitement le serait, c’est-à-dire au maximum jusqu’à l’âge d’environ 7 ans.

Pour les bébés et les tout-petits de plus d’un an

Avant de présenter l’éventail de possibilités de substituts au lait maternel qui s’ouvre aux parents d’un bébé de plus de 6 mois, quelques mots sur les tout-petits.

À partir de l’âge d’un an, le bébé voit ses besoins alimentaires changer tranquillement.  Peu à peu, les aliments complémentaires deviennent principaux et le lait, lui, devient un complément.  Il conserve son importance nutritionnelle au moins jusqu’à l’âge de 2 ans et demi, probablement un peu plus longtemps, peut-être jusqu’à 6 ou 7 ans, d’où la nécessité d’un substitut en cas de sevrage complet avant environ 3 ans.  Cependant, comme il n’est plus à l’avant-plan de la nutrition, il est consommé en moins grande quantité et peut être remplacé plus facilement, avec moins de conséquences.  Passé l’âge de deux ans, l’enfant n’a plus nécessairement non plus besoin ou envie de boire son substitut de lait :  il peut ne le consommer que dans des recettes, comme des crêpes et des muffins, des crèmes de légumes, des pommes de terre en purée ou des smoothies.   Il se peut aussi qu’une alimentation saine et équilibrée, riche en saines matières grasses et en calcium, lui suffise.

Les substituts au lait maternel que l’on peut trouver facilement au Québec

Lait de vache
Il est le plus connu des substituts.  L’industrie laitière nous le présente comme LA source de calcium par excellence, la seule pouvant fournir 100% de l’apport quotidien recommandé avec des portions de taille raisonnable.  Cependant, il est de plus en plus connu que le calcium contenu dans le lait de vache est très difficilement assimilable par l’homme et que, donc, l’apport recommandé, basé sur ce calcium, est en fait nettement surestimé.  En outre, cette surconsommation inutile de calcium ferait augmenter les besoins en fer, puisque les deux minéraux sont concurrents dans leur absorption par notre organisme.  Or, le lait de vache ne contient à peu près pas de fer.
Si vous choisissez de ne pas donner de lait de vache ni de produits laitiers à votre tout-petit, tant mieux pour lui !  Vous n’aurez qu’à vous assurer qu’il consomme quotidiennement et en bonne quantité des aliments naturellement riches en calcium, tels que les graines de sésame, les épinards, le tahini, le brocoli, l’amande (et la boisson d’amande), la noix du brésil, le chou bok choi, les haricots blancs, les haricots rouges, les sardines, la papaye, le pain de blé entier… Nombre d’aliments contiennent du calcium.  De plus, le fait de diminuer la consommation de protéines animales (celles de la viande et des volailles, mais aussi celles des produits laitiers, paradoxalement) permet de diminuer la quantité de calcium dont l’organisme a besoin pour produire et entretenir des os et des dents solides.
Enfin, il ne faut pas oublier que notre organisme a besoin de vitamine D pour assimiler et utiliser le calcium.  Si vous ne donnez pas de lait de vache, qui est toujours enrichi en vitamine D, vous devrez vous assurer d’un apport suffisant.  Le soleil demeure la meilleure source (surtout en été), quelques aliments en contiennent, mais surtout pour un enfant en croissance, une supplémentation peut s’avérer nécessaire en hiver chez nous.  Les gouttes vendues en pharmacie ne sont pas moins naturelles que la vitamine D ajoutée au lait de vache, au contraire.  Dans les deux cas, il s’agit de supplémentation.
La question du lactose (le sucre du lait) est aussi au centre des préoccupations actuelles.  Le lait maternel contient beaucoup de lactose; le lait de vache en renferme franchement moins et d’un type moins digeste.  Comme tous les mammifères, l’être humain perd peu à peu la capacité de digérer du lactose au fur et à mesure qu’il grandit et approche du sevrage, car il produit de moins en moins l’enzyme nécessaire à cette digestion.  En consommant de grandes quantités de lait pendant l’enfance et à l’adolescence, plusieurs occidentaux conservent la capacité de digérer le lactose jusqu’à l’âge adulte, mais pas tous.  Les cas d’intolérance au lactose sont en effet assez fréquents.  Ce qui est certain, c’est que les adultes n’ont pas besoin de consommer du lactose et qu’on s’est trop peu interrogé sur les conséquences de cette pratique sur notre santé.

Enfin, il est bien de se rappeler que le lait de vache contient beaucoup plus de protéines que le lait maternel (donc en considérant que celui-ci est la norme et représente le besoin réel du bébé, trop de protéines).  Qu’en outre, ses protéines (grosses molécules) sont très indigestes, ce qui entraîne une surcharge rénale et hépatique.  C’est sans parler du fait que le lait de vache contient souvent des germes microbiens, des antibiotiques, des vaccins et des hormones.  Sa production est très polluante et peut entraîner de la souffrance animale.  Enfin, le lait et les produits laitiers sont des mucogènes reconnus, c’est-à-dire qu’ils favorisent la formation de mucus ; ils ne devraient par conséquent pas être consommés pendant les rhumes, otites et autres petites infections hivernales.

Lait de chèvre
ChèvreLongtemps considéré comme la seule alternative au lait de vache, le lait de chèvre a connu une certaine popularité, notamment dans les années 80.  On peut encore le trouver aujourd’hui dans la plupart des épiceries, mais les reproches que l’on adresse traditionnellement au lait de vache le concernent souvent aussi (gras saturés, lactose, etc.).  Bien sûr, il n’est pas plus naturel pour un adulte (sevré) de boire du lait de chèvre que du lait de vache.  En outre, si les élevages sont généralement plus petits, plus humains, il n’en demeure pas moins que le lait de chèvre entraîne une exploitation animale polluante.

Ses qualités :  Ses protéines sont plus petites que celles du lait de vache, et par conséquent, plus faciles à digérer pour un être humain.  Son goût ressemble vaguement à celui du lait maternel aussi.
Ses défauts :  Comme pour le lait de vache, il a déficience en bons gras, mais beaucoup de gras saturés, et une trop grande quantité de protéines (par comparaison avec le lait maternel).

Bref, entre ces deux laits animaux, nous devrions privilégier le lait de chèvre pour nos bébés et jeunes enfants, notamment en raison des protéines plus digestes.  Même si les végétaliens diront que c’est du pareil au même…  et que d’une certaine façon, ils n’auront pas tort.

Boisson de soya
Théoriquement, c’est un substitut très intéressant au lait maternel.  Du point de vue des gras, il lui ressemble beaucoup plus que les laits animaux puisqu’il ne contient aucun gras trans et peu de gras saturés et qu’il est une source appréciable de gras polyinsaturés.  Le soya a aussi la propriété d’aider à réguler le taux de cholestérol.  La boisson de soya contient un peu trop de protéines, comme les laits de vache et de chèvre, mais elle est naturellement assez riche en fer et une source appréciable de fibres.  Elle est aussi enrichie en calcium et en vitamine D, ainsi qu’en plusieurs autres vitamines et minéraux intéressants.  De plus, en tant que produit végétal, elle n’implique pas le sevrage prématuré d’un petit mammifère ni d’élevage industriel et elle ne met le consommateur en contact ni avec des antibiotiques, des hormones ou des vaccins ni avec des germes microbiens.

Cependant, il est essentiel de choisir une boisson biologique puisque le soya est l’un des aliments les plus génétiquement modifiés (OGM) sur la planète, ce qui est une catastrophe sanitaire dont on ne connait pas encore tous les impacts réels.  En outre, le soya contient toujours des phyto-oestrogènes, qui peuvent avoir des conséquences que l’on connaît encore mal sur la croissance des enfants.  On sait, par exemple, que les phyto-oestrogènes font diminuer la production lactée chez certaines mamans allaitantes.  On a aussi vu des cas de petites filles ayant connu une puberté plus que précoce (dès l’âge de 4-5 ans, bourgeonnement de la poitrine) à cause de leur consommation de soya.  On ne sait pas du tout encore si les garçons ne souffrent pas de cette prise d’hormones féminines, surtout après l’âge du sevrage (car le lait maternel contient lui aussi des hormones féminines, même si cela reste différent).

Enfin, la quantité de sucre ajouté dans les boissons de soya peut être carrément effrayante (c’est vrai aussi pour les autres boissons végétales présentées ici d’ailleurs, la vigilance est de mise).  Il faudrait donc opter pour la version non sucrée parce que cette avalanche de sucre raffiné n’a rien de positif.  Toutefois, le goût de la boisson de soya sans sucre ajouté ne plaira pas toujours puisque les boissons de soya ont un goût farineux.  À mon avis, c’est un substitut intéressant, mais à offrir avec modération aux tout-petits, c’est-à-dire pas nécessairement quotidiennement.  C’est tout de même le seul substitut de lait végétal que les nutritionnistes considèrent valable, même si leur dénigrement des autres boissons végétales tient surtout au fait que leur aliment de comparaison est le lait de vache, et pas le lait maternel, ce qui biaise étonnamment leurs critères de sélection.

Boisson d’amande
La boisson d’amande est un autre choix intéressant comme substitut au lait maternel.  Parmi ses qualités, on note qu’elle est une excellente source de bons gras polyinsaturés et ne contient pas de gras trans et presque pas de gras saturés.  Elle est aussi une source de plusieurs vitamines et minéraux, notamment le fer et le magnésium.  Elle est généralement enrichie en calcium et, contrairement aux trois options présentées précédemment, elle est très peu allergène.  Elle est un antiseptique naturel pour les intestins.  Et parce que l’amande est un fruit oléagineux (des aliments adaptés à notre métabolisme), la boisson qu’on en fait est particulièrement digeste.  Source de fibre, elle peut ne contenir aucun sucre, à condition de la choisir sans sucre ajouté.  De plus, elle a un goût vraiment agréable.

