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Mon panier de produits naturels

Dans mon tout premier article, je suggérais aux mamans que l’un des plus beaux cadeaux qu’elles pouvaient se faire à elles-mêmes et à leur bébé naissant (ou offrir à une amie sur le point d’accoucher), c’était un panier de produits de soins naturels.

On croit souvent à tort, par naïveté peut-être, que parce qu’un produit est en vente libre et qu’il est plutôt populaire, c’est qu’il est sans danger pour la santé.  Or, c’est malheureusement faux.  Les produits destinés aux bébés et aux jeunes enfants sont infestés d’ingrédients chimiques, de perturbateurs endocriniens, de colorants artificiels, de parfums, bref de tout un tas de composés indésirables dont les effets négatifs sur la santé sont incontestables et encore sous-estimés par nos autorités.

Ainsi, je vais tenter ici de vous faire une liste, bien entendu non exhaustive, de produits de soin standards aux effets délétères sur la santé que vous pouvez remplacer par des homonymes naturels, souvent biologiques.  Je vais me donner le droit de citer des marques, celles que j’ai essayées ou que j’utilise régulièrement, mais je le fais à titre d’exemples seulement :  il y a d’autres marques qui proposent d’autres produits, parfois encore plus sains et plus efficaces que ceux que je nommerai. Loin de souhaiter faire la publicité de marques en particulier (même si je ne pourrais cacher à personne que j’ai mes chouchous), ce que j’espère ici est de vous convaincre d’explorer les listes d’ingrédients et de chercher systématiquement à remplacer les produits de soins standards par d’autres, qui représentent des choix plus éco-responsables, plus naturels, bref un meilleur départ dans la vie pour votre bébé.

Les ingrédients dont on ne veut pas

La Fondation David Suzuki a établi une liste de 12 produits qu’on ne devrait pas accepter de retrouver dans nos cosmétiques¹.  Celle-ci est une base fiable pour choisir quand on lit la liste des ingrédients.  Je la reprends ici, en y ajoutant quelques perturbateurs endocriniens qui ne s’y retrouvent pas mais sont pointés du doigt par le Réseau québécois des femmes en environnement².  En plus d’être mauvais pour votre santé et encore plus pour celle des bébés, ces ingrédients sont généralement nocifs pour les poissons et la faune.

1.  BHA et BHT :  perturateurs endocriniens et cancérigènes

2.  P-PHENYLENEDIAMINE (et colorants identifiés CI à 5 chiffres) :  métaux lourds toxiques et cancérigène

3.  DEA (cocamide et lauramide) :  se combinent avec d’autres ingrédients pour devenir cancérigènes

4.  Phtalates (comme le phtalate de dibutyle) :  perturbateurs endocriniens

5.  Formaldéhyde (Quaternium-15, DMDM HYDANTOIN, DIAZOLIDINYL UREA, IMIDAZOLIDINYL UREA et Méthénamine) :  cancérigène

6.  Parabènes :  perturbateurs endocriniens

7.  Parfums chimiques :  allergies, asthme, cancers, intoxication neuronale

8.  PEG :  potentiels cancérigènes, toxiques sur peau abimée

9.  Petrolatum (gelée de pétrole) :  contient des impuretés cancérigènes

10.  Siloxanes (…siloxanes ou …cone) :  perturbateurs endocriniens

11.  Sodium Laureth Sulfate :  potentiellement cancérigène

12.  Triclosan :  perturbateur endocrinien, suspecté d’encourager les super-bactéries résistantes aux antibiotiques

13.  Résorcinol :  perturbateur endocrinien

14.  Oxybenzone (benzophenone-3) :  perturbateur endocrinien

*15.  Propylène glycol :  la toxicité du propylène glycol est un grand sujet de débat contemporain.  Elle n’est pas reconnue, mais la prudence reste de mise, surtout dans le cas de produits destinés aux bébés.

Le top du top

Ce qu’il y a de mieux, comme dans bien des choses, c’est de faire soi-même à la maison à partir d’ingrédients de base.  On peut trouver sur le net des recettes pour à peu près n’importe quel produit d’hygiène personnelle, d’entretien ménager ou cosmétique.  Ça revient généralement bien moins cher que d’acheter tout fait, on contrôle vraiment les ingrédients et on apprend beaucoup.  Mais il faut trouver le temps et l’énergie de s’y mettre.  Et quand on est néophyte, difficile de choisir une recette, de savoir ce qui va nous convenir, ce qui est réellement sain, de faire confiance à son créateur.  J’aime faire mes produits, j’aime aussi en acheter qui sont tout faits.

Les produits de base pour bébés et bambins

Nettoyant corporel pour bébé (savon ou gel nettoyant)
La peau de bébé sent naturellement bon.  Elle est si douce, en plus, que ce serait quasiment péché que de la dessécher ou de la parfumer.  Pourtant, c’est exactement ce que font les produits les plus couramment utilisés, comme ceux de Johnson&Johnson ou de Dove.  Sans compter que leurs ingrédients chimiques et leurs parfums peuvent engendrer de réels problèmes de peau chroniques : démangeaisons, eczéma…
Il n’est pas nécessaire de baigner bébé tous les jours et encore moins de le savonner quotidiennement, mais lorsque nous le lavons, choisissons un nettoyant corporel tel que le Douce Mousse, le Druide ou le Boo Bamboo.  C’est aussi une bonne idée de laisser d’abord bébé jouer dans l’eau, puis de le savonner en dernier lieu, avant de le rincer et de le sortir, pour qu’il ne macère pas dans le savon.

Shampoing pour bébé (sans larmes)
Un shampoing par semaine (et même moins) suffit amplement à l’hygiène d’un bébé ou d’un jeune enfant.  Souvent, le chapeau (champignon sous forme de croûtes jaunâtres) est provoqué par une utilisation trop fréquente de shampoing et un rinçage insuffisant combiné à l’emploi d’un produit trop chimique et agressant.  Les trois marques citées précédemment, Attitude et Live clean offrent des shampoing mieux adaptés au cuir chevelu de nos petits anges.

Crème hydratante
Tout particulièrement en hiver, la peau de bébé a tendance à s’assécher après le bain ou un passage à l’extérieur.  Or, comme la crème hydratante reste sur la peau pendant plusieurs heures, il est encore plus capital que pour les produits de nettoyage (qu’au moins on rince) de choisir une crème de qualité, sans produits chimiques ni perturbateurs endocriniens.  L’idéal, c’est tout simplement un beurre de karité, pur ou mélangé (à de l’huile de noix de coco ou de l’huile d’avocat, par exemple) pour obtenir une crème faite maison.  Mes marques chouchous pour bébé offrent aussi des crèmes hydratantes efficaces.

Pommade contre l’érythème fessier
La peau sensible des fesses de bébé peut être irritée à force d’être confinée dans une couche, particulièrement lorsque bébé perce des dents (l’urine, parfois, est alors plus acide).  Choisir des couches lavables pourra épargner une bonne part de ces soucis, car les parfums et substances absorbantes des couches jetables sont durs sur la peau.  Mais couches lavables ou jetables, certains bébés auront besoin qu’on leur chouchoute le postérieur.  Les pommades à base de zinc sont les plus fréquemment recommandées.  Cependant, il faut bien assécher la peau du bébé avant de les appliquer puisqu’elles peuvent emprisonner l’humidité sur la peau et empirer le problème au lieu de soulager.  En outre, la majorité des pommades à base de zinc (celles qui sont blanches) ne conviennent pas pour les utilisatrices de couches lavables, car elles abiment ces couches en les rendant imperméables.  En couche lavable ou jetable, ma préférée a été la pommade de Douce mousse, mais j’aimais bien aussi celle de la marque Souris verte.

Démêlant pour les cheveux
J’ai des filles.  L’une a le cheveu fin et plus qu’abondant, l’autre a des frisettes rebelles.  Plutôt que de faire de la guerre du peigne un sport hebdomadaire, j’ai opté pour l’usage d’un démêlant après les shampoings (et au réveil de certaines nuits plus agitées).  Pas question pour moi, bien sûr, d’appliquer l’un de ces shampoings avec revitalisant, comme le très populaire L’Oréal kids.  Et j’ai trouvé un démêlant à vaporiser qui, en plus de faciliter grandement le démêlage, laisse les cheveux soyeux, doux et brillants, mais sains et vigoureux.  C’est le démêlant de la marque Hiboo, et ses nourrissantes huiles essentielles.

Dentifrice
Dès que la première dent de bébé fera son apparition, on vous recommandera chaudement de la nettoyer à l’aide d’une débarbouillette humide, puis d’habituer bébé à une brosse à dents à poils souples et à un dentifrice dit « d’entraînement », sans fluor, tant qu’il ne sait pas cracher.  Or, vous serez peut-être un peu choqué(e), comme moi, d’apprendre que ces dentifrices, celui de la marque Orajel, par exemple, sont bourrés de sucre.  N’est-ce pas là une joyeuse ironie que de se protéger de la carie avec un produit sucré ?  D’autres ingrédients qu’on y trouve parfois font carrément sourciller :  triclosan, lauryl sulfate de sodium, blanchissants synthétiques…  Comme les tout-petits avalent presque systématiquement leur dentifrice, moins il contient de produits chimiques, mieux je me sens !  Mes filles adorent le dentifrice Druide à la banane, qui (en plus d’être sans fluor) protège les dents grâce à la silice de bambou qu’il renferme.  Elles ne détestent pas non plus le dentifrice Green beaver  à l’orange fruitée, l’un de ceux que j’utilise en alternance pour moi-même.

Baume à lèvres
Comme les enfants tendent à manger leur baume à lèvres, les produits à base de pétrole ou de silicone me paraissent à éviter à tout prix, et c’est le cas de presque toutes les grandes marques…  De plus, le baume à lèvres est un de ces produits très faciles à bricoler soi-même à la maison (je m’inspire des recettes d’AntigoneXXI, celle du baume Chocolat me fait craquer), tellement que c’est presque un crime d’en acheter du tout-fait.  Tout de même, je suis tellement charmée par les baumes à lèvres de la marque Eos que je ne peux y résister… et mes filles les adorent aussi !

Crème solaire
J’ai écrit un billet complet sur le sujet de la crème solaire, que vous pouvez trouver ici.  Même en version naturelle, la crème solaire me paraît un produit à utiliser sur nos enfants et nous-mêmes avec une grande modération.  Je suis encore à la recherche d’un produit dont je serais réellement satisfaite.

Insectifuge
Je préfère éviter le DEET autant que possible, pour les enfants, et même pour moi.  Sans compter que les autres ingrédients contenus dans les insectifuges en vente libre ne m’inspirent pas grande confiance non plus.  La marque Druide produit de bons insectifuges efficaces à base de citronnelle.

Déodorant
Ne vous inquiétez pas, loin de moi l’idée de mettre du déodorant aux bébés et jeunes enfants !  Si j’en parle ici, c’est qu’on oublie trop souvent ces produits auxquels on expose indirectement nos enfants en les utilisant sur nous-mêmes ou dans l’entretien de notre domicile, de la vaisselle et de leurs jouets.  Pour moi, toute femme enceinte ou qui allaite devrait porter attention aux produits d’hygiène qu’elle choisit pour elle-même, ne serait-ce que pour protéger son bébé.  C’est le cas pour le nettoyant corporel, le shampoing, la crème hydratante, le dentifrice, le maquillage et les produits capillaires.  Pour ma part, j’adore les produits Attitude pour mes cheveux, Druide pour ma peau, Green Beaver pour mes dents et je ne me maquille que très rarement, donc j’avoue n’y rien connaître en ce domaine !
Mais j’en reviens au déodorant.  Les antisudoriphiques et déodorants sont soupçonnés d’être largement impliqués dans l’épidémie de cancer du sein, notamment en raison de leur teneur en aluminium.  La farouche défenderesse de l’allaitement que je suis ne peut que se sentir interpellée.  Pourtant, j’ai mis du temps à faire le saut.  J’avais peur de puer, bien sûr, que le déodorant tout naturel soit bien moins efficace que mon antisudoriphique superpuissant.  Et bien, j’ai été idiote.  La transition n’a duré qu’une grosse semaine.  Une semaine pendant laquelle je n’étais pas à l’aise, me sentais un peu humide et passais mon temps à me renifler discrètement l’aisselle.  Maintenant, je ne reviendrais plus en arrière.  J’alterne entre quelques déodorants, car je les trouve plus efficaces ainsi.  Mon préféré de tous est celui de la marque Lafes à l’huile essentielle de Tea tree.  Il ne laisse aucun résidu, sent bon à l’application et me garde des odeurs désagréables de transpiration même après une intense pratique de danse qui m’a laissée en sueur des cheveux aux orteils.