Cependant, comme elle ne contient pas de sucre et peu de protéines (pas assez si on la compare au lait maternel), elle est trop peu calorique pour servir de substitut exclusif au lait maternel dans le cas d’un sevrage complet, à moins que l’on s’assure que le bébé va chercher des glucides et des protéines ailleurs dans son alimentation pour compenser.  À ce détail près, c’est probablement le substitut le plus sain.  Et la boisson d’amande s’utilise exactement comme le lait de vache dans la très grande majorité des recettes.

Un dernier bémol, et il concerne malheureusement toutes les boissons végétales (soya, amande, riz, chanvre, coco), il faut vérifier la liste des ingrédients et faire attention de choisir un produit sans carraghénine, un cancérigène potentiel que l’on retrouve malheureusement dans trop de boissons.  Heureusement, c’est de plus en plus simple de trouver des boissons de soya et d’amande sans carraghénine :  il suffit de bien lire la liste des ingrédients.  Ce n’est pas toujours le cas pour d’autres boissons végétales que je vais présenter ensuite…  Mais les boissons végétales ne sont pas les seules touchées :  regardez la liste des ingrédients de votre crème 15%, de votre crème à café ou de vos viandes à sandwich… vous aurez de la chance si la carraghénine n’y figure pas.  C’est un poison omniprésent !

Boisson de riz
La boisson de riz est très digeste elle aussi.  Elle contient de la silice, qui permet la bonne fixation du calcium et du magnésium et est nécessaire au bon développement des os et des cartilages.  Même si le riz est une céréale, il est sans gluten, et donc peu allergène.  Excellente source de manganèse et de plusieurs autres vitamines et minéraux, ainsi que de fibres, le riz contient en outre de bonnes protéines végétales, même si la boisson qu’on en fait, comme la boisson d’amande, n’est pas une source très élevée de protéines.  En tant que céréale, le riz ne contient pas de gras.  La teneur en gras de la boisson de riz dépendra donc entièrement des huiles qui y seront ajoutées, ce qui fait que chaque marque présentera quant à cet aspect une valeur nutritive différente.  La plupart du temps, pour un bébé, il sera nécessaire d’y ajouter une huile (de noix de coco, par exemple) pour remédier à ce manque.  Il est à noter aussi que la boisson de riz n’est le plus souvent pas une source intéressante de fer ou de calcium.

Théoriquement, on devrait privilégier les boissons faites à partir de riz brun⁄complet, plus nutritif.  Mais dans les faits, ce pourrait ne pas être le cas.  En effet, en ce moment, le riz est au centre d’une vive polémique parce que cette céréale aux belles vertus nutritives peut être l’objet d’une contamination à l’arsenic qui, dans certains cas, atteint des niveaux alarmants.  Cela est plus souvent le cas avec le riz cultivé dans certains états américains puisque la FDA n’a établi aucune norme pour réglementer le seuil maximal acceptable d’arsenic dans la nourriture.  Santé Canada n’ayant pas plus de normes à ce sujet pour l’instant, nous sommes exposés à ce riz contaminé ici.  Le riz entier, brun, est plus à risque.  Et le riz biologique n’y échappe pas, malheureusement.  Étonnamment, le riz en provenance d’Asie est plus sûr parce qu’il y a des normes là-bas, même si une certaine quantité d’arsenic peut tout de même s’y retrouver.

Personnellement, cette possibilité de contamination me laisse un goût amer dans la bouche et me décourage pour l’instant d’acheter régulièrement des boissons de riz, dont j’aurai du mal à établir la provenance de la matière première.

Boisson de noisette

boisson noisetteLa boisson de noisette a une saveur prononcée mais loin d’être désagréable (délicieuse, même) et se marie très bien au goût du café ou du chocolat.  Elle est une excellente source de calcium (naturellement contenu dans la noisette), de fer, de magnésium, de phosphore et de vitamine E.  Les protéines de la noisette sont très digestes, comme celles de l’amande et peut-être même davantage, même si la boisson qu’on en tire n’en contient que 2g par portion, ce qui est moins que le lait maternel.  La boisson de noisette est vermifuge et reminéralisante.  Elle ne contient à peu près pas de gras saturés, ses acides gras étant essentiellement mono-insaturés.  Même si elle est une moins bonne source de gras polyinsaturés que d’autres boissons végétales, elle est très riche en oméga-9.

Dans la mesure où on réussit à mettre la main sur une boisson de noisette sans sucre ajouté ni carraghénine, c’est un excellent substitut au lait maternel.  Son inconvénient principal étant probablement d’être difficile à trouver, justement.  Il peut être intéressant de la faire soi-même avec des noisettes entières (crues) ou, plus simplement, à partir de beurre de noisette biologique commercial.

Boisson de chanvre
La boisson de chanvre est probablement la moins connue des boissons végétales.  Elle a aussi un goût surprenant qui pourrait ne pas plaire à tous.  C’est tout de même une boisson intéressante comme substitut de lait.  Enrichie, elle contient plus de calcium que le lait de vache.  Elle est aussi une excellente source de gras polyinsaturés, et même, on pourrait dire que le chanvre est l’aliment par excellence de ce point de vue.  En effet, l’équilibre entre les acides gras Oméga-3 et Oméga-6 y est parfait pour l’organisme humain, ce qui est rarissime.  En outre, la boisson de chanvre est une bonne source de vitamine D (ajoutée), de fibres et autres vitamines et minéraux.  Les protéines qu’elle contient sont complètes (8 acides aminés essentiels) et très digestes.

Personnellement, j’adore les graines de chanvre.  J’ai donc un préjugé favorable pour cette boisson et la liste des ingrédients, la table des valeurs nutritionnelles me séduisent totalement.  Pour l’instant, je n’ai goûté que la version chocolatée, bien sûr bourrée de vilain sucre.  C’était un peu déroutant, mais pas du tout mauvais.  Et ma Frimousse a adoré.  Je me sens prête à tenter la version nature, pour connaître le vrai de vrai goût.  Et voir si je peux l’utiliser en cuisine, comme je le fais déjà avec la boisson d’amande.

Boisson de noix de coco
Le principal intérêt de la boisson de noix de coco réside dans l’utilisation qu’on peut en faire en cuisine.  Sa texture fait en sorte qu’on peut l’utiliser pour remplacer la crème dans plusieurs recettes (gâteaux, crème glacée, potages aux légumes, avec le curry et les poissons…).  Cependant, pour un lait végétal, cette boisson contient des protéines assez peu digestes.  Ses gras sont essentiellement des acides gras à chaîne moyenne (saturés), que je connais trop peu pour évaluer si cela est positif ou négatif.  De ce que j’en sais, il est difficile ici de trouver des boissons de ce type qui ne contiennent pas de sucre ajouté ou de carraghénine.

Personnellement, je ne donnerais pas de boisson de noix de coco à boire à un tout-petit comme substitut de lait maternel, mais je n’hésiterai pas à employer à l’occasion du lait de coco lorsque je cuisine pour toute la famille.  L’huile de noix de coco me semble un produit plus intéressant que la boisson, qui remplace avantageusement le beurre ou la margarine pour beurrer le pain, par exemple.

Autres boissons végétales
Il existe plusieurs autres boissons végétales, mais je tenais à présenter celles qui se trouvent assez aisément sur nos tablettes.  J’ai déjà vu des boissons à base de graines de lin, par exemple, mais je ne les ai jamais testées.  Les Français ont plus de choix que nous, les chanceux :  châtaigne, avoine, épeautre, …  Il se peut aussi que vous rencontriez ces boissons dans votre magasin d’alimentation, mais celles que j’ai décrites sont les seules que j’ai pu trouver régulièrement dans ma ville jusqu’à maintenant.
Il est intéressant aussi de rappeler que l’on peut faire ses boissons végétales à la maison à partir des fruits oléagineux ou des céréales de son choix, ce qui ouvre la porte à une multitude de possibilités naturellement nourrissantes à un prix intéressant.  Et sans additifs indésirables, qui plus est !  Plusieurs recettes sont d’ailleurs disponibles sur le net.

Mes choix personnels

Tout au long de cette liste commentée, j’ai donné de bons indices de ce que j’ai personnellement fait comme choix.  Mais un petit topos me semble pertinent.

J’ai fait le choix pour ma seconde fille, ma pétillante Frimousse, d’un allaitement que je souhaite mener à terme.  Comme elle a eu 2 ans la semaine dernière et qu’elle continue de prendre ses deux tétées quotidiennes (la plupart du temps du moins), nous sommes sur la bonne voie, je crois.
À partir de l’âge de 10 mois, elle a reçu du lait de vache à 2% M.G. une ou deux fois par semaine lors de mes absences.  Si c’était à refaire, j’opterais plutôt pour du lait de chèvre parce qu’elle s’est habituée au goût du lait de vache et refuse aujourd’hui le lait de chèvre, trop différent.
Lorsque nous avons commencé le sevrage à cause d’un bref contrat de travail que j’ai pris, elle avait 14 mois.  Plus elle buvait de lait de vache, plus sa peau séchait, plus elle avait le nez qui coule et des sécrétions épaisses, plus elle avait tendance à constiper et à souffrir de gaz.  Peu au fait des autres boissons végétales, j’ai troqué une partie du lait de vache pour de la boisson de soya.  Mais elle n’acceptait de la boire que si elle était au chocolat, donc ça ne me satisfaisait pas.  Après mon contrat, nous en sommes pratiquement revenues à l’allaitement exclusif.  Puis, vers 18 mois, elle a manifesté moins d’enthousiasme pour le sein, sauf avant le dodo et au réveil, bref, au lit.  Je trouvais que 2 boires par jour, c’était trop peu pour une petite fille qui n’avait pas un appétit d’ogre et se montrait très sélective quand au contenu de son assiette et très peu portée sur les viandes et les aliments protéinés en général.  C’est là que je me suis intéressée sérieusement aux boissons végétales.

Maintenant, je ne pourrais plus me passer de la boisson d’amande, que j’utilise dans les crêpes, les galettes, les patates pilées, le pouding au riz, les smoothies, dans mes céréales ou mon mélange de graines du matin… un peu partout.  Je n’ai jamais vraiment bu de lait de vache parce que je n’aimais pas le goût, mais maintenant que je connais mieux les boissons et les huiles végétales, je n’en consomme à peu près plus du tout.

Cependant, mes filles, elles, prennent toujours du yogourt et du fromage une ou deux fois par semaine.  Et ma petite Frimousse boit un verre (4 onces) de lait de vache presque chaque jour avec les amis de la garderie.  En plus de la boisson d’amande nature et non sucrée qu’elles consomment quotidiennement dans leur déjeuner et leurs collations et desserts, elles boivent de la boisson de soya ou de la boisson d’amande au chocolat lorsque allons en pique-nique, au centre d’achat, chez des amis… parce que cela se transporte et se conserve mieux que le lait de vache (qui, lui, a besoin d’être réfrigéré), mais aussi parce que ça fait changement.  De plus, je fais de plus en plus confiance à l’alimentation « solide » de mes filles pour répondre à tous leurs besoins nutritionnels, ce qui m’amène à privilégier certains aliments comme les noix et les graines, les légumineuses, le brocoli et les autres choux, l’avocat… et à délaisser le plus souvent possible les protéines animales.

Je ne vois pas l’intérêt d’interdire complètement un type de laitage à ses tout-petits.  Sauf en cas d’allergie ou d’intolérance, il va de soi.  Je pense que c’est dans la diversité et la modération que nous apprenons à nos enfants à consommer le mieux les laitages.  Pour faire mes choix à l’épicerie, je pense d’abord bio, j’opte pour la version sans sucre ni saveurs artificielles ajoutés et je me méfie des ingrédients louches comme la carraghénine.  Enfin, j’essaie de me rappeler que ce que je recherche dans un laitage destiné à mes enfants, c’est une source de calcium et de bons gras et, accessoirement quelques bonnes protéines, des vitamines et des minéraux, dont le fer.

Et pour l’instant, ces choix semblent bien réussir à toute ma famille !

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* On recommande traditionnellement d’attendre que bébé ait 6 mois pour la carotte et 9 mois pour le navet, la betterave et les épinards.  Si ces légumes sont issus de l’agriculture biologique, ils sont théoriquement beaucoup moins à risque de contenir des nitrates et on pourrait donc tous les introduire dès l’âge de 6 mois, comme n’importe quel autre légume.  Cependant, par mesure de précaution, même biologiques, je ne conseillerais pas de les présenter à bébé avant l’âge de 6 mois.  Il y a une telle variété de légumes nutritifs et savoureux à lui faire connaître, de toute façon, que rien ne presse !

** Toutes ces données statistiques sur le lait maternel sont approximatives car, comme le rappelle souvent Jack Newman, il n’existe pas UN lait maternel (standard), mais des milliers de laits maternels :  comme pour tous les autres nutriments, la teneur en gras du lait maternel dépend de l’âge du bébé, de ses besoins particuliers (prématurité, par exemple), du moment de la journée, de l’alimentation de la mère…

Sources

Au sujet du sevrage et de l’allaitement d’un tout-petit
Jack Newman, L’allaitement :  comprendre et réussir, Ligue La Leche.
http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-37-L-allaitement-long-un-age-naturel-pour-le-sevrage.html
http://www.mamaneprouvette.com/2013/01/question-de-la-semaine-quel-est-lage.html
http://thestir.cafemom.com/toddler/116520/5_toddler_breastfeeding_myths_that

Au sujet des différents « laits »
http://lassiettevegetarienne.wordpress.com/2012/11/08/les-laits-vegetaux/
http://mutien.com/site_officiel/?p=11140
http://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/ArticleInteret.aspx?doc=calcium_briere_j_2002_ps
http://www.dur-a-avaler.com/la-verite-sur-la-biodisponibilite-du-calcium-alimentaire/
http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/PalmaresNutriments/Fiche.aspx?doc=vitamine_d_nu
http://www.veganisme.fr/Un%20Monde%20Vegan/Mythelait.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lait_v%C3%A9g%C3%A9tal
http://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=chanvre_huile_graines_ps&utm_source=intern&utm_campaign=20130222&utm_medium=newsletter
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chanvre
http://fr.wikipedia.org/wiki/Soja

Au sujet de la carraghénine
http://www.masantenaturelle.com/chroniques/nouvelle/carraghenine.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Carragh%C3%A9nine

Le sommeil de bébé

« Bébé fait-il ses nuits ? » C’est une question incontournable que se fera poser tout nouveau parent assez rapidement. Mais que signifie l’expression « faire ses nuits », en fait ?

Dans la théorie, « faire ses nuits » signifie dormir au moins 5h d’affilée entre 23h et 5h. Dans les faits, les gens qui posent cette question veulent plutôt demander si bébé fait « nos nuits » d’adulte, c’est-à-dire s’il dort au moins 7 ou 8 heures d’affilée la nuit.  Beaucoup veulent même savoir par cette question si bébé fait des « nuits d’enfant », c’est-à-dire s’il dort en continu entre 10 et 12 heures par nuit, soit de 19-20h à 6-7h environ, question de donner un répit aux parents (du temps en amoureux) en soirée, et la possibilité de dormir la nuit. On peut donc constater qu’il existe un grand écart entre ce qui est exprimé par les spécialistes du sommeil et ce qui est attendu par les parents.

Or, dans la théorie, vers 3 ou 4 mois (et même à 2 mois), le bébé est capable de faire ses nuits et prêt à le faire. Il ne tient qu’aux parents de lui en donner l’occasion par de saines habitudes et une routine rassurante.  Bien sûr, on parle ici de 5 ou 6 heures de sommeil continu, rappelons-le, mais ce n’est pas ce qu’en comprennent un grand nombre de parents, qui s’attendent à ce que leur bébé dorme sans interruption 7-8h, voire 10-12h, à cet âge.  Cet écart entre les attentes et la réalité devient une grande source de stress et de frustration potentiels.  Soit le bébé risque d’être qualifié de « difficile », de « capricieux », soit les parents vivront une grande culpabilité et un sentiment d’incompétence devant leur échec à faire dormir leur bébé correctement.  Dans les deux cas, il y a malaise.

Il me semble par conséquent important de faire un tour d’horizon de ce qu’est le sommeil d’un bébé, de ce qui est normal et représente une attente saine des parents… et bien sûr de ce que nous pouvons faire pour que bébé et parents dorment en harmonie.

Une question de cycles : le sommeil du bébé, très différent de celui de l’adulte

Voyons d’abord le sommeil de l’adulte, le nôtre, qui nous servira de point de référence pour explorer ensuite celui du bébé.  L’adulte* a besoin de dormir environ 8-9h par période de 24h, dont la quasi-totalité (7-8h) en continu durant la nuit, le reste (si nécessaire) étant consommé sous forme de sieste.  Le sommeil se découpe en cycles qui, chez l’adulte, ont une durée d’environ 90 minutes chacun.  Une bonne nuit de sommeil permet donc à l’adulte d’enchaîner 5 ou 6 cycles de sommeil complets.  Entre ces cycles, celui qui dort passe parfois par une courte période nommée « sommeil transitionnel », un état proche de la veille qui dure de quelques seconde à un maximum d’une dizaine de minutes.  C’est pendant ce sommeil transitionnel que vous pouvez regarder votre réveil, constater qu’il vous reste de délicieuses heures de repos devant vous et vous rendormir aussitôt (quoique vous n’étiez pas vraiment éveillé).

Le sommeil proprement dit se divise en deux types.  Le premier, le sommeil lent, est souvent appelé sommeil profond.  Il se caractérise par une immobilité des yeux sous les paupières, et une tranquillité du corps en général.  Le second, le sommeil actif, est souvent appelé sommeil paradoxal ou sommeil léger.  Il se caractérise par des mouvements oculaires rapides sous les paupières.  C’est la phase de sommeil pendant laquelle se produisent les rêves.

Quand un adulte s’endort, il entre d’abord en sommeil lent.  Ce premier sommeil lent dure entre 90 et 110 minutes et lui permet de passer par 4 phases de plus en plus profondes (de plus en plus reposantes).  Le premier cycle de sommeil est complété par un 10 minutes de sommeil actif.  Ensuite débute un deuxième cycle.  Le sommeil lent prédomine donc fortement au début de la nuit, mais à chaque cycle, la proportion de sommeil actif augmente.  Dans le dernier cycle de sommeil, les sommeils lent et actif ont une durée à peu près égale, le sommeil actif pouvant durer jusqu’à 60 minutes.  Au total, au cours d’une nuit, l’adulte passe 80% de son temps en sommeil lent et 20% en sommeil actif.