Savon à vaisselle
Même si c’est un produit qu’on ne destine pas spécifiquement au bébé, son usage quotidien dans la cuisine a un réel impact sur la santé de nos petits, ne serait-ce qu’à cause des résidus qui restent nécessairement sur les verres, gobelets et autres ustensiles.

Savon à lessive
Quand je fais le lavage, j’évite d’utiliser tout assouplissant, que je remplace par quelques gouttes de vinaigre.  C’est efficace, économique et antibactérien, en plus de protéger les couleurs.  À part le vinaigre, je n’emploie que du savon.  Aucun détachant, rien.  Je choisis souvent celui du Costco, de la marque Bio-Vert, mais il est encore plus écologique d’opter pour des produits concentrés (voire solides) à diluer.

Produits d’entretien ménager pour les planchers, la salle de bain, les jouets et les surfaces
Les recettes maison sont à la fois très efficaces et économiques.  Encore une fois, le vinaigre et l’huile essentielle de Tea tree sont à préconiser dans des recettes simples à base d’eau.  Je ne suis pas une désinfecteuse, je considère qu’un nettoyage normal est bien suffisant dans une maison et que la désinfection systématique des jouets et des surfaces nuit au système immunitaire des enfants.  Cependant, après un épisode de gastro et avant de rouvrir ma garderie, je trouve important de procéder à une petite désinfection de la salle de jeux, de la salle à manger et de la salle de bain.  Alors, c’est la marque Attitude qui a ma préférence pour tous les produits d’entretien, incluant le désinfectant, parce que j’aime la fraîche odeur de propreté non chimique de leurs produits.

Références

¹ http://www.davidsuzuki.org/fr/champs-dintervention/sante/enjeux-et-recherche/substances-toxiques/les-12-ingredients-a-eviter-dans-les-produits-de-beaute/

²  http://benhur.teluq.uquebec.ca/SPIP/pe/IMG/pdf/Sabotage-hormonal-2009.pdf

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L’introduction des aliments complémentaires

L’un des sujets qui a suscité le plus d’interrogations (et d’inquiétudes) chez moi en tant que nouvelle maman a été l’introduction des aliments complémentaires, qu’on appelle aussi « diversification alimentaire ».  Alors que je savais d’instinct pour l’allaitement avant d’accoucher, que j’ai découvert sans surprise pour le cododo les premiers jours, etc., la question de l’alimentation ne se posait pas pour moi en termes d’intuition à écouter mais de raisonnement rationnel à suivre, de lectures à faire pour me guider.  Absolument rien ne me permettait de deviner instinctivement ce qui convenait à ma mignonne Fée; je devais me renseigner, être convaincue par de l’information, de la « science ».

J’ai d’abord lu la documentation remise par mon obstétricienne-médecin de famille.  C’est là que j’ai découvert ce que je nommerai ici l’approche traditionnelle en matière d’introduction des aliments.  C’est l’approche que vous serez incitée à adopter si vous vous référez au Mieux vivre.  En résumé, cette manière d’introduire les aliments implique des étapes à respecter autant en ce qui concerne le choix des aliments, la forme sous laquelle les présenter que la quantité à donner.  Parmi les qualités de la méthode, il y a qu’elle incite à penser à des aliments qu’on a oublié de consommer soi-même depuis longtemps.  Par exemple, le Hobbit et moi, nous avons (re)découvert la patate douce et l’aubergine.
Ses principaux défauts tiennent à ses inexplicables incohérences et inconstances.  Pourquoi, par exemple, jusqu’en 2012, donnait-t-on absolument des céréales pour bébé comme premier aliment, mais ne devait-on donner aucun autre produit céréalier avant l’âge de 9 mois ? Quelle logique conduisait ces recommandations ?  Pourquoi aussi l’ordre d’introduction et les quantités changent-elles avec chaque nouvelle édition, notamment de façon majeure avec l’édition de 2013, où tout est chamboulé ?  À la longue, ça prouve que c’est du n’importe quoi, que c’est basé sur du vent et de vieilles habitudes bien plus que sur la connaissance du système digestif des nourrissons.

Puis, juste avant que notre Fée n’ait 6 mois, j’ai lu Accueillir mon enfant naturellement de Céline Arsenault.  Les conseils qu’elle prodiguait quant à l’alimentation des bébés contredisaient souvent totalement les enseignements du Mieux vivre.  Alors j’ai cherché plus loin et j’ai découvert l’alimentation autonome (en anglais, Baby Led Weaning).  C’était encore plus surprenant et déroutant pour moi que les conseils de Céline Arsenault, tellement qu’avec la Fée, je n’ai pas vraiment osé.  Il faut dire qu’entre temps, j’avais déjà commencé les céréales pour bébé (le fameux Pablum)…  Mais avec ma Frimousse, j’avais plus d’assurance.  Et l’alimentation autonome m’a bien inspirée.  En gros, l’approche consiste à donner des morceaux de ce que vous avez dans votre assiette comme premiers aliments pour bébé, sans suivre d’ordre, jusqu’à ce que bébé ait sa propre assiette comme la vôtre, et de le laisser manger avec ses mains ou une cuiller, de le laisser choisir ce qu’il ingère et indiquer quand il est rassasié.
Le principal attrait de cette approche, c’est que bébé mange normalement dès la première bouchée.  Pas besoin de cuisiner tout spécialement pour lui.  Exit les purées et les angoisses au resto quand on a oublié de lui traîner son lunch.  J’aimais bien aussi que bébé soit considéré comme un être capable et au fait de ses propres besoins, pas comme un végétal à gaver.  Le mot qui me venait spontanément à l’esprit :  naturel.  Et ça, ça me parle !
Mais, à mon humble avis, la méthode a aussi les défauts de ses qualités.  Ainsi, si votre alimentation familiale n’est pas parfaite, votre bébé risque d’être initié très rapidement à des aliments à la qualité nutritionnelle médiocre.  Et que ces aliments deviennent à votre grand désarroi ses favoris.  Il se peut aussi que l’alimentation de votre bébé manque grandement de variété et d’équilibre.  Et puis, l’attrait du sucre est inné, le goût du sel s’attrape assez rapidement et les aliments « vides » sont généralement savoureux.  J’aurais peur que bébé ne manifeste pas beaucoup d’enthousiasme pour les légumes s’il peut leur préférer du pain, de la confiture et du yogourt…
Enfin, et c’est là ce qui m’a le plus tracassée, l’alimentation autonome part du principe que si bébé n’arrive pas à manger des morceaux, c’est qu’il n’est pas prêt à manger du tout.  Ce n’est pas absolument faux.  Sauf que, de tous temps, les mères ont trouvé des stratagèmes pour adapter certains aliments aux bébés.  L’un des plus communs étant le prémâchage, par lequel la mère broie les aliments avec ses dents avant de les offrir au bébé, une technique qui a l’avantage d’ajouter des enzymes à la nourriture, ce qui en facilite d’autant plus la digestion.  Le prémâchage a, par exemple, permis aux bébés de bénéficier des bons nutriments des noix et des graines dès l’âge de 7 ou 8 mois à une époque où l’on n’avait pas encore inventé les supermarchés et les beurres de noix industriels.  Ainsi, ce n’est pas parce qu’il est nécessaire de transformer un aliment pour que bébé soit capable de le manger que cela signifie automatiquement que bébé ne devrait pas encore en consommer :  dans le cas du beurre de noix, par exemple, c’est seulement la technique de transformation qui a changé.

Bref, je voudrais vous présenter ici ma méthode personnelle d’introduction des aliments, qui n’est finalement qu’une synthèse où j’ai essayé de conserver le meilleur de ces deux mondes que sont l’approche traditionnelle et l’alimentation autonome et qui est basée sur les connaissance les plus récentes en alimentation que j’ai pu trouver.  Une méthode basée sur mes valeurs aussi, et la croyance que j’ai qu’une alimentation saine et variée est le premier pas vers la santé du corps et de l’esprit, et adaptée à un régime familial comme le nôtre, omnivore mais fortement tenté par le végéta*isme.

Avant tout, je souhaite préciser que je ne suis pas nutritionniste et que mes conseils ne sont adaptés qu’à des bébés exclusivement allaités (ou peu s’en faut) et nés à terme et en bonne santé.  Parce que l’une des connaissances que mes recherches m’ont donné l’occasion d’acquérir, c’est que les besoins nutritionnels des bébés nourris à la préparation lactée sont en certains points très différents de ceux des bébés allaités.  Ainsi, certaines imprécisions du Mieux vivre quant à l’âge auquel on devrait introduire les aliments tiennent justement à ce que les auteurs essaient de faire un guide unique pour tous les bébés, ce qui est peut-être impossible.  Par exemple, cette confusion qu’il entretient en ne précisant pas : entre 4 et 6 mois pour les bébés biberonnés et vers 6 mois environ pour les bébés allaités.

Quand commencer ?

C’est probablement la question la plus fréquemment posée sur les forums et dans les moteurs de recherche.  Pourtant, la réponse est partout :  vers 6 mois.  Mais encore ?!

À l’âge de 100 jours environ, le système digestif du bébé entame un processus de maturation.  Jusque là, les seules protéines qu’il pouvait digérer étaient les protéines humaines contenues dans le lait maternel.  Je ne suis pas calée en biologie, mais ce processus implique en gros la production de nouvelles enzymes de digestion et une certaine maturation du système immunitaire, pour lequel l’intestin joue un rôle prépondérant.  D’autres transformations physiques entrent en ligne de compte dans la capacité de bébé à manger, comme une augmentation de la quantité de salive et un meilleur contrôle des muscles impliqués dans la déglution.  Or, même si bébé pouvait être capable de manger un peu après ses 4 mois, la question fondamentale est de savoir s’il en a besoin, c’est-à-dire de savoir lequel de l’allaitement exclusif ou de l’allaitement accompagné d’aliments lui prodiguera le meilleur apport nutritionnel.
Dans presque tous les cas et à condition que l’allaitement se fasse à la demande (sans restrictions, même la nuit), l’allaitement exclusif continue d’offrir le meilleur apport nutritionnel jusqu’à environ 6 mois.  Tout simplement parce que le lait maternel apporte le ratio optimal entre les différents nutriments (lactose, protéines, gras, fer…) dont le bébé a besoin, ce que n’importe quel aliment complémentaire introduit va nécessairement perturber.  Bref, avant 6 mois, nourrir bébé, c’est toujours remplacer un aliment parfait (son lait) par un aliment moins parfait.

Alors pourquoi introduire des aliments à 6 mois ?  Pourquoi pas l’allaitement exclusif jusqu’à 1 an, voire jusqu’au sevrage ?

Il y a à cela deux raisons principales.  La première concerne le développement d’habiletés motrices et le développement de la mâchoire :  On donne des aliments au bébé pour qu’il apprenne à les saisir avec ses mains et à les porter vers sa bouche, pour qu’il apprenne à mastiquer et à avaler sans se lever le coeur ni s’étouffer, bref pour qu’il acquière des habiletés fondamentales.  Or, le bon développement de la mâchoire, s’il est déjà sur la bonne voie grâce à la tétée au sein, nécessite cette mastication quotidienne dès l’âge de 7 ou 8 mois.  Et là, on voit bien que l’approche traditionnelle fait fausse route avec ses purées bien lisses parce qu’elle passe complètement à côté de cet objectif.  Plusieurs parents l’ont expérimenté : si bébé au début ne reçoit que des purées lisses, ça peut devenir tout un calvaire de lui faire manger autre chose pendant des mois parce que plutôt que d’apprendre à mâcher, il apprend à siphonner.  Vers l’âge de 6 ou 7 mois, la très grande majorité des bébés seront prêts à mâcher… si on leur en donne l’occasion.  Et ceux qui ne sont pas prêts à mâcher ne sont probablement tout simplement pas prêts à manger (ce qui se rapproche de l’idée derrière le BLW, mais sans l’être).

La seconde raison concerne les besoins nutritionnels du bébé.  Il est né avec une bonne réserve de fer, qu’il a utilisée petit à petit pour combler ses besoins et qui commence à s’épuiser vers l’âge de 6 mois*.  Malheureusement, cela coïncide avec une légère augmentation de ses besoins en fer, en zinc et en protéines.  Il serait donc mieux pour bébé que, vers 6 mois, on commence à lui offrir des aliments riches en fer et en zinc et un peu plus protéinés que le lait maternel pour pourvoir à ces nouveaux besoins.  Bref, le meilleur ratio entre les nutriments n’est maintenant plus offert par l’allaitement seul, mais par une combinaison d’allaitement et d’alimentation solide.  C’est le début d’une nouvelle étape !

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Mais pourquoi donc bébé a-t-il besoin d’une réserve de fer ?  Le lait maternel ne devrait-il pas contenir tout le fer dont il a besoin, tout simplement ?  En fait, les spécialistes de la nutrition infantile sont à peu près convaincus que c’est là une façon de protéger le nouveau-né contre les infections.  En effet, les bactéries utilisent le fer dans l’intestin pour se multiplier.  En diminuant les apports alimentaires en fer nécessaires pendant les premiers mois, où bébé est particulièrement vulnérable, cette réserve de fer le protégerait donc des infections.

Comment savoir que bébé est prêt ?

La seule façon vraiment fiable, c’est d’essayer.

Mais pour se donner une idée, on peut observer quelques signes.  D’abord, bébé devrait avoir au moins 5 mois.  Avant cela, il est juste très improbable qu’il ait besoin de manger, même s’il est plus costaud ou boit plus souvent que la moyenne.   Un bébé qui boit beaucoup de lait est un bébé qui a besoin de beaucoup de lait.  Point.  Un bébé qui se réveille souvent la nuit a besoin d’être allaité, réconforté, cododoté, voire même il a besoin de se réveiller tout simplement (en protection contre la MSN)… pas d’être gavé de céréales à l’heure du souper.

Ensuite, bébé devrait tenir assis tout seul.  La capacité à se tenir assis, à se retourner du ventre au dos, etc. témoigne d’un développement global suffisant du tonus musculaire.  Or, comme la digestion est aussi une question de développement musculaire (facial d’abord), cet indice est important.  Que bébé puisse tenir assis est suffisant, mais s’il s’assoit de lui-même, c’est nettement plus convaincant.

En outre, bébé devrait être capable de saisir un objet avec sa main et de le porter à son visage.  On sera encore plus convaincue s’il est capable d’attraper de petits objets entre le pouce et l’index (motricité fine).

Enfin, il devrait démontrer un intérêt pour la nourriture (saliver, ouvrir grand la bouche, essayer de piger dans votre assiette) si vous le prenez sur vos genoux pendant un repas.

Le tout signifie qu’il vous faut beaucoup observer votre bébé et bien le connaître.  Et lorsqu’il répond à tous les signes, vous faites le test d’introduire un premier aliment.  Si cela fonctionne bien, vous poursuivez.  Dans le cas contraire, rien n’est pire que de s’acharner.  Mieux vaut réessayer dans quelques jours.  Rien ne presse, en fait.  La majorité des bébés sont prêts à manger entre 6 et 7 mois.  Quelques uns le sont plus tôt, quelques autres plus tard.  Ma Fée était prête à 6 mois et une semaine, ma Frimousse, un peu après 7 mois.  D’ailleurs, avant l’âge de 8 ou 9 mois, il n’y a aucune inquiétude à avoir et aucune raison de brusquer votre bébé; les risques de carences sont minimes.

L’important, c’est d’offrir régulièrement mais sans insister et, surtout, de montrer le plaisir que vous avez à manger.  Si votre bébé de 9 mois ou plus ne veut toujours rien savoir de manger, il serait bon d’en parler avec son médecin.  Il se peut que des tests s’imposent, surtout si son état de santé ou son développement vous inquiète.  Mais tant que bébé prend correctement du poids, qu’il se développe bien et se porte bien, qu’il est d’humeur heureuse et a de l’énergie pour découvrir, son médecin va généralement se contenter de s’assurer qu’il ne fait pas de carence en fer et vous retourner à la maison.

Un dernier mot, enfin, pour spécifier que ce n’est jamais le bon moment pour lancer l’introduction des aliments si bébé est malade ou souffre en raison d’une poussée dentaire ou doit s’adapter à un changement majeur (déménagement, intégration à la garderie ou autre).  Pour dire aussi que les médecins (et les belles-mères) sont trop souvent prompts à prescrire les aliments solides pour guérir tous les maux des bébés :  Bébé ne fait pas encore ses nuits à 4 mois, c’est qu’il a faim.  Bébé faisait ses nuits depuis des semaines puis il a cessé brusquement de les faire, c’est qu’il a faim.  Bébé veut boire plus que 7 fois par jour, c’est qu’il a faim, etc.  En fait, il y a très peu de chances que faire manger bébé règle aucun de ces problèmes.  La raison en est que les céréales pour bébé, les légumes et les fruits sont moins caloriques (gras, protéines) que le lait maternel.  Quelle logique voudrait donc que de remplacer un aliment (le lait maternel) par un aliment moins nourrissant (les céréales) permettra au bébé de dormir plus longtemps ?  Aucune.  Bêtise et ignorance.

Par quoi commencer ?

Le Mieux vivre vous suggère les céréales de riz pour bébé.  Il précise que les premiers aliments doivent d’abord et avant tout être riches en fer.  Les auteurs du Mieux vivre confondent « riche en fer » et « enrichi en fer », pourtant cela fait toute une différence :  un aliment enrichi en fer (comme les céréales commerciales pour bébé) sera difficile à digérer, source de constipation, ce qui ne sera pas le cas d’un aliment naturellement riche en fer (légumes verts, légumineuses, noix de cajou, par exemple), un choix beaucoup plus sensé.  Personnellement, je vous déconseille fortement les céréales de riz parce qu’elles contiennent de l’arsenic.  De toute façon, je suis peu convaincue par les céréales pour bébé en général et je vous invite, si jamais vous décidiez d’en offrir à votre bébé, à vérifier la liste des ingrédients du produit que vous choisissez :  les céréales pour bébé ne devraient jamais contenir de lait de vache (mention « ajouter de l’eau ») et le moins possible d’additifs.  Dans tous les cas, elles ne font pas un bon premier aliment : elles pourraient être ajoutées à l’alimentation du bébé au bout de quelques semaines, lorsqu’il sait déjà bien mâcher.

Gill Rapley (à qui l’on doit le terme Baby Led Weaning) propose n’importe quel aliment qui se trouve dans votre assiette ce jour-là (donc assurément pas des céréales de riz pour bébé).  C’est un bon conseil si vous aviez prévu un repas sain et si vous avez une nature avant tout spontanée.

Céline Arsenault conseille les légumes, ce qui paraît logique quand on pense que les goûts se développent dans la petite enfance et qu’on a envie que nos enfants apprécient le goût des légumes et prennent l’habitude d’en manger beaucoup.  D’autant plus logique quand on pense que les légumes sont riches en vitamines et minéraux, dont le fer.

La fonction ultime du premier aliment – on l’oublie trop souvent – est d’intéresser bébé à la nourriture.  Il devrait donc être visuellement attrayant ou avoir un goût alléchant.  Même en même temps, il ne devra pas être si envoûtant que bébé ne voudra que cela (on oublie peut-être le chocolat, non ?!).  Et il devrait initier le bébé à une saine alimentation (on oublie définitivement les friandises !).

Si vous avez eu à vous absenter sans laisser de lait maternel exprimé dans les dernières semaines, il se peut que votre bébé ait eu à goûter son premier aliment à cette occasion.  Dans un de mes derniers articles, je suggérais l’avocat et la banane comme meilleurs choix pour cela puisqu’ils ont le don de bien rassasier.   L’avocat demeure un choix idéal lorsque vous sentez que bébé est prêt pour l’introduction des aliments :  joli, facile à croquer et à avaler, riche en fer, source de bons gras et de protéines de qualité, très digestes.  L’avocat contient exactement les nutriments supplémentaires qu’on veut ajouter par la diversification alimentaire, ça tombe bien !

En fait, outre l’avocat, les légumes font de bons premiers aliments et n’importe lesquels font l’affaire.  À l’exception de la betterave, du navet et des épinards, qui renferment des nitrates (surtout lorsqu’ils ne sont pas issus de l’agriculture biologique) et pour lesquels on devrait attendre que le bébé ait environ 9 mois.  Il est aussi préférable d’éviter pour quelques mois les tomates (trop acides), les choux, l’ail et l’oignon (sources de gaz) ainsi que le céleri, le concombre et la laitue (sources d’étouffement, même cuits).  Mon expérience m’a montré que les pommes de terre, les patates douces, les courges (musquée, poivrée, potiron) ou les carottes coupés en cubes, en tranches ou en bâtonnets et cuits à la vapeur sont généralement bien appréciés.  Dans un deuxième temps, des légumes comme la courgette, le brocoli, les haricots vert et jaune, le chou-fleur, l’asperge, l’aubergine, la courge spaghetti, les poivrons, le topinambour ou le petit pois vont amener une belle variété de textures et de couleurs.  Il est normal de retrouver des morceaux « intacts » dans la couche les premières semaines.  C’est encore plus fréquent avec les légumes orangés (comme la carotte et la patate douce) parce que le bêta-carotène les rend plus difficiles à digérer.  Si cela semble incommoder le bébé, on cesse temporairement de lui en offrir et on les réintroduit plus tard.  Les légumes crus ou peu cuits (seulement blanchis ou à peine plus) sont plus nutritifs, mais ils sont plus difficiles à ingérer (mâcher et avaler sans s’étouffer) et à digérer pour les bébés.  S’ils ressortent intacts dans la couche ou si bébé se lève le coeur à répétition, il peut être judicieux de tenter une cuisson plus prolongée pendant quelques semaines.  Les légumes verts sont particulièrement importants pour la bonne santé de bébé.  On veillera donc aussi tôt que possible à lui en offrir au moins un chaque jour.  Avant l’âge d’un an, il est bien que bébé ait goûté à tous les légumes que vous consommez dans la famille.  N’hésitez donc pas à introduire le fenouil, les champignons, le chou frisé (Kale) et compagnie.

Comment procéder, concrètement ?

L’intervalle de temps

Le Mieux vivre préconise d’introduire un seul aliment à la fois et d’attendre chaque fois 2 ou 3 jours avant d’en proposer un nouveau.  En alimentation autonome, il n’y a aucune règle à respecter et on peut introduire plusieurs aliments en même temps.  Je dirais que les premières semaines, je préfère à ce sujet la mentalité de l’alimentation traditionnelle.  En effet, manger « solide » est une adaptation importante pour le système digestif du bébé et y aller en douceur me semble plus avisé si on veut que cette nouveauté soit vécue de façon positive, sans maux de ventre, troubles du sommeil ou autres inconforts.  En introduisant un seul aliment à la fois, on réduit les risques de difficultés digestives et on se simplifie la tâche en cas de réaction allergique, car on pourra facilement identifier l’aliment en cause et l’éliminer temporairement du menu de bébé pour le réessayer plus tard.

Sans tomber dans la rigidité, je suggère d’offrir un seul nouvel aliment à la fois jusqu’à l’âge d’un an.  Au début, un intervalle de 2 jours entre les nouveaux aliments est adéquat puis, vers les 8 mois du bébé, si jusque là tout allait bien, vous pouvez accélérer le rythme et y aller avec un ou deux nouveaux aliments à peu près tous les jours.