Le sommeil du bébé, lui, est vraiment différent.  D’abord, le bébé naissant n’a pas d’organisation circadienne, c’est-à-dire qu’il ne fait pas la différence entre jour et nuit.  Il ne va acquérir cette capacité que plus tard, vers 3 ou 4 mois.  La majorité des nouveau-nés vont même avoir leur plus longue période d’éveil en soirée, au moment où leurs parents commencent à avoir envie de se mettre au lit, parce que justement ils se sont habitués pendant leur vie intra-utérine à s’éveiller quand maman se couchait (puisque lorsqu’elle marchait et bougeait, il était bercé, endormi, et donc porté à dormir le jour et s’éveiller le soir).

Ensuite, même si le bébé a besoin de plus de sommeil quotidien que l’adulte (16 à 18h pour un nouveau-né, 13 à 15h jusqu’à 18 mois, environ 12h pendant le reste de l’enfance), les cycles de sommeil du bébé sont franchement plus courts que ceux des adultes :  ils ne durent que 50 minutes en moyenne.  Cela tient en partie au fait que les besoins du bébé en sommeil actif sont beaucoup plus élevés.  En effet, des cycles plus courts permettent au bébé de passer 50% de son temps de sommeil en sommeil actif.  La multiplication des moments passés en sommeil actif est essentielle au développement du cerveau complexe du bébé humain (j’en ai parlé ici).  Cependant, chaque passage du sommeil lent au sommeil actif est un moment fragile où le risque de réveil est plus grand.

Enfin (et c’est en partie la cause du point précédent), l’endormissement du bébé est différent de celui de l’adulte.  Ainsi, au lieu de sombrer directement dans le sommeil lent, le bébé passe d’abord par une phase de sommeil actif d’une vingtaine de minutes, qui est suivie d’une dizaine de minutes en sommeil transitionnel.  Ce n’est qu’ensuite que le bébé entre en sommeil lent.  C’est pourquoi les bébés se réveillent très facilement (au moindre bruit, au moindre mouvement) durant la première demi-heure de sommeil et que certains bébés semblent impossibles à déposer.  À trois ou quatre mois, quelques bébés commencent à entrer directement en sommeil lent, comme les adultes.  La majorité des autres ne le fera que (bien) plus tard, à des âges très variés.

Une journée typique

Les parents (moi la première) sont avides de ces points de repères qui permettent de vérifier que bébé est « normal », c’est-à-dire qu’il agit comme la moyenne des bébés de son âge.  Voici donc des routines typiques par tranches d’âge, qui ne sont bien sûr données qu’à titre d’exemple et ne doivent en aucun cas devenir des routines à imposer à votre bébé :

0-3 mois :  Bébé se réveille pour boire.  Parfois, il se rendort au sein.  Parfois (surtout en fin d’après-midi et en soirée et de plus en plus souvent à mesure qu’il vieillit), il a ensuite une période d’éveil plus ou moins longue.  Si elle est plutôt longue, il pourra avoir envie de boire à nouveau pour retrouver le sommeil.  Il boira entre 10 et 15 fois par période de 24h, et s’éveillera donc environ 11 fois par jour, par exemple à 1h, 4h, 7h, 9h, 11h, 13h, 16h, 18h, 19h30, 20h30 et 22h.  Ses plus longues périodes de sommeil continu dureront donc entre 2 et 3 heures.

3 à 6-7 mois :  Bébé a un horaire à 3 siestes, dont voici un exemple :
6h  :  Boire du petit matin, retombe ensuite dans le sommeil pour terminer sa nuit
8h  :  Boire du matin
10h :  Sieste de l’avant-midi, d’une durée d’environ 50 minutes
11h :  Boire du dîner
13h : Boire, puis sieste de l’après-midi, d’une durée d’environ 2h30
16h :  Boire
18h :  Boire, puis sieste de soirée, d’une durée d’environ 50 minutes
20h30 :  Boire du dodo, puis première partie de la nuit, d’une durée d’environ 5h
1h30 environ :  Boire de nuit, puis seconde partie de la nuit, d’une durée d’environ 4h (souvent 2X2 heures avec un boire vers 3h30)

6-7 à 10 mois :  L’horaire de bébé est très similaire au précédent, sauf que la sieste de soirée disparaît et que le coucher se fait par conséquent généralement un peu plus tôt, vers 19h30-20h.  Bien sûr, bébé commence à manger 3 repas par jour, et cela peut avoir une incidence sur le nombre de boires.

10 à 18 mois :  Bébé fait deux siestes quotidiennes, l’une vers 9h30, d’une durée de 50-60 minutes, l’autre vers 13h, d’une durée de 2h-2h30.  Il se couche vers 19h30 le soir pour une nuit d’une durée totale d’environ 11h de sommeil.  Il se lève donc vers 6h30 le matin.  Un bon nombre de bébés allaités vont commencer à faire leurs nuits (ne plus se réveiller) entre 10 et 12 mois, après la phase d’anxiété de séparation.  Certains, surtout ceux de petit poids, vont tout de même continuer à avoir besoin d’un ou deux boires nocturnes encore quelques mois :  il n’y a aucune bonne raison de les en priver.

18 mois à 4-5 ans :  Le tout-petit a encore besoin d’une sieste d’une durée d’environ 2h en après-midi.  Il se couche vers 19h30 pour une nuit d’environ 11h et n’a plus de réveils nocturnes la plupart du temps.  Des réveils occasionnels sont normaux : cauchemars, inconforts, etc.  L’enfant a parfois besoin d’être rassuré, soigné ou câliné.

Note :  À partir du moment où la sieste de soirée disparaît, une sieste d’après-midi qui dure plus de 3 heures ou qui se termine après 15h30 risque de nuire à l’endormissement du soir.  Il faut donc veiller à coucher bébé assez tôt après le dîner pour qu’il puisse dormir suffisamment longtemps sans dépasser 15h30.  Si bébé est difficile à coucher le soir mais dort longtemps en après-midi, on pourra aussi enfreindre la sacro-sainte règle et réveiller bébé de sa sieste vers 15h30.

Immaturité ou nécessité ?

Dans les bouquins des prétendus spécialistes du sommeil, on lit souvent que les nombreux réveils nocturnes des bébés sont le résultat de son immaturité et que les choses s’amélioreront bientôt.  C’est là une vision plutôt négative du nourrisson :  il est peu mature, alors son sommeil est désorganisé.  Et si, en fait, plutôt que d’être désorganisé, le sommeil du bébé était organisé autrement ?

Il me semble plus positif, plus constructif, d’envisager la différence entre les sommeils des bébés et des adultes comme le résultat d’une différence entre leurs besoins plutôt que comme un défaut des bébés.  Comme le sommeil des personnes âgées est différent de celui des adultes en raison de leurs besoins différents, un fait que l’on accepte.

Les nombreux réveils nocturnes de bébé ne sont pas seulement inévitables, ils lui sont nécessaires.  Ils ont été prévus pour assurer sa survie en lui permettant de se nourrir suffisamment, mais aussi pour le protéger de la mort subite du nourrisson en lui évitant un passage trop prolongé en sommeil lent (en restant aux phases 1 et 2 du sommeil lent, il est moins à risque d’apnée, de MSN).   Vouloir qu’un petit bébé dorme sans interruption toute la nuit est par conséquent égoïste, car cela se fait au détriment de son développement cérébral (réduction du temps de sommeil actif), de sa prise de poids (allaitement nocturne), de sa santé, voire de sa vie (mort subite du nourrisson, encore 1 cas sur 2000 bébés) et de son développement affectif (besoin de contact avec la mère, d’être rassuré).

Il est important de se rappeler que si le bébé a de grands besoins de sommeil quotidiens, il n’a pas besoin de beaucoup d’heures de sommeil consécutif, et que son repos est assuré avec de courtes (50 minutes) et moyennes (1h30 à 4h) périodes de sommeil.  Que c’est la multiplication de ces courtes durées de sommeil qui lui est nécessaire.

Il est aussi primordial de mettre en évidence le fait que la transformation du sommeil de nouveau-né (interrompu) en sommeil d’enfant (continu) est un processus lent et discontinu.  Ainsi, il est tout à fait normal que le bébé vive des « rechutes ».  Certains scénarios sont même tout à fait courants.
Par exemple, la plupart des nouveau-nés s’endorment seuls, sans aide.  Puis, vers l’âge d’un mois, de 6 semaines, ils n’y arrivent plus :  ils pleurent, ont besoin d’être allaités, portés, bercés, ils semblent combattre le sommeil.  C’est en fait parce qu’à ce âge (vers 6 semaines), le cerveau opère une maturation importante qui leur permet de constater « je suis éveillé »/ »je dors ».  C’est là qu’ils commencent à avoir besoin de s’endormir volontairement, alors qu’avant, ils le faisaient inconsciemment.
Par exemple, la plupart des bébés font une, quelques ou plusieurs nuit(s) vers l’âge de trois mois, une fois que l’allaitement est bien établi et qu’ils commencent à vivre de plus longues périodes d’éveil le jour, qui les épuisent.  Puis ces mêmes bébés recommencent à se réveiller plusieurs fois par nuit vers 4 mois environ, voire à vouloir boire toutes les 2 heures la nuit.  C’est tout à fait normal parce que généralement la production de lait maternelle se transforme (passage du mode endochrine au mode autochrine) à ce moment de leur vie et que c’est l’instinct qui les pousse à stimuler davantage la production durant cette période cruciale.  Cela ne veut surtout pas dire qu’ils ont besoin de commencer à manger des céréales.  Au contraire, c’est le pire moment pour leur faire manger leurs premiers aliments, car cela risque d’interférer avec la poursuite de l’allaitement.  Si l’on accepte la situation, que l’on en connaît la raison et que l’on continue d’allaiter bébé à la demande, la production devrait s’adapter rapidement et les réveils nocturnes pour boire s’espacer.  Si on lutte et refuse le sein, bébé va au contraire continuer de se réveiller et même intensifier sa demande parce que c’est l’instinct de survie qui le guide.