L’ordre

Personnellement, tel qu’expliqué plus haut, j’introduirais l’avocat et 3 ou 4 légumes à 2 jours d’intervalle chacun, puis je ferais découvrir à bébé d’autres aliments plus soutenants, comme les légumineuses, qui pourront, réduites en purée, être mélangées à des légumes écrasés (ça fera changement, on ne bannit pas systématiquement les purées) ou, dans le cas du pois chiche, transformées en humus maison… ou, tout simplement cuites, être servies à attraper avec les doigts.  Outre les pois chiches, on peut penser aux lentilles vertes, rouges ou brunes, aux fèves rouges, aux haricots noirs, blancs, de Lima… la variété est grande.  Au lieu des légumineuses ou en complément à celles-ci, on pourra aussi choisir les beurres de noix (arachide, amande, noix de cajou ou de macadam, graines de sésame, graines de citrouilles, noisette…), qui pourront servir à enrober les légumes ou les légumineuses à la façon d’une sauce ou que bébé pourra tenter de manger à la cuillère ou en y trempant les doigts (selon votre tolérance au gâchis).  Accessoirement, ces aliments rempliront le rôle d’assurer un apport supplémentaire en fer et en protéines.  Ils permettront aussi de rassasier les affamés qui demandent encore très souvent le sein.  À cette étape, l’oeuf est aussi un aliment de choix.  Brouillé dans un peu de lait maternel ou de boisson d’amande, mélangé à des légumes écrasés à la fourchette, miroir, à la coque, etc., vous trouverez une façon de le rendre appétissant à votre bébé.  À cet âge, il est préférable que le jaune soit bien cuit (pas coulant), à moins que vous achetiez vos oeufs bio directement d’un producteur en lequel vous avez toute confiance.

Ensuite, ou en alternance avec les légumineuses, l’oeuf et les beurres de noix, j’introduirais des fruits.  En été, il est intéressant d’introduire les fruits assez tôt, dès après les légumes même, parce qu’on veut profiter des produits frais de saison, comme les fraises et les autres baies.  En hiver, cela peut attendre facilement que bébé mange depuis 4 à 5 semaines parce que les fruits sont acidifiants, ce qui peut rendre plus vulnérable aux infections.  Dans tous les cas, on oubliera les agrumes (qui causent de l’érythème fessier) jusqu’à l’âge d’environ 1 an, où on pourra les introduire, mais avec modération.  Et on se souviendra qu’un jus de fruit, même pur à 100%, n’est pas un fruit :  les bébés n’ont pas du tout besoin de boire de jus.  Les jus, trop sucrés et très peu nutritifs, coupent l’appétit pour des aliments plus nourrissants.  C’est une mauvaise habitude à ne pas inculquer.  Il n’est pas nécessaire de cuire les fruits et de les réduire en purée, même si cela peut être pratique et délicieux à l’occasion.  Bien mûrs, les fruits peuvent, dès le départ, être servis frais, en morceaux ou même entiers (pour ceux qui n’ont pas de pelure et de coeur, de pépins ou de noyaux, que l’on fait mieux de retirer).   La banane est un excellent premier fruit.  Dans le cas où l’introduction des aliments par les légumes ne semblerait pas vouloir mener au succès, la banane pourrait être tentée :  elle a l’avantage d’être plus sucrée, ce qui plaira davantage à certains bébés, tout en étant facile à manger et très nourrissante elle aussi :  excellente source de potassium et calorique (donc rassasiante), elle contient aussi du fer, du calcium, des vitamines A, B et C et du phosphore.  Cependant, elle peut être mucogène.  Pour cette raison, on l’évitera en cas de rhume.   La pomme cuite, la poire, la pêche, la mangue, l’abricot, le pruneau, la prune, la nectarine sont également de bons choix pour débuter.  Un peu plus tard, on varie les plaisirs en ajoutant la fraise, la framboise, la mûre, le bleuet, les melons (miel, d’eau, cantaloup), la papaye, l’ananas, le kiwi…  Les raisins et les cerises peuvent aussi être servis, à condition de les couper en quatre pour éviter les risques d’étouffement et de dénoyauter les cerises.

Puis, si vous n’êtes pas végétariens dans la famille, les premières viandes seront les bienvenues, en commençant par la plus facile d’accès :  le poulet.  En petits morceaux, il peut être servi dès l’âge de 7 mois.  La viande brune, plus riche en fer et plus juteuse, plaît souvent davantage aux bébés.  Les autres viandes (dinde, canard, boeuf, veau, porc, agneau, cerf, bison, etc.) pourront suivre dans un ordre dessiné par vos préférences personnelles, sous forme de viande à fondue chinoise ou de viande hachée dans une purée de légume, par exemple.  Si bébé semble réticent aux viandes et que vous tenez à ce qu’il en mange, vous pouvez tenter le prémâchage.  C’est en effet souvent la texture qui rebute les bébés.  N’oubliez pas d’accorder une jolie place aux poissons, surtout aux poissons gras, riches en oméga-3 (saumon, hareng, maquereau, sardine, etc.), dans l’introduction des viandes.  Attention, il ne faut pas empoisonner bébé au mercure; la consommation de certains poissons (surtout les grands prédateurs) n’est donc pas recommandée avant l’âge de 2 ans.  À l’occasion, les crevettes, pétoncles, homard et autres fruits de mer peuvent aussi s’inviter dans l’assiette de votre bébé.  Bien sûr, il vaut mieux retarder au maximum, ou à tout le moins jusqu’à l’âge de 18 mois, l’introduction de produits animaux moins sains comme le jambon, les saucisses, le bacon et les charcuteries en tous genres, comme la dinde à sandwich, notamment en raison des nitrites que ces produits renferment, mais surtout parce qu’ils sont peu nutritifs, bourrés de sel et de gras saturés.  Si pour des raisons personnelles vous décidiez de ne donner ni légumineuses ni beurres de noix à votre bébé, pensez à introduire les oeufs et la viande assez tôt, car une alimentation composée seulement de légumes et fruits manque d’équilibre :  bébé a besoin de gras et de protéines aussi.

Enfin, les produits céréaliers pourront être introduits à partir de l’âge de 8 mois.  En fait, à petites doses, les produits céréaliers peuvent même être introduits plus tôt.  Mais comme ils sont particulièrement difficiles à digérer (demandent des enzymes spécifiques qui commencent à apparaître seulement vers 6 mois) et que certains bébés en raffolent au point de s’en nourrir presque exclusivement (ma petite Frimousse a fait partie de ceux-là), mieux vaut que bébé les découvre après le reste et qu’on les offre avec modération, au moins les premiers mois.  Il est souhaitable aussi de privilégier d’abord les céréales sans gluten (cette protéine étant particulièrement indigeste et allergène), comme le sarrasin et le quinoa (qui sont en outre des sources de fer appréciables) ou le millet, le sorgho, le maïs, l’amarante, le kaniwa et le riz.  Puis, à moins que vous ayez décidé d’adopter un régime entièrement sans gluten (en raison d’une maladie coeliaque dans la famille, par exemple), quelques céréales avec gluten peuvent agrémenter à l’occasion les repas de bébé :  orge, seigle, blé, blé de Khorasan (incluant le Kamut), épeautre, avoine.  Servies en grains entiers cuits, en flocons (gruau) ou sous forme de pâtes alimentaires, de céréales commerciales à déjeuner (biologiques de préférence,par exemple celles de la marque Nature’s Path) ou de farines cuisinées, telles que des crêpes, muffins, galettes, pains, … les produits céréaliers offrent des tas de possibilités enthousiasmantes.  Un quart de tranche de pain légèrement grillé et beurré d’huile de coco, la moitié d’un petit muffin ou d’une galette… offrez l’aliment à bébé et laissez-le se débrouiller et apprendre à croquer des bouchées de taille raisonnable.  S’il a du mal avec la croûte de votre pain, retirez-la, mais ne tombez pas dans le panneau de tout lui déchiqueter en miettes.  Les céréales peuvent en outre être avantageusement combinées aux noix et graines, que vous pouvez aussi réduire en farine pour les incorporer dans toutes vos recettes, ainsi qu’aux oeufs.  Bien sûr, il importe de dire que le sucre raffiné ne devrait pas s’inviter dans vos recettes maison et achats de produits céréaliers destinés à votre bébé.

Un tout dernier groupe d’aliments que l’on peut introduire à la fin de la première année, ce sont les huiles et les matières grasses.  C’est nécessaire dans le cas où l’on envisage un sevrage de l’allaitement maternel, et fortement recommandé pour tous les bébés, dans le but de s’assurer qu’ils reçoivent tous les acides gras nécessaires à leur développement cérébral.  Certaines huiles sont aussi des alliées précieuses pour la cuisson saine des aliments.  C’est le cas de l’huile de canola et de l’huile d’avocat, qui résistent à de hautes températures.  Les huiles d’olive et de chanvre, plus fragiles mais contenant aussi des acides gras essentiels, font d’excellentes bases de vinaigrettes et autres sauces.  Enfin, l’huile de noix de coco remplace avantageusement le beurre et la margarine lorsque vient le temps de beurrer un morceau de pain ou une tartine ou de faire cuire des crêpes.

Quand bébé commence à manger des repas complets, un peu à l’image de ceux de ses parents, il ne faut pas hésiter à y ajouter quelques herbes ou épices pour agrémenter le tout :  basilic, origan, persil, cannelle, fenouil, coriandre, estragon, curcuma, cumin, curi et compagnie ne feront qu’ajouter au plaisir.  On ne proscrira que le sel et on se gardera une petite gêne avec le poivre, le chili ou le piment de cayenne et tout se passera bien.

Je ne dirai pas grand chose des produits laitiers ici parce qu’ils n’ont pas leur place dans l’alimentation des bébés allaités de moins d’un an, en tout cas pas pour les moins de 9 mois et pas sur une base régulière ensuite.  Les produits laitiers (lait, yogourt, fromages, crème) sont des substituts bien imparfaits du lait maternel.  Ils ont pour inconvénient majeur de contenir de grandes quantités de protéines et de gras saturés, ce qui les rend bourratifs, et amène par conséquent le risque que bébé se prive d’autres aliments plus nutritifs à cause d’eux (d’aliments riches en protéines végétales ou en gras  mono et polyinsaturés, par exemple).  Surtout, les produits laitiers ne renferment pas de fer et beaucoup de calcium, ce qui rend malheureusement les produits laitiers responsables de trop nombreux cas d’anémie.  À moins d’entreprendre un sevrage complet ou partiel, donc, mieux vaut retarder l’introduction des produits laitiers dans l’alimentation de votre enfant, voire même les oublier totalement.  Il peut aussi, dans le cas d’un sevrage, être intéressant d’envisager au moins pour l’instant d’autres options plus saines, comme le lait de chèvre ou les boissons végétales.

Enfin, en ce qui concerne les sucres, ils ne devraient pas non plus faire leur apparition au menu avant le premier anniversaire de bébé.  On pourra alors très occasionnellement commencer à utiliser le sirop d’érable, le miel* ou la mélasse verte pour concocter des desserts de fête pour toute la famille.  Au quotidien, on préférera toujours sucrer nos recettes, dans la mesure du possible, avec de la purée de banane très mûre ou de dattes, deux fruits au pouvoir édulcorant épatant.

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* En raison des risques de botulisme, il faut vraiment attendre que bébé ait au moins un an avant de lui servir du miel.

L’horaire

Au début, votre bébé ne mangera qu’une seule fois par jour.  Si vous optez pour des légumes comme premiers aliments, vous n’aurez pas envie de faire ça au déjeuner.  Entre le dîner et le souper, à vous de choisir en fonction de vos habitudes familiales et du niveau d’énergie et de bonne humeur de votre bébé à l’heure de ces repas.  Personnellement, j’ai opté pour le dîner parce que je ne souhaitais pas vivre une digestion nocturne des premières bouchées; je préférais que cela se fasse en après-midi et en soirée, au cas où cela serait un peu inconfortable pour ma Frimousse (avec son reflux, j’avais quelques craintes).  De toute façon, ce ne sera pas long que vous présenterez des légumes deux fois par jour, au dîner et au souper.