Pourquoi, si le sommeil de bébé est ainsi, est-ce si difficile pour les nouveaux parents ?

Parce que, nous l’avons vu, l’adulte a besoin de sommeil continu.

Parce que, aussi, les conseils donnés aux nouveaux parents les incitent souvent à adopter des comportements qui vont à l’encontre de leurs propres intérêts !

Je vais citer quelques cas :

Que papa donne un biberon à bébé la nuit pour permettre à la maman de se reposer.  C’est la pire idée qui soit.  Pour que sa production de lait s’ajuste aux besoins de son bébé, la mère a généralement besoin que bébé tète entre 1h et 5h du matin (c’est un fait biologique, une question hormonale).  Bien souvent, cette bonne intention provoque le déclin à brève échéance de l’allaitement (et tous les efforts que maman fera pour éviter cette situation sont loin d’être synonymes de repos).  De plus, c’est le moment quotidien où la maman a le plus de lait, donc si elle n’allaite pas, l’engorgement risque de la réveiller de toute façon.  Et pour ne rien arranger, le fait que papa prenne soin du bébé n’empêche pas la mère de s’éveiller… et allaiter lui fournit des hormones qui favorisent son rendormissement ; écouter bébé pleurer pendant que papa prépare le biberon favorise plutôt l’éveil complet.  En outre, si la mère passe plus de 6h consécutives sans allaiter, elle compromet la contraception naturelle.  Or, ni les grossesses rapprochées ni même le retour précoce de couches ne sont souhaitables, car la maman a besoin de refaire le plein d’énergie et de minéraux avant de créer la vie à nouveau.  Et la contraception hormonale artificielle (pilule à progestatif seul, stérilet Mirena) est loin d’être sans risques pour sa santé (c’est un autre sujet).

Que bébé dorme dans sa propre chambre dès la naissance, autant pour les siestes que la nuit.  L’expérience de toutes les mamans du monde le prouve :  ce n’est pas tant le fait de se réveiller la nuit qui est difficile, c’est avant tout le fait de se lever.  Il n’y a rien de pire pour casser le sommeil que de marcher sur un plancher frais, allumer un éclairage électrique (compromet l’organisation circadienne et la sécrétion de mélatonine).  Quand bébé dort dans sa propre chambre, il s’éveille moins souvent, mais plus beaucoup plus longtemps.  Souvent, la mère qui doit se lever pour prendre soin de son bébé mettra du temps à se rendormir même lorsque le poupon l’aura fait.  Ainsi, le temps total de sommeil des parents est plus élevé lorsque bébé dort dans leur chambre.  De plus, le fait de coucher un bébé naissant dans sa chambre, fenêtre obstruée et porte close (dans le noir donc) pour les siestes diurnes nuit à l’acquisition de l’organisation circadienne et la retarde parfois de plusieurs mois.  Le sommeil nocturne est donc affecté négativement par cette pratique.

Que bébé doit apprendre très rapidement à s’endormir seul.  Non seulement ce conseil met une pression incroyable sur les épaules des nouveaux parents (s’ils n’y arrivent pas, quel échec!), mais il leur donne beaucoup de travail inutilement.  Que de pleurs, que de temps passé en stratégie et recherche d’objets magiques seraient évités si l’on disait aux parents que tous les jeunes enfants finissent par réussir à s’endormir seuls à un âge qui leur est propre.  Les bébés ont besoin d’être accompagnés dans le sommeil parce qu’ils sont prévus biologiquement pour craindre la solitude (c’est une question de survie instinctive pour les petits mammifères qu’ils sont).  Et plus les parents tentent de les faire s’endormir seuls, plus ils deviennent anxieux et difficiles à endormir… plus ils résistent au dangereux sommeil.  Du temps (du sommeil!) perdu, du stress inutile.  Rien d’autre.

Bref, la très grande majorité des problèmes de sommeil des bébés sont en fait causés par les tentatives maladroites des parents pour faire acquérir de (mauvaises) bonnes habitudes de sommeil à des bébés qui ont de (différentes mais) bonnes habitudes dès la naissance, tout naturellement.

Y a-t-il tout de même des cas où le sommeil de bébé est problématique ?

Du point de vue des parents, assurément, nous y reviendrons bientôt.

Mais du point de vue du bébé lui-même aussi.

Par exemple, un bébé dont les périodes d’endormissement sont de moins de 50 minutes environ, que ce soit pour les siestes en journée ou durant la nuit.  Cela peut arriver à l’occasion sans que ce soit inquiétant.  Mais lorsque cela se produit régulièrement (plusieurs fois par jour), c’est problématique parce que cela ne permet pas au bébé de compléter un cycle de sommeil.  Une sieste de 30 minutes ne comprend aucun sommeil lent.  Or, si les besoins en sommeil actif sont plus élevés chez le bébé, le sommeil lent lui est aussi nécessaire.  Nous l’avons mentionné, certains bébés ont du mal à franchir la première demi-heure de sommeil parce qu’ils se laissent stimuler ou déranger par leur environnement et s’éveillent.

Par exemple, un bébé de plus de trois ou quatre mois qui a sa plus longue période de sommeil continu en journée plutôt que durant la nuit.  C’est que ce bébé n’a pas acquis d’organisation circadienne :  il ne fait toujours pas la différence entre jour et nuit.  Or, si l’on ne peut pas forcer bébé dans son développement biologique, il est possible de l’aider.  Et il est autant dans son intérêt que dans celui de ses parents de « faire la pirouette ».

Par exemple, un bébé qui ne dort jamais plus de 50-60 minutes à la fois.  Cette durée de sommeil, correcte pour les siestes, et même la nuit pour les nouveau-nés (deux premiers mois) est problématique lorsqu’elle est chronique ensuite.  Elle montre alors que le bébé est incapable d’enchaîner deux cycles de sommeil sans s’éveiller complètement.  C’est un apprentissage qui est nécessaire dans les plus brefs délais pour lui permettre un repos suffisant.  S’il est normal pour un bébé de s’éveiller plusieurs fois par nuit, il n’est tout de même pas sain qu’il s’éveille toutes les heures :  il doit au moins une ou deux fois par nuit enchaîner deux ou trois cycles de sommeil.

Par exemple, un bébé qui est incroyablement difficile à endormir.  Il n’est pas acceptable que ce soit plus long endormir bébé que le temps qu’il passe ensuite endormi.  Il n’est pas correct non plus que les parents doivent recourir à des stratagèmes sans fin (comme les ballades en voiture au milieu de la nuit) pour mener bébé au sommeil.  C’est signe que quelque chose ne va pas.

Il y a des façons d’aider son bébé à mieux dormir, quel que soit son problème de sommeil, et nous aborderons cette question dès maintenant !

Des trucs, donc, pour concilier les besoins en sommeil de bébé et ceux de ses parents !

Heureusement, j’y arrive !

Tout d’abord, cette section présentera une philosophie de vie, une façon globale, d’envisager le sommeil quand le couple devient famille.  Je suis totalement convaincue de l’efficacité de cette manière de voir le sommeil parce que je l’ai testée par deux fois sur deux bébés aux tempéraments très différents (dont une Frimousse qui pourrait être qualifiée de « BABI » si je ne refusais pas cette étiquette de tout mon coeur de maman), mais aussi parce que les valeurs et les connaissances sur lesquelles elle s’appuie me sont chères.

C’est essentiellement la méthode du Dr William Sears (dont je ne peux que recommander encore et toujours la lecture), mais teintée de mon expérience personnelle et de celle de mes amies proches.

Cela commence avant la naissance de bébé.  Avec des préparatifs et des achats différents.  Plutôt que de préparer à votre bébé à naître une chambre, de lui acheter un lit à barreaux et tout le flafla, faites votre nid.

Préparez-vous à accueillir le fruit de votre amour dans votre nid d’amour, votre chambre, votre lit.
Cela peut vouloir dire acheter un lit plus grand :  un couple dans la moyenne de poids ne sera à l’aise avec bébé que dans un grand lit (queen), des parents plus costauds (ou qui partagent déjà leur sommeil avec un premier enfant) auront probablement besoin d’un très grand lit (king).
Cela peut vouloir dire ajouter un side-car au lit.  Il se vend maintenant des lits de bébé conçus spécialement pour le cododo sécuritaire.  Ils sont probablement ce qu’on pourrait appeler « le meilleur des deux mondes ».  Mais un moïse fait aussi l’affaire.
Cela veut toujours dire de vous informer sur le cododo et sur la manière de le pratiquer de façon sécuritaire :  matelas ferme (pas de lit d’eau), absence de couverture lourde et épaisse, pas pour les parents fumeurs ou ayant consommé drogues et alcool, etc.  Comme l’on respecte les règles de sécurité quand on met bébé dans une bassinnette (pas de contour de lit, etc.), il y a des règles à respecter pour cododoter correctement**.
Cela veut souvent dire aussi prévoir un endroit où déposer bébé si un besoin d’intimité pressant se faisait sentir entre papa et maman :  petit moïse ou berceau, matelas de lit simple posé sur le sol de la chambre, parc…  un endroit où bébé ne passera généralement pas ses nuits, mais quelques heures endormi tel ou tel soir ou matin.