Les beurres de noix ou les oeufs pourront vous donner l’occasion d’ajouter un déjeuner à l’horaire.  Quant aux fruits, ils pourront être servis à n’importe quel des trois repas, probablement à deux des trois, mais je ne vous recommanderais jamais de les donner seuls, ce serait trop acidifiant.  En combinaison avec des beurres de noix et des produits céréaliers au déjeuner, en entrée ou en dessert après un mélange de viande et de légumes au dîner ou en accompagnement d’un potage-repas aux légumineuses et aux légumes au souper, les fruits seront les bienvenus.  Bref, vous l’aurez compris, sauf les tout premiers jours, un repas ne se compose pas d’un seul groupe alimentaire ; il est essentiel de combiner deux ou trois groupes.

Au bout de 2 ou 3 semaines, votre bébé devrait manger 3 repas par jour.  Donnez-lui tout de suite l’habitude de prendre un solide déjeuner contenant des protéines, des gras et des glucides de qualité, de consommer un dîner bien nutritif et un souper plus léger.  Ainsi, si vous consommez des viandes, il serait préférable de les offrir une seule fois par jour, au dîner plutôt qu’au souper.

Enfin, en ce qui concerne la fameuse question de donner le lait avant ou après les aliments, je dirais que tout dépend de votre bébé.  Le Mieux vivre explique que jusqu’à l’âge d’un an, le lait doit toujours être donné avant, puis qu’il doit toujours être donné après les aliments quand l’enfant a plus d’un an.  On y précise qu’il devrait y avoir un intervalle de 30 à 45 minutes entre le lait et le repas.  C’est probablement une bonne idée de suivre cette recommandation si votre bébé a un solide appétit, pour ne pas qu’il s’empiffre, déjà en partie rassasié par son lait.  Cependant, j’ai opté pour une stratégie différente, mieux adaptée à l’appétit d’oiseau de mes petites fées, qui n’auraient jamais mangé en suivant cette ligne directrice du Mieux vivre.  J’ai tout simplement dissocié lait et repas.  Mes filles étaient nourries toutes les deux heures environ, une fois de mon lait, une fois par un repas.  Ainsi, elles avaient faim pour leur lait et faim pour leurs repas.  Voici ce que cela pouvait donner concrètement :
6h :  boire au lit
7h30 :  déjeuner
9h15 :  boire puis sieste
11h30 : dîner
13h :  boire puis sieste
15h :  boire
17h :  souper
19h15 :  boire puis dodo
23h :  boire du coucher de maman

L’eau

L’eau est essentielle à la vie.  Toutefois, le lait maternel en renferme beaucoup.  Ce n’est donc pas parce que vous introduisez quelques légumes dans l’alimentation de votre bébé qu’il a besoin de boire de l’eau.  Un bébé allaité à la demande boira encore toute l’eau dont il a besoin par le biais de son lait.

Lorsque bébé mangera un peu plus (beurres de noix, produits céréaliers, etc.), il sera judicieux de lui faire connaître l’eau et de lui en présenter un verre avec son repas ou tout de suite après, qu’il pourra boire s’il en ressent le besoin.  C’est d’autant plus important en été lorsqu’il fait chaud.  Ne faites pas l’erreur d’offrir l’eau au biberon ou dans un gobelet antifuite.  Ce n’est absolument pas nécessaire.  Votre bébé de 6 ou 7 mois peut boire au verre, à la tasse ou au verre à bec (sans antifuite).  Il fera quelques dégâts au début, mais il suffira de mettre seulement une petite quantité à la fois pour limiter les dommages et il apprendra très vite.

Les quantités

L’approche traditionnelle propose des tableaux à l’image de ceux du Guide alimentaire canadien, décrivant pour chaque groupe alimentaire les quantités à offrir à bébé selon son âge.  L’approche de l’alimentation autonome part du principe selon lequel le bébé sait ce dont il a besoin et, entraîné depuis la naissance par l’allaitement à la demande, saura manger suffisamment mais pas trop et qu’il faut donc le laisser décider lui-même des quantités, si petites ou si grandes qu’elles vous paraissent.

Me situant quelque part entre les deux, je crois que l’on a la responsabilité, en tant que parents, de proposer une alimentation équilibrée, ce qui implique de garder un certain contrôle sur les quantités ingérées, ne serait-ce que pour guider bébé dans ses choix en lui montrant le bon exemple (en lui déposant dans son assiette un menu bien proportionné).  Pour cela, les tableaux du Mieux vivre ont quand même une certaine utilité comme référence;  ils permettent de connaître les proportions jugées optimales par les nutritionnistes.  Bref, c’est à bébé de décider quelle quantité totale de nourriture il souhaite ingérer, mais c’est à vous d’assurer l’équilibre quantitatif entre les différents groupes alimentaires dans son assiette.

Or, avant de faire un petit bilan des quantités pour chaque groupe par tranche d’âge, je voulais rappeler ce petit indicateur essentiel :  le lait maternel est l’aliment principal pour toute la première année de bébé.  Pendant cette première année, les aliments doivent compléter le lait, jamais le remplacer.  C’est pourquoi le nombre de tétées quotidiennes (la quantité de lait ingérée) ne devrait pas diminuer significativement avant l’âge de 9 mois et ne diminuer que graduellement et légèrement ensuite, parfois pas vraiment avant la fin de la première année.  Ainsi, le bébé moyen prend 6 à 10 tétées par jour à 6 mois et continuera d’en prendre à peu près autant jusqu’à 8 ou 9 mois, puis pourra commencer à faire ses nuits ou, à l’opposé réduire les tétées diurnes et compter surtout sur les tétées nocturnes, et ne tétera plus souvent que 4 à 6 fois par jour à 12 mois.  Or, si 4 tétées quotidiennes à 12 mois semblent un minimum en-deçà duquel la grande majorité des bébés risquent de manquer de lait, il n’y a pas vraiment de maximum et les bébés qui tètent encore une dizaine de fois ne sont pas si rares.  Un bébé qui mange avec appétit ET continue à bien boire prend probablement les quantités dont il a besoin, ni plus ni moins.

6 et 7 mois
Légumes :   ½ c. à table* les 2 ou 3 premiers jours, puis on augmente graduellement jusqu’à 3 c. à table par jour.
Protéines :  au choix, une portion par jour parmi les suivantes :
– légumineuses, ½ c. table au début,  1 c. à table ensuite ;
– environ ¼ d’un oeuf ;
– beurres de noix, 1 c. à thé ;
– viandes, volailles et poissons, ½ c. à table.
Fruits :  ½ c. à table* les 2 ou 3 premiers jours, puis on augmente graduellement jusqu’à environ 2 c. à table par jour.

8 mois
Légumes :  4 à 5 c. à table par jour.
Protéines :  au choix, une portion à une portion ½ par jour parmi les suivantes :
– légumineuses, 2 c. à table ;
– environ ½ oeuf ;
– beurres de noix, 2 c. à thé ;
– viandes, volailles ou poissons, 1 c. à table.
Fruits :   3 ou 4 c. à table par jour.
Produits céréaliers :  2 portions par jour (au maximum).  Une portion étant ½ tranche de pain ou ½ muffin, ¼ de tasse de pâtes, riz, orge, millet, quinoa, etc. cuit(es)

9 à 12 mois
Légumes :  entre 5 et 7 c. à table chaque jour.
Protéines :  au choix, deux portions par jour parmi les suivantes :
–  légumineuses, 3 c. à table ;
–  1 oeuf ;
–  beurres de noix, 2 c. à thé ;
–  viandes, volailles ou poissons, 1 ½ c. à table.
Fruits :  entre 4 et 6 c. à table chaque jour.
Produits céréaliers :  2 à 3 portions par jour.  Une portion étant ½ tranche de pain ou ½ muffin, ¼ de tasse de pâtes, riz, orge, millet, quinoa, etc.
Huiles (facultatif) :  1 c. à thé par jour.

12 mois à 2 ans
Légumes :  de ½ à 1 tasse par jour.
Protéines :  au choix, deux portions par jour parmi les choix suivants :
–  légumineuses, 4 c. à table ;
–  1 oeuf ;
–  beurres de noix, 1 c. à table ;
–  viandes, volailles ou poissons, 2 à 3 c. à table.
Fruits :  1 ou 2 fruit(s) par jour ou, en petits morceaux, ½ à ¾ de tasse.
Produits céréaliers :  4 portions par jour.  Une portion étant ½ tranche de pain ou ½ muffin, ¼ de tasse de pâtes, riz, orge, millet, quinoa, etc.
Huiles :  1 c. à thé par jour.
Produits laitiers (tout à fait facultatifs) :  une à deux portions par jour, en choisissant parmi les portions suivantes :
–  125 ml de lait de vache ou de chèvre
–  100ml de yogourt (1 yogourt individuel)
–  60ml de fromage frais (1 Minigo), fromage cottage, ricota ou quark
–   15 à 20g de fromage (1 Ficello)

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Bien sûr, comme on donne surtout des morceaux, ces quantités sont approximatives.  On évalue à l’oeil, aucun besoin de précision.

Le mot de la fin

Je ne répéterai jamais assez que ce n’est pas tant la quantité de nourriture ingérée qui compte, mais la qualité des aliments et un certain équilibre entre leurs nutriments, entre les groupes.  L’appétit des bébés et des tout-petits est variable, l’allaitement vous l’a bien fait découvrir :  de seulement 5 tétées un jour à plus de 15 le lendemain, bébé vous a parfois inquiétée peut-être, mais finalement, vous savez qu’il boit ce dont il a besoin puisqu’il grandit bien et se développe harmonieusement.  Il en va de même avec la nourriture.  Il mangera comme un ogre parfois, comme un oiseau d’autres fois, il fera des retours à un allaitement presque exclusif ou boudera le sein pour lui préférer un copieux repas, mais en fin de compte, il mangera ce dont il a vraiment besoin.

La diversification alimentaire est une grande étape dans la vie d’un bébé, une étape enthousiasmante pour ses parents comme pour lui.  C’est pourquoi le plaisir de manger doit être au centre de la démarche.  Ce plaisir n’entre pas en contradiction pour moi avec une alimentation ultra-saine, entièrement dénuée de petits pots commerciaux pour bébé, de saveurs et couleurs artificielles ajoutées, de sucre raffiné et substituts artificiels au sucre, de sel ajouté, de conservateurs et de gras trans.  Il y a peu de plus beaux cadeaux à faire à son enfant que de lui enseigner le plaisir de goûter la saveur réelle des aliments :  manger sainement n’est pas se priver ni manger tristement.  C’est manger frais et coloré !

Sources
http://www.babyledweaning.com/
http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-62-L-introduction-des-solides.html
Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, Institut national de santé publique du Québec, éditions 2009 et 2011
Céline Arsenault, Accueillir mon enfant naturellement, Dauphin blanc, 2009.
http://www.mamaneprouvette.com/2014/09/aliments-solides-et-allergies-avant.html
Danielle Lamontagne, Guide alimentaire végétarien, brochure de 6 pages.
http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-39-Le-nourrisson-le-mixer-et-la-cuillere-une-fable-qui-finit-mal.html
http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-39-Solides-de-l-interet-d-attendre-que-l-enfant-soit-pret.html

Qi’a : un aliment génial !

Je n’aime pas beaucoup vendre des produits en particulier.  Je préfère de loin faire la promotion d’un mode de vie, d’habitudes saines que de me transformer en publicitaire.

Mais voilà, j’ai découvert une petite merveille à la fin de l’été.  Que je consomme plusieurs matins par semaine depuis maintenant un peu plus de quatre mois et que j’apprécie sans cesse davantage.  Alors si, comme moi, vous avez envie de manger moins de pain et de céréales en boîte, envie de réformer votre déjeuner (parce que c’est le repas le plus important de la journée, n’est-ce pas ?  et en tout cas, celui qui donne le ton) et que vous ne savez pas quoi tenter de nouveau, je vous suggère d’essayer, si ce n’est déjà fait, Qi’a superfood, un produit de la très chouette marque Nature’s Path.  Un aliment génial, je trouve, et contenant seulement des ingrédients super sains, un aliment devant lequel je suis si enthousiaste que j’ai le goût de vous en faire acheter aussi !

Sur la tablette de votre supermarché, ça ressemble à ça :

 

 

 

 

 

 

 

 

Et voyez la table des valeurs nutritives, c’est impressionnant :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si je résume, une portion (deux cuillères à table) de ce mélange de chia, sarrasin et chanvre avec amandes et canneberges vous apporte 6% de votre calcium, 12% de votre fer, 16% de vos fibres de la journée, en plus d’être une incroyable source de gras polyinsaturés (4 grammes) et de protéines végétales (6 grammes)… et de ne contenir aucun sel et très peu de sucre.  J’aime tout particulièrement que les matières grasses représentent près de 50% des calories parce que ça en fait un déjeuner très rassasiant, très nourrissant, avalé pourtant en quelques bouchées.

Personnellement, j’adore le goût.  Je laisse tremper mon Qi’a dans un peu de boisson d’amande pendant une dizaine de minutes et je déguste.  Le seul petit défaut, pour moi qui ai une dentition pour le moins imparfaite, c’est que les graines, ça se prend parfois dans les dents ;  le brossage est un incontournable ensuite.

Mon bol de Qi’a, je l’accompagne d’un smoothie fait maison ou, quand je suis trop pressée (lire trop lâche), par un smoothie Vert de vie de la marque Arthur’s Fresh (tant qu’à tomber dans la pub, je m’y jette royalement, je l’admets, mais je vais essayer de ne pas récidiver !).  Pour partir n’importe quelle journée tranquille, c’est suffisant pour moi.  Avant une activité sportive ou une journée de travail (garder des enfants, c’est sportif aussi !), j’ajoute un produit céréalier (mon pain fait maison, muffin ou galette, parfois une petite portion de gruau ou de granola).

4 mois que je mange Qi’a a raison de 3 ou 4 fois par semaine, 4 mois que je me sens pleine d’énergie et que je perds enfin les kilos accumulés pendant mes grossesses sans souffrir de la faim… ça ne peut pas n’être qu’une coïncidence, non ?!

Coup de coeur pour Antoine devient grand frère

La littéraire que je suis avait l’envie d’une bibliothèque bien fournie pour ses petites amours.  Et la conviction que la lecture est un cadeau à leur faire quotidiennement aussi.

Chez moi, des livres pour enfants, il y en a beaucoup, beaucoup.  Notre collection va des classiques (Le petit Chaperon rouge, Le vilain petit canard, Hansel et Gretel, Boucle d’Or et les trois ours…) aux contes adaptés et autres histoires relatées par Disney (Cendrillon, Blanche-Neige, La Belle au bois dormant, Bambi, Le Roi lion, Le livre de la jungle, toute une panoplie d’histoires mettant en vedette Winnie l’Ourson…), en passant par les fantaisistes Monsieur Madame, les incontournables livres à 365 histoires à raconter avant le dodo, deux livres de contes de Noël, plusieurs imagiers cartonnés et une dizaine de numéros du magazine Pomme d’Api.

Tout ça, c’est fantastique !  Ça nourrit l’imaginaire et les discussions, ça nous fait de beaux moments collées-collées avant le dodo.

Or, mes filles sont friandes (comme bien des tout-petits) de ces personnages d’enfants auxquels elles peuvent s’identifier, qui vivent les mêmes petits défis quotidiens qu’elles.  De ces livres-là, elles en voudraient davantage.  Et là, ça ne va pas !  Pas du tout !

Je suis souvent (pour ne pas dire constamment) découragée, voire choquée, par les valeurs véhiculées indirectement par le biais des images et du texte des livres du type « apprentissage de le vie » destinés aux tout-petits :  Chez Caillou, Mousseline est nourrie au biberon et on se gave de mousse au chocolat, Cajoline doit absolument faire dodo dans son lit, abandonner sa suce et aimer la garderie…  Titou, encore, c’est sûrement le moins pire du lot et, tout de même, le bouquin où il va chez le médecin est un véritable lavage de cerveau en faveur de la vaccination.  Le tout manque d’amour, de maternage de proximité, d’alimentation saine… bref, je n’arrive pas à me résigner à montrer à mes filles des comportements qui vont à l’encontre des valeurs que je tente de leur inculquer, à leur donner en exemple un mode de vie qui me déplaît.

Mais miracle !  Alors que j’étais presque complètement désillusionnée, voilà que je me fais recommander ce petit album, Antoine devient grand frère.  Merci, merci mesdames !  Voilà un véritable baume sur mon coeur de maman proximale et un succès instantané auprès de mes filles !

C’est le bouquin idéal à offrir à un enfant dont la maman attend un bébé.  C’est enfin un livre où l’allaitement d’un nouveau-né est présenté positivement à l’enfant.  J’ai beaucoup aimé la façon d’aborder la résolution de certaines situations, comme les pleurs du nouveau-né, qui donnent à Antoine et son papa l’occasion d’aller faire une balade à vélo.  Ma petite Frimousse, elle, ne se lasse pas de la page où Antoine est bercé par sa maman, qui n’oublie pas de lui garder des petits moments juste à lui : « g’and ga’çon câlin maman ! », qu’elle s’exclame joyeusement chaque fois !

Je n’en dis pas plus.  J’ai en fait déjà presque tout dit.  Car Antoine devient grand frère, c’est juste ça et tout ça à la fois.  C’est mon coup de cœur littéraire de l’automne !

D’ailleurs, je suis un peu déçue de constater que c’est une étoile filante, une oeuvre isolée.

À quand une série d’albums pour enfants mettant à l’avant-plan, en plus de l’allaitement, le portage, le cododo, et même le lit familial, les couches lavables, et même (pourquoi pas?) l’hygiène naturelle infantile, valorisant l’alimentation saine, l’éducation bienveillante, etc. ?  Une série d’albums sans biberon, purées données à la cuillère, chaise vibrante, sauteuse, couchette à barreaux, etc. ?

À quand, bref, une série d’albums pour enfants conçue pour les familles proximales ?

*Côté, Burn, Gendron (textes) et Michaud (illustrations), Antoine devient grand frère, Les éditions du soleil de minuit, 1999.

Nocive, la crème solaire ?

J’avais déjà lu (mais c’était il y a quelques années et je ne trouve plus la référence) les résultats d’une étude mondiale qui montrait que le nombre de cancers de la peau n’avait pas augmenté le plus dans les pays où la couche d’ozone s’était amincie, mais dans ceux où l’utilisation de crème solaire avait grandement augmenté.

Étrange et paradoxal, non ?

Mais bon, j’avais un teint naturellement halé et les coups de soleil se faisaient rares, alors je n’en utilisais que 3 ou 4 fois par année, de la crème solaire. Je n’en ai pas fait de cas.

Puis, en 2009, j’ai eu ma petite Fée.

Et dès qu’elle a eu 6 mois, sa doc et l’infirmière ont commencé à presque me harceler pour que je la badigeonne de crème solaire dès que nous mettions le nez à l’extérieur quelques minutes. L’étude m’est revenue vaguement en mémoire, mon dédain de la crème solaire a fait le reste et, au lieu de les écouter, je me suis informée.

La crème solaire pourrait-elle donner les cancers de la peau contre lesquels elle est censée protéger ?!

Ça ressemble à la théorie du complot dit comme cela, mais quand on regarde la liste interminable de produits chimiques contenus dans une bouteille de crème solaire vendue en pharmacie, soudain, ça devient plausible. C’est en tout cas la conclusion à laquelle arrive Elisabeth Plourde Ph D., qui se penche sérieusement sur la question depuis un certain temps déjà. Je mets d’ailleurs en lien un article consacré aux résultats de ses recherches, intitulé « Les crèmes solaires au banc des accusés  » :

« L’oxyde de zinc et de titane se présente sous forme de pâte épaisse qui est diluée avec des ingrédients chimiques toxiques pour la santé humaine et animale. Certains peuvent tuer le corail des océans en 96 heures. Ce sont le BP-3 (benzophénone-3), l’OMC (le méthoxycinnamate d’octyl), le 4-MBC (4-méthylbenzylidène de camphre) et l’agent de conservation BP (paraoxybenzoate de butyle). Ces produits chimiques se retrouvent partout, car ils ne sont pas retirés par les usines de traitement des eaux usées. Il y en a dans la poussière domestique, le lait maternel, le placenta, le cerveau, etc. »

Dans cet article, le journaliste explique aussi que la Dre Plourde met en garde contre la manie de se protéger à tout prix du soleil en restant enfermé à l’intérieur ou en se crémant des pieds à la tête dès qu’on sort. Et surtout du danger d’agir ainsi avec les bébés et les jeunes enfants. Elle rappelle l’importance des rayons UVB pour la synthèse de la vitamine D. D’ailleurs, elle explique (dans le vidéo mis en lien) que la peur du soleil a fait réapparaitre au Royaume Uni une maladie presque disparue, le rachitisme.

Donc, en tenant compte de la carence en vitamine D (et de hypercholestérolémie qui peut y être liée) qu’elle risque d’entrainer, l’utilisation de crème solaire me semble encore moins être gage de protection. Parce que le rachitisme et les déformations osseuses permanentes qu’il cause sont quand même pires que des coups de soleil. Sans parler du risque de cancer qui serait plus grand avec la crème que sans, ne l’oublions pas.

Je l’ai dit, j’ai toujours été rebutée à l’idée de me badigeonner de produits chimiques. De la crème solaire, j’en mets pour aller à la plage ou au parc aquatique et le reste du temps, je me contente d’un chapeau pour protéger la peau plus fragile de mon visage. Comme pour moi-même, j’utilise peu de crème solaire sur mes filles, seulement dans des occasions particulières où je les expose davantage. Et quand j’en mets, j’ai choisi la crème de Mission Nature (c’est la même que Douce Mousse, pour ceux qui connaissent mieux cette marque). Une crème naturelle, partiellement biologique. Un peu difficile à étendre, mais efficace… et, je l’espère, pas trop malsaine. Au moins dépourvue des ingrédients chimiques nommés plus haut.  Il y en a d’autres dans le même genre (Green Beaver, Goddess Garden…) et j’avoue qu’aucune, probablement, n’est parfaite, mais qu’au moins, elles ne contiennent pas ces ingrédients mis au banc des accusés par la Fondation David Suzuki.

Respecter les conseils de la Dre Plourde quant aux heures et durées d’exposition, je trouve que c’est un peu irréaliste : mes enfants ont besoin de jouer, de bouger, d’entrer en contact avec la nature, de respirer au grand air, bref de passer du temps à l’extérieur, beaucoup de temps. Tous les jours. Parce que leurs robes estivales sont trop jolies pour qu’elles passent l’été en manches longues. Parce qu’aller au parc aquatique, c’est une activité géniale.

D’ailleurs, on apprend (dans mon cas sans surprise) sur le site Santé Nature Innovation que
« le mélanome, contrairement aux carcinomes, est plus rare chez les personnes régulièrement exposées au soleil !  Permettez-moi de répéter la chose car elle est très importante et elle doit être claire : oui, le soleil provoque le mélanome lorsque vous en prenez trop d’un coup et que vous n’avez pas l’habitude. Mais par ailleurs, une exposition régulière au soleil, sans excès, réduit le risque de mélanomes.  Les personnes qui travaillent dans des bureaux ont plus de mélanomes que les personnes qui travaillent à l’extérieur. »

Ainsi, prendre du soleil, et même beaucoup de soleil, est vital.  Seuls les coups de soleil sont dommageables.

Nous, parents, souhaitons protéger au maximum nos enfants et leur inculquer de bonnes habitudes.  Dont celle de passer du temps à l’extérieur.  Ça ne doit pas être incompatible avec une peau en santé.  Un chapeau seulement, la très grande majorité du temps.  La crème solaire à l’occasion, quand notre exposition est longue et que les risques de coups de soleil sont réels, avec le moins de produits chimiques possible dans cette crème, c’est pour moi le compromis idéal dans l’état actuel de mes connaissances.