Pensez aussi aux siestes dès avant la naissance.  Car si bébé a besoin de dormir plus que vous, cela ne veut pas nécessairement dire qu’il ait besoin de dormir sans vous (Halte aux idées reçues !).  Ainsi, le mieux pour votre bébé, pour l’acquisition de son organisation circadienne, c’est de dormir le jour dans la pièce où vous vivez.  Qu’il s’habitue à dormir avec la lumière naturelle du jour, et un fond sonore normal.  Comme cela, il apprendra rapidement à différencier le jour (lumière, activité) et la nuit (noirceur, silence).  Selon son tempérament et son développement, de telles siestes seront profitables jusqu’à environ 4 mois.  Cela veut dire que, selon vos préférences et votre mode de vie, vous aurez besoin de l’un ou de plusieurs de ces articles pour les siestes :
porte-bébé dodo– un ou des porte-bébés physiologique(s)
– une poussette
– un chariot pour le vélo, le jogging, … et le hamac pour bébé naissant adapté
– un berceau, un moïse ou un parc au salon (qui pourra être amené dans la chambre parentale ou en visite au besoin)
N’oubliez pas que, les premières semaines après l’accouchement, vous aurez vous-mêmes besoin d’une sieste.  Prenez bébé au lit avec vous et laissez le sommeil vous gagner.  Ainsi, les nuits mouvementées vous paraîtront plus supportables.

La technique en elle-même est d’une simplicité désarmante.  Quand vous allez vous coucher le soir, allaitez d’abord bébé, puis amenez-le dans votre lit et couchez-le à l’endroit désiré (entre papa et maman, à côté de maman ou dans son lit en side-car).
– Maintenez si nécessaire (ou désiré) un contact physique rassurant (main sur le ventre, par exemple) et endormez-vous.
– Si bébé résiste (si le sein ne l’a pas suffisamment endormi), vous pouvez aller le bercer ou le promener dans le porte-bébé.
– Vous pouvez également lui donner votre index à téter (certains bébés ne trouvent pas leur pouce pour se réconforter eux-mêmes mais ont besoin de plus de succion que de lait pour dormir, par exemple quand la mère, comme moi, a un fort réflexe d’éjection et une abondante production) ; la suce n’est pas une aussi bonne option ; le bébé se sèvrera plus rapidement de votre doigt et la suce risque davantage d’interférer avec l’allaitement.
– Certains bébés, aussi, ont besoin d’être emmaillotés parce que leurs propres mouvements les éveillent.  Attention de choisir une couverture légère et de ne pas trop habiller bébé si vous l’emmaillotez, car la chaleur est l’un des plus importants facteurs de risque de mort subite du nourrisson.  Il faut également utiliser la bonne technique pour que cela soit sécuritaire (emmailloter les jambes droites et serrées conduit à un risque de dysplasie (malformation) de la hanche.

La « théorie » derrière l’idée de transformer le lit amoureux en lit familial est simple.  Des études ont montré que lorsqu’une femme allaite ET dort avec son bébé (les deux facteurs doivent être réunis pour que cela fonctionne), son sommeil se transforme pour lui permettre de mieux se reposer malgré les réveils.  Pour faire simple, les cycles de sommeil de la mère se modifient et s’adaptent pour se synchroniser sur ceux du bébé.  De cette façon, les réveils du bébé se feront presque uniquement à des moments où la maman sera en sommeil actif ou transitionnel, d’où il est beaucoup plus facile et moins perturbant d’être tirée que du sommeil lent, surtout dans ses deux phases les plus profondes.
La femme qui décide de ne pas allaiter ou de ne pas cododoter se prive de cette capacité de son corps et des avantages qui en résultent.  Le père bien intentionné qui veut faire sa part la nuit n’a malheureusement pas cette chance non plus, d’où des réveils qui lui sont beaucoup plus pénibles, surtout qu’il n’a souvent qu’un court congé de paternité ou parental et doit donc se lever le matin pour aller travailler, et pas la possibilité de faire une sieste en après-midi pour récupérer.

Pour ce qui est de l’heure idéale pour aller au lit, je dirais :  le plus tôt possible.  Vers 2 ou 3 semaines, la plupart des bébés commencent à faire des tétées groupées en soirée, une phase qui durera quelques semaines.  Ça ne sert à rien de se battre contre ça ; mieux vaut vous installer devant votre émission de télé préférée (en boucle), avec un bouquin qui vous passionne, un jeu de société ou toute autre activité qui vous permet d’allaiter sans que les soirées vous semblent trop lourdes et pénibles.  Puis allez au lit quand bébé est endormi ou semble prêt à dormir.  Réglez-vous sur lui pour cette (courte) période de sa vie, vous la vivrez beaucoup plus plaisamment.

Quelque part entre 5 et 8 mois, votre bébé sera prêt à se coucher plus tôt.  Il cessera de faire sa sieste de l’heure du souper ou la retardera.  C’est le moment d’instaurer une routine du coucher à la suite de laquelle vous accompagnez bébé dans le sommeil puis le laissez dormir le temps de profiter brièvement de votre soirée d’adulte avant de vous mettre au lit à votre tour, pas trop tard, car bébé vous réveillera sûrement une, deux ou trois fois encore avant le matin.  Et que sa plus longue période de sommeil continu sera presque assurément la première, pendant que vous êtes encore debout.  Donc lorsque vous êtes très fatiguée, donnez-vous le droit d’aller dormir tout de suite après bébé pour profiter de cette longue période de sommeil initiale.

La routine du dodo doit être simple et vous plaire.  Elle doit durer au moins 20 minutes et pas plus de 45.  Elle doit n’inclure que des gestes que vous voudrez, pourrez reproduire tous les soirs.  Personnellement, ma routine n’inclut pas le bain parce que je considère que la peau fragile de bébé n’a pas intérêt à être lavée tous les soirs.  Par conséquent, ma routine commence tout de suite après le bain les soirs où je le donne et commence exactement de la même façon, mais sans bain les autres soirs.  C’est pyjama, histoire, tétée pour Frimousse, verre de « lait » pour la petite Fée, câlins et bisous à papa, brossage de dents et au lit.  L’important, c’est l’ordre des éléments, qui ne doit pas être modifié.  L’histoire vient avant la tétée.  C’est prévisible, annonciateur.

Durant la nuit, il est important de ne pas allumer de lumières autant que possible.  Cela contribue à l’organisation circadienne, comme le fait de ne pas faire le noir le jour.  Et de choisir des lampes à faible intensité lorsqu’il est impossible faire autrement (changement de couche, par exemple).
Si vous en êtes capable, allaitez couchée.  C’est vraiment plus reposant, vous pouvez somnoler ou même dormir tout en allaitant.  Sinon, allaitez au lit, dans le noir, assise le dos contre votre oreiller.  Faites vos arrangement de sommeil de façon à ne pas avoir à sortir du lit et des couvertures pour prendre bébé, même s’il ne dort pas dans le même lit.  Cela fait réellement une différence sur votre facilité à vous rendormir.

Pour les siestes, variez les plaisirs !  C’est une bonne chose pour votre bébé d’apprendre à s’endormir dans des lieux et des situations différentes.  Il comprendra ainsi que l’important, c’est votre présence, que c’est le seul point de repère vraiment essentiel.  Vous pourrez donc éventuellement amener bébé en camping, à l’hôtel, au centre d’achat, etc. sans craindre que vos sorties et activités le privent de sommeil.  Par exemple, ma Frimousse s’endormait en poussette durant une longue promenade en avant-midi, dans son berceau au salon ou dans le porte-bébé les jours de pluie ou de magasinage.  Parfois, cette sieste, elle la faisait en auto.  L’après-midi, elle dormait avec sa soeur et moi dans mon lit.  Ou sur une couverture dans la cour arrière, à l’ombre d’un érable, pendant que nous nous baignions.

Je n’aime pas le terme « endormir » parce que l’on ne peut pas forcer une personne à dormir.  On peut obliger un enfant à rester dans sa chambre, à demeurer dans son lit, même à rester couché, mais on ne peut pas l’obliger à dormir.  Je préfère parler d’accompagner dans le sommeil, ce qui me paraît mieux illustrer ce que le parent fait.  Tous les bébés ont besoin d’être accompagnés dans le sommeil, je l’ai déjà dit.  Mais vous devez, en tant que parents, trouver une façon d’accompagner qui vous convient (au bébé comme à vous), car le choix est vaste.  Ce peut être en vous allongeant avec le bébé, en le berçant, en l’allaitant, en lui chantant une berceuse, en le massant ou le caressant, en le portant ou le promenant, en restant assis près de son lit dans un fauteuil, etc.  Vous pouvez aussi être créatifs !  Bébé va s’habituer à votre méthode et l’apprécier.  Et un jour, vous pourrez quitter la pièce alors que bébé n’est que somnolent et il aura assez confiance pour plonger dans le sommeil seul, et un jour, vous pourrez lui donner un bisou et une caresse, lui souhaiter bonne nuit et le laisser s’endormir seul.  Je ne peux pas vous dire quand, puisque ce n’est pas une question d’âge, mais de confiance.