Sources :

http://maisonsaine.ca/les-cremes-solaires-au-banc-des-accuses/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-cremes-solaires-au-banc-des-accuses

http://www.ihealthtube.com/aspx/viewvideo.aspx?v=233bedf83c9cd7f6

http://www.jydionne.com/lotions-solaires-non-toxiques/

http://camillelaperle.com/2013/06/27/soleil-ami-ou-ennemi/

http://www.ddmagazine.com/1322-La-verite-sur-les-cremes-solaires.html

Nouvelles sources (ajoutées le 12 juillet 2014) :

http://www.espritsciencemetaphysiques.com/cancer-la-creme-solaire.html

http://www.santenatureinnovation.com/ce-que-les-gens-ne-comprennent-pas-sur-le-soleil/

http://davidsuzuki.org/fr/champs-dintervention/sante/enjeux-et-recherche/substances-toxiques/les-12-ingredients-a-eviter-dans-les-produits-de-beaute/

Ma petite bibliothèque personnelle du maternage

Il y a tant de livres de puériculture !  Je me souviens que la nouvelle mère que j’allais devenir ne savait plus du tout lesquels choisir…

Ce n’était pas une option de m’en tenir au Mieux Vivre qui, ma foi, sans être une mauvaise référence, est loin d’être l’ouvrage le plus à jour qui soit, je l’ai vite constaté.  Son principal défaut, c’est qu’à force de vouloir ménager la chèvre et le chou, il donne tant d’informations contradictoires que les parents ne savent plus du tout à quoi s’en tenir. On pourra me reprocher le contraire, certes, mais je préfère avoir le courage de mes opinions que l’approbation générale.

Voici donc la liste commentée de mes bouquins de puériculture préférés, ceux dont je conseille la lecture à toutes les futures mamans  :

1.  Être parent la nuit aussi du Dr Sears (pédiatre canadien) :  C’est le seul livre sur le sommeil des bébés que j’ai trouvé en français qui explique vraiment comment fonctionne le sommeil du nourrisson, en quoi il se distingue de celui des adultes, ce qui est vraiment bon ou souhaitable pour le bébé, ce qui représente un réel problème de sommeil.  Après avoir lu ce livre, je comprenais pourquoi les trucs donnés dans « le moins pire livre sur le sommeil » de ma bibliothèque (le prochain dans cette liste) fonctionnaient bien et pourquoi il n’y avait aucune chance que Brigitte Langevin et Évelyne Martello aient raison (les livres de ces deux auteures, quant à eux, pourraient figurer sur la liste des bouquins à brûler sans même les lire).  Le seul défaut du bouquin de Sears est peut-être le manque de trucs pratiques, mais les connaissances qu’il apporte sont une aide pratique en soi puisqu’elles permettent d’envisager la situation avec une toute nouvelle zénitude !  Si vous ne deviez lire qu’un seul livre sur le sommeil, que ce soit celui-là.

2.  Un sommeil paisible et sans pleurs d’Elisabeth Pantley (maman américaine) :  Pour moi, ce livre est la solution parfaite pour tous les parents qui sont sur le point de craquer et d’adopter une méthode de contrôle des pleurs (comme le 5-10-15) parce que le manque de sommeil commence réellement à affecter leur capacité de réflexion et leur jugement.  J’y ai trouvé plein de trucs concrets pour créer la routine du coucher miracle et pour gérer les « rares-mais-si-agaçants » réveils nocturnes de ma gentille Fée.  Là où je décroche, c’est quand l’auteure donne des trucs aux mamans pour faire diminuer la fréquence et la durée des tétées nocturnes chez d’assez jeunes bébés.  Personnellement, je trouve que même si les techniques sont plus respectueuses des bébés en apparence, le but recherché ici est le même que dans d’autres ouvrages détestés par moi parce qu’ils passent à côté des besoins affectifs et nutritionnels des bébés.  Je pense tout de même que c’est le livre idéal, en complément de celui du Dr Sears, pour les mamans dont le bébé ne fait toujours pas ses nuits à 1 an ou pour celles dont la routine du coucher est chaotique (ou inexistante), bref pour toutes les mamans pour lesquelles le sommeil de leur bébé est devenu sujet à cauchemars et insomnies.  C’est ce qui se fait de mieux dans le genre « recettes gagnantes à appliquer ».

3.  L’Art de l’allaitement maternel de La Leche League international :  Contrairement à ce que l’on croit trop souvent, ce n’est pas parce que l’allaitement est naturel qu’il vient naturellement à toutes les femmes occidentales.  À cause de la tradition du biberon dans notre société, le savoir lié à l’allaitement s’est perdu.  Ce qui devait se transmettre de mère en fille, comme cela continue de se faire dans les sociétés traditionnelles, a été oublié, effacé chez nous.  Dans ces conditions, pas étonnant qu’autant de femmes ici échouent à allaiter ou abandonnent parce qu’elles vivent de la douleur, un « manque de lait » et du stress… et qu’elles en viennent à détester l’allaitement.  L’art de l’allaitement maternel, c’est un peu le discours que pourraient vous tenir votre mère, votre tante et votre voisine si elles avaient allaité (longtemps).  C’est un savoir de femme qui vous est redonné.  Et ça fait beaucoup de bien.

4.  L’allaitement :  comprendre et réussir du Dr Jack Newman (pédiatre canadien) :  La réputation du Dr Newman n’est plus à faire :  il est certainement le plus grand – ou à tout le moins le plus réputé – spécialiste de l’allaitement au Canada.  Dans cette « bible », il livre avec générosité une bonne partie de son savoir.  C’est le livre à consulter avant d’accoucher pour éviter les écueils les plus courants vécus dans les maternités des hôpitaux de chez nous (très pro-allaitement dans leurs discours, mais encore si peu dans leurs protocoles) :  quoi faire si bébé n’arrive pas à prendre le sein, en cas de jaunisse, de malformation faciale ou d’hypoglycémie, etc.  C’est aussi le meilleur outil si l’on vit des difficultés avec l’allaitement (gerçures, manque de lait, canal bloqué, mastite et autres) ou si l’on doit prendre des médicaments et qu’on se fait dire qu’on devra sevrer pour cela.  Le Dr Newman y donne l’heure juste sur à peu près tous les problèmes qu’une maman peut rencontrer.

5.  Accueillir mon enfant naturellement de Céline Arsenault (infirmière et naturopathe québécoise) :  Dans cet ouvrage, on retrouve un bel amalgame des différents autres bouquins de Céline Arsenault.  Il y a d’une part les produits naturels et les soins à donner à un bébé qui présente certaines problématiques (eczéma, coliques, érythème fessier, fièvre, etc.).  Ce livre est aussi une belle référence de base en alimentation naturelle.  La partie qui concerne le lait maternel et l’allaitement semble bien amateure quand l’on a lu les ouvrages précédemment cités, mais les mères qui souhaitent donner la meilleure alimentation solide à leur bébé y trouveront une façon d’introduire les aliments beaucoup plus en accord avec leurs valeurs que dans le Mieux vivre et de nombreuses recettes intéressantes à essayer.   Enfin, c’est aussi un livre où l’on parle de la santé de façon globale, avec des suggestions concrètes pour acquérir une meilleure hygiène de vie avant, pendant et après la grossesse.

6.  Vivre sa grossesse et son accouchement d’Isabelle Brabant (sage-femme québécoise) :  Certaines d’entre vous connaissent peut-être ce livre sous le titre Une naissance heureuse.  C’est le même ouvrage, publié depuis 20 ans, revisité et actualisé pour cette nouvelle édition.  Les différentes étapes de la grossesse y sont bien présentées mais, pour moi, ça a surtout été le livre ultime sur l’accouchement.  Je suis d’ailleurs bien déçue de ne l’avoir trouvé qu’après la naissance de ma jolie Fée :  il aurait peut-être pu m’éviter bien des souffrances.  En tout cas, il m’a bien guidée pour l’arrivée de mon adorable Frimousse, que j’ai eu le bonheur de vivre entièrement naturellement et qui a été une expérience d’accouchement incroyablement positive.   Je pense que toute femme devrait lire ce bouquin avant son premier accouchement pour se faire une meilleure idée des interventions qu’on pourra lui proposer (péridurale, ventouse, épisiotomie, etc.), mais aussi pour dès le départ adopter une attitude plus positive face à la douleur et de meilleures positions (pas couchée sur le dos) pour mettre toutes les chances de son côté.

7.  Sans risque ni péril : plaidoyer pour l’accouchement à la maison de Shirley Rivet :  Que vous souhaitiez accoucher à la maison ou en maison de naissance (et même à l’hôpital, comme moi!), si vous cherchez un second ouvrage sur l’accouchement, c’est celui-ci que je vous suggère.  Il démystifie la profession de sage-femme et redonne à la femme sa confiance en sa capacité non seulement d’accoucher naturellement, mais d’être la principale actrice décisionnelle, et ce dès son premier accouchement.  Cela fait un bien incroyable de sortir du discours paternaliste des médecins et de cette idée que ce sont eux qui « accouchent » les femmes.

8.  Le bébé et l’eau du bain – Comment la garderie change la vie de vos enfants du Dr Chicoine (pédiatre québécois) et Nathalie Collard (éditorialiste) :  Votre congé de maternité achève ?  Vous n’avez pas droit à un congé de maternité ?  Vous songez à retourner travailler plus tôt et à placer votre bébé en garderie ?  Lisez d’abord ce livre incontournable avant de prendre une décision.  Le Dr Chicoine s’y interroge sur ce choix de société qu’est la garderie et sur ses impacts sur le développement affectif, social et intellectuel ainsi que sur la santé des enfants et des bébés qu’on sépare très (trop?) tôt de leur mère.  Y a-t-il un âge avant lequel un bébé ne devrait pas mettre le pied en garderie ?  Y a-t-il des conditions gagnantes à respecter (nombre d’heures par jour, choix d’un milieu de garde plutôt qu’un autre, etc.) pour minimiser les impacts négatifs et maximiser les impacts positifs ?  Ses réflexions sur ces questions sont intéressantes, critiques et pertinentes, même si j’ai parfois trouvé qu’il tournait un peu trop autour du pot.  Ce n’est pas un livre contre la garderie, mais un livre pour une meilleure utilisation des services de garde.  La contribution de sa collaboratrice, Nathalie Collard, est franchement indispensable puisqu’elle nous fait voir, entre autres, que d’autres pays font différemment, et mieux.  Et que nous aussi, nous avons la possibilité de donner une plus belle enfance à nos amours.

9.  Qui aime bien vaccine peu ! du Groupe médical de réflexion sur les vaccination (médecins européens) :   Un livre tout mince, qui se dévore en une heure…  Mais une vraie petite mine d’informations sur chaque vaccin offert dans le calendrier vaccinal régulier.  Une bonne base qui permet d’alimenter une réflexion naissante sur la nécessité de ces vaccins toujours plus nombreux qu’on donne à des bébés de plus en plus jeunes.  Chaque vaccin bénéficie d’une analyse cotant son efficacité, ses possibles effets secondaires et surtout, la dangerosité et la fréquence de la maladie contre laquelle il devrait protéger.  Ainsi, on peut choisir les vaccins qu’on donnera à ses enfants et l’âge auquel on les fera administrer, plutôt que de laisser aveuglément les compagnies pharmaceutiques décider pour soi.

morin10.  Vaccins :  Dr maman en a assez ! de Monique Morin :  Sur un ton beaucoup moins professionnel et documenté, beaucoup plus personnel et humain, ce livre amène lui aussi à s’interroger sur l’innocuité des vaccins, sur la nécessité de leur multiplication, sur le comportement des compagnies pharmaceutiques qui les produisent et la responsabilité des gouvernements qui en font la promotion.  Intéressant comme ouvrage supplémentaire pour celles que la vaccination interpelle particulièrement, mais moins complet que le bouquin précédent.

11.  Un monde sans enfance de Chantale Proulx :  Je me permets ici d’ajouter un livre que je n’ai pas encore acheté (ni donc lu), mais que je suis presque certaine d’adorer grâce à son résumé.  J’y reviens pour un commentaire plus personnel après lecture, mais je vous laisse une partie du résumé qui m’a séduite pour l’instant : « On ne protège plus nos enfants contre les principaux responsables de leur maltraitance : les jeux vidéos qui abrutissent nos garçons, la malbouffe, la garde partagée pour les petits, la césarienne sur demande comme moyen de naissance, l’utilisation précoce du service de garde, l’école axée sur la performance, les mouvements pédophiles représentés par les plus grandes mafias du monde, etc. D’ailleurs, la plupart des décisions éducatives et parentales se prennent en fonction de l’intérêt du parent plutôt que pour le bien de l’enfant. Ainsi, de façon générale, les enfants souffrent d’un déficit de développement parce qu’ils ne bénéficient pas des conditions pour se développer sainement. »

Bonne lecture surtout, futures et nouvelles mamans !

Les 10 indésirables du shower de bébé

Vous êtes enceinte ? Félicitations !
En plus de tous les autres plaisirs qui vous attendent, pensez-y, l’arrivée prochaine d’un premier bébé est l’occasion d’une grande célébration :  l’incontournable shower de bébé.  Que la future maman bénéficie d’un shower traditionnel entre femmes ou d’un shower moderne, comme moi, où le papa et ses amis sont impliqués aussi, le moment central demeure l’ouverture des paquets-cadeaux destinés à l’enfant à naître.  Et s’ils font le plus souvent plaisir (nous, on a été gâtés!), certains de ces cadeaux peuvent se révéler inutiles, voire carrément empoisonnés…

1. La gelée de pétrole.  Communément appelée « Vaseline », la gelée de pétrole est, comme son vrai nom l’indique, l’un des dérivés de ce prétendu or noir qui pollue le marché et nos vies.  La peau a la caractéristique d’être très perméable et de bien absorder.  C’est grâce à cela d’ailleurs que mon Hobbit a réussi à arrêter de fumer (merci la vie, quel soulagement!) à l’aide de timbres de nicotine.  Alors n’allez pas croire que les produits dont vous badigeonnez les fesses de votre bébé n’ont aucun impact sur sa santé.  De la gelée de pétrole, c’est inacceptablement malsain.  Quelques gouttes d’huile végétale sur le thermomètre feront tout aussi bien l’affaire lorsque viendra le temps de prendre la température de votre bébé.  Et pour ce qui est des changements de couche, il existe une grande variété de crème de change à base de zinc ou d’huiles; vous en trouverez certainement une qui rendra les fesses de votre petit chérubin aussi belles et douces que vous le désirez.  Personnellement, j’ai un faible pour la Souris verte, qui faisait des miracles pour ma Fée sensible. Mais il faut bien lire la liste des ingrédients :  de nombreuses crèmes dites de zinc contiennent de grandes quantités de gelée de pétrole (la plupart des grandes marques, sauf Aveeno, en fait).  À huit dollars le petit tube en moyenne, ça fait cher payé pour un produit d’aussi basse qualité, et dont vous pouvez acquérir un gros pot au Dollorama.

2.  Les biberons, les tétines et le chauffe-biberon.  C’est le cadeau le moins flatteur, le plus empoisonné qui soit.  C’est comme dire à la future maman : « Tu n’as aucune chance de réussir ton allaitement; tu vas voir, ça ne sera pas long que tu en auras besoin ».  Avec un présent comme ça, bonjour la confiance !  Pour votre shower, faites-vous un cadeau :  sur votre liste de suggestions, ne demandez pas biberons et compagnie.  Spécifiez même que vous ne voulez absolument pas en recevoir. Comme ça, le soir où l’allaitement ira super mal (le 6e soir, par exemple, pénible chez moi par deux fois…), où vous aurez les mamelons en sang et le moral à zéro dans votre vieux jogging, les cheveux sales et l’estomac vide parce que vous n’aurez pas trouvé le temps de souper, vous n’irez pas tout foutre en l’air en utilisant ce cadeau empoisonné.  Et le lendemain sera un autre jour, où l’allaitement ira beaucoup mieux et où vous serez bien contente de ne pas avoir trouvé de biberon dans vos armoires.
Les fabricants de préparation pour nourrisson ne cessent de chercher de nouvelles façons de vendre aux futures mères l’idée de donner un biberon occasionnel pour se reposer :  ce n’est pas pour rien, ils savent que c’est une stratégie gagnante pour se créer rapidement et facilement de nouvelles clientes.  Ne vous laissez pas berner par leurs belles promesses ! « Mais c’est pour offrir votre lait exprimé pour que vous puissiez faire une petite sortie en solitaire ou en amoureux », vous diront les mieux intentionnées. Hé bien (roulement de tambour), les biberons ne sont pas nécessaires pour cela non plus ! Un bébé de quelques jours peut boire son lait dans un petit verre ou un verre à bec si sa maman doit se séparer de lui quelques heures. Faites confiance à votre bébé, il est plus habile que Nestlé tente de vous le faire croire !

3. La grosse caisse de lingettes humides. Elles sont très pratiques dans le sac à couches. Elles permettent de nettoyer le derrière de bébé sans avoir même besoin d’un lavabo (quoiqu’il faudra éventuellement se laver les mains tout de même…). Sitôt utilisées sitôt jetées, elle n’encombreront le sac à couches ni de leur saleté, ni de leur odeur. Mais pour cela, une petite quantité suffit amplement, à moins que vous soyez tous les jours ailleurs. La grosse caisse de lingettes ne sera même pas vide que votre enfant sera déjà propre ! Car il est primordial d’éviter d’utiliser ces lingettes pour les changements de couches à la maison. Même les plus « naturelles » et « hypoallergéniques » d’entre elles contiennent un nombre effarant de produits chimiques irritants. À la longue, ou même très rapidement, elles entraînent chez un grand nombre de bébé des problèmes importants et récurrents de rougeurs, de champignons et de fesses au vif. Réduisez les risques de faire vivre tous ces douloureux problèmes à votre trésor en lavant ses fesses avec une débarbouillette pour bébé préalablement mouillée d’eau tiède, puis en les asséchant bien avec une seconde débarbouillette, sèche celle-ci. Ce sera meilleur pour l’environnement, pour votre portefeuille, et pour le popotin de votre petit amour.

4. Les jouets de dentition de basse qualité. Il y a de bonnes chances que votre bébé ronge ces jouets comme un chiot son os. Vous aurez peut-être même envie d’en garder le souvenir en vidéo. Voulez-vous que les jouets qui passeront des heures dans sa bouche soient bourrés de BPA, de phtalates et de tous ces autres poisons qui s’échappent des plastiques bas de gamme ? Dans les boutiques spécialisées en puériculture (comme La Câlinerie et Vert Limette, à Québec), vous trouverez des jouets de dentition en latex ou en caoutchouc, voire en bois, faits en un seul morceau et résistants. Ainsi, vous pourrez laisser bébé gruger sans craindre que le jouet ne lui donne le cancer ou se décompose en morceaux avec lesquels il s’étoufferait.

5. La balançoire. Voilà un bidule inventé spécifiquement pour qu’un objet remplace la chaleur des bras parentaux… N’est-ce pas terrible ? Avons-nous si peu de temps à consacrer à notre progéniture ? Vous êtes deux adultes pour prendre soin de votre nouveau-né… sans compter les grands-parents, tantes et oncles, amies qui auront envie de s’impliquer ou de vous offrir un répit et qui mourront d’envie de catiner et de bercer votre bébé. Vous n’avez aucune raison dans ces conditions d’abandonner votre bébé dans une balançoire froide et sans âme. Vous verrez, la première année de bébé passe à la vitesse de l’éclair : donnez-vous le droit et le temps de profiter de tous les petits instants. Vous aurez peu de meilleurs souvenirs dans 30 ans que ces soirées passées à bercer votre petit ange cornu, que ces repas avec bébé endormi contre votre ventre dans le porte-bébé. La balançoire coûte cher et au bout d’environ 5 mois, elle devient dangereuse parce que bébé peut en tomber ou la faire basculer en gigotant et vous devez la remiser. C’est ce qu’on appelle un investissement peu rentable. Vos bras, eux, sont gratuits et s’adaptent à toutes les tailles et les poids de bébé.

orajel6. Le gel pour soulager les gencives lors de la poussée dentaire. Tout simplement dangereux ! Si le produit entre en contact avec la langue ou la gorge, il peut les geler. Le bébé risque alors d’oublier d’avaler sa salive et de s’étouffer avec, ou même de s’étouffer carrément avec une langue qu’il ne contrôle plus. Et dans une si petite bouche, éviter la langue, c’est loin d’être évident. Des produits homéopathiques comme le Camilia ont fait leurs preuves depuis longtemps pour soulager sans danger les douleurs liées à la poussée dentaire. Bébé aimera sûrement aussi mordiller vos doigts, une racine de guimauve ou un anneau de dentition préalablement mis au frigo (voir numéro 4).

7. Les thermomètres coûteux. Seule la prise de température rectale est fiable chez un petit bébé.  Or, la prise de température rectale peut abimer les muqueuses anales, même lorsqu’on utilise adéquatement le thermomètre à bout souple avec un lubrifiant (comme l’huile de noix de coco).  Il faut donc éviter autant que possible de prendre la température du bébé, sauf en cas d’urgence.  Il est ainsi fort probable que votre thermomètre ne vous serve qu’une fois ou deux, voire jamais.  En effet, il n’y a que chez le très petit bébé que la prise de température soit nécessaire, parce qu’il n’y a que pour lui que la fièvre soit inquiétante.  Dès que bébé grandit (après 6 mois), le mieux est de laisser agir la fièvre pour combattre les virus.  Alors à quoi bon mesurer la température exacte ?  Vous sentez que bébé est fiévreux, vous prenez soin de le garder hydraté, de lui offrir des contacts en peau à peau, et voilà.  Je ne prends jamais la température de mes filles, car c’est une information inutile.

8.  L’ensemble douillette et contour de lit de bébé.  Le jour où bébé sera assez grand pour dormir avec une douillette, il y a fort à parier qu’il ne dormira déjà plus dans sa couchette (si tant soit est qu’il y ait dormi un jour, ce qu’a peu fait notre Fée et absolument pas notre Frimousse).  Le contour de lit est, quant à lui, carrément déconseillé pour des raisons de sécurité.  En réduisant la circulation d’air autour de votre bébé, il contribue à faire augmenter le risque de mort subite du nourrisson. Même le Mieux vivre déconseille vivement son utilisation, c’est tout dire ! Voilà donc deux articles si beaux… et si inutiles. Votre argent sera mieux investi avec quelques jolis draps contour.

9.  Les jouets bruyants qui dévorent les piles.  Le seul attrait que bébé trouve généralement dans ces jouets, c’est de vous faire perdre la tête en appuyant à répétition sur la même touche (Sérieusement, je songe à poursuivre Vtech pour altération de ma santé mentale!).  Vous passerez plus de temps à chercher les bonnes piles pour les remplacer parce que le jouet sera resté allumé toute la nuit que bébé n’en passera à vraiment s’amuser avec le jouet (et là, on ne parle même pas de son développement…).
N’oubliez pas qu’il n’y a rien de mieux pour stimuler le développement de votre bébé que d’être dans vos bras, d’être touché et caressé par vous, d’être promené dans la maison et dans la cour, de se faire parler, nommer des objets, raconter des histoires, d’observer vos expression faciale, de pouvoir toucher votre peau et la goûter, bref d’être en interaction avec vous.  Aucun jouet ne remplacera jamais cette stimulation parfaite que vous pouvez lui offrir.  Et plus bébé possédera de bebelles, plus la tentation sera grande de le laisser apprendre par lui-même, de le déposer souvent, tout le temps, d’être émerveillée qu’il soit déjà si « autonome ».

10.  Les peluches d’occasion.  Beurk !  C’est non !  Ses peluches, bébé va les cajoler, les embrasser, dormir avec, les téter…  elles doivent être propres.  Et une peluche, ça se stérilise bien mal, ça s’use au lavage.  Votre bébé en mérite des neuves, qu’aucun autre bébé n’a mises dans sa bouche, faites de matériaux de qualité.  N’hésitez pas à choisir des peluches sans fibres synthétiques, elles irriteront moins les joues de bébé lors des câlins qui se prolongent.  De toute façon, même neuves, des peluches, vous n’en voulez pas trop, sinon c’est le festival de la poussière.  C’est bien mignon, mais certainement le cadeau le moins utile que vous recevrez…