Enfin, il faut accepter que certaines nuits et certaines siestes se passent mal.  Ne pas y voir un drame.  Ces mauvais dodos viennent le plus souvent en paire, en trio, en quatuor.  La meilleure chose à faire est de garder son calme et d’attendre que cela passe.  Il ne faut pas oublier que le double but est de permettre à bébé de dormir suffisamment au présent, mais aussi de lui inculquer de bonnes habitudes de sommeil pour l’avenir.  J’invite tous les parents à se demander si ce sont vraiment de bonnes habitudes à inculquer que d’apprendre à bébé à dormir seul, alors que nous, les adultes, aimons dormir ensemble.  Pourquoi en effet apprendre à bébé à s’endormir seul le plus rapidement possible ?  Est-ce ce que nous souhaitons à nos enfants pour l’avenir, la solitude ?  J’ai beaucoup de peine quand j’entends parler d’un couple dont les amoureux sont incapables de dormir l’un à côté de l’autre parce qu’ils ne savent pas accepter la présence physique d’un corps, ses mouvements, ses bruits, qu’ils se laissent déranger, réveiller par l’autre.  J’aime à ce sujet le rapprochement que fait le Dr Sears entre le matérialisme omniprésent dans les mentalités d’aujourd’hui et l’habitude d’envoyer les bébés seuls au lit :

« les adolescents et les adultes d’aujourd’hui ont souvent de la difficulté à établir d’authentiques relations intimes avec une autre personne.  Les oursons de peluche et les biberons nous ont aidés à élever une génération de personnes attachées avant tout à des biens matériels.  Le sommeil partagé apprend à l’enfant à se sentir confortable lorsqu’il est en contact physique avec une personne ; il ne remplace pas les personnes par des objets. »
(Sears, Être parent la nuit aussi, p. 54)

Et quand le bébé a tout de même des problèmes de sommeil ?

Malheureusement, ça arrive, j’en ai parlé plus haut.  La méthode que j’ai exposée peut contribuer à réduire le risque que ces problèmes surgissent, mais rien n’est parfait, ce n’est pas une formule magique !

Quand un bébé a des problèmes de sommeil, il faut d’abord s’assurer qu’un problème de santé ne l’incommode pas.
– Un bébé sur 4 environ naît avec un torticolis.  Une visite chez le chiro ou l’ostéopathe est conseillée pour éliminer cette possibilité ou pour entamer un traitement approprié.
– Un autre problème de santé commun est le reflux.  Les bébés qui en souffrent sont très mal sur le dos, ils dorment mieux dans le porte-bébé ou même en position verticale, la tête posée sur l’épaule d’un parent.  Il est possible de soulager le bébé qui souffre de reflux en agissant sur l’allaitement (plus de lait gras de fin de tétée, position inclinée vers l’arrière en début de tétée, etc.), cela vaut le coup d’essayer.  Parfois, une médication est inévitable.
– Le rhume affecte les bébés et les tout-petits plusieurs fois par année.  Difficile de dormir avec le nez bouché.  Une solution saline et l’utilisation du mouche-bébé sont recommandées avant chaque dodo.
– Même si elles sont moins fréquentes chez les bébés allaités, les otites demeurent un malaise courant.
– Les douleurs et les inconforts causés par la poussée dentaire peuvent être soulagés grâce à des produits naturels, ce qui devient incontournable quand elles deviennent source de nuits agitées.
– Si bébé semble affamé au réveil chaque fois (surtout si son gain de poids est lent), cela peut signaler un problème d’allaitement, une mauvaise prise du sein qui occasionne un manque de lait, par exemple.
D’autres problèmes de santé (difficultés digestives, intolérances, démangeaisons cutanées, par exemple) peuvent être impliqués.  S’assurer que le bébé qui dort mal n’a pas de problème de santé est la première intervention à tenter avant d’entreprendre quoi que ce soit d’autre.

Maman qui allaite doit aussi surveiller sa consommation de caféine.  On pense au café et au thé, bien sûr, et aux boissons énergétiques (qui sont déconseillées durant l’allaitement), mais il ne faut pas oublier les boissons gazeuses (Pepsi, Coke), le chocolat, le lait au chocolat, certaines tisanes, etc.  Bref, il est très facile de dépasser les 3 portions quotidiennes maximum.  En outre, certains bébés plus sensibles ne vont malheureusement pas tolérer 3 portions, et même la moindre consommation de caféine va les affecter négativement.  Il se peut que le café pris avec le déjeuner nuise à la sieste du matin et que par un effet d’entraînement (parce que le bébé qui dort mal ou trop peu le jour dormira souvent mal la nuit), le bébé dorme mal la nuit.

En outre, bien que ce ne soit pas directement lié au sommeil, certains aspects de notre mode de vie influencent grandement la qualité du sommeil de nos petits.  L’un des meilleurs conseils que je puisse vous donner :  aller dehors !  Sortez (presque) tous les jours, même au coeur de l’hiver, même avec un bébé de seulement quelques semaines.  Un bon bol d’air frais et une exposition modérée et raisonnable au soleil vous feront un bien immense et à votre bébé aussi.  Prenez contact avec la nature toutes les semaines, aussi souvent que possible :  une balade dans un sentier boisé à 10h ou un pique-nique dans un parc à l’ombre d’un arbre mature le midi ont des effets indiscutablement positifs sur la sieste d’après-midi et l’endormissement du soir.
De la même façon, et surtout avec des bébés plus vieux et des tout-petits, faites attention aux écrans.  Passer ses dernières heures d’éveil, le soir, devant un écran de télévision n’est pas l’idéal pour un bébé :  il a l’air calme, mais son cerveau est surstimulé, ce qui ne prédispose pas au repos.  En plus, la lumière des écrans nuit à la sécrétion de mélatonine, une hormone essentielle à l’endormissement.  Éteignez donc la télé avant le souper et ne la rallumez qu’une fois que bébé est couché.

Lorsque tout va bien d’autres parts, les parents peuvent agir pour aider bébé à mieux dormir.  Pour voir comment, prenons les différents problèmes de sommeil un à la fois :

Le bébé qui ne complète pas un cycle de sommeil :  Souvent, il s’agit tout simplement d’attendre qu’il dorme depuis 35 minutes environ avant de le quitter, de le déposer ou de le bouger. Voire de lui permettre de passer les 50-60 minutes dans la même position que celle où il s’est endormi, ce qui sera plus simple s’il dort couché à votre côté, dans le porte-bébé ou dans la poussette que si vous l’avez endormi en le berçant (parce que les bras ne sont pas infatigables et que vous finirez par avoir envie de le déposer).  Vous pouvez aussi vous allonger sur le dos au milieu du lit et faire dormir bébé sur le ventre, sur vous.  Le battement de votre coeur agira comme métronome pour rythmer sa respiration et son sommeil.  Pensez à tenter l’emmaillotement ou les bruits blancs.

Le bébé de plus de 4 mois qui ne fait pas la différence entre jour et nuit :  Pour l’aider, envoyez des signaux clairs montrant la différence entre jour et nuit.  La nuit, n’allumez plus, ne mettez surtout pas de veilleuse.  Faites attention aussi à vos agissements durant les réveils :  parlez le moins possible et toujours en chuchotant, ne sortez pas du lit ou, à tout le moins, de la chambre, soyez calmes, n’écoutez pas la télévision (d’ailleurs, comme la télé a un impact négatif sur le sommeil des bébés et des enfants, – j’en parlais ici – portez attention à vos habitudes d’écoute), n’ayez pas de discussion avec votre conjoint et ne jouez pas avec bébé.  Vérifiez que vos rideaux sont bien opaques et que le bruit de la circulation automobile n’est pas trop dérangeant (fenêtre fermée).  Commencez aussi à établir une routine de dodo, qui agira comme signal.  Le jour, faites dormir bébé en plein air (dans un parc, dans le bois, dans votre cour arrière) autant que possible, qu’il soit exposé à une lumière naturelle mais tamisée.  À l’intérieur, faites-lui faire la sieste ailleurs que dans la chambre (dans un porte-bébé, au salon, dans votre bureau, etc.).  Enfin, s’il fait une sieste diurne de plus de 3 heures, réveillez-le et occupez-le pour le garder éveillé.  De façon générale, veillez à ce que votre enfant joue et soit stimulé le jour pour qu’il ait besoin de se reposer au calme la nuit.  Cela semble sacrilège de réveiller un bébé, je sais, mais difficile de dormir la nuit si l’on est inactif le jour.

Le bébé qui n’enchaîne jamais deux cycles de sommeil :  Le truc qui a fonctionné pour ma petite Frimousse, c’était de vérifier  l’heure à laquelle elle s’était endormie puis de revenir m’allonger près d’elle 45 minutes plus tard.  Ainsi, quand elle ouvrait l’oeil à la fin de son cycle de sommeil (52 minutes), elle me trouvait à son côté comme au moment de s’endormir.  Rassurée, elle se rendormait immédiatement pour un 2e cycle et je pouvais quitter encore la chambre.  Parfois, je choisissais carrément de faire la sieste avec elle et ça marchait aussi ;), mais il est venu un moment où je n’avais plus besoin de faire la sieste et où je trouvais que 10-12 minutes à ses côtés pour profiter d’un autre 45 minutes de liberté, c’était un chouette compromis.  Avec le temps, elle a fini par ne plus ouvrir les yeux, alors j’ai cessé d’y aller et elle enchaînait tout de même ses 2 cycles.  La poussette fonctionnait aussi, à condition que je n’arrête jamais de marcher ni ne ralentisse trop le rythme de marche, mais je trouvais que c’était une joyeuse façon de me remettre en forme que de faire 2h de marche à pas rapides.  Bref, tout ça pour dire que l’important, c’est que le bébé retrouve lors de son réveil les mêmes conditions qu’à son endormissement, ce qui va le rassurer et lui permettre de replonger aussitôt dans le sommeil.

Le bébé trop difficile à endormir :  Il s’agit presque toujours d’un bébé plus anxieux que la moyenne.  Soit que la grossesse ait été stressante, l’accouchement difficile, soit que le bébé ait vécu une séparation d’avec sa mère, qu’il ait été hospitalisé, qu’il soit malade, soit qu’il ait tout simplement un tempérament très anxieux.  Les techniques de conditionnement au sommeil (5-10-15 et autres) que les parents peuvent essayer vont empirer la situation.  La première chose à faire, c’est de sécuriser ou de re-sécuriser le bébé :  du portage, une réponse prompte à ses pleurs jours et nuits, une maison calme (pas de disputes, de cris, d’agressivité), une mère calme (régler ou apprendre à mieux gérer les situations stressantes comme les problèmes financiers).  Ensuite, bien accompagner dans le sommeil… et l’éveil.  C’est-à-dire que ce qui rend le bébé si difficile à endormir, c’est presque toujours la peur de se réveiller seul.  Pour régler le problème d’endormissement, il faut donc agir sur les réveils, en s’assurant d’être prompte dans sa réponse et, autant que possible, présente physiquement.  Bébé ne devrait pas avoir à pleurer pour signaler qu’il est éveillé ;  alors, il est déjà trop tard (son niveau de cortisol, l’hormone du stress, a déjà grimpé en flèche).  Quand bébé dort contre sa maman, elle sent qu’il va se réveiller :  elle le sent bouger, elle entend les bruits qu’il fait avec sa bouche, etc.  Elle peut tout de suite agir en le rassurant par des mots doux chuchotés, une caresse ou en proposant le sein.
Il faut cependant se rappeler que vers 3 ou 4 mois, les bébés deviennent beaucoup plus conscients de leur environnement.  Ils sont fascinés par ce qu’ils découvrent et ne veulent rien manquer.  À cet âge, un bébé difficile à endormir ne manifeste pas nécessairement un manque de sécurité affective.  C’est une phase normale du développement, qui va passer comme toutes les autres.  La chaise berçante, l’aquarium musical, le disque de berceuses, la doudou pour emmailloter et le porte-bébé peuvent devenir vos meilleurs alliés en attendant que le temps fasse son oeuvre.

Le bébé de plus de 18 mois qui ne fait jamais ses nuits ou ne veut pas aller au lit :  Vos meilleures ressources dans ce cas sont la méthode du Dr Jay Gordon, dont vous pouvez avoir un aperçu en cliquant ici, et un petit bouquin intitulé Un sommeil paisible et sans pleurs.  Dans ce dernier, vous trouverez de nombreux trucs pour aider bébé à mieux dormir, parmi lesquels il y en aura assurément qui conviendront à vos valeurs et votre style de vie.  Je ne suis pas d’accord avec les interventions proposées pour les jeunes bébés (parce que même s’il ne pleure pas, le but reste de couper les tétées de nuit, ce qui me semble peu respectueux des besoins du bébé), mais pour les grands bébés, c’est génial.  Je recopie ici quelques uns de mes trucs préférés pour donner une idée :
– L’affiche de la routine du dodo (pour ceux qui ne veulent pas aller au lit) :  Placer sur la porte une affiche illustrant en ordre et sur une seule ligne chacune des étapes de la routine du dodo :  le pyjama, l’histoire, la tétée, le dodo dans le lit (il est important de ne pas oublier cette dernière image, qui montre à l’enfant le comportement attendu).  Vous pouvez prendre les images sur Internet, les dessiner (et même faire participer l’enfant).  Puis chaque soir, demander à l’enfant d’aller voir à quelle étape on est rendu.
– Les tickets d’appel ou de sortie (pour les enfants qui ne cessent de se relever ou d’appeler leurs parents) :  Compter le nombre de fois où l’enfant appelle en moyenne durant une soirée ou une nuit et lui donner 2 tickets de moins (mais un maximum de 4 tickets).  Quand il veut sortir de la chambre ou appelle son parent, il doit donner un ticket.  Quand il n’a plus de ticket, il ne peut plus sortir ou on ne lui répond plus, cela doit lui être expliqué et répété.  Il faut d’abord agir en prévention en s’assurant que l’enfant a tout ce dont il a besoin et en répondant « à l’avance » à ses habituelles demandes de sortie (l’emmener à la toilette, mettre un verre d’eau sur sa table de chevet, lui donner une collation avant le coucher, etc.)  Ensuite, il faut savoir que, passé les premiers jours, la très grande majorité des enfants ne dépenseront pas le dernier ticket, car ils ont peur d’en avoir vraiment besoin, ils vont le garder « au cas où »…
– Le petit matelas (pour ceux qui veulent venir dans le lit de papa et maman au milieu de la nuit) :  Placer un matelas de lit simple directement sur le sol, dans la chambre parentale.  Expliquer à l’enfant que s’il se lève durant la nuit, il a le droit d’aller se coucher là, mais sans faire de bruit « comme une petite souris ».  Particulièrement efficace si on ne peut plus cododoter avec l’enfant en raison d’une grossesse ou de la présence d’un nouveau-né dans le lit.  Ainsi, l’enfant ne se sent pas rejeté ; il apprend doucement que les bébés ont des besoins différents des enfants.  Parce que, sinon, il n’y a pas de raison de refuser que l’enfant nous rejoigne dans le lit en cours de nuit… c’est même un des petits plaisirs de la parentalité de les sentir se glisser près de soi…

Ce qui m’amène enfin au mot de la fin…

Jusqu’à quel âge, le cododo ?  Assurément, le bébé a besoin du cododo jusqu’à l’âge de 4 mois, ne serait-ce que pour prévenir la mort subite du nourrisson et pour favoriser l’allaitement.  On ne devrait pas s’arrêter avant.  Si les parents n’ont pas réussi à trouver en 4 mois un arrangement de sommeil partagé qui leur convient et qu’ils n’aiment pas le cododo, ce sera le moment de faire la transition parce que le bébé plus vieux va s’habituer et être plus récalcitrant à être laissé seul dans sa chambre.  Quand chacun y trouve son compte, on continue donc.  La phase d’anxiété de séparation (7 à 10 mois) est en effet mieux vécue lorsque le cododo se poursuit.  Ce n’est pas le moment idéal pour faire la coupure, on attendra après et ce sera plus facile et plaisant pour toute la famille.  Ensuite, c’est un choix personnel.  On peut décider d’attendre, pour transférer bébé dans sa chambre, qu’il fasse régulièrement ses nuits (les vraies, de 10-12h), qu’il sache marcher ou lui « donner » sa chambre comme cadeau pour son premier anniversaire, etc.  L’important, c’est que la transition se fasse de façon positive, qu’elle soit présentée à l’enfant comme une nouvelle aventure… pas comme un « bon débarras ».

Bref, pratiquez le cododo tant que vous êtes à l’aise et qu’il y a de la place dans le lit (ça dépend de la taille de la famille… et de celle du lit), ou dans la chambre pour un lit supplémentaire.  Il n’y a rien de malsain, de sexuel, etc. à dormir avec son tout-petit.  Vous n’avez pas à vous en priver, ni à en priver votre enfant.

Notes
* Le terme « adulte » exclut tout au long de cet article les personnes âgées, dont les besoins en sommeil sont différents :  moins de sommeil actif, moins d’heures au total aussi.

**  Ce n’est pas le cododo en soi qui est dangereux donc, contrairement à ce que plusieurs croient.  Il y a certaines pratiques de cododo dangereuses, cependant.  Et, par conséquent, plutôt que de mettre en garde contre le cododo (en général), les organisations comme l’Association canadienne de pédiatrie, l’Unicef et l’OMS changent leur fusil d’épaule et le recommandent maintenant, tout en établissant une liste de règles assez strictes à respecter.  Liste de laquelle je ne peux que me réjouir.  Après tout, les 2 tiers de la population mondiale pratiquent le cododo, il ne nous reste qu’à tirer des leçons de leurs enseignements.

Sources
Dr William Sears, Être parent la nuit aussi, Ligue La Leche, 2005.
http://evolutionaryparenting.com/proving-the-harm-in-early-sleep-training/
http://cododo.free.fr/articles/McKenna.htm
http://www.lllfrance.org/Dossiers-de-l-allaitement/DA-61-Ne-laissez-pas-pleurer-les-bebes.html
http://evolutionaryparenting.com/normal-infant-sleep-part-i/
Elizabeth Pantley, Un sommeil paisible et sans pleurs, 2005.
http://www.portersonenfant.fr/wp-content/uploads/2012/11/brochure-la-nuit-aussi.pdf
http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-46-Ainsi-dorment-les-bebes.html
http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-34-Faut-il-apprendre-aux-bebes-a-dormir.html
http://www.lllfrance.org/Feuillets-de-LLL-France/Problemes-de-sommeil.html
http://www.mamaneprouvette.com/2013/11/lemmaillotage-un-risque-pour-les-hanches.html
http://www.vetementallaitement.ca/2013/10/09/la-nuit-jallaite-ou-je-dors/
http://www.psychologies.com/Famille/Maternite/Bebe/Articles-et-Dossiers/Comprendre-et-apaiser-les-pleurs-de-bebe/Interview-de-Claude-Suzanne-Didierjean-Jouveau/Laisser-un-bebe-pleurer-pourrait-donc-avoir-des-consequences-nefastes-sur-son-equilibre-emotionnel
http://maternage.6mablog.com/post/2010/05/11/Changer-la-routine-de-sommeil-dans-le-lit-familial-dr-Jay-Gordon
http://www.lepoint.fr/societe/video-faut-il-laisser-pleurer-un-bebe-la-nuit-01-03-2014-1796748_23.php
http://www.sciencedaily.com/releases/2011/11/111102124955.htm

Liens pertinents sur le sujet
http://allaiterbonheuretraison.wordpress.com/2013/10/05/msn-allaitement-et-sommeil-partage-le-point/
http://allaiterbonheuretraison.wordpress.com/2013/09/06/sommeil-du-nouveau-ne-et-de-sa-mere-liens-avec-lallaitement/
https://zalahmaterne.wordpress.com/2013/06/28/la-methode-du-5-10-15-quand-la-medecine-encourage-la-maltraitance/